*arrive en roulade arrière* Heyy ! Voici le chapitre 11 ! Je dois vous prévenir que ce chapitre est un peu plus difficile que les autres. Et oui, ce n'est pas parce que c'est celui de Chopper que ça doit être fluff (personnage qui possède le thème musical le plus creepy de l'histoire, s'il faut le rappeler). Après, je ne vous apprends rien, le passé de Law est terrible et je suis obligée d'en parler. Le rating n'est pas là que pour les galipettes, non mais oh !
Aussi, je n'ai fait aucune étude de médecine, et mon vieux Bac S ne m'est pas d'une très grande utilité, alors désolée si je pêche niveau vocabulaire... J'ai essayé de faire de mon mieux.
Je prends aussi quelques libertés vis-à-vis de l'histoire de One Piece : on ne sait pas trop ce qui est arrivé à Jinbe depuis Whole Cake mais je considère qu'il a été gravement blessé, bien que ses blessures soient sous contrôle, c'est pour cela qu'il est très effacé depuis le début de Valsons. Pour Wano, je ne tiens pas compte de ce qu'il se passe dans les scans ni dans l'anime.
Écrit sur Bury a Friend de Billie Eilish, Control de Halsey et Skyfall d'Adèle. No time to die se prête aussi particulièrement bien à ce chapitre. Pour ceux que les paroles peuvent déconcentrer : j'ai aussi écrit sur les versions instrumentales de Control et Skyfall, et sur le thème principal d'Inception au piano et celui du One Piece film 9, Fuyu ni Saku, Kiseki no Sakura. La playlist est toujours sur mon profil.
Disclaimer : à Oda ; petite référence à la chanson Blizzard de Fauve, dites moi si vous l'avez vue !
Sur ce, bonne lecture !
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Valsons, valsons sans fin
11. Chopper
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Chopper a deux convictions dans la vie. La première, c'est qu'aucune situation n'est désespérée. Il existe nécessairement, quelque part dans le monde, une solution à tous les problèmes ; et donc, par extension, aucune maladie ne saurait être soignée. La seconde, c'est que Luffy deviendra Roi des pirates ; mais ça, vous en conviendrez, ça relève du domaine de l'évidence.
Pourtant, alors qu'il observe depuis son poste de garde personnel (le haut du crâne de Zoro) les garçons s'activer autour de la balançoire qu'ils sont en train d'installer, il y a un truc qui le dérange profondément, dans la silhouette voûtée de Law ; il se penche pour regarder si les fixations tiennent, sourd à l'excitation qui règne autour de lui, et son geste se suspend dans l'air.
Il neige.
Sur sa main, un flocon. Sur le museau de Chopper aussi ; il le chasse en secouant la tête. Les autres s'exclament, toutes les têtes se lèvent vers le ciel cotonneux. Toutes, sauf deux. Law, figé sur l'étoile blanchâtre qui tâche le brun de sa peau. Et Chopper, qui ne l'a pas quitté des yeux.
Cette vision étrange le blesse. Est-ce qu'il est le seul à voir à quel point l'autre a l'air fragile ?
Le neige tombe de plus en plus fort. Chopper éternue, et Zoro le ramène dans son giron, au creux de son ventre. Le renne va pour s'endormir ; l'air brisé sur le visage du chirurgien s'est effacé trop vite.
Il a dû rêver.
Tout le monde aime la neige.
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Il n'existe personne qui ne puisse être sauvé. C'est avec cette conviction que se réveille chaque jour le médecin du Sunny, et c'est aussi la pensée qui l'accompagne quand il va se coucher. Ça n'a rien d'une utopie étrange, d'un idéal inatteignable, plein de bonnes volontés et de la naïveté presque enfantine dont le renne peut faire preuve parfois. Au contraire, fort de ses connaissances en médecine, de ses années passées auprès de Doctorine puis des habitants du royaume de Torino, il sait que la Panacée n'est pas qu'un objectif au loin, au bout du chemin de sa vie.
Les rêves sont faits pour être réalisés.
Même si Hiluluk mentait, que les fleurs de cerisiers, en elles-mêmes, ne peuvent guérir d'une maladie incurable, il y avait du vrai dans ses intentions. Alors, si Chopper n'a pas encore trouvé le remède contre tous les maux, c'est une question d'angle de vue ; il lui faut encore étudier pour combler ses lacunes.
Après tout, ce n'est que son dix-septième hiver.
Quand il rencontre Trafalgar Law pour la seconde fois, même si le personnage lui flanque une frousse terrible, il est très heureux d'avoir à ses côtés un médecin aussi doué que lui ; il l'a vue, l'énorme balafre sur le torse de Luffy, il a même passé des heures à l'examiner. Ce que le chirurgien a réussi à faire, ça relève du miracle. L'idée – terrifiante – que Luffy ait vu passer la mort de si près donne au docteur du Sunny d'horribles sueurs froides. Chopper sait qu'un autre que Law n'aurait pu faire aussi bien ; même lui. C'est le genre de vérité que personne n'aime entendre, surtout quand on est censé être le garant de la santé de ses nakamas. Pourtant, il a appris à y voir une source inépuisable de motivation ; il a encore tout à comprendre, tout à savoir, tout à voir, tout à vivre. Et pour cela aussi, il offre à Trafalgar son entière gratitude.
