Point de vue d'un homme d'âge mûr, que vous ne connaissez pas. C'est sa première apparition dans cette fic, et je pense que ce sera également la dernière puisque je n'ai aps l'intention de lui donner un rôle dans la suite de l'histoire. Je ne vous donne aps son nom, vous le découvrirez vous-même. Seconde info : ce chapitre prend place le surlendemain de la journée à Disneyland (si vous avez oublié, Lexa a fait une belle crasse à Clarke, et celle-ci a décidé de se venger).
Hmm…
« Gniark… »
Hmm…
J'ai un de ces mal de tête, moi…
Mais ? Où suis-je ? Qu'est-ce que…
« Où est-ce que je suis ? » fais-je, plus pour moi-même.
« Il vient de se réveiller, les gars ! » fait une voix derrière moi.
Je me retourne pour voir la personne qui vient de parler.
Un jeune garçon. Il doit avoir une quinzaine d'année, peut-être un tout petit peu plus. Sweat, baggy, converses au pied, casquette sur la tête quand ce n'est pas un temps à en avoir besoin…
Je lève les yeux au ciel.
Les jeunes d'aujourd'hui…
« Hé ! » me fait-il, « tu sais où on est, là ? C'est quoi cet endroit ? »
J'examine la pièce du regard.
Une très grande pièce, entièrement meublée d'époque, divisée en deux par des paravents en son plein milieu. Un vieux globe représentant la planète Terre, pas vraiment exacte, d'ailleurs des barils en bois, un bureau exagérément vétuste avec plumes et encres, des mousquets accrochés au mur et même des sabres et un poignard !
Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ! On est où, là ?!
« Euh… Monsieur ? C'est vous qui nous avez amenés ici ? Pourquoi on est tous là ? »
Une jeune fille me regarde timidement.
« Mais j'en sais rien ! Et vous êtes qui, d'abord ? »
« Moi c'est Lucy » me répond la jeune blonde, « et lui c'est Sébastien mais il veut qu'on l'appelle Seb, il dit. » poursuit-elle en me montrant le garçon qui les avait prévenu que je m'étais réveillé.
J'observe les deux jeunes. Une petite coincée et un effronté de je-m'en-foutiste…
Mais avec qui j'ai encore atterri, moi…
Je remarque alors deux autres, en train d'examiner chaque objet de la pièce, s'en se préoccuper de nous trois, visiblement.
« Et vous, qui êtes-vous ? » leur demande-je.
La jeune brune lâche la plume qu'elle tenait entre ses mains et s'approche.
« Je me nomme Lexa, et vous ? »
« Emerson. » réponds-je.
« Ravie de vous connaitre, Emerson. »
Elle me tend la main. Je la serre.
En voilà une de polie et conventionnelle, au moins. Quant au dernier…
« Monsieur, si je ne m'abuse, nous ne sommes pas encore présenté. » lui fais-je sur un ton de reproche.
Aucune réaction. Il continue de scruter un des sabres fixés au mur. Il m'ignore totalement !
« Tu nous fait attendre, Joseph. » remarque Lexa, sans aucun ton de reproche.
Le dénommé Joseph s'arrête aussitôt et se dirige vers nous.
« Tout semble assez fidèle au décor de l'époque. » fait-il à Lexa.
« Comment ça tout semble assez fidèle au décor de l'époque ? »
Je les regarde sans comprendre.
La jeune Lexa s'apprête à me répondre quand une voix nous interrompe.
« OH oh oh »
Nous levons tous la tête. La voix ne semble pas venir de la pièce mais elle reste malgré tout bien audible.
« Z'etes qui, ouech ! » fait Sébastien.
…
La politesse, jeune imbécile, tu connais ?!
« Ce n'est pas la question qui mérite une réponse, non. »
« Quelle question mérite une réponse ? » demande la petite Lexa.
« Qui vous êtes-vous, pour commencer. Ce que vous faites ici, ensuite. »
« Je crois que vous avez la réponse. Alors que faisons-nous ici ? »
« Vous le savez, ça. Regardez autour de vous. »
« Il n'y a rien. Vous nous avez enfermé ici, et on ne peut pas en sortir. Pourquoi nous retenir prisonnier ? »
« C'est le sort des criminels. »
« Quoi ?! » faisons-nous tous les cinq en même temps.
