Précédemment : Clarke, arrivée à Paris, se rend à la mairie de la ville afin de recevoir ses ordres de mission. Elle fait, en outre, la connaissance de son nouveau coéquipier, Bellamy, qui n'est autre que son vieil ami d'enfance. Les retrouvailles se font révélatrices…


Même jour. Il est 21 passé. Bellamy et moi avons pris un hôtel. Formule 1 que ça s'appelle. Ca a vraiment l'air d'un hôtel pour pauvre. Les agents en mission ont accès à des ressources financières quasiment illimitées quand ils opèrent sur le terrain. Encore une fois, c'est la politique de la CIL qui veut que tout nous soit attribué pour que notre mission réussisse. Quand on a tout ce dont on a besoin, on ne peut que réussir. Si on ne réussit pas, c'est qu'on est incompétent. Si on est incompétent, c'est qu'on n'est même pas digne de rejoindre le terrain. Les ressources accordées aux agents s'accordent en fonction de leur grade. Mais même les gradés C+ et C- ont des ressources larges. Seuls les D n'ont pas grand chose. Pour les S et plus, les agents d'élite, leurs ressources sont sans fin. Bellamy et moi sommes A-, donc normalement on devrait avoir des moyens impressionnants. Sauf que vu le niveau de danger de notre mission et le fait que je sois possiblement en passe de devenir agent d'élite si je réussis ma mission, nos moyens sont passée d'impressionnants à sans fin. C'est bête mais c'est comme ça. On peut mourir à n'importe quel moment mais on peut se permettre d'aller manger au Ritz tous les jours. C'est notre boulot. Alors, pourquoi Formule 1 ? Parce qu'on peut mourir à chaque instant, justement ! Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on est des chasseurs de monstres. Mais nos cibles, c'est des monstres ! Et quand un monstre rencontre un chasseur, il fuit pas, il lui court après. Alors si un jour il fallait qu'on nous attaque jusque chez nous, il vaut mieux que ce soit F1 qui brûle plutôt qu'un 3 étoiles. Voilà.

J'avais installé mes affaires et m'étais affaissée sur mon lit. J'avais envie de me détendre. Au bout de 20 minutes où j'étais allongé, Bell revint dans notre chambre. Il m'avait dit qu'il partait aller acheter quelque chose à manger mais il ne m'avait pas dit que ce serait des pizzas. Qu'est-ce que je l'adore. Nous commençons à manger.

« Alors dis-moi, Clarke. Comment ça va, toi ? »

« Ça va. Un peu anxieuse pour notre mission. Je suis contente que ce soit toi qu'on m'aie assigné. C'est bien avec toi que j'aurais le plus de chances de réussir. Combien de temps, qu'on ne s'était pas vu ? Tu as dû quitter Houston… J'avais 17 ans, je crois. »

« Tout juste. Houston n'est que le second centre opérationnel de la CIL. Le vrai QG est à Sydney. J'avais envie de faire un stage là-bas. Et puis je ne suis finalement pas revenu, c'est vrai. Que deviens Wells ? »

« Aucune idée. Il est passé grade acquis SS, tu sais ? Dire que certains s'efforcent de passer élite toute leur vie sans jamais y arriver, et lui, à 19 ans, c'est fait. Un vrai génie. Mais vous restez toujours mes deux meilleurs amis, toi autant que lui. » Je lui souris. « Il est en mission depuis deux mois. Infiltration, comme nous. Il ne communique pas souvent avec ses contacts, alors je manque un peu d'infos… »

« Je vois. Merci de toujours me considérer comme ton ami, ça me rassure. »

Je souris.

« Et côté cœur, comment ça se passe ? »

Alors là, Bell est adorable. Sincèrement, je me sens bénie quand je l'entends me poser la question. Parce que depuis cet après-midi, je n'ai pas arrêté de penser ça. De lui dans mon cœur, je veux dire. Je dois le regarder un peu trop intensément parce qu'il me demande.

« Attends, Clarke. Tu t'intéresses toujours uniquement aux femmes, n'est-ce pas ? »

Putain, la déception qu'il vient de me foutre. Nan mais Bell, ça veut dire quoi ça ?