Si jouer les professeurs n'a pas tout de suite particulièrement emballé Law, il a très vite fini par y trouver son compte. La compagnie du plus jeune lui donne du baume au cœur en plus de le galvaniser – sa vivacité d'esprit et son ingéniosité forcent le respect. Alors évidemment, travailler en binôme avec un médecin si prometteur lui apporte une profonde satisfaction.
Pourtant, Chopper n'est pas le seul mugiwara dont Law se surprend parfois à rechercher la présence sur le pont, quand le besoin de compagnie humaine se fait sentir.
Au début de leur aventure commune, il s'est plutôt bien accommodé de la présence taciturne du sabreur – enfin, façon de parler ; quand Zoro ne s'entraîne pas, ou ne ronfle pas sur le pont, il se chamaille avec le cuistot chaque fois qu'il en a l'occasion. Le reste du temps, l'escrimeur et le chirurgien observent tous deux un silence entendu.
Il se plaît aussi à passer de longs après-midis avec Nami, à parler stratégie, mais l'agitation qui plane toujours autour d'elle (des bêtises du capitaine aux roucoulements de Sanji) finit toujours par coller un mal de crâne tenace au chirurgien. Le cuistot aussi est de bonne compagnie, mais faire à manger pour vingt-cinq (c'est-à-dire les dix êtres vivants sur le Sunny et les quinze estomacs de Luffy) requiert du temps et de la concentration.
Quant à Robin, il apprécie sa présence à petite dose ; l'impression désagréable qu'elle sait lire en lui le laisse constamment sur ses gardes.
Il va s'en dire, bien sûr, qu'il n'a même pas envisagé de rester en compagnie du capitaine, ni de son équipe de joyeux compères (de toute façon, il n'a pas besoin de chercher le chapeau de paille : l'autre sait très bien comment venir à lui. Qu'il le veuille ou non, d'ailleurs).
Malgré tout, sa préférence penche vers l'étrange renne au nez bleu.
L'avantage de Chopper, pense certainement Law, c'est que, une fois passée la porte qui mène dans le laboratoire, au fond de l'infirmerie, le plus jeune revêt ce masque d'intense réflexion, quasi inébranlable – et gare à ceux qui oseraient venir le troubler. Ça l'a plutôt étonné, la première fois qu'il l'a remarqué ; son rire d'enfant qui éclate pour rien sur le pont, remplacé par ce silence imperturbable sur son lieu de travail. Comme si le rôle qui lui incombe relevait d'une toute autre nature, quasiment solennelle. Mais ce n'est pas totalement surprenant, au final.
Trop intelligent pour son âge.
Quoiqu'il en soit, maintenant qu'il neige nuit et jour sur le Nouveau Monde, les deux vivent presque reclus dans l'infirmerie : d'abord pour surveiller le cas de Jinbe (dont l'état se stabilise enfin, au soulagement de tous), puis pour faire de la théorie, faute de cobaye sur le navire. Law se dit qu'il pourrait facilement amadouer Luffy en prétextant un nouveau jeu, pour le disséquer et illustrer plus pratiquement les explications qu'il donne au petit renne. Mais cela irait sûrement contre la déontologie, et l'autre médecin serait le premier à lui en vouloir, malheureusement.
De son côté, Chopper se gorge des détails que cette cohabitation met en relief. Le chirurgien de la mort est un homme secret, qui prend toujours garde à ne jamais trop en dire. Mais, sous la lumière trop vive des salles d'opération, sa nature profonde affleure à la surface de son être ; Chopper les voit, ces émotions paradoxales jetées sur le visage mate, quand le masque se fissure. Le calme olympien malgré le raffut sur le pont ; l'agacement profond quand quelque chose échappe à sa compréhension ; la réflexion intense qui fait voltiger le stylo entre les doigts fins ; l'éclat dans ses yeux et le sourire sincère, quand le plus jeune trouve la solution là où il pêche.
Tous les deux, ils sont sur un pied d'égalité. Ça fait du bien, quand on n'est souvent que la peluche mignonne à cinquante berrys de l'incroyable équipage au chapeau de paille.
Pourtant, il y a cette ombre au fond de l'œil, ce pli soucieux, monstre endormi tapis dans sa silhouette voûtée quand personne ne regarde. Monstre qui veille. Monstre qui s'éveille.
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La fin d'après-midi fait décliner le soleil pâle à l'horizon, mais les deux médecins continuent de s'affairer dans le laboratoire. Ils ont décidé de revenir sur des cas d'académie ; des épidémies meurtrières survenues des décennies auparavant, disparues depuis.
Cela fait un moment que Chopper est plongé dans son bouquin, vieil ouvrage d'un scientifique méconnu, portant sur les symptômes causés par la piqûre d'un parasite du siècle dernier. Law, de son côté, s'intéresse aux facteurs environnementaux propices à sa propagation sur une dizaine d'îles de South Blue, pour en comprendre l'origine. De temps en temps, l'un des deux va vérifier les signaux vitaux de Jinbe, plongé dans un sommeil réparateur depuis la veille.
C'est ce que Chopper s'apprête à faire, d'ailleurs, parce que les descriptions de coliques sanglantes commencent à peser lourd sur son estomac. Il jette un œil à Law, et surprend son regard, vague, sur sa main gauche. Puis le chirurgien frotte vivement sa peau pourtant sans défaut avec la manche de son pull, avant de replonger dans sa lecture.
