Quatre

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Disclaimers : Astéria est mon entière propriété.

Chronologie : vous retrouverez dans ce chapitre une allusion à la fic du barman « Un coin de paradis », que l'on peut par conséquent considérer comme antérieure.

Notes de l'auteur : après bien des errements, ce chapitre clot donc cette fic, qui n'avait de toute manière jamais vraiment eu de fil directeur à sa conception. Je n'exclus pas de la rouvrir si d'aventure je trouve d'autres ennuis « typiquement féminins » à faire subir au captain.

Elle s'appelait Astéria. C'était le nom qu'elle avait choisi. Elle en aimait la sonorité, qui sonnait comme une promesse de voyage. Elle l'avait donné au capitaine lorsqu'elle avait décidé d'embarquer, et il ne se rattachait en rien à ce qu'elle évoquait sobrement comme « sa vie d'avant ».
Les autres n'avaient pas besoin de savoir. Qu'ils s'imaginent ce qu'ils veulent.

— Tu as fait quoi ?

Elle avait rejoint l'équipage aux toutes premières heures du vaisseau pirate, alors que celui-ci, encore auréolé de la gloire de son vol inaugural, relâchait sur une île perdue du Pacifique. Bien sûr, elle était plus jeune que certains des vieux briscards qu'elle côtoyait chaque jour, mais elle se considérait malgré tout elle aussi comme « un vétéran ».

Son ancienneté à bord, son expérience de l'Arcadia conféraient à ses paroles une valeur reconnue. Son avis comptait. Sa voix était écoutée. Elle tirait beaucoup de fierté des « petits problèmes » qu'on venait lui confier et qu'elle s'attachait à résoudre au mieux. Ce n'était pas grand-chose, évidemment (elle ne possédait pas les responsabilités d'un officier), mais elle estimait que chaque détail, même le plus minime, méritait sa pleine attention – et, surtout, elle estimait que chaque détail, même le plus minime, méritait la pleine attention du capitaine.

Le célèbre capitaine Harlock était un homme occupé, Astéria le comprenait. Plus enclin à s'intéresser aux grandes manœuvres militaires, aux options tactiques complexes et aux enjeux opérationnels mouvants qu'aux petits tracas quotidiens des uns et des autres. Plus prompt à calculer une route de navigation parfaite qu'à se pencher sur des questions bassement relationnelles. Mais cela faisait aussi partie de son rôle de capitaine, avait décrété Astéria, et elle considérait donc qu'il était de son devoir de rappeler à Harlock qu'il ne fallait pas négliger les besoins de ses hommes.

L'équipage représentait la colonne vertébrale du vaisseau. Sans les techniciens, les mécanos, sans les pilotes, sans tous les hommes qui l'emplissaient de vie, l'Arcadia ne serait rien de plus qu'une coque vide et dépourvue d'âme !

— Un bébé, Téri. J'ai fait un bébé.

Il était de son devoir de tenir Harlock au courant de tout ce qui concernait l'équipage.
Mais peut-être ne l'informerait-elle pas de ceci.

— Il faut que tu débarques sur une planète sûre, bredouilla Astéria. Le capitaine…
— Téri, non. Laisse le capitaine en dehors de ça.

Les yeux de Blue étaient brouillés de larmes, sa voix hachée de sanglots réprimés. Astéria l'avait trouvée prostrée sur sa couchette lorsqu'elle était rentrée de son quart. Elle s'était inquiétée. Blue se montrait toujours si enjouée, d'ordinaire !

— Je ne veux pas débarquer, Téri. Ne dis rien au capitaine. S'il te plaît.

Il était de son devoir de tenir Harlock au courant.
Peut-être.

— S'il te plaît, répétait Blue. Je ne veux pas débarquer. Où est-ce que j'irais ?
— Tu as vu le doc, au moins ?

Oui, Blue avait vu le doc. Il lui avait conseillé peu ou prou la même chose : elle devait débarquer. Elle avait supplié, avoua-t-elle à Astéria. Elle avait supplié, il avait cédé. Pour le moment.
Il reviendrait à la charge, c'était certain. Blue devait s'en douter.

