*apparaît dans un grand écran de fumée* Yop ! Après moins d'un mois, le voici, le voilà, le chapitre 10 de Valsons ! J'ai pris assez d'avance pour pouvoir sortir un chapitre toutes les deux-trois semaines environ, et on verra par la suite pour rapprocher les sorties quand tout sera bouclé (je prépare aussi quelques petites scènes bonus pour la fin... bref on n'y est pas encore).
Bon, je tenais à m'excuser d'avance, parce qu'à un moment donné, Law prend le contrôle et devient un peu... vulgaire. Pas ma faute *sourire contrit* (bon un peu quand même). Ce chapitre, c'est un peu un hybride étrange entre poésie et débauche. Je ne sais pas trop ce que ça donne, mais j'ai beaucoup aimé l'écrire. À ce jour, c'est même mon chapitre préféré, avec le tout premier. C'est aussi le chapitre sur lequel j'ai passé le plus de temps (c'est le plus long, en même temps). Alors, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Ah, et le rating M n'est pas là pour rien *insiste de manière très lourde en clignant de l'œil*
Disclaimer : personnages à Goda, le poème est de Marceline Desbordes-Valmore et j'en ai fait quelque chose d'assez... déroutant. Mais il est si beau et sied si bien au passé de Law que voilà, je n'ai pas pu résister. Aussi, à un moment, je parle du Neveu du magicien, et c'est le tome 1 de la saga bien connue des Chroniques de Narnia de C.S. Lewis. Cette référence n'a en revanche pas une très grande importance dans l'histoire.
La playlist de ce chapitre est disponible sur mon profil. Bonne lecture !
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Valsons, valsons sans fin
10. L'orage.
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Dors !
L'orage de tes jours a passé sur ma vie ;
J'ai plié sous ton sort, j'ai pleuré de tes pleurs ;
Où ton âme a monté mon âme l'a suivie ;
Pour aider tes chagrins, j'en ai fait mes douleurs.
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C'est l'orage grondant au-dessus de sa tête qui arrache Law à son demi-sommeil. Il se redresse dans son lit, prenant gare à ne pas réveiller Luffy, qui dort encore contre son aine. Le regard chaud du chirurgien glisse sur son épaule dénudée, embrasse des yeux le corps qu'il sent nu sous le drap. De sa grande main froide, il vient caresser la nuque de son compagnon, qui gémit sous l'attention. Ça lui tire un sourire, alors que le petit brun, toujours assoupi, cherche plus de contact, cachant son visage dans le creux sous sa cuisse.
Law sait qu'il a rêvé ; il a cette impression désagréable qui fourmille au fond de son crâne, de bribes qui s'échappent et qu'il ne peut retenir. Mais il ne s'en plaint pas : souvent, il préfère ne pas savoir ce que ses songes ont à lui offrir.
La petite bougie sur la table de chevet éclaire encore la pièce de sa lueur vacillante. La chambre, aménagée depuis peu dans la cale, est petite mais chaleureuse (les garçons craignaient de plus en plus d'entrer dans le dortoir, même si les activités des deux pirates n'avaient pas évolué depuis leur dernier tête-à-tête dans le bain ; malgré tout, Franky s'est empressé de leur offrir ce petit coin douillet, dans les entrailles du navire). Le roulement des vagues contre la coque du bateau a ce son apaisant que Law affectionne, qui lui rappelle ses nuits blanches sur le Polar Tang. Et si le tonnerre gronde quasi sans discontinuer, l'ambiance n'a rien d'angoissante, dans la chaleur de leur antre.
Ils ont couché ensemble, tout à l'heure, et le souvenir de son plaisir euphorique rampe encore sous sa peau métisse. C'était bon. Vraiment bon. Un sentiment d'impatience, de pouvoir goûter encore à la saveur sucrée dans le cou pâle et à la moiteur entre ses jambes, lui serre les entrailles et son cœur palpite. Il se concentre sur la frimousse de Luffy, qui dort du sommeil du juste, pour chasser un désir qu'il ne saurait satisfaire.
Pour le moment, du moins. Parce qu'il faudrait recommencer, encore et encore, pour que Law puisse seulement se sentir rassasié.