Resté dans l'expectative, Chopper ne sait pas quoi faire. Le poison de l'inquiétude finit par le ronger encore davantage.
Il se laisse le temps de la réflexion, pour s'enquérir de l'état du timonier. Ça lui prend plus de temps que prévu, et quand il revient, Law s'est endormi sur son livre, la tête cachée entre ses bras. Alors il passe une petite couverture sur ses épaules, et continue ses recherches.
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C'est l'odeur intoxicante de fumée qui tire Law de son sommeil. Il a ce goût âcre dans la bouche, et ça lui prend la gorge alors qu'il tousse violemment. La chaleur l'asphyxie ; il tombe de sa chaise en crachant tout ce qu'il peut de la bile amer qui tapisse le fond de son ventre.
La panique lui coupe la respiration à la minute où il comprend ce qui est en train d'arriver.
Le Sunny brûle.
Il se redresse comme il peut, à la seule lumière des flammes qui dansent au bout du couloir.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Chopper n'est nulle part autour de lui ; le sol est bouillant, l'air incandescent dans sa gorge. Mais il frissonne. De peur, une terreur vicieuse et implacable, qui coule le long de sa nuque comme du goudron, l'immobilisant. Et s'ils sont tous morts ? Son corps entier refuse de répondre à ses injonctions.
Putain, pas ça.
Son propre halètement lui paraît étranger. Il a cette sensation horrible d'être hors de son corps.
Bouge.
Il est encore en train de tout perdre.
Pas ça, pas encore.
Bouge-toi, Trafalgar.
Le crayon qu'il sert fort entre ses mains craque sous la pression ; le poids étrange dans son ventre s'allège à peine, le reconnecte à la réalité.
T'es médecin, Law, il faut que tu les trouves et que tu les soignes.
C'est cette volonté qui le fait se redresser.
Il jette son pull dans l'évier, avant de le noyer sous l'eau qui sort bouillante des tuyaux. Sa vue s'embrouille alors qu'il commence à manquer d'air.
Morts. Trop tard ?
Il renfile son vêtement, masque son visage comme il peut sous la capuche humide. La texture est désagréable. Peut-être même que ça l'étouffe encore plus.
Pas le temps de s'attarder davantage.
Sa vision périphérique s'obscurcit ; sa conscience veut s'abîmer dans le néant.
Jinbe. Où est Jinbe ?
Il se précipite dans l'infirmerie, mais le lit est vide. Les flammes lèchent déjà les murs, tristes structures de bois, barrent le passage vers la sortie.
Il est à deux doigts de perdre connaissance.
Une impression étrange lui remue les entrailles, par-dessus la couche d'émotions qui le vrille. Le toit va s'effondrer.
Mais ses yeux glissent vers le fond de la pièce. Une grande armoire qu'il n'a jamais vue est en train de s'embraser.
La voix d'une petite fille, à l'intérieur, appelle à l'aide. Mais c'est trop tard.
Le toit craque.
Room.
Shambles.
Il s'écrase violemment dans la poudreuse sur le pont du Sunny. Le contraste est saisissant. Le froid le pique instantanément de mille aiguilles, et il crache comme il peut l'épaisse fumée qui emplit ses poumons.
Une odeur nauséabonde s'enroule dans sa gorge ; le relent infâme lui donne un haut-le-cœur.
Derrière lui, c'est le feu, comme sur la manche de Corazon quand il veut faire la cuisine, comme la flamme qui danse au bout du zippo de Sanji, comme le brasier qui crépite doucement sur les bras d'Ace le soir de leur combat. Et, par-dessus tout, comme l'incendie qui fait s'effondrer le toit de l'hôpital. Devant lui, la neige, celle de cette nuit là, la même poudre blanche, épaisse, qui recouvre trop rapidement les corps ; celle qui amène avec elle le silence, se pare trop facilement de suie et de sang. Celle-là même qui tâche encore la peau sombre de son corps.
Les dépouilles de ses nakamas forment des petits tas rouges et blancs, dans la poudreuse. Shachi et Bepo sont éventrés plus loin. Penguin gémit de douleur.
Soudain, ce n'est plus le pont du Sunny mais Onigashima.
Et à nouveau, il ne peut rien faire.
Putain !
La petite patte de Chopper sur son épaule le tire de son cauchemar. L'air hanté dans son regard fait peur au pauvre renne, qui se fige. Ils se dévisagent.
« L- Law, ça va ? »
Bon sang... Law expire bruyamment, ramène devant ses yeux ses mains tremblantes. Il les serre fort, pour calmer la crise, et se frotte vivement les paupières pour balayer les images sanglantes qui dansent encore devant ses yeux. La pièce est intacte, et il entend d'ici le monitor de Jinbe battre le rythme de son cœur. Pas d'incendie. Il jette un œil dans l'entrebâillement de la porte. Pas d'armoire.
Chopper doit mal comprendre son regard, parce qu'il se lève soudain pour fermer la porte à clé, avant de tripler de taille et de dresser son corps de yéti en rempart.
« Cette fois, il est hors de question que je ne te laisse t'échapper !
— Qu'est-ce que tu nous fais, Tanuki-ya ? »
Sa voix, quoique rauque, sonne étrangement calme, normale, et il est le premier que ça étonne.
