Heeeeeey! *se prend une tomate* ouais, je sais, je suis long à poster... mais j'ai jamais dit que je serais régulier .
En tout cas, me revoilà avec un chapitre tout frais pour vous ^^
Comme toujours,un grand merci pour les (la seule) reviews, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours alors les petits discrets, n'hésitez surtout pas ^^
Je vous embête pas plus, bon retour en mer avec Toki ^^
Jonathan était toujours à l'intérieur quand il entendit un bruit de fer qui se brise. Abandonnant le coffre qu'il n'arrivait pas à déverrouiller faute d'empreinte rétinienne, il sortit en vitesse de la chambre pour tomber sur une vision d'horreur. Amélia était à genoux devant son adversaire qui la tenait en respect avec son arme tandis que sa propre lame était brisée et gisait en deux morceaux à quelques mètres d'elle.
Sans réfléchir, le jeune homme se jeta sur son adversaire, le prenant par surprise, et roula sur plusieurs mètres avec lui. Alors que les deux hommes se débattaient au sol pour prendre le dessus sur l'autre, Amélia en profita pour sortir ses dagues qu'elle empoigna fermement.
- Recule, Jon' ! C'est mon combat, ordonna la jeune femme, la voix pleine d'une assurance qu'elle n'avait pas.
Préférant ne pas désobéir à un ordre venant de quelqu'un ayant plus d'ancienneté que lui, Jonathan obéit et s'écarta, laissant le champ libre à Amélia.
- Retourne au navire, prévient Toki de la situation. Je tiendrai jusqu'à votre retour.
- Mais...
- C'est un ordre !
À contrecœur, Jonathan lança sa propre lame à Amélia, une lame courte qui semblait venir d'un autre âge et obéit à la jeune femme en lâchant un ''crève pas'' en passant à côté d'elle.
- C'est pas prévu au programme, dit-elle pour elle même, emplie d'une nouvelle énergie.
À peine eu-t-elle le temps de jauger sa nouvelle arme que Darius essaya de poursuivre Jonathan mais il trouva rapidement une jeune blonde intrépide sur sa route. Soupirant, Darius se remit en garde face à Amélia qui se tenait prête à un nouvel assaut.
- Prête à remettre ça, ma belle ? Sourit Darius.
- Peu de monde à le droit de m'appeler comme ça. Je te ferais regretter tes paroles, fit la jeune femme, pleine d'une assurance nouvelle.
- J'en doute fortement.
De longues minutes de combat s'en suivirent, chaque assaut était plus rapide et intense que le précédent mais Amélia tenait bon, employant toute son énergie à sa survie. Son cerveau était éteint, ses muscles agissaient par pur instinct mais plus le temps passait, plus elle avait l'impression de voir sa mort arriver chaque fois que Darius chargeait. Et chaque fois, un regain d'énergie semblait lui venir de nul part. L'exercice lui était de plus en plus difficile, sa respiration se faisait plus rare, ses mouvements ralentissaient, son corps la faisait souffrir et le coup qu'elle avait reçu lui valait sûrement une côte ou deux de cassées, mais chaque fois, son courage reprenait le dessus et elle retournait au combat. L'abandon ne faisait pas parti de son vocabulaire.
Ses réflexes étaient plus vifs qu'auparavant, alors qu'elle sortait d'un combat quasiment à sens unique, elle arrivait maintenant à survivre face à son adversaire. Certes, il restait plus rapide et puissant qu'elle, et certes, elle n'arrivait pas à rendre les coups, mais cette fois, Darius ne s'amusait plus avec elle. Il se battait vraiment, employait son énergie exclusivement à l'attaque, obligeant Amélia à rester sur la défensive et la blessant de temps en temps, mais toujours par de petites coupures bénignes.
En face d'elle, Darius faiblissait aussi mais bien moins vite qu'elle. Il n'était pas blessé et bien que son souffle s'était affaibli, ses mouvements n'en laissaient rien paraître. Amélia avait l'impression de se battre contre Toki lors des entraînements. Sauf que Toki se retient... Peut-être que Darius disait vrai... Peut-être que seul Toki pouvait le vaincre.. Pas de pensée négative ! Elle continua de parer quelques assauts avant que son instinct ne lui hurle de se coucher. Ce qu'elle fit une seconde avant qu'une balle en mousse de la taille d'une balle de tennis ne passe à l'endroit où se trouvait ça tête pour atterrir dans celle de Darius. La cavalerie était arrivée. Le soulagement de cette nouvelle fit retomber son adrénaline. Alors son corps l'abandonna et elle sombra dans l'inconscience.