« Et parce qu'il est venu l'heure pour vous de payer. Pour vos crimes. »
« Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? » fais-je, hors de moi.
« Il a raison. » fait Joseph, tentant de se calmer.
« Je ne suis pas un criminel ! »
« Mais nous sommes bien des condamnés. » reprend-il.
« Et je peux savoir en quoi ? »
« Regardez sur votre main, tout le monde. » nous fait-il en nous montrant la sienne.
Nous regardons nos mains. Elles ont toutes une marque noire.
« Tu sais ce que ça signifie ? » demande Lexa à Joseph.
« La tâche noire. Le signe des condamnés. »
« Les condamnés ? »
« Les forbans, les criminels pendant l'âge d'or de la piraterie. Quand ils étaient surpris en train de train de faire quelque chose que les pirates eux-mêmes réprouvaient, ils capturaient ce criminel et lui laissait une telle marque sur la main. Ceux qui portent la marque noire sur eux sont condamnés à la mort. Des morts horribles. Certains marins, quand on leur mettait cette marque, étaient si effrayés qu'ils pouvaient en mourir, juste en la voyant posée sur eux. La voir sur eux leur faisait si peur qu'ils pouvaient en avoir une attaque et en mourir. Dans ce cas, leur mort était alors bien plus douce que ce que les pirates leur réservaient. »
« On va nous tuer, nous aussi ? » s'inquiéta Lucy.
Joseph leva la tête. Nous ne savons toujours pas d'où vient cette voix.
« Ca semble bien… »
« Mais on a rien fait ! Et on est pas des pirates ! » s'écrie Sébastien.
« Vous en êtes. Chacun de vous. »
« Non ! »
« Vous en êtes. Mais vous ne serez pas condamnés à mort. Vos juges ont considéré que simplement vous faire mourir serait encore montré trop de clémence pour les actes ignobles que vous avez commis. »
« Nos juges ? » s'interroge Lexa.
« Ceux qui avaient confiance en vous. Ceux que vous avez trahis. Ceux qui vous condamnent aujourd'hui. Ils demandent justice. »
« On t'a dit qu'on a rien fait, du con ! » hurle Sébastien.
« S'il-vous-plait… » dit Lucy, « vous devez vous tromper de personne… On est pas des criminels, nous. »
« C'est pas ce que dit la marque » remarque Joseph. « On est d'ores et déjà condamné. »
« Mais je m'en tape de cette merde ! » hurle Sébastien en tentant d'effacer la marque en frottant sa main contre l'autre. « Et pourquoi ça part pas, ce truc ! »
« Ces personnes avaient confiance en vous. Elles tenaient à vous. Elles vous aimaient, même pour certains. Mais vous les avez trahis. Ces personnes réclament réparation. Elles demandent vengeance. Voilà pourquoi vous êtes ici. »
« Je ne vois pas en quoi nous enfermer ferait réparer nos torts. » remarque Joseph.
« Mais je vous assure, on n'a rien fait ! » s'époumone Lucy.
« Les condamnés ont tous eu un procès. Les crimes qu'on vous reprochait, examinés. Et vous avez été reconnus coupables. Toutefois, vos juges ne demandent pas la mort. Pas encore. »
« Que demandent-ils ? Et c'est quoi ces crimes qu'on nous reproche, au juste ? » demande-je.
« Là est le problème. Vous n'en avez pas conscience. Pourtant, que vous sachiez le mal que vous leur avez fait est ce qu'ils demandent avant tout. Pour cela, vous n'aurez pas d'autre choix que plonger vous-même jusque dans l'extrême noirceur de votre cœur. Là où tous auraient si peur, là où est caché le mal que vous avez fait. Car c'est aussi là que se trouve la solution. »
« Je comprends rien. Vous nous faites juste perdre notre temps. Ouvrez cette porte que vous avez bloquée, qu'on puisse se barrer d'ici. Voilà ce qu'on veut ! »
Tout à coup, un compte à rebours commence dans une plaque vitrée munie d'une minuterie.
« 90 minutes ? 90 minutes pour quoi faire ?! »
« Pour payer. »
« Comment ça, payer ? »
Aucune réponse.
