Coucou les loulous, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, bonne lecture et la bise.

Disclaimer : Les paroles de la chanson qui va apparaître dans ce chapitre ne m'appartiennent pas, mais l'auteur ne sera crédité qu'à la toute fin de l'histoire, pour que, tout comme Law, cette comptine ne reste qu'une mélodie floue dans votre esprit, jusqu'au moment opportun. J'espère que vous comprenez, je ne veux pas m'approprier le travail d'autrui, d'autant plus que c'est une chanson qui me tient tout particulièrement à cœur. D'ailleurs, ça vous va si on fait un pacte ? Essayez de ne pas la trouver sur youtube ou internet avant la fin, pour ne pas vous gâcher le plaisir. Mais vous êtes libre de vos choix :)

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Valsons, valsons sans fin

8. Tous les enfants du monde

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Et en effet, la petite île de Kedéviok a surgit de l'océan le soir venu, à peine l'équipage s'empiffrait d'une dernière bouchée du merveilleux moelleux au chocolat de Sanji. Pour profiter de ce début de soirée, et de l'heure encore raisonnable, les filles ont proposé de trouver un hôtel où séjourner. Les heures passées à terre se font rares, et la moindre escale est chérie tout particulièrement, même pour ces amoureux transis de l'océan. C'est alors qu'il a fallu désigner une âme charitable, qui sacrifierait sa nuit dans un vrai lit pour garder le Sunny (Usopp a beau insister, le Klabautermann ne suffit pas à protéger le navire. S'il y a bien débat, Law s'étonne que cela ne porte pas sur l'existence très incertaine de cette entité légendaire. Tout le monde semble au moins d'accord sur la présence bien réelle de cette créature, pourtant sortie tout droit de ses contes d'enfant. Mais après tout, il n'est pas à une excentricité près avec cet équipage).

C'est Law qui a écopé de la tâche, à sa propre demande, comme un dernier remerciement pour l'avoir accueilli – recueilli - pendant ces longs mois. C'est l'occasion aussi pour lui de faire le point sur sa vie, la mer pour seul témoin. Afin de décider d'un nouveau départ. Ou d'un point d'arrivé.

Maintenant, il est seul depuis près de deux heures, en haut de la vigie où il n'a pas l'habitude de monter. Il regrette de ne pas s'y être rendu plus souvent – hormis pour quelques gardes – car il s'agit là d'un petit sanctuaire, que l'animation du Sunny ne semble pas atteindre. Mais trop tard, puisqu'il va partir.

Il est assis sur l'un des sièges qui encerclent la petite pièce, accoudé près de la fenêtre à écouter le remous des vagues - et assurer son rôle de vigie, puisque c'est ce pourquoi il a été désigné, à la base. La nuit le drape de silence, et tout est réuni pour lui permettre une introspection, seulement son esprit demeure vide. Ce constat lui fait froid dans le dos. Il n'a plus aucun but. Quitter le Sunny, c'est juste une manière de fuir. D'échapper à la dynamique de cet équipage hors de tout sens commun, à laquelle il est si étranger. Se laisser porter par la force des chapeaux de paille, c'est la solution de facilité. Ç'a été bon un temps, mais Law ne peut se résoudre à poursuivre sur cette voie. Même si partir ne signifie pas pour autant trouver un nouvel objectif. Et si la proposition de Nami-ya semble alléchante, cela ne fait que retarder sa décision.

Et puis il y a Luffy. Cette énigme. Ce bonhomme en caoutchouc absolument imprévisible, qui ne rentre dans aucun schéma envisagé par le chirurgien. Et dire qu'il avait prévu de se servir de lui. C'est lui qui se sert de moi. Tu t'es bien fait avoir, Traffy. Ce dernier se demande bien ce qui lui prend de s'embourber dans une relation de ce genre. En général, Trafalgar Law n'agit jamais sur un coup de tête, la plupart de ses choix sont mûrement réfléchis, retournés dans tous les sens par son esprit malade. Toutes ses actions servent toujours un but, souvent égoïste. Alors quoi ? À quoi lui servirait vraiment une relation telle que celle-ci, alors même qu'elle s'engage sur une pente si glissante.

Le pire, c'est qu'il ne maîtrise rien, dans toute cette affaire. C'est un non-sens, pour le maniaque du contrôle qu'il est.