« Il faut vraiment qu'on parle Law ! Je suis médecin et tu te trompes si tu penses que je ne vois pas ton état de santé empirer... ça m'inquiète... Et puis je suis un renne, un r-e-n-n-e. Je suis sûr que tu le fais exprès ! »
Le chirurgien a un demi-sourire désabusé. Son sang bat encore trop fort contre ses tempes, et il a du mal à décrisper ses doigts. Les flammes crépitent toujours à ses oreilles. Il faut qu'il parte. Les murmures se font plus fort, au fond de son âme. Il faut qu'il reprenne le contrôle.
On ne doit pas le voir dans un tel état de faiblesse. L'autre est particulièrement têtu, il le sait, et ça n'arrange pas ses affaires. Comment se débarrasser de lui ?
Law se penche vers le robinet, presse ses lèvres contre le jet d'eau fraîche. Il prend de longues gorgées, sous le regard attentif du médecin, qui n'a pas bougé.
Au fond de la pièce, une grande armoire qu'il n'a jamais vue est en train de s'embraser.
La voix d'une petite fille, à l'intérieur, appelle à l'aide.
Puis les supplications cessent. Le silence s'étire, pesant.
Un hurlement d'agonie pure le déchire.
Law rouvre les yeux. L'eau qu'il boit ne parvient pas à étancher sa soif.
Une bonne coupe de sake. Voire une bouteille entière.
« Law ? »
La petite voix de Chopper le raccroche au présent. Il s'asperge le visage avant de s'essuyer de son pull.
Il a un problème. Sa raison lui dit qu'il devrait se saisir de cette perche que lui tend le petit médecin. Que ça ne pourrait que lui être bénéfique. Il a envie de la faire taire. Les murmures mauvais ne veulent pas s'effacer non plus.
« Law, il faut qu'on parle. »
Le ton de Chopper est sans réplique.
« Je veux t'aider. »
Silence.
« Je peux t'aider. »
Les yeux du plus jeune brillent d'une confiance sans faille.
Peut-être que lui... ?
Le brun fait craquer sa nuque puis soupire, l'œil dans le vague. Ses forces l'abandonnent. Cela aurait été quelqu'un d'autre qu'il l'aurait déjà envoyé nager avec les poissons.
Pour une fois, une seule et unique, il laisse la porte de sa chambre des secrets entrouverte. Juste pour un instant. Juste le temps que Chopper y jette un œil. Comprenne l'ampleur du désastre. Décide de s'y aventurer.
Ou s'y refuse.
Reprendre le contrôle.
Les chuchotis, au fond de son crâne, se font plus lointain.
Voyant que le plus vieux n'a plus l'air de vouloir prendre ses jambes à son cou, Chopper tire une chaise vers lui et s'y assoit.
« Tu avais l'air de faire un cauchemar terrible, j'étais vraiment inquiet. »
Le pirate ne dit rien. Qu'est-ce qu'il peut répondre à ça ? Pourquoi a-t-il fallu que l'autre soit confronté de si près sa propre déchéance ?
« Ça arrive à tout le monde. T'en fais beaucoup pour pas grand chose, crois-moi. »
Il est à deux doigts de claquer la porte. Remettre le masque. Fuir.
Chopper ferme un moment les yeux, comme pour prendre son courage à deux mains. La conversation s'annonce difficile. Law ne le regarde toujours pas : le chirurgien se sent désagréablement acculé. Si leurs regards se croisent, il craint que le petit renne ne lise beaucoup trop loin, en lui.
« Law, je sais que tu manges moins ces derniers temps. C'est Sanji qui est venu m'en faire part. Et Nami m'a dit qu'elle te trouvait ailleurs, aussi. »
Il y en a qui ferait mieux de se mêler de ce qui les regarde, s'agace le pirate. Non, franchement, il n'a pas besoin qu'on le materne. Ni qu'on le prenne en pitié, d'ailleurs.
La colère s'agite doucement dans son ventre.
« Ne leur en veux pas, ils sont juste inquiets. Je pensais aussi qu'ils exagéraient, au début. Je me disais que tu étais assez intelligent pour prendre soin de toi. Tu es médecin aussi, après tout. Mais on a beau être aussi talentueux, ce n'est pas pour autant qu'on fait preuve du même discernement quand ça nous concerne »
Le ton est réprobateur, et Law hausse un sourcil méfiant à l'égard de son confrère. Il ne s'attendait pas à des reproches. Mais à bien y réfléchir, le renne a en horreur les patients récalcitrants, et ceux qui font fi de leurs blessures. Difficile alors de rester serein dans un équipage qui se pousse constamment au-delà de ses limites physiques et psychiques.
« Même Luffy est venu me voir, tu sais. »
Alors là, ça le prend de court. Une étrange sensation lui tort l'estomac. De la déception.
De son côté, Chopper pèse le choix de ses mots.
« Tu sais qu'il n'est pas un grand observateur. Il ne sait pas lire entre les lignes, et il a sa propre grille de perception du monde. Malgré tout, il commence à voir bien au-delà des barrières que tu mets entre toi et les autres. Et puis, je me fie toujours à l'instinct de mon capitaine. »
Le chirurgien ne peut pas s'empêcher de se sentir trahi, en quelque sorte, même si cette impression n'a pas lieu d'être. Ils ne se sont jamais rien promis, de toute façon.
« Tu recommences à faire des insomnies, tu veilles tard, tu te lèves après Zoro... Pourtant j'avais vraiment l'impression que ça allait mieux, depuis que vous êtes ensemble, avec Luffy... »
Ensemble ? Le quiproquo général est assez fabuleux pour détourner un instant Law de son état de pure défiance. Le reste de ses capacités cognitives finit enfin par lui revenir.