18 février 1515
Amélia était allongée dans le lit de l'infirmerie, ce qui n'était pas dans son habitude. En général, elle préférait éviter cette pièce du navire. Non pas qu'elle en avait peur mais cette odeur de médicaments et l'ambiance qui régnait dans cette pièce avec un seul lit au centre l'intimidait un peu. En regardant autour d'elle, elle se rendit compte que l'infirmerie avait changée.. Ou plutôt qu'elle était dans l'infirmerie de la frégate qu'ils avaient réquisitionné quelques temps plus tôt : les lits et les instruments étaient plus nombreux et les placards plus remplis. Elle essaya de se relever mais une main douce vint se poser sur son épaule, s'opposant à son avancée et lui faisant remarquer qu'elle n'était qu'en sous-vêtements. Elle aurait pu être gênée, si la personne à côté d'elle n'était pas Lily, qui la regardait avec inquiétude.
- Reste couchée, s'il te plaît, implora la jeune femme.
- Comment...
- Tu as perdu connaissance quand on est arrivé... Les dernières minutes de ton combat devaient être intenses, pour que tu dormes plus de deux jours de suite, sourit-t-elle faiblement.
- Deux... Deux jours ?
- Presque 60h, pour être précise... Sur le pont, ils commençaient à prendre des paris sur le nombre d'heures que tu te permettrais de garder pour te reposer, soupira-t-elle.
- Eh bien je vais aller leur montrer que mon repos est fini ! Fit Amélia sur un ton de défi en essayant de se relever... avant de devenir blanche comme un linge et retomber comme une masse sur le matelas.
- Darius t'a mise dans un sale état hein...
- J'aimerais pouvoir dire que j'en ai fait autant pour lui... D'ailleurs, vous l'avez eu ?
- J'aimerais pouvoir te dire que oui... Ton combat l'avait affaibli, Toki a pu le faire fuir mais quand il a pris la fuite, on a préféré s'occuper de toi.
- Vous auriez dû le poursuivre ! Vous auriez dû me laisser derrière ! Je suis pas à l'agonie ! S'emporta la blonde.
- Tu ne t'es pas vu à notre arrivée. Si on était arrivé quelques secondes plus tard tu serais morte. Seul l'adrénaline te faisait encore tenir. Et se séparer revenait à signer notre arrêt de mort à tous. Il rejoignait son équipage et ils sont bien plus nombreux que nous. Alors ne te permets pas de dire ce qu'on devait faire. T'en as pas le droit ! Tu crois vraiment que je ne veux pas sa mort ?! Tu crois vraiment que ça m'a plu, de le voir se barrer ?!
Amélia réagit par réflexe et tira Lily contre elle.
- Je suis désolée... Je me doute bien de ce que tu as ressenti.. La prochaine fois, je l'aurai... On l'aura..
- La prochaine fois, envoie Jonathan nous chercher plus tôt et j'achèverai moi même cet enfoiré.
- La prochaine sera la dernière, tu peux me croire.. En attendant, aide moi à me lever tu veux ? J'aimerais prendre l'air..
Les deux jeunes femmes sortirent de l'infirmerie, Amélia appuyée sur Lily qui supportait son poids sans broncher. Le navire était en pleine mer, sous un soleil de plomb qui frappait l'équipage de toutes ses forces. L'océan était calme et un vent léger leur permettait de garder le cap, comme si le temps s'était décidé à les aider un peu. Toki, qui était à la barre, aperçu sa seconde et son amie et leur fit signe de le rejoindre. En s'approchant de Toki, Amélia prit le temps de s'excuser auprès de Lily pour le fardeau qu'elle était avant de se tourner vers son commandant.
- Taïsho... Je... Je tenais à vous remercier...
- Me remercier ? Rit Toki. Dis pas de conneries, on allait pas t'abandonner. Soit dit-en passant, tu t'en es très bien sortie ! Son fruit lui donne un sacré avantage en combat singulier et tenir aussi longtemps face à lui tenait du miracle.
- J'ai pas l'impression d'avoir réussi grand chose, soupira la blondinette.
- T'as réussi à survivre, et ça c'est une très bonne chose. Ça m'aurait fait chier de te perdre.. Et Lily m'en aurait voulu si je t'avais laisser tomber, sourit-t-il.
- C'est surtout le dernier point qui t'as fait agir, avoue, rit la blonde en resserrant son étreinte sur son amie.
