Simplement pour vous souhaiter de belles fêtes, profitez bien de vos vacances, de vos proches et de la bonne humeur. Ici, c'est un peu plus compliqué pour Hermione.


Le garçon s'était envolé dans un monde imaginaire de dessins colorés et elle s'était abandonnée aux souvenirs. Elle se rappelait très bien ce qu'il s'était passé presque un an plus tôt, lorsqu'elle avait parlé à Malfoy, rencontré par un malheureux hasard sur le Chemin de Traverse. Son mépris lui avait donné mal au ventre.

C'était un matin de bonne heure, elle était tranquillement allée chez Fleury et Bots pour acheter des nouveaux manuels et des livres pour se divertir. Comme à chaque fois où elle entrait dans ce magasin, elle s'était trouvée rapidement surchargée par les volumes. Elle était sortie avec ses achats et avant même d'avoir pu les ranger, elle avait trébuché sur les marches et tout avait valsé. Elle s'était retrouvée les genoux dans la rue à ramasser les livres un par un. Évidemment, c'était ce moment-là que Malfoy avait choisi pour débarquer dans les parages.

« Et bien Granger, on retrouve sa place dans la société ?

Oh ce qu'elle avait pu les détester cette langue de vipère et ce ton sarcastique et dédaigneux.

– Va te faire voir, Malfoy.

– Je vois que tu continues à t'abrutir avec des livres à peine bons à caler les meubles, rit-il.

– Retourne à tes affaires et laisse-moi avec les miennes !

– Oh, j'ai terminé les miennes. Comme tu peux le voir, il agita une petite boîte portant le nom d'une bijouterie extrêmement luxueuse, je m'apprête à rendre une femme heureuse et riche. Sur ce, je te souhaite tous mes vœux de bonheur avec le dictionnaire. »

Et il était parti, la laissant rouge de rage, les mains tremblantes agrippées à ses ouvrages. Effectivement, quelques jours plus tard, la nouvelle des fiançailles du fils Malfoy était à la une de la Gazette et faisait jaser les ménagères tout juste ménopausées. Le mariage, datant maintenant de presque trois mois s'était montré dégoulinant d'argent, c'en était presque écœurant. Le prix de l'événement dépassait le salaire annuel de la jeune fille, qui aurait bien voulu brûler la dénommée Astoria Greengrass, fameuse heureuse élue, elle, sa robe, et l'ensemble de l'assemblée pourrie jusqu'à l'os.

Alors qu'elle se ressassait tout cela, les ménagères et les journaux s'étaient lassés des tourtereaux au profit d'un procès politique plein de corruption, elle n'en avait plus entendu parler, à la bonne heure. Elle souhaitait maintenant ne plus jamais entendre parler de Malfoy, qu'il continue à s'abstenir de visite.

Comme s'il avait entendu son souhait, une semaine de plus s'écoula sans qu'il ne pose un pied à l'hôpital. Ted avait fini par arrêter de parler de lui, avec le temps qui passait, son état s'améliorait et il pensait à autre chose. En rentrant chez elle, Hermione se prépara rapidement pour aller rejoindre ses amis à Pré-au-lard, ils retournaient de temps en temps aux Trois Balais quand ils avaient le temps, c'était plus détendu et plus amusant qu'au Chaudron Baveur.

Elle arriva en même temps que Ron, ils entrèrent ensemble et se joignirent à Harry et Ginny.

« Tu ne prends rien ? demanda Ron à sa sœur alors qu'ils commandaient.

Elle secoua la tête et Hermione remarqua qu'elle remuait sur sa chaise en exerçant de petites pressions sur la cuisse de son mari.

– Tout va bien vous deux ?

Les époux échangèrent un regard et Ginny se mit à tordre ses mains au bord de la table.

– On a quelque chose à vous dire, déclara Harry.

Hermione senti son cœur se serrer, quelque chose les préoccupait, c'était certain, elle redoutait le pire.

– Franchement, si vous voulez divorcer, fallait le dire avait qu'on commande, râla Ron, je n'aime pas le goût de la bière quand l'ambiance est naze.

Hermione lui lança un regard noir, c'était complètement déplacé et l'idée que ses meilleurs amis divorcent lui donnait froid dans le dos.

– Je suis heureuse de voir que cela te tourmenterait beaucoup, mais ce n'est pas ça, répondit Ginny.

– Dis-leur, chérie, sinon Hermione va finir par se liquéfier, rit Harry en voyant son amie imaginer tous les scénarios possibles.

– Et bien, je suis enceinte.

Hermione poussa un petit cri et Ron se cogna à la table, autant surpris par le bruit que par la nouvelle.

– Mais… C'était une excellente nouvelle ! Cela fait combien de temps ?

– Bientôt trois mois, cela fait quelques semaines que nous sommes au courant, mais nous avons attendu de pouvoir vous avoir tous les deux en même temps pour vous le dire.

