La semaine se termina normalement. Pourtant, une tension s'était installée : Hermione n'était toujours pas d'accord avec le fait de dire à Ted qu'il était parent avec Malfoy et elle était toujours partagée. Elle avait la certitude qu'elle devait lui parler, il le fallait, mais elle n'en avait vraiment pas envie.
Malfoy venait la nuit ce qui signifiait qu'il évitait le monde et elle était persuadée que, quand elle était restée dans la chambre avec Teddy, il était reparti pour ne pas la voir. Alors, le vendredi soir, elle attendit discrètement pendant la nuit, espérant simplement qu'elle n'était pas restée pour rien, que Malfoy arrive.
La jeune femme s'occupait pour passer le temps, remplissant des papiers et des formulaires, dont une permission pour prendre Ted avec elle le lendemain quand elle irait au Terrier. Elle avait également reçu une lettre de la direction de l'hôpital qui organisait annuellement une soirée de remerciement aux divers donateurs qui contribuaient au financement des soins les plus coûteux ainsi qu'à l'entretient des infrastructures. Il était deux heures du matin sur l'horloge lorsqu'Hermione ne trouva plus rien à faire. Elle décida finalement de passer voir dans la chambre, et s'il ne se montrait pas là-bas, elle rentrerait chez elle.
La brunette marchait silencieusement dans les couloirs presque vides, écoutant ses pas résonner dans le silence. En arrivant à quelques mètres de la 311, Hermione fronça les sourcils, ralentissant légèrement ses pas. Quand elle arriva derrière la porte, son cœur se serra douloureusement quand elle vit Malfoy assit au bout du lit de Ted, tous deux en train de jouer aux échecs.
Teddy semblait heureux, il se concentrait sur le plateau et, quand il comprit qu'il avait gagné, brandit la pièce du roi avec joie tout en riant aux éclats, clamant fièrement qu'il avait battu son adversaire. Hermione posa la main sur la poignée de la porte, hésitant quelques instants. C'est lorsqu'elle entendit : « Je sais que tu m'as laissé gagner tonton. » qu'elle se décida à pousser le battant.
Les deux occupants se tournèrent vers la brune quand elle entra, l'un souriant encore plus, l'autre gardant son air inexpressif qui l'agaçait toujours autant. Ce dernier se leva, s'écartant de quelques pas du lit.
« Granger, salua-t-il en hochant la tête.
– Malfoy. Tu ne devrais pas être en train de dormir toi ? continua-t-elle en direction du jeune garçon au grand sourire.
– Mais je voulais attendre tonton Drago et du coup, on a joué.
– Oui, et bien maintenant, il faut que tu dormes. Demain on va voir les Weasley et il faut que tu sois très en forme parce que je pense que George aura de grandes surprises pour toi.
Elle déposa un baiser sur son front.
– Bonne nuit mon petit bonhomme.
– Bonne nuit tata Mione. »
La jeune médicomage sortit doucement de la chambre, se retrouvant à nouveau dans le couloir, vide : Malfoy était déjà parti. Elle n'en revenait pas. Elle voulut continuer à maugréer, mais un bâillement coupa le fil de ses pensées. La fatigue eût raison d'elle et l'envoya se coucher. La jeune femme ne pouvait s'empêcher de se dire que maintenant, Ted savait qu'il était de la même famille que Malfoy et avec ça, les choses allaient devenir encore plus compliquées.
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Hermione avait déjà perdu de vu Teddy quelques minutes après qu'ils aient posé le pied sur le sol du Terrier. La brunette rejoignit ses amis dans le salon et, au bout d'un moment, la discussion tourna inévitablement vers le petit aux cheveux... verts aujourd'hui.
« Comment vont ses jambes ? demanda Bill.
– Elles vont comme elles vont, il arrive à les bouger parfois, ça lui donne de l'espoir. Et à moi aussi je pense, répondit la médicomage.
Il y eut un court silence avant qu'elle ne reprenne plus gravement.
– Il est au courant que Malfoy est de sa famille. Il lui a dit.
– Ah oui ? s'étonna Harry. Et alors ?
– Et bien Ted s'est encore plus attaché à lui et je maintiens le fait que c'était une mauvaise idée.
– Je ne sais pas… intervint Ginny. Peut-être qu'au fond c'est une bonne chose, Malfoy n'a rien fait de mal pour l'instant. »
Hermione lui lança un regard incrédule, secouant la tête en signe de négation.
Son regard se porta dehors, à travers la fenêtre, vers Ted et Victoire qui jouaient ensemble assis par terre. Ginny avait peut-être raison, Malfoy n'était peut-être pas aussi néfaste qu'elle pouvait le penser. Mais la brune avait l'impression que c'était totalement incongru et surréaliste de penser le contraire.
Durant la semaine qui suivit, Hermione essaya à plusieurs reprises d'avoir une discussion avec Malfoy, mais à chaque fois, elle le manquait de peu. Un soir, alors qu'elle finissait une intervention d'urgence, elle le vit sortir de la chambre 311 et s'élança derrière lui.
« Malfoy.
Il continua de marcher.
– Malfoy !
– Granger, répondit-il en se retournant.
– Pourquoi est-ce-que tu lui as dit ? s'exclama la jeune femme.
– De quoi tu parles ?
– Oh ! Ne fait pas comme si tu ne comprenais pas, je parle de Ted !
– Je le lui ai dit parce que c'est mon neveu et qu'il a le droit de savoir qu'il est de ma famille. Vous n'aviez aucun droit de le lui cacher, rétorqua le blond.
– Il est entré dans ta vie i peine quelques mois, c'est plutôt toi qui n'a aucun droit sur lui.
– Ne parle pas de lui comme si tu pouvais choisir à sa place ce que représente sa famille, dit froidement Drago.
– Il est trop jeune pour prendre de telles décisions ! Il a besoin d'avoir un tuteur parce qu'il n'a plus de parents au cas où tu n'avais pas remarqué !
– Et bien tu n'es pas sa mère ! »
La main d'Hermione vint claquer fortement contre la joue du blond. Elle regretta à l'instant même lorsqu'elle sentit une chaleur piquante se répandre dans ses doigts. Une seconde, peut-être deux, s'écoulèrent entre ce moment et celui où elle entendit un grincement tremblant derrière elle.
Le temps qu'elle se retourne, elle put seulement voir le regard empli de déception que Teddy lui lança quand il fit demi-tour et rentra dans sa chambre en poussant faiblement sur les roues de son fauteuil.
La jeune femme sentit ses mains devenir moites et commencer à trembler quand ses yeux se mirent à la piquer, et elle s'en alla sans un regard au blond qui se tenait immobile dans le couloir.