- Ouais, c'est surtout ça, fit Toki sur le même ton.
Les trois amis discutèrent encore quelques minutes avant qu'Amélia ne change de sujet.
- Vous auriez pas vu Jon' ?
- T'as fini par lui faire confiance ? Demanda le commandant.
- Il m'a obéit et m'a sauvé la vie en venant vous chercher. Il a fait plus que gagner ma confiance, je lui en dois une..
- Ils sont mignons, sourit Toki en regardant sa seconde avant de se prendre une frappe molle de la part d'Amélia.
- Dis pas de connerie, fit Amélia avec le même sourire amusée. J'aime pas être redevable, c'est tout.
- Je comprends tout à fait.. Il est dans sa cabine, il se repose. Faut dire qu'il est tombé dans les pommes en même temps que toi mais refuse de nous dire pourquoi... Peut-être que tu pourra lui tirer les vers du nez. Lily ? Je te laisse guider Amélia. Rejoins moi après, j'aimerais qu'on discute d'une ou deux choses..
- Aï Taïsho.
- Profite pas de la situation. Même dans mon état, ma menace tient toujours, sourit Amélia, l'air taquin.
- Et je sais que tu en es capable, rit le commandant.
Les deux amies prirent congé de leur supérieur pour descendre sur le pont inférieur. Contrairement à la caravelle qui les avait accompagné depuis le début du voyage, la frégate avait des proportions bien plus imposantes malgré sa petite taille pour un navire de sa catégorie, si bien que nombre de cabines étaient inoccupées. Seuls les anciens et Jonathan avaient des cabines individuelles, les autres se retrouvaient en deux groupes et même comme ça, ils avaient suffisamment d'intimités.
N'ayant investi le navire que depuis peu, il manquait clairement de vie et était très impersonnel. Il ne semblait être qu'un navire parmi tant d'autres mais bientôt, Amélia en était sur, il deviendrait un des navires les plus craint et respecté de toutes les mers.
Toc toc.
- Entrez, fit la voix grave de Jon' derrière la porte.
Lily sourit à son amie et la laissa rejoindre le jeune homme tandis qu'elle rejoignait Toki.
- Aaah ! Amélia! Sourit Jonathan en reposant son livre. Heureux de te voir debout, et en assez bonne forme.
- C'est grâce à toi si je suis encore là... Je saurais te rendre la pareille, fit la blonde en s'assoyant.
- Dis pas de conneries, coupa le roux. Suis-je digne de faire parti de l'équipage ? Demanda-t-il sur le ton de la conversation.
- Qu... ?
- En suis-je digne ? Répéta-t-il, sans pour autant changer de ton.
- Bien sur, tu en es digne, soupira Amélia, bien que les mots semblaient lui faire mal.
Jonathan sourit en la voyant grimacer.
- Tu me fais confiance, mais refuse de prendre le risque de te faire avoir, sourit Jon'. C'est tout à ton honneur. Une seule chose, tu ne me dois rien, je n'ai fait qu'obéir à ma supérieure.
- Je ne suis pas.. ta supérieure..
- Tu étais là avant moi, je te dois obéissance jusqu'à ce que je fasse mes preuves. C'est comme ça que je marche. Mais tu n'es pas là pour parler de ça, je me trompe ?
- Non, c'est vrai. Je ne vais pas tourner autour du pot... Tu possèdes un fruit, pas vrai ?
Jonathan rit de bon cœur pendant une bonne minute avant de reprendre contenance.
- Je pourrais te dire que oui et élucider la question, pouffa-t-il, mais c'est plus compliqué que ça. Mon pouvoir ne me vient pas des démons. Ce n'est même pas mon pouvoir, mais celui d'un être bien au delà de nous.
- Au delà... de nous ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est affligeant, soupira Jon'. Mon peuple est vraiment oublié..
- Ton peuple ?
- Sum Filius romanis.
Le silence se fit dans la pièce, Amélia regardant Jon' sans trop comprendre.
- Euh... pardon ?
- Laisse tomber... Qu'est-ce que tu sais de la mythologie antique ?
- Genre... Poseidon, Zeus, tout ça ?
- Je pensais plus à Neptune, Jupiter...
- C'est pareil, non ? Mais où tu veux en venir ?
- Non. Ce n'est pas ''pareil'', fit Jonathan, soudain devenu très sérieux. N'insulte pas le plus grand empire. L'empire romain.
- Ça va, je t'ai pas insulté non plus..
- Si, justement... C'est ce que j'essaie de te faire comprendre.
- Tu es... romain ?
