PDV Rogue
Pendant notre conversation, je lui ai demandé de me tutoyer. Nous venions à demi mots nous avouer avoir des sentiments l'un pour l'autre. Je sais pour ma part qu'ils sont encore plus forts qu'avant. Je me sens plus vivant que jamais depuis je l'ai devant moi. Comment cela va se passer après, je ne sais pas mais je prends chaque instant qu'elle m'offre.
Elle me propose de visiter, je lui tends la main par galanterie. Elle la saisit. Mon cœur bat tellement fort, surtout quand nos mains s'entremêlent. Mon corps, mon cœur, mon âme, tout se réveille en moi.
Depuis des années, je vivais avec le souvenir de Lily, ma meilleur amie jusqu'à mon erreur et que nos chemins nous séparent. Mais depuis 5 ans, je m'étais rendu compte que même si mes sentiments à son égard étaient très forts, ce n'était en fait que de l'amitié, elle était la sœur que j'aurais aimé avoir, mais son entourage ne m'aimait pas et j'avais fait l'erreur de perdre mon sang froid face à elle. Ce que je ressens pour Hermione est tellement différent, bien plus fort, plus intense.
Elle ne me lâche plus, comme si elle avait peur que je disparaisse. Ses joues sont légèrement rosées. Elle est si merveilleuse et enthousiaste. Elle m'explique son travail, ses activités, l'aide qu'elle apporte aux enfants. Je bois ses paroles. Elle vit avec passion. Je sors de mes pensées quand elle m'interpelle.
H: Severus, as-tu un lieu pour dormir?
S: Pas encore, ne sachant pas si je te trouverais, je n'ai rien prévu. Peut-être peux-tu m'indiquer où loger?
H: Tu peux loger chez moi, j'ai une chambre d'amis. Enfin si cohabiter avec ton ancienne miss «Je sais tout» ne te dérange pas?
Je la regarde, lui sourit (oui, ça m'arrive...), lui lâche la main pour passer mon bras autour de son épaule tout en me rapprochant de son oreille. (Hummm son parfum...)
S: Je pense que je devrais pouvoir m'adapter.
Oh ! Morgane, j'ai osé... Elle me regarde, un peu plus rouge qu'avant et me sourit.
PDV Hermione
Merlin, son souffle dans mon cou... Je le conduis chez moi. Une petite maison. Au rez-de-chaussée, mon salon dont les murs ne sont plus visibles puisque remplis de livres. Je le vois sourire. Les seuls livres de magies qu'il me reste sont dans ma chambre. Il n'y a que des livres moldus. Je le vois faire le tour, ses doigts frôlent les tranches comme j'aime moi-même le faire. Je lui montre ensuite la cuisine. Puis on monte, je lui montre la salle de bain et sa chambre. Il me remercie et me demande s'il peut profiter de la salle de bain. Je lui prépare une serviette et descends lui indiquant que le dîner devrait être prêt pour 19h. Il me remercie.
Dans la cuisine, seule, j'entends l'eau qui coule. Mes pensées divaguent. Il faut dire que sa tenue moldue le mettait plus qu'en valeur. Je souris.
Je commence à préparer le dîner, une quiche et un peu de salade et mon dessert préféré, un gâteau au chocolat que j'avais préparé ce matin.
Il descend, me rejoint. Merlin qu'il est beau. Ses cheveux encore humides, un tee-shirt près du corps et un jean. Je sens la chaleur sur mes joues. Je dois être rouge vif. Il me sourit et me demande si je veux de l'aide. Je lui tends les assiettes à placer et prends les verres et couverts. Pendant que nous installons la table, nos mains s'effleurent. Je frissonne. Pourvu qu'il n'ai pas remarqué.