Près de la tête de Luffy repose le carnet noir, qu'il feuilletait plus tôt. C'est un petit morceau de l'âme du chirurgien, que le capitaine a parcouru avec une curiosité à peine contenue, et Law est étonné de l'avoir laissé faire, tout à l'heure :
Il vient de sortir de la douche, et ses cheveux gouttent encore sur son torse nu. Luffy y est allé plus tôt, et l'a attendu dans un calme approximatif, aussi vêtu qu'au premier jour de sa vie. Il est allongé sur le ventre, ses petites fesses rebondies dessinant des courbes charmantes sous le drap blanc, et s'agite joyeusement devant le livre de contes que lui a offert Robin. Il est loin d'être un grand lecteur, pourtant ; il préfère d'ailleurs largement que l'archéologue lui lise ces petites fables (elle a ce ton, dans sa voix, cette manière toute particulière d'amener ses histoires à leur terme, de tenir en haleine, de poser le mot juste, et tout le monde sur le bateau est un jour tombé sous le charme de l'un de ses récits, Law y compris). Mais les soirs de tempête, quand il n'y a pas grand-chose à faire, c'est un moyen comme un autre de distraire le capitaine, au moins pour quelques poignées de minutes.
« Qu'est-ce que tu lis ? »
Le métisse frotte vivement ses cheveux dans sa serviette, avant de l'abandonner pour le rejoindre. Lui-même n'est vêtu que d'un short ample et noir, qui lui arrive à mi-cuisse. Ils ont progressivement laissé tomber leurs vêtements, les nuits passants. Law s'était toujours abstenu de trop se dévêtir, dans le dortoir des garçons ; non pas par pudeur, mais parce qu'il craignait toujours le moindre imprévu, qui aurait requis sa présence rapide sur le pont. Luffy, quant à lui, n'a tout simplement aucune notion de décence, ou d'embarras. Et puis, parait-il qu'il fait trop chaud, dans la cale.
Le médecin grimpe sur le dos du plus jeune, ses deux jambes de part et d'autre du corps fin de Luffy, et s'installe confortablement sur ses cuisses galbées.
« Le neveu du magicien. »
En se penchant par-dessus l'épaule du capitaine, Law peut voir que le livre est rempli de petites illustrations, des créatures étranges et des paysages imaginaires très riches, qui semblent davantage intéresser le brun que les fines lettres d'encre.
Ce n'est pas le genre de littérature que Law apprécie, mais il ne se lasse pas de la façon dont Luffy lui raconte à son tour ce qu'il a lu, à grand renfort de gestes et de mimiques adorables. Il a les yeux qui brillent, et c'est tout ce qu'il faut pour réchauffer doucement le cœur fatigué du corsaire.
Le plus vieux fait glisser ses longs doigts sur la peau fine qui s'étend sous lui, et il ne faut pas longtemps avant que Luffy ne se débatte, se plaignant de ses mains froides. Law ricane, poursuit sa petite torture, glissant des épaules jusqu'aux côtes alors que la peau douce frissonne, et entreprend de chatouiller le plus jeune.
Le rire de celui-ci éclate en même temps que le tonnerre, et la bataille s'engage. Le petit brun rue, se débat comme un beau diable, alors que ses rires pleuvent contre le bois de la cale. Dans sa tourmente, Luffy se tortille et tente de protéger les zones sensibles que Law a apprises par cœur : ce creux, entre son ventre et sa hanche ; la jonction sensible de son dos et de l'arrondi de ses fesses ; la courbe de son cou, presque sous l'oreille. Au grand désespoir du plus jeune, le chirurgien n'est pas aussi sensible que lui, alors il ne peut pas se battre avec les mêmes armes.
Absolument exténué mais ne pouvant s'empêcher de se tendre à chaque assaut des doigts experts du corsaire, Law finit par obtenir sa reddition.
« T'es vraiment pas cool Traffy, halète le brun en reprenant son souffle.
— C'est vrai, je plaide coupable. »
Un sourire mutin étire les lèvres du médecin. Luffy se fait intérieurement la réflexion que son calvaire n'est pas fini, et qu'il ferait certainement mieux de ne pas autant apprécier le regard que l'autre a sur lui.
« Comment je peux me faire pardonner ? »
Luffy hausse les épaules, et le rictus du métisse se fait plus grand encore, alors qu'il se redresse au-dessus de lui, bandant les muscles sous la peau chaude de son ventre, où le regard du capitaine tombe.
« La vue te plaît ? »
Il ondule doucement contre lui, une lueur aguicheuse au fond de l'œil.
« Hmhm, très. »
Mais Law plaque alors ses mains contre le dos du plus jeune, l'incitant à se remettre bien à plat sur le ventre. Immanquablement, Luffy proteste ; c'est qu'il aurait bien voulu continuer sa petite observation, tout de même.
« T'en fais pas, ce qui va suivre va te plaire encore plus. »
La mine du plus petit se fait boudeuse, mais sa curiosité le pique quand Law fouille dans sa petite trousse de toilettes, abandonnée au pied du lit, de laquelle il sort un flacon.
« Ça se mange ? Demande Luffy. L'autre débouche la petite lotion et une agréable odeur fruitée emplit leurs narines.