- Un de leur descendant, affirma Jon'.
Il prit le temps de regarder la réaction d'Amélia. Elle ne semblait pas spécialement surprise, mais ne donnait pas l'impression de ne pas y croire.
- Tu me crois ? Demanda Jon'.
- Si tu voulais me mytho, tu trouverais quelque chose de plus facile à avaler. J'en déduis que c'est vrai... Mais... Tu veux dire que tes pouvoirs, viennent de.. la mythologie ? C'est un pouvoir divin ?
- C'est bien un pouvoir divin, affirma-t-il. Mais ce n'est pas mon pouvoir. Le pouvoir, me vient de ça, fit-il en attrapant l'arme qu'il avait prêté à Amélia.
- Ton épée ? Qu'est-ce qu'elle a de spéciale ?
- C'est un gladius, s'il te plaît. Une épée courte, caractéristique des légionnaires romains.
- Un gladius.. Si tu veux, souffla-t-elle.
- Et témoigne lui un peu de respect. C'était l'arme de la déesse de la guerre, Bellone, sœur de Mars.
- Tu as... l'arme d'une déesse ? Même dans l'hypothèse où je croirais aux dieux, j'aurais du mal à gober ça..
- Alors explique moi comment tu peux encore être en vie ? Tu as des compétences incroyables, j'en conviens, mais l'adrénaline ne fait pas tout. Ton corps aurait dû te lâcher. Tu t'en rends compte, pas vrai ?
Amélia se remémora le moment où elle avait attraper le gladius. Ce regain d'énergie qu'elle avait récupéré à ce moment là et chaque fois qu'elle était en difficulté les minutes suivantes venait forcément de quelque part. Ça ne pouvait pas être une coïncidence.
- Ok, je veux bien te croire mais ça fait beaucoup à avaler... Mais du coup, c'est à Bellone que je dois ma survie ?
- Si ça te retire un poids, on va dire que oui.
- Mais c'est pas entièrement grâce à elle, sinon tu ne serais pas alité, je me trompe ?
- Tout pouvoir à des conséquences. Les fruits du démon, c'est l'incapacité à nager. Pour les dieux, ça dépend. Dans le cas de Bellone, son pouvoir me permet d'augmenter les compétences des personnes qui m'entourent si j'ai moi-même ces compétences. Ça marche aussi à distance si la personne tient mon arme, compléta Jon' en voyant Amélia sur le point de protester.
- D'accord, mais la contrepartie.. ?
- La contrepartie, tu l'as bien vue. Les dégâts que tu prends, je les prends aussi. La mort est possible quand la totalité des personnes bénéficiant de mon aide tombent au combat.
Clac !
- Qu'est-ce qu- ?! Fit Jon, surpris, la main sur sa joue rouge.
- Tu as risqué TA VIE ?! Imbécile ! Si je m'en sortais pas, tu serais mort pour rien ! Ta vie ne vaut rien ?!
- Tu t'en es sortie, non ? Alors c'est quoi le problème ?
- Le problème, c'est que si je dois crever, je veux pas que d'autres crèvent avec moi !
- Écoute moi bien ma belle, si j'avais pas fait ça, tu n'aurais sûrement pas eu la force de l'empêcher de me suivre et il nous aurait achevé tous les deux. Alors désolé, mais j'ai fait ce qui me semblait le plus logique. Je nous ai donné une chance.
- T'es vraiment con, tu le sais ça ? La prochaine fois, préviens moi avant de te lancer dans une mission suicide.
- C'en était pas une. Je te faisais confiance. Si je t'avais dit que ma vie était en jeu, l'inquiétude t'aurais fait perdre de vue ta propre survie. L'ignorance t'as permis de rester focus sur ton combat. Tu comprends maintenant, pourquoi je ne veux pas en parler à tout le monde ? Fit Jon' en se tournant vers la porte de sa chambre.
- Qu'est-ce qu... ?
Toki venait de se mettre dans l'embrasure de la porte et s'adossa contre celle-ci.
- Depuis quand t'es là ? Demanda Amélia.
- Peu de temps. Avec un pouvoir pareil, tu aurais pu la faire, ta mutinerie, souleva Toki en regardant Jon'.
- Ce pouvoir ne fait qu'amplifier les compétences communes au possesseur du pouvoir et aux réceptacles. Ils ne voulaient pas prendre de risque à cause de la peur. Le courage leur faisait défaut, donc je ne pouvais pas leur en donner. Amélia est sûrement la femme la plus courageuse qu'il m'ait été donné de rencontré.. Sacrifier sa vie pour permettre la fuite d'un gars en qui elle n'a pas spécialement confiance, très peu de gens le ferait.