« Comment ça, payer ? » hurle Sébastien.
Toujours pas de réponse.
« Hé ! Comment ça, payer ! Connard ! Répond ! »
…
La voix s'est tûe.
Nous sommes tous seuls. Et on n'est toujours pas plus avancé.
Où est-on, exactement ?
« C'était… bizarre. » dit simplement Lexa. « Bon, quelqu'un a une idée ? »
« Absolument aucune. » fais-je.
« J'ai envie de chier. Je fais comment ? Y a rien pour se vider, ici… » se plaint Sébastien.
« Je sèche. » avoue Joseph, s'asseyant en tailleur.
Lexa en fait de même.
« Ok. Dans ce cas, commençons par le début. Parce qu'à part, notre nom, on en sait pas plus les uns sur les autres. » Elle se tourne vers Joseph. « Donc toi, c'est Joseph, c'est ça ? Et t'as l'air de t'y connaitre. Comment ça se fait ? »
« Ma fille est… gaga, pour pas dire autre chose, des pirates et tout ce qui les concerne. Et je suis moi-même professeur d'histoire. Je connais un peu le sujet, donc. »
« Et tu n'as aucune idée d'où on peut être, donc ? »
« Aucune. Tout ce que je sais, c'est que hier, j'étais en train de finir un travail pour une conférence que je dois présenter au Brésil dans deux mois. Et qu'il y a encore une demi-heure, je me réveillais, comme vous, dans cette pièce, avec un mal de tête pas possible. Je crois que j'ai été drogué. »
« Comme nous tous. » remarque Lexa. « Et toi, Lucy ? »
« Pareil. Moi, je devais dormir chez ma cousine, mais là je suis ici aussi… » Elle se triture les mains. « C'est pas juste… je devrai pas être là. Ma cousine voulait qu'on fasse une Escape Game, aujourd'hui. Et je pourrai pas vu qu'on me garde prisonnière ici… »
« Attends, toi aussi, t'avais un Escape Game de prévu aujourd'hui ? » m'étonne-je.
« Euh, oui… »
« Vous aussi, vous faites ce genre de connerie ? »
« Pourquoi ? T'en avais aussi une de prévu, gamin ? »
« Je m'appelle Seb, le vieux. Et non, mais j'ai mon frère qui m'a offert une session pour mon anniv'… Je trouve ça pété, mais c'était ça, ou pas de cadeau ! »
Je regarde Joseph et Lexa.
« Et vous deux… »
Joseph acquiesce.
« Oui, je devais bien faire un Live Escape Game aujourd'hui. »
Nous regardons tous la jeune brune.
« J'ai une amie qui m'a proposé d'en faire un… »
« Ok. » fais-je, « donc, aujourd'hui, on devait tous faire un Live Escape Game. C'était prévu. Et à la place, on se retrouve tous ici, c'est bien ça ? »
Ils confirment tous de la tête.
« Ça nous fait un point en commun » reprend Lexa, « mais comment en arrive-t-on à la partie où on se fait tous drogué et enfermé dans cette pièce ? »
« J'ai vraiment envie de chier, les gars… »
« Tu attendras les 90 minutes soient finis, Sébastien. »
« Mon nom, c'est Seb, je t'ai dis, le vieux ! Et je vois, pas pourquoi je devrai attendre ces 90 minutes pour évacuer ! »
« Seb, t'as pas une idée ? » essaie de le calmer Lexa.
Maligne, ce petit bout de femme. Elle le fait participer à la réflexion pour qu'il oublie le reste…
« J'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que quand j'ai demandé à mon frère de me filer autre chose qu'un stupide jeu où il faut réfléchir, il m'a envoyé balader. Comme s'il voulait vraiment que je participe à ce stupide jeu à la con. Et à la place, je me retrouve là. Du coup, j'aurai même apas droit à mon cadeau d'anniv'… Il était pourri, mais c'était quelque chose au moins. »
« Euh, mais… c'est un peu un Live Escape Game, qu'on fait, là, non ? » remarque timidement la petite Lucy.
« Comment ça ? » s'étonne Joseph.