— Ça se pourrait... » murmure Law. Le brun tente de se retourner pour vérifier la chose par lui-même, mais le médecin l'en empêche, aplatissant sans douceur sa tête dans son coussin. « Le but n'est pas de boire ça à la bouteille, par contre, Mugiwara-ya. »
Luffy retourne bouder, cachant son visage dans ses bras, mais Law ne s'en formalise pas.
L'huile glisse agréablement sur ses doigts, fait chauffer ses mains l'une contre l'autre ; au moins, la tête de mule qu'il a pour compagnon ne se plaindra plus de sa peau glacée.
Il commence par dessiner de grandes arabesques, effleurant à peine le dos parfaitement imberbe, lisse et velouté. Imperceptiblement, Luffy se détend ; son soupir de bien-être déchire le silence qui s'est installé dans la cale, jusqu'alors brisé par le ciel courroucé du Nouveau Monde. De la pulpe du bout de ses doigts, Law fait de petits cercles, insiste entre les omoplates, descend le long de la colonne vertébrale, masse les hanches étroites.
Luffy a fini par sortir la tête de sa cachette, et contemple d'un œil vague la petite table près du lit, quand il ne ferme pas les yeux sous les vagues de frissons qui roulent sous sa peau (Law fait mine de s'intéresser à des endroits plus intimes, glissant ses doigts entre les cuisses, avant de s'en éloigner comme si de rien n'était). Le jeu dure un moment.
« C'est quoi ? »
Luffy désigne un petit carnet noir, posé sur la table de chevet.
« Rien d'important, juste un cahier de notes. »
Law observe attentivement les muscles dorsaux qui se meuvent, alors que le brun se tend pour attraper la couverture sombre. A la réflexion, le capitaine au chapeau de paille a tout ce qu'il apprécie, chez un homme. Et Law a soudain très envie de céder à l'envie, impérieuse, qui brûle dans son bas-ventre : de revendiquer le plus jeune comme sien et de s'emparer de tout ce qu'il a à lui offrir.
« Tu t'en sépares jamais, pourtant. »
Le chirurgien se fige un peu, quand Luffy commence à feuilleter le carnet. Personne n'a jamais eu le droit d'y jeter un œil, pas même Bepo, Sachi ou Penguin, même s'ils ont souvent été intrigués par les notes qu'y prend leur capitaine, tantôt griffonnant à la va-vite quelques mots, tantôt s'enfermant dans son mutisme, le livre ouvert devant lui, le crayon suspendu au-dessus des feuilles blanches.
Il y a d'abord des notes médicales, des observations de maladies rares, des cas suspects croisés au cours de son aventure. Luffy n'y comprend pas un traître mot, mais l'écriture fine et ses déliés ont presque un aspect artistique, alors qu'elles penchent maladroitement vers le bas. Il y a aussi quelques esquisses de corps humains, des cages thoraciques, des muscles des jambes, des coupes de cœurs ; et il s'émerveille devant la précision des dessins. Law continue son massage sans rien dire, pétrissant la peau élastique, mais son sourire en coin en dit long sur le sentiment de fierté, un peu mal placé, qui le prend.
Bientôt, les recherches médicales laissent place à d'autres notes ; des faits divers marquants des dernières années (Law a fait un compte rendu dense de Marineford, mais aussi des affaires politiques qui ont abouti au combat entre Akainu et Aokiji sur Punk Hazard, entre autres), des dates de livraison, des lieux de rencontre avec un certain Cap. Il y a aussi des feuilles volantes, pliées entre les pages. Luffy s'attarde sur la carte d'une île qu'il ne connaît pas (et qui ressemble vaguement à un gribouillage d'enfant, au mieux), lisant sans comprendre des espèces de mots-clés, en rouge et en gras (Rocky Port, Zou, Dressrosa, Wano).
Ce qui surprend surtout Luffy, c'est les fiches que Law a fait sur un nombre conséquent de pirates, et d'éminentes personnalités aux prises dans les jeux de pouvoir. C'est étonnant de voir comme leur façon d'appréhender et de vivre leur aventure est diamétralement opposée. Luffy se fiche bien de qui a fait quoi, de qui connaît qui, il vogue au gré de ses humeurs et le destin (ou le hasard) se charge de mettre sur sa route des ennemis et des amis.
Son regard survole des noms qui lui disent parfois quelque chose, y associant des visages quand sa mémoire veut bien se plier à l'effort. Des pages entières portent sur Doflamingo ; les membres de la Family, ses alliés politiques, ses échanges commerciaux – et surtout illégaux. Il y a aussi des têtes connues de la piraterie : Hawkins, X Drake, Shanks, et même Teach. Luffy s'amuse de voir qu'il a aussi droit à une page pour lui. Law a découpé un article parlant d'Enies Loby, mais aussi d'Alabasta et du rôle supposé qu'aurait eu la Marine dans la chute de Crocodile (il y a des passages soulignés et des points d'interrogations ; preuves que le médecin n'a pas réussi à gobé le mensonge du gouvernement).