En attendant que cela soit prêt, je lui propose un verre au salon. J'ai envie de savoir ce qu'il a fait depuis 3 ans. Il me répond qu'il a très envie de quitter Poudlard, un ras le bol des élèves. Il me reparle de sa surprise à ne pas avoir plus de nouvelles de moi par les autres. Je baisse les yeux et lui répond que cela fait parti des raisons qui m'avaient poussées ici. Je lui explique que je me suis rendue compte que même après 7 ans à être à leurs côtés rien n'avait changé. À jamais un rat de bibliothèque dont on se sert pour en faire un minimum. Il me regarde surpris. Je lui explique dans ma famille l'excellence était obligatoire. Je n'étais déjà pas dans l'école «familiale» si je pouvais l'appeler comme ça. Donc aucune seconde place possible. Tous les enseignements devenants alors des obligations, d'où l'année avec le retourneur de temps. Je m'y étais habituée, ne rien montrer aux autres. Les humiliations de Drago n'étaient pas les premières, seuls les mots avaient changé, j'avais déjà connu ça en primaire. L'impression d'exister dans le fameux «Trio» n'était qu'une illusion. Je vois son expression changer. Ses yeux sont d'une tristesse.
Je lui explique que du coup ici, n'étant pas connu, j'avais espéré pouvoir être moi-même. Et grâce aux enfants qui venaient me voir pour lire, me demander de l'aide pour leurs devoirs et qui aimaient revenir pour passer du temps avec moi, surtout pendant les vacances, j'avais trouvé ma place. Plus je le regardais, plus je le trouvais perdu dans ses pensées. Nous passons alors à table.
PDV Severus
Je n'arrive pas à croire ce que j'entends et je me rends compte que je n'avais rien fait de plus que mes professeurs à l'époque, fermer les yeux sur sa souffrance. Certes moins physique que la mienne mais tout aussi destructrice. Personne ne s'était demandé les raisons de son besoin d'excellence. Ce besoin d'exister en classe tout en étant effacée à la fois. Et moi, n'arrêtant pas, encore et encore. Je m'en veux. Je l'aime tellement et je l'ai fait souffrir. Comment peut-elle être devant moi m'invitant à dîner? Je me déteste, je m'écœure. Elle est si douce, m'invite chez elle alors que j'ai été le pire des bourreaux.
Nous dînons, discutant de tout et de rien. Nos discutions sont soutenues, animées, passionnantes. Elle est simplement divine.
Après le dîner, je l'aide à faire la vaisselle. J'ai bien remarqué qu'elle n'utilisait pas la magie et m'avait expliqué que sa porte étant toujours ouverte aux enfants, elle ne s'en servait presque plus. Elle me propose un café ou un thé . J'accepte un café. On se met à la terrasse. Elle prend une cigarette. Il faut que je lui parle.
S: Hermione?
H: Oui?
S: Me pardonneras-tu les 6 ans où j'ai été ton professeur ?
H: Que devrais-je te pardonner? Tu m'as aidé à me surpasser. J'ai mis du temps à le comprendre. Tu voulais que j'aille au delà des mots, des livres que je lisais, que j'accepte de penser par moi-même et que je sorte de l'apprentissage que l'on m'avait imposé pendant des années. Et même si je n'ai jamais eu le courage de t'affronter en classe, tu m'as beaucoup aidé.
Je reste sans voix. Comment ces amis n'ont pas vu quelle femme extraordinaire elle était?
Je veux me faire pardonner...
Elle avait mis un léger fond musical depuis notre retour après m'avoir fait visiter sa maison, sûrement une habitude de solitaire, il m'arrive de le faire également. Je la regarde. Elle a l'air d'apprécier particulièrement celle qui passe alors je l'invite à danser. Ses yeux sont pétillants, je me perds dedans.
PDV Hermione
Il m'invite à danser. Je le regarde, ce regard noir si envoûtant. Il le sait, je lui ai dit que j'avais des sentiments pour lui mais là, je ne peux les décrire. Ses yeux se posent alors sur mes lèvres. Les miens sur les siennes. On se regarde, une dernière fois comme pour être sûr d'avoir l'autorisation de l'autre. Il m'embrasse. C'est divin.
PDV Severus
On s'embrasse. Je ne peux décrire ce que je ressens mais une chose est sûr, Je sais que je ne partirai pas de ce village. Du moins pas sans elle. Cela peut paraître rapide, soudain, ce que vous voulez, mais je sais là maintenant que je suis avec la femme de ma vie.