La jeune femme rosit sous le compliment.
- Je refuse de laisser mourir quelqu'un si je peux l'éviter. Même si je dois y laisser la vie.
- C'est la raison pour laquelle je t'ai laissé le gladius de Bellone. Seule, tu serais morte. Nos deux forces réunies dans un même corps t'ont permis de survivre.
- Autrement dit, coupa Toki, aucun de vous deux n'aurait pu le vaincre ? Ni séparément, ni ensemble ?
- Officieusement, on était ensemble, fit remarquer Jon'.
- Tu m'as compris.
- Non, on ne pouvait pas le vaincre. Lui même m'a dit que toi seul avait une chance contre lui, dit Amélia, la voix pleine d'amertume. Je ne comprends pas... On est si mauvais ?
- Tu veux que je te dise ? On va le faire mentir. C'est toi, qui le vaincra. À partir de maintenant, je prends ton entraînement en main. Je te veux disponible chaque jour dès cinq heures du matin. Je ne sais pas ce qui lui fait croire que je suis le seul à pouvoir le vaincre, peut-être est-ce le cas aujourd'hui, mais la prochaine fois, tu n'auras besoin de personne pour le vaincre. Ça te va ? Demanda le blondinet avec un air de défi.
- Plutôt deux fois qu'une ! J'aurais ma revanche.
- Et tu gagneras la guerre.
Le trio resta quelques minutes ensemble à mettre au point un programme d'entraînement, Jon' s'étant proposé comme soutien pour Amélia, permettant ainsi à Toki de s'entraîner lui même plus efficacement à deux contre un et à Jon' de s'entraîner à maintenir son pouvoir sur la durée. Après que Toki lui en ai parlé, car il ne pouvait rien lui cacher, Lily se proposa comme superviseuse des entraînements, comme elle le faisait déjà de manière officieuse pour l'équipage dans son ensemble.
Dans les semaines qui suivirent, Toki tint parole et passa quatre heures par jour à l'entraînement d'Amélia qui faisait des progrès fulgurants. Apparemment, l'entraînement individuel intensif était bien plus efficace que les multiples sessions où Garrow ou lui-même entraînaient la totalité de l'équipage à tour de rôle. Suivant ce principe, il réorganisa l'emploi du temps de l'ensemble de l'équipage, de sorte que tous les jours, chacun passait au moins deux heures avec quelqu'un de plus fort que lui.
Après un peu plus d'un mois, Amélia n'avait plus besoin du pouvoir de Bellone pour tenir face à Toki. Maintenant, les plus anciens étaient capable de tenir tête à Toki, qui les vainquait toutefois grâce à son endurance hors norme qui ne cessé de s'améliorer grâce aux innombrables entraînements qu'il supervisait.
20 Mars 1515
5h03.
Amélia était en retard, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Quand elle apparu sur le pont, avant même que Toki n'ouvre la bouche, elle prit les devants.
- Je sais, je suis en retard. Draps à changer, problèmes de filles. Me prends pas la tête. On y va ?
- Bonjour à toi aussi, fit Toki d'un ton sec. Aujourd'hui, tu ne te battras pas avec moi. Tu ferais bien de te mettre en garde, lui conseilla-t-il.
Trop tard. Lily venait de l'envoyer au sol d'un Spartan kick assez léger dans le flan gauche.
- Voyons qui de nous deux l'emportera, sourit Lily. J'ai une position à défendre.
- J'espère que tu n'as pas peur de la perdre, répliqua Amélia avec un sourire de défi. Prête à la mettre en jeu ?
Alors qu'elle tourna légèrement le regard vers son commandant pour avoir son avis, Lily fut envoyer au tapis par une blondinette qui lui faucha les jambes.
- Un partout, balle au centre, fit Toki, amusé. C'est ton titre, tu en fais ce que tu veux. En temps que commandant, je m'opposerai à ton choix s'il n'est pas avisé mais Amélia ferait une bonne seconde. En revanche, trouvez un gage pour la perdante. On a établit que lorsque je mets mon titre en jeu, le perdant se rase le crâne, non ?
Les deux filles, qui se faisaient face et jaugeant chacune l'autre, acquiescèrent.
- Je ne vous imposerai pas le même gage, j'aime trop la chevelure de Lily, fit Toki plus pour lui-même que pour les demoiselles.