Luffy suspend sa lecture quand il tombe sur la fiche de Portgas D. Ace. Ça lui fait tout drôle, de voir la manière clinique qu'a eu Law pour décrire son frère (incidents marquants, fruit du démon, équipage, aptitudes). Apparemment, les Heart et les Spade se sont croisés au début de Grand Line, et ça ne s'est pas fait sans accroc. Luffy apprend aussi qu'Ace a refusé un poste de Grand Corsaire, envoyant balader les hauts membres du gouvernement de façon magistrale. Law, par contre, n'a rien dit de sa mort.
Le reste, Luffy le survole sans trop s'y attarder : des infos sur les révolutionnaires, Sabo et son père, une liste courte des porteurs du D. (Luffy y a été ajouté en dernier), une page sur Koby – ce qui arrache un sourire plein de fierté au capitaine – puis des dessins, des esquisses de ce qui ressemble aux tatouages que porte le chirurgien. Il y a des ébauches qui trouveront sûrement bientôt une place sur la peau métisse, et le petit brun a hâte de voir ce que ça donnera.
La fatigue prend peu à peu ses aises dans le corps de Luffy. Les caresses de Law le noient dans un univers cotonneux, et il se berce du roulis des vagues et du tonnerre qui ne désemplit pas. Sur les dernières pages du cahier, Law a dessiné des petites scènes de leur vie quotidienne (Chopper et Usopp jouant aux cartes ; Robin, un livre ouvert sur les genoux, assise sur la plage au milieu de ses compagnons qui l'écoutent avec fascination ; deux silhouettes sous la pluie, dans ce qui ressemble à une étreinte). Et Luffy se voit soudain apparaître, esquissé sur le toit d'une maison, retenant son chapeau d'une main et observant au loin la mer bleue scintiller. Son cœur chauffe avec bonheur.
Franchement agacé, Law tente de lui arracher le carnet des mains, et Luffy s'amuse de l'air étrange sur le visage du médecin – il rougit presque.
« Luffy » claque la voix (faussement) sérieuse du métisse.
Le susnommé lui lance un sourire espiègle et continue de feuilleter le carnet comme si de rien n'était. Alors en représailles – et aussi parce qu'il en a marre que le plus jeune ne prête finalement que peu d'attention à ses caresses – Law s'allonge sur lui, gronde contre son oreille et tire une profonde satisfaction du frisson qui secoue le corps nu du brun.
Ce dernier s'arrête sur une page au hasard, tentant en vain de rester concentré sur le cahier, alors que le médecin mordille son cou.
C'est un poème (Luffy se retient de pouffer ; et on le surnomme vraiment le chirurgien de la mort ?), griffonné d'une main pressée. À la place du nom de l'auteur, il y a un point d'interrogation.
« Mais, que peut l'amitié ? l'amour prend toute une âme !
Je n'ai rien obtenu ; rien changé ; rien guéri :
L'onde ne verdit plus ce qu'a séché la flamme,
Et le cœur poignardé reste froid et meurtri. »
Law soupire en entendant ces mots. Il se redresse pour fermer le carnet avant de le repousser. Cette fois, Luffy le laisse faire.
Le capitaine reste dans l'expectative ; peut-être est-il allé trop loin, et à présent le médecin est fâché contre lui ? Le poème qu'il vient de lire a le goût amer des secrets qu'on n'aime pas mettre sur le tapis. A la manière qu'il y a des choses que Luffy préfère oublier, Law entretient sans aucun doute des souffrances qu'il ne peut (et surtout ne veut) imaginer. Le capitaine se demande bien pourquoi Torao garde des mots si douloureux constamment près de lui.
Ça n'a jamais beaucoup intéressé Luffy, les tourments de l'enfance de ses nakamas. Le passé étant ce qu'il est, c'est-à-dire, passé, il ne voit pas l'intérêt de s'appesantir dessus outre mesure. Tant que ça n'a pas d'impact sur le présent, et sur ses propres objectifs, il s'en fiche pas mal. Il a laissé Law, à Dressrosa, lui parler à demi-mots de sa haine contre Doflamingo et de la vendetta qu'il mène depuis des années. Sûrement n'est-ce pas tout, mais à ce moment là, lui tirer les vers du nez n'a pas vraiment fait partie des priorités du chapeau de paille. Vaincre Doflamingo a néanmoins eu l'air de délivrer son allié, ne serait-ce qu'un temps.
Mais à la lumière de tout ce qu'ils ont traversé, Law et lui, et de ce qu'il sait sur le chirurgien, à force de contacts quotidiens et parce que l'instinct (seule boussole dans sa vie) le lui intime, il devine que le fardeau que traîne son allié ne fait que s'alourdir davantage avec le temps. Alors, en bon égoïste qu'il est, ça va vite devenir son problème aussi.