« … Mais il m'a dit que tu recommençais à faire des cauchemars. Il était vraiment triste de ne plus pouvoir les éloigner... »
Law se frotte vivement le visage, définitivement mal à l'aise.
« Abrège mes souffrances, Tanuki-ya. Où tu veux en venir ?
— Parle-moi, Law. Et laisse-moi t'ausculter ! C'est dans l'ordre des choses, qu'un médecin se fasse suivre par un autre, après tout. »
L'idée lui déplaît totalement, et le chirurgien fronce les sourcils. Lui parler de quoi ? Du génocide de Flevance ? De ses envies passées de meurtre ? De l'assassinat de Corazon ?
Non. On ne parle pas de ces choses-là.
« Fais comme tu veux. »
Mais son regard dit : prends garde à ce que tu récolteras.
Le médecin du Sunny ne se démonte pas pour autant. Il reprend son apparence habituelle, et rassemble son matériel.
« Enlève ton haut, je vais faire un contrôle de routine.
— J'en fais assez souvent moi-même, je ne suis pas aussi inconscient que tu sembles le penser. Et tu peux très bien faire ça sans que je me désape. »
Chopper le fusille du regard, implacable. Et Law sait pertinemment pourquoi il demande ça. Mais il n'a jamais promis de lui faciliter la tâche.
Il se débarrasse de son sweat-shirt, laissant à découvert sa peau bardée de tatouages. Le petit renne commence par prendre sa tension, pendant qu'il inspecte l'air de rien l'état de ses avant-bras.
Chopper sait qu'il ne trouvera pas de mal d'origine physique, autre que de la sous-nutrition et des carences alimentaires. Il a déjà donné ses indications à Sanji à ce sujet. Non, il sait que le problème est d'ordre psychologique.
Il est soulagé de constater que la chaire fine de ses poignets n'est pas meurtrie de cicatrices significatives.
Sa théorie, c'est la dépression. C'est sûrement un jugement trop hâtif, tant la maladie revêt des apparences subtiles. Il n'a pas non plus suffisamment de connaissances dans le domaine de la psychiatrie pour se permettre ce genre de diagnostique. Mais ça le travaille. Il devine le passé de l'autre terrible. Mais après tout, qui dans leur monde n'a pas vécu d'atrocités ?
A quel point les monstres sous le lit de Law sont-ils terrifiants ?
Chopper se redresse pour écouter son cœur. Son regard traîne sur le cou sombre, où une marque violacée s'étend. Law ricane, alors que le plus jeune s'empresse de détourner le regard. C'est une chose de savoir que son capitaine partage sa couche avec leur allié, c'en est une autre d'en constater les conséquences.
Une autre tâche, blanchâtre et plus ancienne, attire alors son attention, sur le torse imberbe face à lui. À bien y regarder, elle s'étend sur tout le pectoral droit, sous le tatouage noir.
« Pas la peine de t'attarder autant, Tanuki-ya. »
Chopper ne répond rien, et passe dans son dos pour continuer ses observations. Alors que la respiration du brun, plus laborieuse, résonne à ses oreilles, il cherche d'autres traces blanches. Celles qu'ils trouvent sont mieux cachées sous l'encre noire.
D'où ça vient ?
Le reniflement agacé du chirurgien le tire de sa contemplation, et il revient devant lui sans rien dire. Il a l'impression de faire face à un animal farouche et blessé, que le moindre geste déplacé ferait fuir.
« Je ne vais pas vérifier ton audition, ni ta vue. Rien à signaler de ce côté-là ?
— Hn. »
Chopper croise ses petites pattes contre son torse et Law détourne le regard.
« Maux de tête, parfois. Rien de très grave.
— C'est peut-être la fatigue. Tu devrais mettre tes lunettes plus souvent, elles sont toujours adaptées ?
— Hn. »
Chopper contemple un moment les cernes qui creusent les yeux de son vis-à-vis. Elles se font de plus en plus sombres, témoins terribles du poids qui accable l'autre depuis sûrement trop longtemps. Mais l'origine de ce mal-être reste malgré tout insaisissable, inaccessible pour le renne qu'il est. Qu'est-ce qui peut bien tourmenter Law à ce point ? Qu'est-ce qui se cache dans cette tête bien faite ? Trop bien conçue, peut-être, lui donnant à penser des choses qui n'atteignent généralement pas le commun des mortels ?
Mais surtout, comment aider un patient qui ne veut pas être soigné ? Parce que c'est là que réside le fond du problème. Il y a une brèche, dans le masque de Law, qui fait entrevoir un appel à l'aide, peut-être, qui met aux aguets tous les sens du médecin. Mais sous sa prise, Law se dérobe.
Que faire ?
C'est facile, par exemple, avec Zoro : il l'attache avec des sangles robustes, et lui occupe l'esprit le temps de soigner ses blessures. Ça n'a rien à voir, quand les plaies sont mentales. La différence ici, c'est qu'il ne peut rien faire, si Law ne parle pas.
Je croyais qu'on pouvait soigner toutes les maladies du monde, docteur ?