– Voilà que ma sœur va avoir un enfant avec mon meilleur ami, j'ai presque envie de vous frapper pour m'imposer l'image mentale de sa conception, lâcha Ron en grimaçant.

Les trois autres poussèrent un soupire mi-amusé mi-désespéré

– Vous connaissez le sexe ? demanda Hermione.

– Ne sois pas bête, Hermione, évidement qu'il connaissent le sexe, ils n'auraient pas un môme en fabrication sinon !

– Le sexe du bébé, Ron ! Ce que tu peux être idiot quelquefois.

– C'est un garçon, dit Harry alors que le rouquin adressait son majeur à Hermione. On n'a pas encore décidé du prénom si c'est ta prochaine question, vous êtes les premiers au courant, c'est assez neuf après tout. »

Ils continuèrent de discuter et la soirée se termina joyeusement.

.

En attendant que Ted se lève, Hermione s'était assise dans le couloir dans l'un de ces fauteuils peu confortables réservés aux visiteurs. Elle feuilletait un magazine moldu de vêtements pour bébé, certaine d'y trouver un cadeau unique pour le futur premier-né Potter-Weasley.

« Oh non, vas-tu réellement imposer à un pauvre nourrisson ta chevelure démoniaque ? Tu présenteras mes condoléances au futur papa.

– Tu sais, Malfoy, rétorqua-t-elle en le voyant s'approcher, j'avais presque espéré ne plus jamais te revoir, ni entendre tes abjectes remarques sur ce qui ne te concerne pas.

Il ricana tout en regardant le magazine de travers, la jeune femme le referma et se leva.

– C'est Harry et Ginny qui vont avoir un fils.

– Un Weasley croisé Potter, n'est-ce pas pire ? grimaça-t-il en s'apprêtant à entrer dans la chambre.

– Non, il dort encore, n'entre pas.

– Je n'ai pas beaucoup de temps, il passa une main dans ses cheveux et la brune remarqua qu'il n'était pas rasé de deux jours au moins, je veux simplement l'embrasser et je repars.

Il avait presque l'air fatigué, mais les états mentaux et les émotions étaient toujours difficiles à décrypter sur son visage d'enfoiré.

– Tu n'entreras pas dans cette chambre, et je te conseille de t'en aller maintenant, laisse tranquilles les enfants des autres. Dis-moi, quand vas-tu imposer à un pauvre nourrisson tes cheveux décolorés et ta stupidité persistante ? Comment va Madame, d'ailleurs ?

– Mêles-toi de tes affaires ! rétorqua-t-il froidement.

La curiosité d'Hermione augmenta, le sujet était sensible et elle voulait savoir ce qui pouvait bien toucher l'impassible Drago Malfoy.

– Qu'est-ce que c'est ? Ton compte en banque ne la comblait pas ? Ou bien étaient-ce tes performances physiques ?

La sorcière se surprenait, elle n'avait pas l'habitude de provoquer les gens ainsi, mais Malfoy lui donnait des envies de claques. Elle ne put s'empêcher de rajouter :

- La pauvre a finalement eu honte de s'appeler Malfoy ?

Sans laisser paraître une seule once de colère, il lui saisit le bras et la plaqua au mur. Elle était peut-être allée un peu loin. Les visiteurs au bout du couloir les dévisagèrent et s'en allèrent rapidement. Il planta son regard glacial dans le sien, on aurait dit qu'il la tuait au plus profond de ses pupilles.

– Ne parle plus jamais de ma famille, tu ne sais rien. Ma vie ne te regarde pas, tu n'es pas meilleure que cette traînée qui couche avec Nott en Australie. Tu finiras seule, sans amis, sans famille, tant mieux pour l'univers. Ted n'a pas besoin de toi, tu n'es pas sa mère, et je plains la tienne.

Cette fois c'était lui qui en avait trop dit, elle lui attrapa le col en lui griffant la gorge et tira si fort qu'il craqua. De sa main libre, elle sortit sa baguette et la planta dans l'aine du blond, un peu trop près de choses sensibles. La colère faisait battre ses tempes.

– Écoute-moi bien, Malfoy, être cocu ne t'autorise pas plus à être une vipère, ta vie ne me regarde pas comme la mienne n'est pas ton affaire. J'espère pour toi qu'on ne se croisera plus, je fermais peut-être ma gueule quand tu me pourrissais la vie à Poudlard, mais je serais capable de t'émasculer aujourd'hui, avec plaisir. Réfléchis un peu, cela ne manquera visiblement pas à ta femme, et peut-être qu'elle n'est pas plus une traînée que toi tu es un profond connard.

– Espèce de sale…

– Vas-y, dis-le ! Tu ne vaux pas mieux qu'il y a treize ans !

Il la relâcha complètement.

– Peut-être que si. »

Il se dégagea d'un coup d'épaule et s'en alla.