Hmm, mon crâne ! Putain, qu'est-ce qu'il m'arrive ?

J'ai mal partout…

« Clarke ? »

Hmm ?

« Clarke ! »

Mais quoi ? Pourquoi on m'appelle ? J'ai mal au crâne, putain, faites pas chier !

« J'ai mal au crâne, putain ! La ferme ! » fais-je en ouvrant les yeux pour voir à quel emmerdeur j'ai affaire.

Qu-… Quoi ? Lexa ?

« Ca veut dire quoi, ça ? Tu t'excites déjà ? Je me suis inquiété pour rien apparemment. »

« Désolé, je ne voulais pas dire ça… »

« Mais tu l'as dit. Et j'aimerais savoir, ça veut dire quoi D.C.C. ? »

« D.C.C. ? Déesse Casse Couille, pourqu-… »

Oh, Non ! Merde ! Je pouvais pas fermer ma gueule, moi ?

Lexa me regarde avec un air ahuri.

« Tu m'as enregistré sur ton portable sous le nom de Déesse casse couille ? Casse Couille ?! Sérieusement ? »

Euh, oui… Mais il y a déesse aussi ?..

« Attends, tu vas voir. » Elle saisit son portable, offusquée. « Tu vas voir comment je vais t'appeler moi ! »

« Hein ? Tu vas m'appeler comment ? »

Elle se retourne pour ne plus me faire face et commence à pianoter sur son portable. Je l'entends prendre un sourire sadique.

Non mais si tu crois que je vais te laisser faire !

Je lui saute dessus et on tombe toutes les deux sur le sol.

« Donne-moi ce portable, Lexa ! »

« Même pas en rêve ! »

Elle me pousse violemment, se relève et cours quitter ma chambre. Je lui cours après et la tire vers l'intérieur au moment où elle quittait la pièce.

Elle se tient en face de moi et plonge son regard dans le mien, déterminé à ne pas céder. Elle prend une tête de tueuse, et on est là, l'une dressée devant l'autre.

On aurait dit deux cowboys de l'ancien Far West prêt à régler leur compte, se faisant face pour un duel à mort, et se défiant dans un premier temps du regard, main proche de notre ceinture, pour saisir notre colt à tout moment et enterrer définitivement notre adversaire six pieds sous terre.

La musique d'Ennio Morricone s'empare de nos esprits, la tension est palpable nous sommes au maximum de notre concentration, sachant toutes les deux pertinemment que l'échec signifierait la mort… Je vois ma rivale faire un pas vers la droite j'en fais un vers la gauche. Nous sommes maintenant en train de tourner en cercle, toujours sans jamais quitter l'autre du regard. Je l'observe attentivement, mon cœur bat de plus en plus fort. Le stress m'envahit. Mes narines battent à tout rompre ! Qui dégainera le premier ?

Sinan Clarke, tu le chopes ce portable, ou bien ?..

« Yaah ! »

Je me rue sur Lexa, qui sursaute, surprise.

Attaque frontale ! Tu ne t'y attendais pas, hein ?

Je plaque Lexa au sol pour être sûre qu'elle ne puisse pas s'échapper, et me positionne sur elle.

Lexa est morte de rire. Mais elle se reprend rapidement et me défie à nouveau du regard.

« Tu ne l'auras jamais ! Et je ne me rendrai pas non plus ! Je suis une femme libre ! »

Je rentre facilement dans son jeu, et rit à mon tour.

« C'est ce qu'ils disent tous avant de passer entre mes mains. » Je prends un air cruel. « Maintenant, la torture ! »

Je me couche plus proche de Lexa, soulève un peu ses habits et plaque mes mains sur son corps. Maintenant, c'est moi qui arbore un air sadique. Et je commence la séance de chatouilles. Une tonne de chatouilles !

Lexa réagit tout de suite. Elle grimace, paniquée. Elle se débat et tente de me repousser. Elle sert ses mâchoires pour tenir ses lèvres fermées et je sais qu'elle se retient de crier. Mais je tiens ferme. Elle a vraiment l'air de vivre un supplice, mais qu'importe. Pas de pitié pour la prisonnière.

« Rends-toi ! »

« Jamais ! » me hurle-t-elle avec conviction.

« Euh, dites les filles ? Je vous dérange ? »

Je me retourne subitement vers le malotru qui ose nous déranger.

Bell ?

« Putain ! Bell ? C'est toi ? »

J'oublie Lexa et court prendre mon cher Bellamy entre mes bras.

Ah… Je l'aime tellement, celui-là !

Il répond à mon câlin. C'est dingue comme je me sens bien.

« Tu vas mieux, Clarke ? Sa majesté m'a appelé pour me prévenir… Il parait que tu as perdu conscience tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

« J'en sais rien… Mais je me sens bien maintenant, grâce à toi. »

Je vois Lexa nous regarder l'un dans les bras de l'autre, son regard neutre de toute expression.

« Et à elle… »

Elle me sourit, ravie de voir que je ne l'ai pas oubliée, et s'approche de moi pour me chuchoter quelque chose à l'oreille.

« Je vais vous laisser. Gustus m'a dit qu'il lui donnait trois jours, alors profite de ton ami mais repose toi aussi. »

Je la regarde quitter la chambre, se voulant la plus discrète possible, pour ne pas gêner notre moment intime, à Bell et moi.