Astéria se mordit la lèvre inférieure. Un bébé… Qui n'était donc pas arrivé là tout seul, c'était une évidence. Cela soulevait des tas de questions. Le père appartenait-il à l'équipage ? N'était-il qu'un coup d'un soir ? Était-ce planifié ? Était-ce un accident ? Était-ce… pire ? Et surtout…

— Et, euh… Tu veux le garder ? demanda-t-elle.

Blue lui renvoya un regard indigné, comme si la réponse allait de soi.

— Bien sûr que je veux le garder !

Et elle voulait le garder à bord, asséna-t-elle. Elle n'avait nulle part où se rendre, nul autre refuge qu'ici. L'Arcadia était sa maison !

C'était impossible, se répéta Astéria. Impossible et dangereux. Un vaisseau spatial, un vaisseau pirate ne pouvait offrir la qualité des soins, la sécurité, le confort d'une maternité. Il était de son devoir de tenir Harlock au courant.

— S'il te plaît Téri, n'en parle pas au capitaine.

Harlock le saurait, d'une manière ou d'une autre. Qu'elle en parle ou non.

— N'en parle pas. Tu promets ?

Elle promit. C'était tout récent, lui révéla Blue. Ça ne se voyait pas.

Harlock le saurait, évidemment.
D'une manière ou d'une autre.
Même si elle n'en parlait pas.

Les semaines s'écoulèrent, entrecoupées de combats, de relâches, d'abordages et de manœuvres évasives. Astéria s'était préparée à ce que le capitaine convoque Blue, qu'il la somme de s'expliquer, qu'il lui ordonne de débarquer sur le champ. Il n'en fut rien, et Astéria ne put s'empêcher de ressentir une pointe de déception. Harlock savait toujours tout, comment pouvait-il ne pas savoir ceci ?

Elle avait vu le doc. Elle lui avait parlé de Blue. Elle avait parlé à Blue, lui suggérant, à chacune des escales de l'Arcadia, différentes solutions pour qu'elle s'installe à terre. Blue avait refusé, dédaignant emplois de serveuse, places de vendeuse, et même (et Astéria s'était d'ailleurs demandé si elle n'allait pas accepter cette offre-là pour elle) une proposition pour reprendre la petite épicerie que tenait un couple âgé dans un coin paumé de campagne, sur Porto Sol.

— Peut-être plus tard, avait concédé Blue.

Peut-être maintenant. D'un point de vue médical, c'était l'option la plus sûre. Astéria en était convaincue. Le doc ne s'était pas prononcé devant elle. Elle était certaine qu'il partageait son avis.
C'était l'option la plus sûre, mais allez le faire comprendre à Blue !

— Je veux qu'il naisse à bord, Téri. Après, on verra.

Son ventre commençait à s'arrondir. Certains gars s'étaient déjà fendus de blagues douteuses. « Tu devrais te mettre au sport, Blue ! » Astéria avait surpris le regard inquisiteur de Masu. Blue ne tromperait pas longtemps la vieille cuisinière.

Et Harlock le saurait, d'une manière ou d'une autre. Le capitaine savait toujours tout.

Qu'en penserait-il ? Devait-elle l'avertir ?

Lorsqu'elle lui avait posé la question, le doc avait haussé les épaules. « Je ne suis pas dans la tête du capitaine, miss. » Ça ne l'aidait pas.

Elle avait promis, devait-elle protéger Blue malgré elle ?
Devait-elle, avant qu'il ne soit trop tard ?

Blue voulait qu'il naisse à bord. Le doc affirmait que le matériel de l'infirmerie était suffisant. Blue s'en contentait. « Tu vois, pas la peine d'avoir peur ! » s'était-elle réjouie. Astéria ne l'avait pas contredite, même si l'angoisse l'étreignait. À bord, rien n'était prévisible. Les combats incessants, la fatigue des quarts, les bizarreries spatiales que le capitaine s'obstinait à croiser… Certes, l'Arcadia était solide, mais pour Blue le plus petit incident pouvait se transformer en catastrophe !