« Écoute, ça ne sert à rien de tirer une tronche de six pieds de long. Je ne pense pas être le seul à en avoir bavé dans la vie. C'est normal que certaines choses reviennent parfois, et je ne mérite pas toute ton inquiétude, je t'assure. De toute façon, tu ne peux rien pour moi. »
C'est tout à fait le genre de propos que le renne ne veut pas entendre.
« Je suis médecin, c'est normal de vouloir t'aider ! Tu ne devrais pas atténuer la gravité de la situation. »
Le petit renne voit très nettement le moment où Law se ferme totalement ; son visage se lisse, le gris nuageux de ses iris se fait lac d'acier. Il veut les retenir, toutes ces émotions, il veut les comprendre, mais elles glissent sur le visage neutre avant de disparaître.
« Tu es au courant que tu ne peux pas sauver tout le monde ? »
Chopper le regarde avec des yeux exorbités.
« Tu es médecin aussi, non ? Pour quelle autre raison en serais-tu devenu un ? »
Law plisse les yeux en l'observant, dubitatif. Il n'est quand même pas si naïf ?
« Je découvrirai la panacée pour soigner toutes les maladies du monde, c'est mon rêve. »
Apparemment, si.
« Ne te moque pas de moi ! Je suis sérieux !
— T'es vraiment trop gentil pour ton propre bien. Ça te perdra. »
Le regard blessé de Chopper lui fait quand même un peu de peine. Il a l'air d'avoir fondé beaucoup d'espoir en lui, visiblement. Mauvaise pioche. Mais franchement, soyons sérieux deux minutes, un remède pour soigner toutes les maladies du monde ? Dans quel conte de fée croit-il que nous vivons ?
« Law... Tu ne penses pas que tout le monde puisse être soigné ?
— Non, pas vraiment.
— Pourquoi t'es devenu médecin, alors ? »
Question pertinente. Law se souvient très bien du moment où tout a commencé : dans le bureau de son père, deux décennies plus tôt. Lami et lui n'ont toujours connu que ça, dès leur plus tendre enfance : l'univers aseptisé de l'hôpital, les veilles interminables, l'odeur d'antiseptique.
Le métier que leurs parents ont choisi d'exercer est un métier qui ne pardonne pas : il faut être prêt à y consacrer sa vie, quitte à y sacrifier sa famille. Quand Law a voulu étudier la médecine, c'était surtout pour passer plus de temps avec son père. Et puis, sa mère avait ce petit sourire, quand elle les voyait penché sur un livre d'anatomie, partageant cette complicité que la vie s'acharnait à leur arracher.
A force, la discipline a commencé à l'obséder : il voulait être un génie, comme l'était son père. Son apprentissage était purement théorique ; c'était de la science, un sujet à étudier, à décoder, des énigmes à résoudre. Mathématique. Cartésien. L'idée même que ses connaissances servaient, en vérité, à sauver des vies, ne lui avait encore jamais traversé l'esprit.
Malgré tout, quand l'hécatombe produite par le saturnisme a fini par se faire connaître, même de ses oreilles d'enfant, il a redoublé d'effort dans son travail, en secret. Parce qu'il se disait, naïvement, qu'il pouvait alléger le poids qui pesait sur les épaules de ses parents, rien qu'un tout petit peu.
Lorsque sa sœur est tombée malade, ça a été le déclencheur. Il pouvait sauver des vies. Non, en fait, plus que cela, il le devait. C'était la responsabilité qui découlait de ses connaissances. Ça lui incombait ; ce rôle du grand frère, qui lui avait toujours trop tenu à cœur.
La réalité dramatique de leur situation n'est apparue que plus vive, après cela.
Il n'était qu'un enfant. Malgré ses efforts, que pouvait-il bien faire, du haut de ses dix ans ? Dans son esprit, si même son génie de père ne pouvait rien pour les sauver, qui d'autre l'aurait pu ?
Cette leçon, il l'a bien retenue, depuis ce jour.
On ne peut pas guérir d'une maladie incurable.
Au final, ce n'est que grâce à son fruit du démon qu'il a pu se soigner. La médecine, à elle seule, n'a rien pu faire.
La panacée n'existe pas.
« Je suis désolé, Tanuki-ya. Mais ta panacée est un mensonge, seul mon fruit du démon pourrait potentiellement tendre vers cet idéal. Mais ce n'est qu'un outil. La seule chose qu'il peut guérir, peut-être, c'est la mort. Une vie pour une autre. C'est tout ce qu'il peut offrir. »
Chopper reste muet un moment. Ça le choque, de constater que ses idéaux ne sont pas partagés.
« Moi je pense que ce sont les maladies incurables qui n'existent pas. A quoi ça sert de faire de la recherche, si on ne vise pas cet idéal ? »
Law se sent mal. Son fruit du démon, dans les mains de quelqu'un comme Chopper, aurait fait de belles choses, à n'en pas douter. Pourquoi a-t-il survécu, lui, parmi tant d'autres ? Corazon pensait le libérer, en lui faisant avaler ce fruit. Et il l'a fait, en quelque sorte ; ça lui a permis de vivre plus longtemps. Mais la vérité, c'est que ça l'a aussi enchaîné à d'autres poids, autrement plus difficiles à porter.
Si Père avait eu ce fruit... Ou même Maman, ou Lami...
« Law... T'étais malade, avant, c'est ça ? »
Le chirurgien frissonne. Il sait qu'il n'y a rien sur sa main. Il sait que les quelques tâches, inoffensives, qu'il n'a pas pu effacer sont bien cachées, sous l'encre noire. Alors pourquoi la neige marque encore sa peau sombre, quand il regarde trop vite ?