Non. Le pire, en vérité, c'est qu'il ne mérite pas tout ça. Ou du moins, qu'il n'en est plus digne. Le puissant corsaire, le Rocky effronté, qui y allait à grande dose de culot et de stratagèmes fous ? Il n'existe plus. Il s'est érodé pour ne devenir que cette coquille vide. Que pourrait-il bien faire, alors, aux côtés du Roi des pirates ?

Rien.

C'est ce moment que choisit le marchand de sable pour lui rendre visite. Tu te fous de moi. La fatigue l'écrase avec force, et ce n'est pas comme s'il tentait vraiment de lutter contre elle, puisqu'elle est d'un tendre réconfort. Morphée l'embrasse comme un enfant longtemps absent, franchissant à peine le pas de la porte.

Quand des gloussements étranges résonnent quelque part dans l'encre noire de la nuit, Law sursaute, papillonne des yeux, et s'insulte mentalement de tous les noms. Il se penche par la fenêtre, attrape Kikoku et fait crépiter sa room entre ses doigts fébriles.

Le bruit de corps qui tombent et l'insulte qui suit lui font desserrer sa prise.

« Bon sang ero-cook, t'es torché.

— C'est l'hôpital qui se fout de la charité, face de mousse. »

Étendant sa room à l'ensemble du navire et plus, Law lance un scan discret pour s'assurer du bon état du Sunny et de l'absence d'intrus sur le pont, autre que les deux troubles-fêtes éméchés.

Combien de temps j'ai dormi ? Comment est-ce seulement possible ?

Putain de dealer.

« J'ai des années d'expérience dans le domaine, contrairement à certains.

— C'est pas ma faute si t'es une éponge, ta mousse absorbe trop bien l'alcool. »

Les deux continuent de se chamailler, et Law ferme péniblement les paupières, le fantôme des bras de Morphée enlaçant encore étroitement son corps. De là où il est, les deux hommes forts du capitaine ressemblent à des collégiennes, à se pousser du coude en se faisant des grimaces. Ils ont oublié que j'étais là ?

Leurs silhouettes se découpent dans la nuit, et maintenant Zoro attire le blond contre lui, joueur.

Oh pitié.

Les rires typiques des gens bien imbibés, mélanges de gloussements, sifflements et éclats criards, résonnent étrangement sur le navire désert. Sanji se pend au cou du vert, et fait mine de lui voler son nez, geste que le sabreur ne semble pas comprendre car il resserre son emprise dans le dos du blond et love le-dit appendice dans ses cheveux. Les ricanements se calment.

Au moindre geste tendancieux, je leur balance une chaise.

« Tu veux que je t'apprenne la suite de la chanson ? Fait Sanji un moment plus tard.

— Hn »

Les deux se détachent, s'avancent vers la rambarde, du côté de l'océan.

« Tu te souviens du début ?

— Ouais, avec les mots qui n'existent pas ? »

Le blond veut lui donner un léger coup derrière la tête mais Zoro l'esquive tant bien que mal, en titubant.

« C'est une comptine pour les enfants, du con.

— Ouais, et t'apprends des mots qui ne veulent rien dire, à tes enfants ? »

Sanji semble pester, et s'en suivent encore quelques chamailleries, auxquelles Law ne prête pas attention. Il a un peu l'impression d'être un voyeur, à leur voler ces instants de complicité. Et puis, il sait ce qu'il va se passer, ensuite. La chanson.

Et bien, tu voulais une introspection, je crois que c'est le moment.

En bas, Sanji sifflote l'air, doux comme une caresse, tapote le bois en rythme, et la voix, mal assurée mais étonnement profonde, du vert reprend la mélodie, qui danse jusqu'à la vigie. Law frissonne, ça réveille quelque chose, au plus profond de son être. Un truc vraiment enfoui, un souvenir immémorable.

Il est allongé dans le lit de Lami, la petite tête de sa sœur calée contre son épaule. Et Maman chante. Ce n'est qu'un chuchotement, parce que Papa dort. Il était de garde toute la nuit dernière et a travaillé toute la journée d'arrache-pied, alors il ne faut pas faire de bruit, ce soir. Law voit aussi que sa mère tombe de fatigue, mais il ne dit rien, parce que Lami ne sait pas, et qu'elle a fait un cauchemar.

« Il tombe des grêlines,

Blanches comme ta peau,

Ma belle Amandine,

Restons bien au chaud. »

« C'est qui Amandine ? Murmure Lami, qui s'emmitoufle dans ses couvertures, se blottissant davantage contre son frère.