— Tu es sûre, pour Porto Sol ?
— Je suis sûre, Téri. Je reste. Tout se passera bien !

Oui, mais le capitaine ?

Blue semblait croire qu'elle pourrait cacher son état au capitaine jusqu'au terme. Impossible, songeait Astéria. Impossible. Tôt ou tard, Harlock le saurait et il larguerait Blue sur la planète la plus proche, quelle qu'elle soit.

Il aurait mieux valu que Blue prenne le temps de choisir ce qui lui convenait le mieux… Porto Sol, par exemple, était idéale pour démarrer une nouvelle vie – hélas, l'Arcadia ne s'était pas attardé dans les parages, et la planète était beaucoup trop loin, à présent. Une telle opportunité avait peu de chances de se reproduire, se désolait Astéria. Et le cas échéant, Blue changerait-elle d'avis ?

« Je veux qu'il naisse à bord, Téri. » Quand le capitaine serait mis devant le fait accompli, qu'en penserait-il ? Astéria n'osait l'imaginer. Il aurait mieux valu qu'elle l'avertisse dès le début. C'était au capitaine de prendre ce genre de décisions. Pas à Blue. Et pas à elle.

Mais elle avait promis, et même si elle se sentait piégée, elle ne trahirait pas une promesse. Blue lui faisait confiance. Le doc ne semblait pas inquiet. Et d'autres semaines passèrent, jusqu'à ce qu'il soit rigoureusement impossible de se méprendre sur l'état de Blue.

Alors certes, Blue quittait de moins en moins sa chambre et ne s'éloignait guère plus de la tranche Juliette, mais elle assurait encore ses quarts et se rendait toujours au mess pour les repas. Et elle était désormais, comme qui dirait, « enceinte jusqu'aux yeux ». Tout le monde l'avait remarqué. Enfin… tout le monde sauf le capitaine, a priori.

Astéria, quant à elle, était aux petits soins nuit et jour. Puisque Blue tenait à rester à bord contre toute logique, elle s'était donné comme mission de lui procurer un maximum de confort et de sécurité afin que sa grossesse se déroule dans les meilleures conditions possibles. Elle avait veillé à ce que le chef machine confie à Blue un poste de quart tranquille au PC sécurité. Elle avait discuté avec Masu de menus plus équilibrés. Elle avait réclamé des escales plus longues, plus fréquentes, une période de repos sur la station orbitale de Chémus Prime et l'arrêt des affrontements de type « l'Arcadia contre une flotte entière ». Elle avait trouvé des vêtements plus amples, un matelas plus confortable, une chambre plus calme.

Elle était de plus en plus incrédule sur l'absence totale de réaction d'Harlock vis-à-vis de toute cette affaire.

— Je suis sûre qu'il le sait, avait dit Blue.

Les autres filles semblaient du même avis.

— Il le sait et il s'en fout, argua Cody un soir où Astéria avait (encore) mis le sujet « il faut que tu débarques, c'est plus prudent » sur le tapis.
— Il le sait et on n'a pas eu de gros combat depuis presque trois semaines, donc il fait attention, réfuta Delhi.

Astéria secoua la tête. Il lui semblait impossible que le capitaine puisse être au courant sans qu'il ne prenne les mesures adéquates (à savoir, débarquer Blue, parce qu'un vaisseau spatial n'était pas le lieu indiqué pour une grossesse et elle n'en démordrait pas).

— Il ne le sait pas, asséna-t-elle, davantage pour se convaincre elle-même que pour faire changer d'avis les filles. Est-ce que tu l'as croisé récemment, Blue ?

Blue fit un geste de dénégation.

— Non. 'fin, j'ai pas non plus cherché à le croiser, hein…

Personne ne cherchait jamais à croiser le capitaine, songea Astéria. À moins qu'il n'y ait vraiment plus d'autre choix. Ou à moins qu'il ne s'agisse d'une décision de commandement que Tochiro se refusait à prendre (et qui concernait quasi systématiquement la gestion de l'équipage), auquel cas c'était elle qui s'y collait.

Mais bref. Astéria croisa les bras, butée. Il le savait. Il était impossible qu'il ne le sache pas. Harlock savait toujours tout.