Il n'a cependant pas le temps d'y penser davantage.
Quand il sent à nouveau la bouche humide contre sa peau, il sursaute par réflexe. Law dépose des baisers d'une épaule à l'autre, caressant d'une main le cuir chevelu et tirant doucement sur les mèches rebelles. Puis il remonte à son oreille, plaquant son bassin contre le fessier ferme. « Tu veux que je te récite la suite du poème ? ». Luffy sent tout de suite l'envie naissante du plus vieux entre ses fesses, et se mord les lèvres. « Oui... » mais à vrai dire, il se fiche pas mal de ce que peut raconter le chirurgien, tant qu'il parle avec cette intonation là.
« Moi, je ne suis pas morte : allons... moi, j'aime encore... » s'exécute Law, et il tire plus encore sur les épis de Luffy, qui se tend sous le plaisir bouillonnant depuis ses entrailles. La voix rauque a toujours un effet démesuré sur lui. Il sait qu'il se pliera à tous les ordres que lui donnera Law, si c'est avec ce ton là. Même si, paradoxe ultime du désir qu'il s'allume en lui, il sait aussi qu'il désobéira. Juste pour voir.
« J'écarte devant toi les ombres du chemin... » murmure le métisse avant de faire glisser sa langue le long de la colonne vertébrale, soufflant sur les traînées humides, arrachant de nouveaux frissons au plus jeune. Il poursuit sa lente descente ; « Comme un pâle reflet descendu de l'aurore... » ; et surélève soudain les hanches du brun, se donnant une vue plongeante sur le corps nu et offert.
« Moi, j'éclaire tes yeux ; moi, j'échauffe ta main... »
La langue qu'il sent contre ses fesses arrache à Luffy un long gémissement d'extase.
« L-... Law... »
Tout est trop bon, trop puissant ; la langue chaude dans cette partie si intime de son corps, les longs doigts de Law qui caressent ses hanches... Luffy ne sait plus où donner de la tête. Il serre dans ses poings le drap du lit, parce qu'il n'y a rien d'autre auquel il peut se raccrocher. Quand le muscle chaud et humide s'introduit en lui, des spasmes le secouent des pieds à la tête. Law fait de petits cercles, se retire parfois pour pétrir le fessier du plus jeune, qui geint, quémandant toujours plus.
Luffy est délicieux, offert comme il l'est devant l'œil gourmand du corsaire. C'est délectable, d'avoir une telle maîtrise sur le plus jeune, de faire plier sa volonté – même si Law sait que si l'autre se laisse faire de la sorte, c'est parce qu'il le veut bien. Le petit brun est un électron libre ; depuis le début de leur relation d'alliés, même si Law a cru un instant parvenir à le manipuler, Luffy a toujours mené la danse. Le tenir sous son joug, le voir se donner si ouvertement, se laisser aller dans leur étreinte, c'est à la fois grisant, mais aussi particulièrement gratifiant. Ça signifie que le plus jeune a une pleine confiance en lui. Law s'en sent profondément honoré. Il prend d'autant plus de plaisir à faire se tortiller le brun sous ses caresses, même si ça devient très vite difficile d'avoir les esprits clairs – parce que, putain, qu'est-ce que Luffy est bon.
« Plus... » halète le brun.
Fébrile, Law remonte vers le cou tendre du pirate, d'où s'échappe une odeur entêtante, glissant un doigt encore couvert d'huile de massage le long de la cuisse du plus jeune. Il le pénètre de son majeur, sans rencontrer trop de résistance – il dépose des baisers sur sa joue, son épaule, cherchant à déchiffrer la moindre trace d'inconfort.
« Ça va ? »
Luffy hoche vivement la tête. Ses joues sont rougies et il tremble ; Law se dit qu'il ne doit pas être dans un meilleur état. Le deuxième doigt passe aussi sans effort – soit le fruit du démon atténue la douleur, soit Luffy a déjà exploré assidûment cette partie de son anatomie. Il se l'avoue, la deuxième option lui plaît énormément.
« Plus... » demande encore une fois le plus petit et Law s'exécute, un troisième doigt venant rejoindre les deux autres.
Il fait des petits cercles, des mouvements de ciseaux, mais se rend vite compte que la chair tendre est parfaitement détendue, prête à l'accueillir. Alors il en profite pour l'explorer davantage. L'idée terriblement tentante d'y plonger son poing vrille son esprit et fait tressauter son érection par anticipation ; mais il s'intime au calme, parce que ce genre de choses nécessitent du dialogue. Il veut vraiment faire les choses bien. Comme si, en se fondant dans un tel être de soleil, il fallait montrer patte-blanche : payer le juste prix pour être éclaboussé de sa lumière, et avoir le droit de se laver de sa propre noirceur.
