Serpens Caput, La Tête de Serpent

Une petite lumière bleue clignota dans la nuit, illuminant par saccade la chambre déjà inondée par un petit sifflement aigu. Hermione se leva d'un bon, enfilant un pantalon et un haut, saisissant sa blouse et transplanant immédiatement. Elle se retrouva dans l'air de déplacement du rez-de-chaussée et monta quatre-à-quatre les marches qui la menèrent au troisième étage. Le service de pédiatrie s'agitait nerveusement et la jeune femme interpella la première infirmière qui passa près d'elle.

« Chambre 306, arrêt respiratoire. »

Les autres médicomages s'écartèrent quand la brune pénétra dans la chambre, dictant des ordres aux infirmières et au personnel, elle se pencha vers la fillette. Il fallut près d'une heure pour rétablir une respiration correcte à la petite Lila qui dormait désormais, sous la perfusion d'une potion permettant la ventilation naturelle des poumons. Le kyste qui avait obstrué les poumons avait peu diminué, mais il était bien moins dangereux.

Hermione recommanda le calme et invita tous les médicomages à sortir et à reprendre leurs activités. Elle sortit à son tour, refermant doucement le porte derrière elle. Un coup d'œil à l'horloge, il était tout juste deux heures et la brune décida de faire un tour dans les couloirs vides avant de rentrer chez elle. Son cœur se remplissait de bonheur quand elle voyait par la petite fenêtre ses petits protégés dormir à points fermés.

Un sourire bienveillant illumina son visage alors que l'image de son petit Teddy aux cheveux verts, ensommeillé et la couverture à moitié tombée, lui apparût. La jeune femme pénétra silencieusement dans la pièce et vint reborder le petit, déposa un très léger baiser sur son front. Hermione sursauta violemment en se retournant, saisissant sa baguette, quand elle vit une silhouette se dessiner dans l'ombre.

Elle s'approcha lentement, se souvenant de l'étrange rêve du petit garçon. Il ne lui fallut pas plus de quelques pas pour se retrouver à un mètre à peine d'un homme assit dans un fauteuil, endormi. Pendant un instant, la brune se demanda si elle rêvait aussi en reconnaissant Drago Malfoy.

Une haine profonde lui enflamma le cœur et elle dû se retenir pour ne pas l'extérioriser, de peur de réveiller Ted. Elle considéra plusieurs fois l'idée d'extirper du sommeil le décoloré qui se trouvait devant elle et d'aller régler ses comptes dans le couloir. De quel droit cet abruti se permettait-il de venir hanter les nuits du petit alors qu'il n'avait même pas été foutu de l'assumer en tant que grand-oncle ou elle ne savait quoi.

Le sorcier remua légèrement et Hermione tenta tant bien que mal de se calmer en prenant finalement la décision de quitter les lieux avant de faire n'importe quoi de stupide.

Le lendemain matin, la jeune femme essaya de reléguer tout ce qui encombrait sa tête en arrivant près de la chambre 311. Elle poussa la porte et fit de son mieux pour garder le sourire malgré le poids qui pesait lourdement sur son estomac.

« Mione ! Mione ! Il faut trop que je te raconte ! s'écria le garçon.

Ses cheveux étaient d'un blond platine parfait, la boule dans le ventre de la sorcière s'écrasa au sol.

– J'ai rencontré le monsieur de mes rêves !

– Ah oui ? répondit fébrilement la brunette qui choisit de s'asseoir sur une chaise près du lit.

– Oui ! Je me suis réveillé au milieu de la nuit et il était là ! Il dormait, mais j'ai appelé un peu et il s'est réveillé et il m'a regardé bizarrement. J'aimais bien à quoi il ressemblait alors j'ai changé de couleur et il m'a regardé encore plus bizarrement. Ensuite, j'ai dit « Pourquoi vous êtes dans mes rêves ? » et il s'est levé et il est venu vers moi. Il m'a dit « Je m'appelle Drago et je ne sais pas pourquoi je suis dans tes rêves. ». Et il a voulu partir pour que je me rendorme, mais j'ai dit non, et finalement il est revenu et s'est assis là où tu es.