Ce qui tira un rougissement à l'intéressée sans pour autant lui faire perdre sa concentration.
- Mais je suis sûr que Lily sait déjà quel gage t'infliger si tu perds, Amélia. Pas vrai ?
- Oooh que oui, fit-elle avec le regard de celle qui cherche vengeance.
- Ne me dis pas que...
- Je n'ai pas oublié le cadeau que tu m'as fait pour son anniversaire, sourit la brune. Prête à prendre le risque ?
- Et comment !
Contrairement à son habitude, Lily fut la première à attaquer, ce qui déstabilisa Amélia assez longtemps pour permettre à Lily de mener la première danse, obligeant la blonde à rester sur la défensive. Maintenant habituée au style de combat de Toki, Amélia lisait assez facilement dans les enchaînements de son amie. Elle coupa son assaut en déviant sa lame de quelques centimètres, reprenant le dessus sur le combat.
Maintenant que les rôles étaient inversés, Toki se rendit vite compte des progrès qu'avaient fait les deux femmes. Sa moitié, bien sûr, se battait comme une lionne. Alors qu'il s'attendait à ce qu'elle retienne ses coups contre son amie, elle semblait au contraire la considérer comme un prédateur face auquel elle devait se méfier. De son côté, Amélia, qui deux mois plus tôt se faisait presque écraser par tous les anciens par manque d'entraînement, tenait maintenant tête à la seconde de l'équipage. Mieux, elle arrivait même à la mettre en difficulté.
Après une énième charge qu'elle jugea infructueuse, la blonde s'éloigna de son adversaire pour reprendre son souffle. Apparemment, Lily ne se retenait pas, et le fait qu'elle s'arrête pour la même raison en était la preuve. Les deux femmes se regardaient avec un immense sourire aux lèvres sous l'œil presque attendrit de Toki. Le commandant était fier de ce que devenait sa flotte. La prochaine fois, les autres commandants seraient bien obligés de voir ses compétences, plutôt que de croire qu'il n'était qu'un pistonné.
Le fracas des armes le tira de ses pensées. Amélia mettait tout son cœur et son corps dans ses assauts, repoussant Lily toujours un peu plus dans ses retranchements. Chaque fois qu'il pensait que l'une des deux allait gagnée, l'autre ripostait et reprenait la danse où elle l'avait laissée lors de son assaut précédent.
Plus le temps passait, plus les deux femmes baignaient dans leur transpiration, leur chemise collant à leur peau. Une grosse demi-heure plus tard, l'équipage avait fini par se lever et, ébahi par l'adresse des deux femmes, s'était décidé à prendre le petit déjeuner sur le pont. Les deux femmes baignaient dans leur transpiration, se faisant face à face, semblaient toutes deux sur le point de s'effondrer. Dans un dernier assaut, Amélia parvint à faire tomber Lily au sol, à la surprise générale.
- Lily, on dirait que tu viens de perdre ta place, fit Toki en voyant Amélia sur sa moitié, une lame sur sa gorge.
- Regarde mieux, Taïsho, fit la blonde. J'ai une côte sur la gauche qui a froid...
Lily, dans un ultime réflexe, avait sorti un couteau de sa botte et maintenait Amélia en respect.
- Si je tombe, tu tombes, fit Lily avec un sourire de triomphe.
- Tu es vraiment prête à mourir ?
- Quand tu sors une arme, tu dois être prête à mettre ta vie en jeu, fit la jeune femme, tirant un sourire nostalgique à son compagnon.
- On va voir ça, rétorqua la blonde en appuyant légèrement sur la gorge de la vice-commandante.
- Vraiment ? Souffla celle-ci en réaffirmant le contact de sa dague contre les côtes de son amie.
Quelques secondes passèrent sans que personne ne dise un mot, comme si une parole aurait pu déclencher un bain de sang. Puis Toki s'avança.
- Match nul, les filles. On se calme, se força-t-il à rire.
- T'es pas drôle, taïsho, bouda la brune en se relevant avant d'aider son amie à se relever, toutes deux épuisées.
- En tout cas, je garde ma place, sourit cette dernière .
- Mais tu n'as pas vraiment gagné, fit remarqué Toki, le regard plein de malice, avant de sourire tel un D sur le point de faire une bêtise. Aucune de vous n'a gagnée.
*l'auteur part se cacher dans un coin perdu du monde, coupé de toute civilisation*
- je crois que ça veut dire ''à dans quelques semaines'' dans son langage... En attendant, je peux pas rester sur un match nul! Lilyyyyy!