« Plus... au fond... »
Attentif, Law suit les instructions à la lettre – donc, Luffy s'est bien touché, depuis la dernière fois ? - et masse le périnée, récoltant sur son passage des soupirs de délice.
« A-ah... oui, là... »
Le regard que lui lance son cadet, par-dessus son épaule, est si plein de luxure que Law jure entre ses dents, retire ses doigts (Luffy gémit en protestant), fait tomber son short sur ses genoux, pour agripper la hanche et sa hampe qu'il présente devant l'entrée palpitante.
Sa respiration a un raté.
Chaleur, tension. Résister, ne pas entrer trop vite, faire durer le plaisir. Bon sang. Le regard chaud de Luffy sur lui, qui essaie de voir ce qu'il se passe, le consume ; ce gosse va me tuer.
Il le pénètre sur deux petits centimètres, et c'est déjà un terrible calvaire qui s'annonce. Luffy pousse un premier cri, c'est plus de la surprise que de la douleur. C'est trop. Law ferme les yeux, parce que la vue qu'il a lui donne des palpitations intenses. Garder le contrôle.
Il se retire avant d'entrer à nouveau, plus profondément.
« Law... »
Il fait de petits va-et-viens, pénétrant toujours plus au fond. C'est chaud et tendre. Ça se fend sur son passage. Il n'y a plus que les gémissements de Luffy dans ses oreilles, qui rentrent par tous les pores de sa peau, pour le faire imploser. Et ce n'est que le début.
Se retirer encore.
« Law ! »
Et puis merde.
Le coup de bassin sec qu'il donne leur arrache à tous les deux un râle intense. C'est con, parce que c'est Law qui doit faire une pause, ensuite, quand il sent la jouissance venir trop vite (et il ne tient pas à se la jouer précoce. Non, vraiment pas). Son souffle est précipité dans les cheveux bruns. Il inspire à plein poumon l'odeur enivrante, lèche la peau qui perle de sueur, arrache d'autres frissons à Luffy, qui se tend de tout son long jusqu'au point qui les lie.
L'antre se fait plus étroite, brûlante, autour de Law. Il gémit. C'est long. Ça le secoue des pieds à la tête.
Il expire bruyamment.
« Putain... Luffy, t'es putain de trop serré. »
L'autre se mord la lèvre, parce que même si le chirurgien est vulgaire, ça n'a pas l'air de lui déplaire. Au contraire.
« Détends-toi, sinon ça va pas être possible. »
Le petit brun inspire doucement, et ses chairs se dilatent peu à peu. Mais une idée fait son chemin dans sa caboche. S'il pouvait contrôler ça...
Law se redresse, reprend lentement ses allées et venues, hypnotisé par les courbes qui l'avalent sans difficulté. Il essaie de retrouver un peu le contrôle. L'envie frémissante de faire miauler Luffy sous lui le démange ; il veut s'assurer de lui rendre tout le plaisir qu'il reçoit au centuple.
La pièce n'est plus emplie que par leurs soupirs, le bruit de leurs peaux l'une contre l'autre, le claquement sec de ses coups de butoir, le froissement du drap. Il n'y a plus d'orage, plus de bateau, plus de tempête ; il n'y a qu'eux, l'un dans l'autre, les gémissements sourds, la moiteur de l'étreinte, le souffle sur une épaule, la voix qui se brise, le lit qui craque, la chaleur, ardente, un tourbillon en eux qui les balaie.
Soudain, les chairs autour de Law se resserrent. Son plaisir explose. C'est une pluie d'étincelle qui tombe sous ses paupières, pétille dans son ventre. Aveugle. Le temps d'un instant. La sensation reste, il se stoppe. Se souvient qu'il faut respirer, pour vivre. Sourd, aussi. Le premier sens qui revient, c'est l'ouïe, alors que les gémissements de Luffy percent ses tympans de plein fouet. La chaleur dans son ventre redouble d'intensité, si c'est possible.
Il l'a griffé. Merde. C'était trop bon.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
« Lu- »
A nouveau, cette sensation gargantuesque, de l'antre ardente qui se referme sur lui. Son plaisir l'engloutit. Il déraille complètement.
Cri silencieux.
Le sourire de Luffy est mutin, ses yeux pleins de malice. Il va le dévorer, si ça continue. Même si, bon sang, c'est lui qui se fait déguster, là.
« Tu veux jouer à ça ? »
Le capitaine se mord la lèvre – il sait qu'il va perdre, avec ce regard-là. Le jeu en vaut la chandelle, cependant. Il est déjà épuisé, après ces contractions. Mais entendre Law pousser des râles de plaisirs après chacune d'entre-elles, c'était un vrai délice.