« Oui bien sûr. Je ne pourrai jamais tomber amoureuse d'autre chose que d'une femme. Mais je pourrais apprécier de passer tu temps avec un homme. »

J'observe sa réaction, je veux savoir ce qu'il va penser après ce que je viens de lui dire. Il a l'air de réfléchir intensément. Mais pourquoi, Bellamy, pourquoi ? C'est pas clair ce que je viens de te dire ? Je te veux ! Rien qu'une fois ! Il sursaute tout à coup, comme si une lueur de compréhension venait de germer en lui. Pas trop tôt. Mais là, son visage se renfrogne. Il pose sa tête entre ses mains. On dirait qu'il boude. Il est mignon.

« C'est pas cool ça, Clarke. Tu peux pas craquer sur moi. »

« Ba, j'y arrive pourtant. »

Il me sourit, amusé.

« Non, je veux dire que tu ne devrais pas. »

« Pourquoi ? »

« Elle s'appelle Echo. »

Cette fois-ci, c'est moi qui mets un moment à comprendre.

« Tu… as … quelqu'un ? »

« Yep. Promets-moi de ne plus t'intéresser à moi. »

« Parle-moi d'elle d'abord. »

« Une autres fois. Promets. »

« Mais… »

« Promets, Clarke ! »

« Promis… »

Cette fois-ci c'est moi qui boude. Ce qui le fait sourire. Putain, ce qu'il est craqu-…

Il devine mes pensées aisément en voyant mon visage.

« Clarke… »

« C'est pas ma faute, putain ! » Là, je commence à m'énerver. C'est autant chiant pour lui que pour moi de perdre tous mes moyens devant chacun de ses sourires. « Va te faire démolir la gueule par une de ces bestioles dehors et ensuite reviens me voir ! Tu crois que les mecs aux beaux yeux dans ton genre, ça court les rues, dans le Texas ? Ba non ! Voilà ! »

« Ok. Je m'en doutais de toute façon. Quand tu flash sur quelqu'un, tu ne peux plus te le sortir de la tête. »

« Et il a fallu que ça tombe sur toi… »

« Il y a un moyen d'arranger ça. Quand tu auras flashé sur quelqu'un d'encore plus irrésistible que moi… » Il sourit. Pas trop tôt. C'est quand même un compliment quand je flash sur quelqu'un, nan ?« …Tu m'auras complètement oublié. »

« Oui mais comment, Bell ? On a une mission à mener. J'aurais pas le temps de traverser Paris en long et en large pour trouver quelqu'un de plus captivant que toi… »

Bellamy me sourit. Merde. Puis il se met en position théâtrale, toussote et se prépare à me raconter une histoire. Enfin, ça semble bien.

« Dance in the Vampire Bund, tu connais ? Un manga sur la culture vampire. Qui raconte beaucoup de conneries, soit dit en passant. Les fictions sont toujours tellement loin de la réalité… Mais ! Une chose est vraie. De tout temps, les femmes vampires ont toujours régné sur leurs sociétés. Elles ne sont pas nombreuses, mais fortes, et belles à regarder. »

Là, je m'inquiète.

« Bellamy ? Où tu veux en venir ? »

« Que la personne que tu cherches, tu pourrais bien la rencontrer pendant ta mission. »

Alors là, je reste bouche bée. Je n'aurais jamais cru entendre ça venant de lui. Je me lève et m'approche de lui. Mon visage est maintenant collé au sien. Je le regarde dans les yeux. Choquée et vexée.

« Bellamy, regarde-moi. Je suis une pro. Quoi qu'il arrive, je ne m'enticherais jamais de l'ennemi. »

Etrangement, mon ami semble déçu de ma réponse. Mais l'idée qu'il puisse souhaiter me voir avec une ennemie de la CIL me semble ridicule. Alors, je me dis que j'ai mal vu. Tout à coup, il se met à me sourire.

« C'était une blague, Clarke. »

Ce sourire… Seigneur, pitié, si tu existes, fais que je trouve rapidement quelqu'un.


A suivre…