Et lorsque tout serait terminé et qu'elle ne serait plus liée par sa promesse envers Blue, elle irait lui signifier tout ce qu'elle pensait de la désinvolture avec laquelle il traitait les femmes enceintes sur son vaisseau. Il fallait la débarquer, bon sang, pas l'ignorer ! Ce n'étaient pas des manières de commandant !

Tochiro. C'était Tochiro qui l'avait averti.

— Attends… Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué ! Tu as vu dans quel état elle est ?

Harlock répondit « grmf ». Non, il n'avait rien remarqué. Il laissait les gars vivre leur vie comme ils l'entendaient du moment que cela n'engageait pas la sécurité de l'Arcadia, et, surtout, il s'efforçait de ne pas trop s'approcher de quiconque pour qu'on ne l'accuse pas encore de terroriser son monde (et par « on », il entendait « Astéria », qui figurait en première place de sa liste personnelle des gens desquels ne pas trop s'approcher – la deuxième place étant occupée par « les filles » et la troisième par « le doc »).

Enfin, quoi qu'il en soit, il n'avait pas vu Blue depuis… depuis super longtemps, en fait. C'est vrai que c'était suspect, quand on prenait le temps d'y réfléchir deux minutes.

Harlock se pinça l'arête du nez. Les filles… Que des ennuis avec elles.

— Bon, okay, soupira-t-il. Pas de problème. Du coup, elle veut qu'on la pose quelque part ?

Tochiro grimaça. Houlà, c'était pas bon signe, ça…

— Elle veut accoucher à bord, répondit son ami. J'en ai parlé avec le doc, il dit que ce n'est pas une grossesse compliquée et qu'il a tout l'équipement qu'il faut à l'infirmerie… Et il dit aussi que ce n'est pas la première fois.

Oui en effet, ce n'était pas la première fois. Harlock frémit. La première fois, ça s'était passé dans ses quartiers, se souvint-il. Dans son bureau, pour être exact. Ça avait été une expérience horrible, qu'il ne tenait surtout pas à reproduire. Heureusement, il y avait toute la place qu'il fallait à l'infirmerie cette fois-ci, et donc peu de risques que Blue décide de squatter chez lui pour accoucher.

La perspective, si improbable soit-elle, le fit malgré tout frissonner.

— Elle veut qu'on la pose quelque part après ? insista-t-il.

Tochiro haussa les épaules, avouant par là même son ignorance – ce qui n'arrangeait pas Harlock. Un accouchement sur son vaisseau, okay. Le doc était compétent, plus digne de confiance que certains charlatans qui pratiquaient sur les planètes de la Bordure Extérieure, et l'infirmerie de l'Arcadia n'avait pas à rougir de la comparaison avec les hôpitaux de campagnes des jeunes colonies.

En revanche, un bébé sur son vaisseau, c'était un non catégorique. Il avait déjà parfois envie de jeter Lydia par-dessus bord à cause des précautions qu'il fallait prendre à son égard « parce que c'est une enfant capitaine, vous ne vous rendez pas compte » ; il n'imaginait même pas le bordel qu'il aurait à supporter avec un nourrisson sur les bras. Et puis c'était un vaisseau pirate ici, pas une garderie !

Il prit donc sur lui de demander conseil à qui, il le savait, aurait forcément un conseil à lui donner.

Il coinça Astéria alors qu'elle sortait du hangar aux spacewolfs. « Où Blue souhaite-t-elle s'installer une fois qu'elle aura accouché ? » demanda-t-il de but en blanc.

— Porto Sol, capitaine, répondit aussitôt Astéria.

Puis elle se lança dans une tirade sur Blue, la promesse qu'elle avait faite, vous comprenez elle voulait absolument qu'il naisse à bord capitaine, le terme dans trois semaines, les échographies où on voit bouger ses petites mains c'est tellement mignon, l'épicerie de Porto Sol et les conditions idéales pour élever un enfant (à savoir : pas sur un vaisseau, ni sur une station spatiale, ni sur une station orbitale, ni sur rien qui naviguait dans l'espace, en fait).