« Est-ce que tu veux en parler ? »
A l'évidence, non. Mais Chopper ne peut pas s'empêcher de demander. L'inquiétude le ronge.
« Ça a un rapport avec Doflamingo ? »
Law expire bruyamment. Il se sent las.
« Oui. Non. J'étais un gosse et je souffrais, pas seulement physiquement... Le seul moyen de me sauver, c'était de me faire bouffer ce fruit. Un type l'a volé à Joker pour moi, alors il l'a buté. C'est tout. »
Sa salive a un goût amer, dans sa bouche.
Mais Chopper n'a pas besoin d'en savoir plus. Tout le monde a bien compris, depuis le temps, que le seul but de Law a toujours été de se venger de Doflamingo, qu'il n'était pas juste une étape dans le plan pour faire tomber Kaido, même si personne ne savait encore pourquoi. Ce type devait compter pour lui. Inévitablement. Il n'aurait pas consacré sa vie à cette vengeance, autrement.
Et ça a fait beaucoup de dégâts.
Maintenant, Chopper a l'impression d'y voir plus clair. Il y a toujours un truc qui manque, dans le récit de Law, il le sait. Mais ils sont tous les deux éprouvés.
L'autre a l'air de souffrir d'un stress post-traumatique de longue date, qui n'a jamais vraiment été pris en charge. Et son déni, son refus d'y être confronté, fait empirer les choses. Mais Chopper n'est pas psychiatre. Et Law ne voudra certainement rien entendre.
Comment le pourrait-il, alors que le petit renne ne connaît qu'un bout de l'histoire ? Alors qu'il ignore les souvenirs d'enfance qui hante le chirurgien ; qu'il ne sait pas que dans ses cauchemars, il rejoue en boucle cette scène macabre, lorsqu'il cache Lami dans l'armoire, persuadé de pouvoir revenir la chercher. Le médecin de l'équipage ne peut pas imaginer qu'ensuite, tous ses songes ne sont plus peint que par le rouge du sang et des flammes.
La mémoire fait bien les choses, Law en est la preuve. Elle a effacé avec grand zèle le reste de cette nuit d'horreur ; les cadavres, le bruit des balles, l'odeur de charnier, sa fuite par la rivière.
Mais ce que Law ne sait pas, lui fait quand même du mal.
Son imagination aime inventer les cris désespérés de sa sœur. Elle joue cette partition tous les soirs depuis seize ans ; la voix de Lami le maudit de l'avoir abandonnée à son sort, de l'avoir condamnée au bûcher.
Sa colère, cette soif de meurtre, elle vient de là, de ce moment exact. C'est cette haine, contre lui-même et le monde entier, qui l'a tenu en vie si longtemps. Jusqu'à ce que la vie lui offre un second père, un être à chérir, gonflé d'amour à revendre. Et le second drame a effacé le premier. Après tout, il faut continuer à vivre, ce sont les dernières volontés de Corazon. Et la vengeance a l'avantage d'être un objectif clair. On ne peut rien faire, contre une maladie disparue et ses propres erreurs passées. En mourant, Rossinante lui a donné un nouveau but, presque plus facile à atteindre. Ça l'a tenu éloigné de ses démons, un temps.
Et maintenant ?
Il ne peut plus rien faire, pour sa sœur.
La personne qu'il est, sa personnalité, elle est moulée dans ce traumatisme, même s'il refuse de se définir par ce prisme.
Sa manie de la propreté, son aversion pour les hôpitaux, paradoxe ultime du chirurgien qu'il est devenu, son insomnie chronique ; tout ça lui vient de ce moment fatidique. C'est le sang sur ses vêtements, c'est la haine des médecins dans leurs regards, c'est la manière dont ses parents se sont sacrifiés corps et âmes et ont échoué ; c'est ce qui fait de lui qui il est.
Le spectre de Corazon a fait de son mieux pour éloigner ses vieilles hantises, jusqu'à présent.
Et maintenant ?*
Est-ce que c'est égoïste, de ne pas utiliser son fruit pour le bien de la communauté ? Pour la médecine ? Est-ce qu'il gâche un don qu'il n'a jamais mérité ? Il n'est pas un héros. Quand il essaie d'en être un, comme à Wano, il échoue. Alors un docteur aussi dévoué que Chopper a le droit de lui en vouloir de gaspiller un tel potentiel. Il ne compte pas se défendre, de toute façon.
Il y a autant de temps que Chopper a d'années, sa sœur était encore en vie. La réalisation pose dans son ventre un poids difficile à ignorer.
Le petit médecin continue de le regarder, et la vision le blesse, à nouveau.
« J'aurais vraiment aimé que tu rencontres le docteur Hiluluk. Il disait que les gens avaient tort de penser qu'on ne pouvait pas soigner un pays. Il t'aurait montré les cerisiers en fleurs, et t'aurais compris. »
Les yeux du plus jeune se remplissent de larmes, quand il dit ça. Parce que ce qui manque à Law, c'est l'espoir.
De l'autre côté, la porte menant à l'infirmerie s'ouvre sur Luffy, qui s'exclame.
« C'est l'heure de manger ! A table ! Ah ! Jinbe, t'es réveillé, ça va ? »
Les deux médecins se redressent, et Chopper déverrouille la porte du labo, pendant que Law se rhabille.