— C'est toutes les petites filles du monde, répond Maman en caressant ses cheveux.

— Et pourquoi pas les garçons ? » S'offusque Law, qui se sent inexplicablement lésé.

Sa mère étouffe un rire attendri, les embrassant du regard.

« Les garçons aussi, si tu veux »

Elle a le regard qui brille. Et à huit ans, Law ne comprend pas bien ce qu'il y lit.

« C'est tous les enfants du monde ».

« Traf... t'es mort ? »

S'il ne l'était pas avant, la crise cardiaque que Luffy vient de lui donner a définitivement fini de l'achever. La main sur son pauvre cœur erratique, Law dévisage l'intrus qui s'est glissé par une fenêtre derrière lui. Ce sale gamin – de sept ans son cadet, certes – a fait preuve d'une discrétion absolument horrifiante, et qui le caractérise si peu en dehors des combats. Ou alors tu t'es ramolli, mon vieux. Penché au-dessus de lui, Luffy louche sur sa main tatouée, et Law le fait reculer pour retrouver un semblant d'espace personnel et de dignité.

Il jette un coup d'œil en contre-bas, et a juste le temps de voir disparaître les deux autres à l'intérieur du bateau.

« Qu'est-ce que tu fais là Mugiwara-ya ?

— Je veux mon bisou de bonne nuit ».

Un sourcil se dresse. Mais une joue se tend de bonne grâce.

« Non, comme dans la salle de bain ».

Ah.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

— Pourquoi ? C'était vraiment bien ! ».

Law baisse les yeux, dérive sur le torse saillant du plus jeune. Ça sonne comme une agréable mauvaise idée. Avant de s'en rendre compte, ses doigts glissent sur le ventre ferme et la peau brûlée. Il inspecte la blessure physique, cicatrice pourtant parfaitement insensible à ses caresses aériennes. Une telle brûlure annihile nécessairement les sens. Mais la blessure mentale, elle, il ignore dans quel état elle est. Comment elle a été pansée. Si elle l'a été.

Maintenant, il a peut-être une petite idée de la raison pour laquelle cette relation avec Luffy l'attire irrépressiblement.

« Qu'en est-il de l'alliance ?

— Bah, elle existe toujours.

— Il ne peut pas y avoir d'alliance sans but à accomplir, Mugiwara-ya ».

Luffy semble intensément réfléchir, et Law sourit en observant sa face devenir rouge sous l'effort. Puis le brun hausse les épaules, comme si la solution à cette énigme n'avait pas besoin d'être trouvée.

« Tant que ça marche, pourquoi arrêter ? Ça compte aussi, comme but, d'être juste heureux et de s'amuser ».

Law secoue la tête, un rictus barrant son visage, et se redresse. Il crochète le cou du plus jeune et l'embrasse de ses lèvres. Luffy lui sourit après le baiser, puis saute sur le rebord de la fenêtre.

« Bonne nuit Traffy ! »

Déjà ses bras s'étirent et il disparaît dans la nuit.

Tout ce que Law sait, c'est que prendre une décision demain - partir ou rester - s'annonce particulièrement ardu.

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NB : Oh mon dieu empiffrez-vous avec toute cette niaiserie, c'est offert par la maison. Bon, c'est une attente d'un mois pour un chapitre pas très long. Je l'ai vraiment trimbalé partout avec moi, mais impossible d'avoir une pause assez longue pour vraiment le travailler. Et le reste de l'été s'annonce tout aussi chaotique, alors je ne sais pas comment je vais faire pour avancer cette histoire au maximum (et dire que ça devait juste être une petite série de mai-juin...). J'ai plein d'autres projets, alors peut-être que je vais craquer et commencer une autre fiction en même temps, on verra bien, mais rien ne sera abandonné. Sinon, ce chapitre vous a plu ? Est-ce que vous pensez que Law va quand même prendre la tangente, malgré tout ? Qui rêve d'entendre la voix de ténor de Zoro ? J'espère que ce chapitre vous a plu, et vous dit à la prochaine (pour un chapitre un peu plus... déjanté) !


Réponses aux reviews anonymes :

Shadow : Mais Nami a usé de ses poings, pourtant ! Et effectivement, Traffy cherche à prendre la fuite, pour de bonnes ou mauvaises raisons... à toi de voir. Merci pour ta review, en espérant que ce nouveau chapitre t'ait tout autant plu !


Teaser : Chapitre 9, suuuuuuuup- hum hum Franky.