Le chirurgien redresse davantage ses hanches, et Luffy se cambre, la tête enfoncée dans son coussin, étouffant ses soupirs alors que Law le prend plus durement. Les va-et-viens sont lents, mais les coups plus forts. Bientôt, le petit brun n'est plus qu'une masse informe et bouillante, sensible au moindre effleurement.
Law se sent fondre contre lui. La voix éraillée de Luffy scande son nom.
L-Law... Un frisson remonte le long de son échine. Law... encore... le renflement dans son bas-ventre gonfle, c'est un feu ardent qui le liquéfie. Law... c'est une litanie ; les claquements des coups de bassins, plus vite, plus secs, le dos qui se creuse, baisers contre la nuque, soupirs incontrôlés, Law... plus fort... l'entrée palpitante se resserre ; le feu, la tension, tout s'écoule le long de son corps jusqu'au bas de ses jambes, il jure, paroles incompréhensibles, la main glisse devant lui, empoigne le sexe dressé, Ah ! Law ! Encore, c'est bon, c'est trop tout s'enchaîne et le frémissement qui part de sa nuque et ses jambes qui tremblent et Luffy qui crie et c'est le vide dans son esprit, blanc, vierge, et il va-
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Il leur faut un bon quart d'heure avant de redescendre. Luffy a trouvé refuge contre le torse du plus vieux, au creux de son cou. Sa respiration, de plus en plus calme, les berce tous les deux. Ils sombrent dans l'inconscience en moins de deux.
Maintenant, cependant, Law contemple l'autre qui dort toujours, chasse les derniers souvenirs de leurs ébats, au risque de définitivement réveiller le sud de son corps.
Depuis le pont lui vient le son reconnaissable du violon de Brook, entre deux grondements de tonnerre. Il chante avec l'orage pour faire passer la pluie, ou peut-être est-ce pour la déchaîner davantage, vu la ferveur qu'il y met. Être de garde les soirs de tempête nécessite d'être constamment aux aguets. Sûrement Nami n'a-t-elle pas non plus beaucoup fermé l'œil de la nuit.
Law attrape le carnet noir, qui a fini par s'échouer au bout du lit. Va pour relire le poème, hésite, s'arrête. Quelque chose veut surgir des tréfonds de son âme.
« Lami, arrête de gigoter, je n'arrive pas à fermer ta robe. »
Sa sœur tente de se calmer, mais la tension qui l'habite la fait tressauter gaiement. Law soupire, remonte la fermeture-éclair dans son dos, et la fait tourner devant lui pour voir si tout est bien en place. Il s'amuse de sa mine illuminée.
« C'est juste une récitation, pas de quoi en faire tout un plat. »
Elle lui lance un regard courroucé, ses joues bombées de mécontentement.
« T'es qu'un rabat-joie, Law ! »
Il ricane alors qu'elle le frappe de ses petits poings. Sa sœur est adorable, mais il ne le dira jamais. Peut-être aurait-il dû.
« C'est pour le festival de l'école, alors il faut que tout soit parfait ! » Fait-elle en se détournant, dépliant un petit bout de papier qu'elle avait caché dans sa poche.
Law l'observe, ses petites épaules tremblent d'appréhension. Le stress. Il s'approche d'elle, attrape le bout de papier ; les cris vindicatifs ne manquent pas de s'abattre sur lui, alors qu'il tend le bras vers le haut pour garder la feuille hors de portée de sa sœur.
« Law ! Pourquoi t'es toujours méchant avec moi ? »
Il arque un sourcil d'étonnement.
« T'en as pas besoin, tu le connais déjà par cœur, ce poème. »
Lami boude, et le brun se dit qu'il y va peut-être un peu fort.
« Vas-y, récite-le. »
Elle continue résolument de lui tourner le dos.
« Aie un peu confiance en toi. »
Le regard de sa sœur se fait scrutateur, par-dessus son épaule, comme si elle cherchait l'entourloupe.
« T'as pas des livres de médecine à lire ? »
Soupirs.
« Allez, fait Law en s'asseyant sur le petit lit, je t'écoute. »
Le sourire qu'elle a vaut tous les bouquins du monde. Elle se redresse, bien droite, dans une sorte d'allure solennelle, et commence à réciter.
Le malade assoupi ne sent pas de la brise
L'haleine ravivante étancher ses sueurs ;
Mais un songe a fléchi la fièvre qui le brise ;
Dors! ma vie est le songe où Dieu met ses lueurs.
Bon sang, qu'est-ce qui lui arrive ? Law se masse le crâne, alors qu'une migraine terrible le prend. Ces souvenirs qui reviennent, après ces seize années, c'est la pire des tortures. Sa mémoire ne peut même pas lui offrir le visage net de sa sœur. Mais il entend sa voix, se souvient de ses mots, sent ses sourires. C'est peut-être même encore pire.