« Vous faisiez quoi ? Fait Luffy quand il les voit arriver.
— On travaillait » lui répond Law, puis il se tourne vers Jinbe : « Comment tu te sens ? »
Pendant que les deux discutent, Luffy observe Chopper ; il a tout juste le temps de le voir essuyer vivement les larmes sur ses joues. Il penche la tête sur le côté, perplexe, mais Sanji, depuis le bout du couloir, lui fait perdre le fil de ses pensées.
« Magnez-vous, ça va refroidir !
— Tanuki-ya, dis-moi ce que t'en penses, mais à mon avis Jinbe-ya va pouvoir se joindre à nous pour le dîner. »
Chopper hoche la tête alors qu'il inspecte les blessures, qui ont toutes définitivement bien cicatrisées.
« Trop cool ! s'écrie Luffy.
— Pas si fort, Mugiwara-ya, s'agace le chirurgien, qui obtient en retour une grimace enfantine de la part du capitaine.
— Ne t'en fais pas Law-kun, un peu d'agitation ne va pas me faire de mal.
— Toi, ça fait longtemps que t'as pas mangé à table avec tout le monde. »
La petite troupe quitte l'infirmerie, Jinbe sur des béquilles, entouré d'un Luffy et d'un Law attentifs. Chopper attarde à nouveau son regard sur ce dernier La conversation semble loin maintenant, et le brun a retrouvé son air blasé qu'il revêt si souvent.
Mais Chopper sait que le problème n'est pas résolu.
Law refera le cauchemar de l'incendie encore de nombreuses nuits. Et à chaque fois, il arrivera trop tard pour sauver la petite fille cachée dans l'armoire, sacrifiée aux flammes sur l'autel de sa propre survie.
Aucun cas n'est désespéré. Cette conviction, Chopper la garde précieusement ; c'est son plus beau trésor. Mais quid d'un patient qui, pour la première fois, refuse son aide ?
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*que vais-je faire, de tout ce temps, que sera ma vie... ? [Et maintenant, Gilbert Bécaud ; Grégory Lemarchal, pour les plus jeunes d'entre nous].
NB : Ce chapitre s'adapte de façon plus ou moins étrange au contexte actuel. Enfin, si vous êtes aussi cynique que moi.
J'ai plusieurs avis différents sur le fruit de Law, et sûrement n'allez-vous pas forcément être d'accord avec le parti que j'ai pris dans cette fic. Pour moi, ici, l'Ope Ope no Mi est un outil. Il n'est pas magique. Il ne fonctionne que parce que Law a des connaissances poussées en médecine. Mais sans ce fruit, il n'aurait rien pu faire non plus. C'est comme si on avait, dans notre monde, un seul et unique fruit du démon capable de retirer les cellules cancéreuses d'un corps sans rien abîmer autour. Vous imaginez le bordel que ça serait ? Et du coup, est-ce que l'Ope Ope no Mi est la Panacée ? Non, et je ne pense pas de toute façon que ce soit ce que recherche Chopper non plus.
Pour moi, Law a tort, même si le rêve de Chopper me semble être le plus irréalisable de tous. Mais ne blâmez pas trop notre petit chirurgien, ce sont les expériences de la vie qui l'ont rendu comme ça, et ça le ferme totalement à la discussion. De toute façon, le sujet est complexe et je n'allais pas me lancer dans une dissertation, ce n'était clairement pas le but du chapitre x)
Par contre, je suis curieuse d'avoir vos points de vue ! Ça me ferait vraiment plaisir d'en discuter avec vous. Comment vous trouvez l'évolution de la psychologie de Law ? A votre avis, que s'est-il passé à Wano ?
Et pas taper parce que j'ai fait pleurer Chopper...
Réponses aux reviews anonymes :
Shadow : Merci beaucoup pour ta review ! Tant mieux si le lemon a fait passer toutes ces émotions, comme c'était le premier que j'écrivais j'avais du mal à savoir si je m'y prenais bien ou pas, peur aussi d'être trop explicite pour une histoire comme Valsons. J'espère que ce chapitre aussi t'aura plu, à la prochaine j'espère !
Guest : Oh merci, ce sont vraiment de très beaux compliments et ça me touche d'autant plus que ce sont des détails subtils dans l'écriture que j'essaie de "cacher" de temps en temps. Très contente aussi de voir que je ne suis pas la seule à apprécier Usopp ! Pour la bêta lecture, c'est toujours dans mes projets, parce que j'ai peur de mal représenter certains traits de caractère des personnages, alors si tu penses les connaître assez finement je veux bien ton avis ! Par contre, comme tu es anonyme sur le site, je n'ai aucun moyen de te contacter. Et tout cas, merci pour cette review, j'espère que la suite te plaira tout autant !
Teaser : Chapitre 12, Sois tranquille (le niveau de fun poursuit sa lente descente aux enfers). Publication sûrement début avril, le confinement étant un moyen – forcé – de faire accélérer ma cadence d'écriture.
Prenez soin de vous et de vos proches ! Le plus important maintenant, c'est de laisser s'essouffler le virus. Respectez les consignes de sécurité, ce n'est vraiment pas le moment de sortir dans les parcs avec vos potes même si on en meurt tous d'envie. Et si vous vous ennuyez, la petite case en dessous n'attend plus que vous...