« Ba, je sais pas… On réfléchit, là, non ? Une équipe, des règles qu'on a pas compris, dans une salle où on peut pas sortir… Ça ressemble en tout cas, je trouve… »
« Dites » reprend Lexa « vous vouliez pas faire l'Escape Game en groupe ? Avec des amis ou autre ? Moi, mon amie, elle m'a fait m'inscrire à ça, mais quand je lui ai demandé, elle a refusé de venir avec moi. Elle a dit que je devais le faire seule. »
« Moi aussi » confirme-je. « Ma femme m'a fait m'inscrire. Mais c'est normal, c'est pas son style de loisir, alors que moi j'adore ce genre d'activité. »
« Et toi, Joseph ? » demande Lexa.
« J'en avais jamais fait, mais un de mes anciens étudiants, qui prépare son doctorat, m'a finalement convaincu d'essayer. J'ai accepté. Ça peut toujours être une expérience à tenter, après tout. »
« Moi, j'ai pas eu le choix. » hausse les épaules Sébastien.
« Moi, c'est ma cousine qui m'a fait m'inscrire. Je m'étais pas vraiment posé de question, mais maintenant que j'y pense, c'est vrai qu'à aucun moment, je ne l'ai vu s'inscrire avec moi. »
« Attendez ! » s'écrie Joseph, « aucun de nous ne s'est inscrit de sa propre volonté ? »
« On vient de te dire que non, t'as pas compris ? » gémit Sébastien, dans son mécontentement.
« Mais non ! Vous ne comprenez pas ! Nos juges ! Le jeu ! Tout s'explique ! »
« Comment ça ? » fais-je sans comprendre où il veut en venir.
« Comme Lucy, l'a dit. On est dans le Live Escape Game ! Tous les cinq ! Et nos juges, ce sont ceux qui nous ont proposé de nous inscrire. Ils voulaient qu'on participe à ce jeu ! »
« Mais non, on est prisonnier et condamné à mort, là ! Moi, ma cousine, elle me ferait jamais ça ! »
« T'en es certaine ? » fait Joseph en fronçant les sourcils.
« Oui, enfin je crois… »
« Moi » reprend Joseph, « c'est tout à fait possible. Ca correspondrait tout à fait au style de mon ancien étudiant, je trouve. »
« Pourquoi ? » demande Lexa.
« Il a émis une théorie intéressante, il y a quelques temps, lors d'une de nos discussions. Une idée, qui si elle s'évarait vraie, et il a de grandes chances que ce soit le cas, changerait totalement la vision que l'on aurait du peuple burgonde. Je me suis inspiré de son postulat pour la thèse que je devrai présenter au Brésil. Il l'a appris, et quand je lui ai demandé si ça le dérangerait, il m'a dit que non. Ça m'a rassuré un peu, mais le connaissant, c'est évident qu'il allait trouver le moyen de se venger. C'est tout à fait le genre de chose qu'il serait capable de me faire… »
« Tu penses qu'il t'a fait t'inscrire pour se venger, alors ? » demande Lexa.
« J'en suis de plus en plus persuadé ! »
« Et shit… » jure Sébastien.
« Un problème ? »
« Mon frère… Il deal un peu et je lui ai volé quelques billets de son taff, l'autre soir. Je pensais qu'il remarquerait pas… »
« Tu voles ton frère qui deal ?! » fait Lexa.
« Et t'es encore en vie ? » fait Joseph.
« Ouai… Plus pour longtemps… » fait Sébastien en regardant la marque noire sur sa main.
« Et toi, Lexa ? » demande Joseph.
Lexa semble réfléchir quelques secondes.
« Ba moi… »
Elle réfléchit.
Elle réfléchit.
Elle réfléchit.
Elle réfléc-… Ah ! Elle nous regarde. Elle sait ce qu'on lui reproche, alors ?
Elle baisse les yeux.
« Je sais pas pourquoi on m'a inscrite… »
Elle a réfléchit tout ce temps, et elle sait toujours pas ?!
Joseph lui prend la main pour essayer de l'aider.
« Qui t'a inscrit ? Tu as parlé d'une amie… »
« Oui… Elle voulait me faire plaisir. Enfin c'est ce que je pensais… »
Elle a l'air triste.
