EPILOGUE
Harry aurait voulu que ses parents soient moins démonstratifs. Il marchait à quelques pas derrière eux, cherchant dans la foule qui se pressait voie 9 3/4, son meilleur ami Ron. Il avait laissé son père pousser le chariot sur lequel était entassé sa valise, la cage de sa chouette Hedwige et son éclair de feu. Ron allait halluciner quand il le verrait. Sirius le lui avait offert pour son anniversaire et sa dernière farce en date lui avait presque coûté le droit de l'emmener à Poudlard. Heureusement que son père était encore plus fanatique de quidditch que lui. Sans compter qu'il était bien souvent plus admiratif qu'en colère face à ses bêtises. Pour le moment cette "admiration" était concentrée sur sa mère qu'il couvait d'un regard qui donnait l'impression qu'il venait de tomber amoureux d'elle alors qu'ils étaient mariés depuis quatorze ans. Sa mère le lui rendait bien, glissant dès qu'elle le pouvait une main dans la chevelure hirsute dont il avait d'ailleurs hérité. James désigna du menton le père de Draco Malfoy, s'attirant un coup sur l'épaule de Lily qui tentait de prendre un air réprobateur mais qui ne pouvait s'empêcher de rire à ses bêtises. Il sentit les regards des passants sur lui et pressa le pas pour se glisser entre ses parents qui échangèrent un sourire amusé.
– Déjà lassé de signer les autographes de tes fans ? s'enquit Dorcas en bloquant le chariot du pied, le taquinant comme toujours.
– Oh mon dieu c'est Harry Potter ! s'écria Marlène en faisant mine de s'évanouir, rattrapée par un Remus tout aussi mort de rire.
– Lâchez-le, le défendit Sirius bien qu'un sourire étira ses lèvres.
– Sirius ! s'exclama Harry.
– Ça va gamin ? demanda le jeune homme en le décoiffant joyeusement, s'attirant une remarque de Lily. Qu'est-ce que tu vas nous inventer cette année ?
– Tant qu'il ne vole pas la voiture d'Arthur, commença Lily.
– Qu'il ne combat pas de chien à trois têtes, poursuivit Dorcas.
– Ou d'araignées géantes, termina Marlène.
– Vous oubliez le dragon, intervint Remus.
– C'était pas le mien ! C'était celui d'Hagrid ! protesta Harry. J'essayais juste... Laissez tomber.
– Personne ne va parler du troll ? demanda Sirius.
– Ou de Gilderoy ?
– Avouez que réveiller le saule cogneur c'était pas mal !
– Je ne comprends toujours pas comment tu arrives à constamment te faufiler hors de ton dortoir, s'agaça Lily, sa déclaration immédiatement suivie par la toux des quatre maraudeurs qui savaient pertinemment qu'il avait la cape en sa possession.
– Le talent ? répondit-il en souriant innocemment.
Son sourire disparu rapidement en voyant Rita Skeeter se frayer un chemin jusqu'à eux. Il pouvait prévoir ce qu'elle allait lui demander avant même qu'elle n'ouvre la bouche. Elle se tromperait comme toujours sur son âge avant d'enchainer sur la sempiternelle "qu'est-ce que ça fait d'être l'Élu ?" ou "le garçon qui avait vaincu Voldemort, non pas une, non pas deux mais trois fois ?" ou encore s'il avait un besoin pathologique de se faire remarquer ou simplement des tendances suicidaires pour se mettre aussi régulièrement en danger ? Il leva les yeux vers sa mère qui affichait la même expression que lui.
– Lily Evans ! s'exclama la journaliste comme si elles avaient été les meilleures amies du monde.
– Potter, la corrigea la jolie rousse.
– J'oublie toujours !
– Oui j'avais remarqué... marmonna Lily avec une patience admirable au vu du contexte, Rita omettant volontairement et systématiquement son existence lorsqu'elle parlait du célèbre "James Potter, capitaine des Canons de Chudley et cœur à prendre".
– James ! Oh mon dieu quelle saison ! Toujours marié ? demanda-t-elle sans aucune honte. Harry ! finit-elle par lâcher, couvrant le "j'hallucine" de Lily. Alors ? Anxieux pour cette première année à Poudlard ?
– Troisième, la corrigea-t-il en sachant pourtant pertinemment que cela ne servait à rien.
– Comment va ta petite amie ? Granger c'est ça ?
– C'est pas ma petite amie, soupira-t-il.
– Rita ça suffit tu ne crois pas ? intervint Dorcas qui avait peu de patience... en général.
– Une dernière question ! Qu'est-ce que ça faisait d'avoir une partie de l'âme de Tu-Sais-Qui à l'intérieur de toi ?
Ce n'était pas vraiment une question stupide. Presque le contraire à bien y réfléchir. La vérité c'est qu'il n'avait rien remarqué. Ses parents non plus d'ailleurs. Pas même lors de l'apparition des premiers signes. Cette fois-là au zoo, quand il avait dû accompagner son cousin Dudley pour son anniversaire et qu'il avait libéré un python et qu'il s'était rendu compte qu'il pouvait parler au serpent. Pas à Dudley. Ça c'était impossible. Il y avait aussi eu les cauchemars qui finalement n'en étaient pas. Sa cicatrice qui devenait douloureuse faisant office de détecteur de mage noir maléfique. Au final tout s'était bien fini... Enfin à part le fait que sa mère l'avait privé de sortie pour le restant de ses jours parce qu'il était mort. Il avait bien tenté de lui expliquer qu'il n'était pas "vraiment" mort. Ou tout du moins pas longtemps. Mais ça n'avait pas eu l'effet escompté. Il savait qu'il aurait dû demander un mot au vieux mage de la gare qui lui avait dit qu'il pouvait prendre le train pour aller où il voulait.
– Harry ! s'exclama Ron en lui faisant de grands signes de la main. Dépêche-toi le train va partir !
– J'arrive ! dit-il en se précipitant vers son meilleur ami, s'arrêtant néanmoins à mi-chemin.
Il se tourna vers ses parents qui lui firent signe d'y aller en lui souriant. Il savait qu'ils avaient pris de nombreux risques pour lui... Qu'ils auraient pu ne pas être là. Il n'osait pas imaginer une réalité différente de celle-ci. Grandir sans eux, sans Sirius, Remus, Marlène, Dorcas et les autres membres de l'Ordre. Il avait parfois souhaité ne pas être l'Élu. Ne pas être connu. Que son seul problème soit d'allier les cours de potions et les entrainements de Quidditch. Et peut-être que cette année serait paisible. Peut-être qu'il ne s'attirait pas d'ennuis, qu'il ne finirait pas dans le bureau de la Directrice. Personne ne pouvait prévoir ce que lui réservait l'avenir. Il n'avait que la certitude du présent. Il courut se blottir dans les bras de sa mère qui le serra avec force contre son cœur.
– Tout va bien, lui chuchota Lily.
– Vous restez avec moi ? demanda-t-il en tournant son visage vers son père.
– Jusqu'à la fin, répondit ce dernier en lui souriant.
THE END