Lexa est vraiment quelqu'un…

« Comment tu vas, Clarke ? » me fait Bell, maintenant que nous sommes seuls.

Je retourne me coucher sur mon lit. Totalement épuisée.

« Je suis claquée. Littéralement. Mais ça va. Pourquoi je ne te vois plus, Bellamy ? Qu'est-ce que le préfet fait de toi ? »

« Ca je ne peux pas te le dire, Clarke. Même pas à toi, pas pour l'instant. Mais même si je ne peux rien te dire, sache que bien que ce soit un sbire de la reine vampire qui m'ait chargé de la mission, ce que je fais est tout autant utile pour la CIL. »

La CIL…

« Qu'est-ce qui se passe, Clarke ? Parle-moi. »

« C'est notre mission, celle de la CIL… Je commence à trouver ça ridicule… »

« Ridicule ? Et bien, je pense comme toi, je ne vois pas comment deux jeunes agents comme nous avaient la moindre chance de faire tomber tout un peuple de monstre, mais tu voulais tellement obtenir ce grade S que je n'aie rien voulu te dire… »

« Sauf que je sais comment les faire tomber, moi maintenant ! Mais je ne sais pas si ça en vaut vraiment la peine… »

« Comment ça ? Tu doutes de toi ? »

« Non… Je pense simplement qu'il y a d'autres monstres bien plus dangereux que Lexa et que c'est eux que je devrais traquer. Pas elle... »

Bell me regarde fixement, suspicieux.

« Lexa ? C'est comme ça que tu l'appelles maintenant ? »

Il se masse la figure. Il a l'air épuisé lui aussi.

Et je ne dois pas l'aider en venant me plaindre devant lui…

« C'est quoi cette histoire ? Quel est le problème avec… Lexa ? C'est comme ça que je dois l'appeler, moi aussi ? »

« Elle n'est pas une monstre. Enfin si… Mais je crois qu'elle est différente. Elle est cool, Bell ! Tu nous as vues, nan, tout à l'heure ? J'ai l'impression de pouvoir redevenir une enfant, avec elle. Tu sais depuis quand je n'avais pas ressenti, ça ? »

Il me secoue la tête.

Non, évidement qu'il ne le sait pas. Même moi je ne me rappelle pas la dernière fois que j'ai pu vivre ça.

« Elle est bizarre, Bell. Mais très sympa. Je n'aurai jamais cru dire ça d'un humain mais elle… je crois que c'est une fille bien, tu vois ?.. Ça craint, hein ? Mais pour être honnête… je ne pense pas qu'elle mérite ce qu'on s'apprête à lui faire. »

Je baisse les yeux, honteuse. Ce que je dis là est une abomination pour un agent de la CIL.

Et moi, je dis ça à Bellamy… je ne sais même pas si j'ai raison de le faire. Est-ce qu'il va me détester pour ce que je viens de lui dire ?

Pitié, Seigneur, je ne veux pas que Bell éprouve du dégoût pour moi. Je l'aime tellement, c'est mon seul soutien !

Mon seul ami, le seul que j'ai pour cette mission et pour me confier, vient s'asseoir sur mon lit. A côté de moi.

« C'est pas simple ton histoire, là. »

« Tu m'en veux, de te dire tout ça ? J'aurai peut-être pas dû… »

« Non, je comprends que… ça doit pas être simple à vivre… »

Il saisit ma main et la tiens fermement, compatissant.

« Donc, tu l'aimes… la reine ? »

Hein ? Mais quoi ? Qu'est-ce qu'il vient me chanter, lui ?

« Mais pas du tout ! »

« Nan mais je veux dire… au moins un peu nan ? Elle a l'air d'être importante pour toi. »

« Mais pas du tout ! Je t'interdis de dire ça ! »

Mes larmes commencent à couler. Mais pourquoi il me dit ça, c'est pas ça que je voulais entendre !

« C'est comme ça que tu viens me réconforter ? Tu peux encore dégager de ma vue dans ce cas-là ! J'ai pas besoin de toi, d'abord ! Dégage ! »

Merde, c'est quoi cette histoire ? J'en ai rien à foutre de la reine. Je veux juste que ceux qui méritent de vivre, vivent. Les gentils ont le droit de vivre ! Pourquoi est-ce que personne ne comprend mes valeurs morales ?

« Je suis désolé, Clarke… Je ne voulais pas dire ça. »

« Mais tu l'as dit. Va-t'en ! Je ne veux plus te voir ! »

Bellamy quitte mon lit et fait deux pas avant de s'asseoir sur le sien.

Saloperie ! Pourquoi est-ce qu'on a pris une chambre commune, merde !

Je ferme les yeux, écœurée.

Et je ne sais pas pourquoi, mais ce moment où Bellamy m'avait avancé l'idée que je pourrai flasher sur ma cible un jour me revient en tête. C'est la deuxième fois qu'il semble espérer me voir finir avec un monstre… Et je ne sais pas quoi en penser.

J'en viens à pleurer de plus belle et m'endors, finalement, sous le coup de la fatigue et des émotions. Sans pouvoir voir l'appel que venait de me passer Lexa.