« Tu ne sais absolument pas ce que tu as pu lui faire pour qu'elle veuille se venger ? » continue Joseph.
Lexa hoche de la tête en signe de négation.
Je me tourne vers Lucy.
« Et toi ? »
Elle fait la moue avant de faire comme Lexa.
« Je sais pas. Ma cousine m'aime bien. »
« Et toi le vieux, t'as fait quoi à ta femme ? » demande Sébastien.
Moi, c'est tout expliqué.
« Je l'ai trompé. Avec la maitresse d'école de notre fils. »
« Vieil obsédé. »
Y a des coups de fessée qui se perdent…
« Bon, les filles, vous trouvez toujours pas ? » s'énerve Sébastien. « Stop jouer aux saintes, on sait tous qu'on a merdé. Ayez juste le courage de le dire, que ce stupide minuteur s'arrête et qu'on puisse se barrer. »
« Et pourquoi il s'arrêterait si elle trouvait ce qu'on leur reproche ? » demande Joseph.
« Parce que c'est ce que la voix a dit, non ? Ils veulent qu'on prenne conscience de ce qu'on leur a fait. Plonger dans la noirceur de nos cœurs et tout ça… »
« Dis donc, gamin, t'as déjà entendu parler du principe des énigmes à tout hasard ? C'est ce sur quoi repose l'Escape Game. On va pas pouvoir partir juste en trouvant ce qu'on a fait. »
« D'autant plus que s'ils ont vraiment fait ça pour se venger, le plus terrible est à venir. La marque noire est là pour le prouver. »
« Je sais ! » s'écrie Lucy.
Nous nous levons, tous heureux. Elle a trouvé comment quitter cet endroit !
« Alors, raconte ! »
Lucy nous regarde toute contente.
« Elle est allergique aux fruits de mer ! Mais j'avais oublié et je lui en ai fait manger le week-end dernier, sans faire exprès. C'est pour ça qu'elle veut se venger ! »
…
Mais quelle gourde, celle-là !
Cette Lucy doit avoir à peine 12-13 ans, Ok, mais ça explique pas qu'on puisse être aussi bête !
« Je sais… »
Lexa vient de parler. Quoi ? Elle a trouvé elle aussi ? On s'en moque un peu, en fait…
« Je sais comment plonger dans la noirceur de nos cœurs. »
« T'es pas sérieuse ! » s'écrie Sébastien.
« Si. C'est simple, en fait. »
« Alors, comment ? »
Lexa regarde vers le milieu de la pièce.
« Il faut éteindre toutes les bougies. »
« Les bougies ?! Mais si on fait ça, on verra plus rien ! »
« Si, moi je pourrai continuer à voir… » Marmonne-t-elle.
« Tu as dit ? » demande Joseph.
« Non, rien… Je voulais dire que c'est le but, de ne rien voir. »
« Comment ça ? »
« La voix l'a dit, non ? Le noir complet, là où les autres auraient peur. C'est un test. De courage. Est-ce qu'on aura le courage de se plonger dans le noir ? C'est ça le premier défi. »
« Tu es sûre de toi ? Parce qu'on fait comment si on se retrouve vraiment dans le noir et qu'on se retrouve à rester le reste du temps sans aucune vision. »
Lexa regarde le temps.
« Il reste 53 minutes. Nous n'avons pas le temps d'avoir peur. Et je suis quasi-certaine que la solution n'apparaitra que dans le noir. »
« Hors de question qu'on éteigne les bougies ! » fait Sébastien.
Nous regardons tous Lexa. Il a raison, c'est trop risqué…
Joseph observe Lexa, qui est pleine d'assurance.
« On devrait lui faire confiance. »
« Désolé, petite, ma-… »
« Il faut éteindre les lumières. »
Elle nous fixe, Lucy, Sébastien et moi.
…
« Tu sais ce qui est en jeu, n'est-ce pas ? »
« Je sais ce qui est en jeu. » fait-elle.
Je plonge mon regard dans le sien.
Cette petite a l'habitude d'être aux commandes, je le sens.
On devrait pouvoir lui faire confiance.
« Dans ce cas, votons. »
Sébastien me regarde, ahuri.
La démocratie, gamin. La démocratie.