Contre lui, Luffy marmonne quelque chose d'inaudible, le raccroche au présent.
Il a choisi de rester sur le Sunny, certes, mais ça ne résout rien. Il a promis au capitaine d'arrêter de fuir, mais fuir quoi ? Son passé, ses amis, lui-même ? Tout ça à la fois, peut-être.
Mais Law sait qu'il a un problème. Un truc qui le chiffonne, au fond de sa tête, un truc déjà présent depuis le tout début, à partir du moment où il a troqué son existence contre une vie de vengeance.
Cette relation avec Luffy, il a l'impression que ça le soigne. Au moins, ça le tient éloigné du monstre rampant dans ses pensées, tapis dans l'ombre, sous les couches de son âme. Ils n'ont pas encore cherché à donner un nom à ce qu'il y a entre eux. Ce flou l'arrange. Ça l'empêche de réfléchir, ça l'anesthésie.
Peut-être que rien de bon ne peut résulter de tout ça.
Mais ne pas savoir, peut-être aussi que ça l'empêchera d'avoir trop mal, quand il le perdra à son tour.
Le poème, aujourd'hui, est éclaboussé par le sang et l'horreur qui se sont déversés sur lui. Des souvenirs d'enfance, il ne reste qu'un long cauchemar sans fin.
Dans la chambre d'hôpital, Lami tousse à s'en déchirer les poumons. Law ouvre le livre noir, laisse glisser ses doigts sur les feuilles couvertes d'encre. Sa sœur lui attrape la main, et il la serre, fort, de la sienne. Il a envie de pleurer ; c'est un sentiment étrange qui ne l'a pas traversé depuis des années. Il se sent si vide, à l'intérieur. Mais comme un vieux réflexe, un sourire fragile s'étire sur ses lèvres.
« Grand frère, tu peux me réciter le reste du poème ? Je crois que j'ai oublié le dernier quatrain. »
L'orage gronde toujours, dehors.
« D'accord, mais après, tu dors. »
Elle sourit.
Comme un ange accablé qui n'étend plus ses ailes,
« Enferme ses rayons dans sa blanche beauté, »
Cache ton auréole aux vives étincelles :
« Moi je suis l'humble lampe émue à ton côté. »
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Fin de la première partie.
NB : Hop là ! J'ai joué sur plusieurs tableaux, avec ce chapitre, fufufu. J'espère que vous vous êtes bien rincé l'œil, parce que je ne pense pas refaire de scène citronnée aussi détaillée dans cette histoire. Le style est un peu particulier, mais en fait j'hésitais vraiment à faire de l'explicite, vu l'ambiance générale un peu poétique de Valsons... Enfin, personnellement j'ai adoré l'écrire, j'espère que de votre côté ça s'est aussi bien passé x)
En tout cas, ce chapitre clôt la première partie de cette histoire. Encore dix chapitres avant de voir Valsons s'achever. A présent, on attaque un passage un peu plus dur, passé abominable oblige. J'espère que vous êtes toujours partant pour cette petite aventure avec moi !
Maintenant, j'ai juste un petit aparté à faire. Je suis toujours très heureuse de voir des lecteurs ajouter mes histoires en favoris ou en follow, ainsi que voir le nombre exponentiel de personnes qui viennent lire mes chapitres. Par contre, c'est la première fois que je remarque un ratio aussi bas de reviews/vues (ok, j'arrête avec mes foutues mathématiques). Personnellement, je ne suis vraiment pas à plaindre par rapport à d'autres auteurs qui débutent, et c'est aussi pour eux que je fais cette petite mise au point. Je suis plutôt de l'avis qu'une histoire ne prend vie réellement que lorsqu'elle est lue, mais plus encore quand, ensuite, le lecteur en fait quelque chose. Je sais aussi à quel point ça peut être compliqué de laisser des reviews, je fais encore ce travail sur moi-même, mais en vrai, personne ne vous demande des analyses fines ou des critiques littéraires. Alors pensez-y, la prochaine fois que vous lirez une fanfiction qui vous plaît (ou même si ce n'est pas le cas d'ailleurs!). Moi par exemple, je mets ma musique à fond pour me motiver à lâcher mes meilleures reviews ; c'est une technique approuvée par la fédération des revieweurs, je vous assure.
Allez, blague à part, ce site est avant tout un espace de partage, alors essayons de changer nos habitudes de consommation :) à bon entendeur, je vous claque la bise et vous dit à la prochaine !
Réponses aux reviews anonymes :
Shadow : Ravie de te revoir après tout ce temps ! Je suis contente si le chapitre précédent valait la peine d'attendre, et j'espère que la suite continuera de te plaire ! A la prochaine !
Teaser : Chapitre 11, Chopper.
