Bonjour à tous et bienvenue.
Voici ma première histoire. Enfin, la première que je poste ici.
Le sujet n'est pas fun, loin de là. Je m'en excuse d'avance. Rien n'est trop détaillé mais on sait tous de quoi il est question.
Hermione n'y est pas représentée en tant que femme forte, moi aussi j'en suis étonnée mais pour le bien de mon histoire j'ai ici adapté son caractère. Vous allez voir, je vais souvent faire ça.
Bonne lecture.
Le coup du sort
Elle a peur.
Les coups s'enchaînent.
Elle l'aime.
Elle s'était dit qu'elle avait suffisamment de force pour l'aider à changer, à s'améliorer.
Elle espère.
Encore.
Toujours.
Elle l'aime.
Elle ne sait pas s'il l'a un jour aimé en retour.
À chaque coup qu'elle reçoit elle se dit que c'est de sa faute. Elle le mérite. Elle n'est pas assez bien pour lui. Il faut qu'elle soit parfaite pour lui. Les coups qu'il lui inflige, elle en est sûre, lui permettront d'atteindre cette perfection.
Avec le temps elle est devenue douée pour les sortilèges de soin et de camouflage. Il y a trois ans, elle débutait, aujourd'hui c'est une pro.
Ces sortilèges sont les seuls qu'elle est autorisée à lancer. Et encore, elle ne peut le faire que lorsqu'ils sont chez eux. Si elle utilise ses pouvoirs pour autre chose que les sorts de soin ou la cuisine, il est furieux. Elle comprend, lui aussi pense qu'elle ne mérite pas ses pouvoirs. À une époque elle aurait crié haut et fort qu'elle était fière de ses origines et que ces pouvoirs étaient les siens, aujourd'hui elle ne veut pas que les coups pleuvent, alors elle se tait.
Elle se souvient des débuts. Il était triste, perdu. Elle était à la recherche d'une nouvelle cause à défendre, d'une personne à aider, d'une personne à aimer.
Hermione de l'amour à donner, elle en a plein en réserve. Elle aime, inconditionnellement. Elle accepte, elle comprend, elle pardonne sans pour autant oublier. Elle est pleine de bonté.
Kenneth est un puit sans fond. Il avale tout. Il pompe ses bonnes intentions. Il la ronge jusqu'à l'os. C'est une terreur. Une personne naturellement et simplement mauvaise comme il peut en exister parfois. Une personne mauvaise qui a appris à le cacher. Kenneth est bon d'apparence. Seulement d'apparence. Ceux qui possèdent un minimum d'instinct de suive le fuient comme la dragoncelle.
Kenneth est une araignée qui a tissé une toile au fil des ans. Elle est belle, parfaite, sa toile. On ne la remarque pas et pourtant elle n'attend qu'une chose, que quelqu'un s'y retrouve coincé. Pour toujours.
Le piège est tendu, Hermione tombe dedans.
Le piège s'est refermé depuis trois ans. Trois ans qu'Hermione se voit de plus en plus privée de liberté. Trois ans qu'elle se tait. Trois ans qu'elle ne fait rien. Elle a perdu la fougue de sa jeunesse, la verve et le courage des lions.
Elle a peur. Elle a peur d'imaginer un monde sans Kenneth. Parfois elle en rêve, mais les rêves on ne peut pas les contrôler alors elle décide de les oublier. Comment pourrait-elle s'en sortir sans lui ? C'est grâce à lui que sa vie est parfaite, n'est-ce pas ?
Elle y croit à la perfection. Elle y croit dur comme fer. Mais les choses évoluent, le temps passe et alors qu'avant elle acceptait les coups sans broncher, elle se met à rêver d'une autre perfection quand il la frappe.
Une perfection où on l'aimerait complètement, entièrement. Une perfection où on la regarderait comme Daisy regarde George, comme Arthur regarde Molly, comme ses parents se regardent. Une perfection où elle ne se prendrait pas une gifle parce que quelque chose ne va pas, surtout si ce n'est pas de son ressort. Une perfection où « non » voudrait dire « non » et qu'on ne la baiserait pas, même quand elle est sèche et clairement contre.
Elle a peur de cette perfection.
Elle a peur que Kenneth remarque que son esprit est ailleurs.
Elle a peur de le blesser. Ce n'est pas de sa faute s'il est comme ça. Il faut qu'elle soit là pour l'épauler.
Elle a peur, surtout, de se rendre compte qu'elle est devenue le type de femme qu'elle ne comprenait pas étant plus jeune. La femme battue, brisée, qui accepte son sort, ne se révolte pas et aime son tortionnaire.
Un jour elle aura la force de partir, de le quitter, de tout avouer à ses amis, de retrouver sa liberté.
Un jour.
Aujourd'hui elle n'a de la force que pour encaisser les coups.
Elle ferme les yeux et attend ce jour.
Un jour elle se le promet, elle partira. Et même si ce jour n'est pas aujourd'hui, y penser c'est déjà ça de gagné.