Joseph lève la main pour suivre la jeune brune. Je lève la main. Lucy lève la main. Ce qui ne m'étonne pas, elle n'a pas cessé de décider des yeux admiratives à son aînée.
Voilà le petit imbécile seul dans son coin.
Il peste. Qu'importe. Nous éteignons toutes les bougies.
Nous nous taisons tous. La jolie brune avait entièrement raison !
Je m'approche des paravents. Il y a un trou en plein milieu. Et la pièce n'est certes plus éclairée par les bougies, mais le minuteur qui nous indique le temps restant brille dans le noir. Il propage une lumière fluide et fine qui traverse toute la pièce, passant par le petit trou des paravents, et vient terminer sa course contre le bois du mur opposé.
Je viens de réaliser. C'est incroyable !
Nous sommes dans une gigantesque chambre noire. Et le minuteur n'était pas seulement là pour nous donner le temps qu'il nous reste. Nous nous dirigeons tous les quatre, Sébastien restant dans son coin, vers la partie maintenant mis en lumière du mur. Joseph tâte le bois.
« Ça sonne creux. » nous sourit-il.
Il perce le bois, et en ressort quelque chose entre les mains.
« Qu'est-ce que c'est ? » demande Lucy.
Joseph examine ce qu'il tient au toucher.
« Une liasse… J'ouvre… Hmm ? On dirait… »
Tout à coup, une lumière nous éclaire tous les quatre.
Une lanterne ! Avec une lampe à huile ! Nous avons à nouveau de la lumière. Moins qu'avant, mais quand même !
Même Sébastien nous rejoint.
Ah ah ! Cette brave Lexa, elle avait donc parfaitement raison.
« Qu'est-ce qu'il y a dans la liasse ? » demande Lucy.
Joseph l'ouvre et en ressort une plusieurs petites pièces jaunes dorées.
« C'est quoi cette blague ? » demande Sébastien.
« Ca » fait Joseph, « ce sont des Louis d'or, Sébastien. La monnaie sous Louis XIV, roi de France. » Il nous regarde, joyeux comme jamais. « Vous imaginez ce que ça représente ?! »
« Beaucoup ? » demande Sébastien.
« Beaucoup ? Mais plus que beaucoup ! La monnaie de l'Ancien Régime, enfin ! C'est inestimable ! C'est d'une valeur historique incroyable ! » Il commence à pleurer d'émotion. « Louis XIV a peut-être tenu cette pièce entre ses mains, et moi je fais de même mainten-… »
« Ouai mais en fric, ça vaut combien ? »
Joseph regarde Sébastien.
« Valeur intrinsèque, je ne sais pas vraiment, mais valeur monétaire, chacune de ces petites pièces doit bien valoir 3000 euros pièces, peut-être plus » fait Joseph, haussant les épaules de désintérêt. « Qu'est-ce qu'on en a à faire, de combien ça peut faire ? C'est ce que ça représente historiquement qui est important ! »
« Bon, on partage ? » demande Sébastien, se frottant les mains pressé comme jamais.
« Ca va pas ? » commence à s'inquiéter Joseph. « Je vais les ramener à un collègue qui est expert en monnaie ancienne ! Il pourra les examiner. Ensuite, il faudra les donner au Louvre, pour qu-… »
« T'es maso ?! On crache pas sur l'argent gratuit ! » hurle Sébastien, tentant de récupérer la liasse des mains de Joseph.
« Plonger dans la noirceur de son cœur, en démêler le mal qui corrompt ceux qui nous sont proches. Mais quand la reconnaissance de son crime est faite, vient la deuxième étape. Se racheter est un crime. Un acte de foi. De mort parfois. »
La voix !