Hermione se leva en essayant de ne pas être trop brusque et se dirigea vers le chariot qui contenait le petit déjeuner.

– J'ai pas fini l'histoire tata !

– Je t'écoute Teddy.

– Alors je lui ai dit « Moi je m'appelle Ted Lupin. » et il a souri. Il est gentil Drago, il m'a raconté des histoires. Tu le connais toi ?

– Euh.. Oui, on peut dire ça comme ça.

– Tu viendras avec nous la prochaine fois qu'il sera là ? Dis oui tata, s'il te plaît ! S'il te plaît !

– On verra. Pour l'instant, tu dois manger et après on va aller marcher un peu. »

Durant tout le temps qu'ils passèrent ensemble, Hermione n'entendit parler que de Malfoy. Elle n'en revenait pas. Il avait passé près d'une année entière à venir le voir la nuit, en lâche, et la première fois que Ted le rencontrait, voilà qu'il occupait plus de place que n'importe qui.

La jeune femme poussa le fauteuil dans lequel l'enfant était assis jusqu'à un petit kiosque. Elle sorti une fiole de potion bleue très sombre que le petit avala d'un coup. « C'est bon, je suis prêt. ». Hermione tendit ses mains qu'il attrapa avant de poser ses pieds sur le sol. La potion jouait le rôle de la moelle épinière en créant des liens faibles et provisoires à l'intérieur des tissus. Le garçon s'appuya de toutes les forces et fit un petit pas.

C'était comme ça tous les jours, la potion le reconstruisait lentement, ce qui permettrait à l'enfant de marcher de nouveau. Ils passèrent l'heure et demi quotidienne à faire de la rééducation puis Hermione ramena le garçon à l'intérieur. Harry, Ginny et Ron étaient là quand ils arrivèrent dans la chambre et la jeune femme compris tout à fait l'expression d'incompréhension qui se peignit sur leur visage.

Les trois visiteurs restèrent un petit moment avec Teddy, qui leur bassina les oreilles avec sa rencontre extraordinaire avec le monsieur de ses rêves, pendant que tata Mione terminait son service jusqu'à la pause du midi. C'est à ce moment-là que les adultes se retrouvèrent pour discuter un peu.

« Tu l'as vu toi ?

– Qui ? Malfoy ? Oui, cette nuit je suis rentrée dans la chambre et il dormait sur un fauteuil, répondit Hermione.

-Et tu l'y a laissé ? rétorque Ron.

– Je n'allais pas le réveiller et risquer de faire de même pour Ted, ça aurait fait pareil.

– Ouais. Et ça fait combien de temps qu'il vient la nuit ?

– Je ne sais pas, dix peut-être douze mois. En tout cas, c'est à peu près quand les rêves ont commencé.

– Peut-être qu'il faut lui dire la vérité, intervint Harry.

-Quoi ? Tu veux lui dire qu'il est de la même famille que Malfoy ? Pour qu'il devienne encore plus affectueux ?

– On ne peut pas lui enlever ça, Hermione. Bien que ça ne m'enchante pas non plus, Malfoy est sa seule famille en termes de sang et s'il vient le voir depuis aussi longtemps c'est qu'il en est conscient.

– Je ne sais pas si c'est une bonne idée Harry. Je sais que Malfoy n'est plus celui qu'il était à Poudlard, mais quand même.

– Comment avance sa guérison sinon ? demanda Ginny.

– La potion fait effet, chaque jour est plus prometteur que le précédent. J'ai espoir pour que dans une bonne année il soit remis sur pieds. Bon, je dois vous laisser, je reprends mon service.

– Tu es libre ce week-end ? lança Ginny.

– Oui, sauf le samedi après-midi, pourquoi ?

– J'aimerais qu'on sorte un peu, ça fait longtemps que tu n'es pas venue avec nous, et Bill et Fleur viennent rendre visite à maman et papa. On pourrait se retrouver samedi soir, on mange quelque part et tu viens dormir à la maison.

– D'accord. »

Et la brune s'en alla dans les couloirs, continuant son service.