— C'est une fille, termina-t-elle. Blue veut l'appeler « Katia » parce que ça sonne comme « Arcadia ».

Harlock, qui avait principalement été élevé soit sur un vaisseau, soit dans une station spatiale, se retint à temps de faire remarquer que hé, il ne s'en était pas si mal sorti de son côté ! D'une part parce que, il devait bien l'admettre, entre les fugues et la petite délinquance il n'avait pas vraiment été un enfant facile à élever, et d'autre part parce que « capitaine pirate » ne devait pas rentrer dans les perspectives de carrière qu'Astéria considérait comme acceptables pour un bébé qui n'était pas encore né.

En conséquence, il se contenta de répondre :

— Oui c'est… joli.

… et il se dépêcha d'évaluer la distance qui le séparait de Porto Sol et le temps qu'il mettrait pour y ramener l'Arcadia.

— Je devrais pouvoir atteindre Porto Sol dans dix jours, ajouta-t-il avant qu'Astéria ne recommence à l'assommer de récriminations. Tu peux dire à Blue que le doc s'occupera d'elle jusqu'au bout, mais qu'après il faut qu'elle débarque.

Le « vous pouvez aussi le lui dire vous-même, capitaine », prononcé ou non, le poursuivit jusqu'en passerelle. Il s'appliqua à l'ignorer. Oui, certes, il pouvait le lui dire lui-même, mais il avait une trajectoire vers Porto Sol à calculer et Astéria semblait très impliquée dans la gestion de cette crise, il ne doutait pas qu'elle se chargerait de cette tache sans délai.

Il verrait Blue plus tard.

Sûrement.

Il vit Blue le lendemain de leur atterrissage sur Porto Sol.
Ou plutôt, Blue vint le voir le lendemain de leur atterrissage sur Porto Sol. Accompagnée d'Astéria. Okay, message bien reçu. Il pouvait le lui dire lui-même.

— Après il faudra que tu débarques, insista-t-il.

Elle opina sans rien dire, et accoucha deux jours plus tard.

Harlock déploya tout son art de l'esquive pour rester à bonne distance de l'infirmerie, du mess, et globalement de tout endroit d'où émanaient des « kilikili, ouh qu'elle est mignonne ! ». La stratégie se révéla payante – sauf en une occasion, lorsqu'il croisa Astéria, Blue, le doc et Tochiro par inadvertance au détour d'une coursive. Heureusement, personne n'avait l'air d'attendre qu'il se fende d'un « kilikili, ouh qu'elle est mignonne », ce qui l'arrangeait bien parce que la chose fripée et vagissante que Blue tenait serrée contre elle n'avait rien de « mignonne ».

— Tu ne veux pas la prendre, Harlock ? ironisa Tochiro.

Non, surtout pas.

De toute façon, l'eût-il voulu, le regard noir qu'Astéria lui lançait l'aurait dissuadé illico.

Astéria couvait Blue et son bébé telle une mère poule surprotectrice, supervisait leur installation sur Porto Sol, avait déjà trouvé un logement, un travail, un médecin traitant, des contacts sûrs. Harlock n'aurait pas été étonné d'apprendre qu'Astéria avait également trouvé une école et qu'elle y avait déjà inscrit la petite Katia. Pauvre gosse, songea-t-il distraitement. Peut-être qu'Astéria avait même déjà choisi l'université que l'enfant devrait fréquenter.

Lorsque Blue débarqua pour de bon, Harlock s'attendait presque à ce qu'Astéria l'accompagne.

Elle resta.

Lorsqu'Astéria vint le trouver dans son bureau moins de trois jours après leur départ de Porto Sol, soi-disant parce qu'il avait oublié d'intercaler des périodes de repos entre ses entraînements de sécurité (oui c'était vrai, et alors ?), Harlock regretta presque qu'Astéria n'ait pas accompagné Blue.
Puis il se dit que Blue n'aurait jamais pu supporter ça.
Et qu'il était donc préférable pour tout le monde que ce soit lui qui ait à supporter Astéria.

Il en fut… curieusement soulagé.