« Michelle ! Je suis désolée pour ce que j'ai fait ! Je te demande pardon ! » crie Lucy. « J'avais oublié que tu ne pouvais pas manger de fruits de mer, je suis désolée ! Pardonne-moi, je t'en prie ! »
« Clarke ! Je veux savoir ! Qu'est-ce que j'ai fait ? On me dit que je t'ai fait du mal, mais je t'assure, je ne vois pas en quoi. Parle-moi ! Eclaire-moi ! »
« Bob ! Je te l'ai jamais dit, mais… Tu as toujours été le meilleur des étudiants que je n'ai jamais eu. Je suis fier de toi, et je te promets. Je renonce à présenter cette théorie. C'est la tienne. Mais si tu veux, tu viendras au Brésil avec moi, et tu la présenteras toi-même ! »
« Chérie, je te demande pardon ! Je sais, j'ai fait une terrible chose » fais-je à plein poumon. « Pardonne-moi, je ne le mérite pas, mais je te promets que si tu veux encore de moi, je saurai être le meilleur des époux. »
« Frangin ! Ouvre cette foutue porte ! T'auras jamais les couilles de me tuer ! »
Mais quel imbécile, cui-là !
« Il n'a jamais été question de vous tuer. Vos juges ont pensé à quelque chose de bien plus cruel. Vous le savez, ces personnes vous connaissent. Elles vous connaissent même très bien. Elles ont mangé et bu avec vous, elles ont grandi avec vous, ont débattu avec vous, vous ont donné un fils… Elles vous connaissent. Et ce qui vous attend n'est pas la mort. Pas la mort physique. Mais la mort sociale. »
Quoi ? Ça veut dire quoi, ça ?
« Vos juges, qui sont aussi vos victimes, connaissent vos secrets. Ce que vous cachez, vos hontes, vos tourments. Elles savent tout, parce qu'elles partagent votre vie. Que le temps sera fini, tout cela, tout le monde le connaitra. »
« Quoi ? » faisons-nous tous les cinq effrayés.
« Tous vos secrets inavoués seront rendus publics. »
Tout mais pas çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
« Frérot ! » hurle Sébastien, mort de peur.
« Je suis désolée ! » s'effondre Lucy, en larme.
Joseph pose sa main sur son cœur et se retient pour ne pas tomber dans les pommes.
Lexa semble perplexe. Pas effrayée, juste perplexe.
« Tu n'as pas peur, Lexa ? » lui demande-je.
« Si mes secrets sont révélés, ce sera la fin du monde. » me répond-elle, d'un air le plus calme du monde.
Cette fille a un humour bien à elle…
Ca ne peut qu'être de l'humour, n'est-ce pas ?
Alors pourquoi elle ne rigole pas !
Lexa lève les yeux.
« On veut pas que nos secrets soient révélés. Que doit-on faire pour se racheter ? »
« La sentence ultime. La corde. »
Joseph tombe définitivement dans les pommes.
Lucy se lamente de plus belle.
« Michelleuuuu ! Pardonne-mouaaaa ! »
Sébastien serre les poings de rage.
« J'aurai dû te voler tout ton fric, sale crevard ! »
« Il n'y a aucune corde dans la pièce. »
Nous nous tournons, Lucy, Sébastien et moi, vers celle qui vient de faire cette remarque.
Lexa ! Comment peut-elle être aussi sereine ?
« Il n'y a aucune corde ici. » répète-t-elle, toujours sans s'affoler.
« Euh… ba… »
J'avoue être paumé, là.
Sébastien se met à fouiller la pièce de fond en comble pour vérifier les dires de la brune. Lucy pleure, histoire de pas changer ses habitudes.
Je me dirige vers Joseph pour essayer de le ranimer. Lexa en fait de même.
Au bout de quelques minutes, Joseph revient à lui.
Nous lui exposons la situation. Quand nous avons fini de lui expliquer, elle reste un moment à réfléchir.
« La voix n'a plus rien dit depuis ? » demande-t-il.
Nous lui faisons signe que non.
« C'est pas cohérent… »
« Qu'est-ce qui n'est pas cohérent ? » demande Lexa.
« Tout ! Ça n'a pas de sens ! Ils se donnent un effort fou pour créer un décor convaincant, mais ils ne font même pas attention aux mots qu'ils utilisent. C'est pas cohérent. »
« Comment ça ? Quels mots ? »
« Ba la corde ! Les pirates avaient une peur bleue de ce mot. A cette époque, les mutins finissaient souvent pendus hauts et courts, alors pour eux, prononcer des mots comme corde, ou même ficelle, s'était se condamner soi-même. Un vrai expert du monde de la piraterie d'antan n'aurait pas fait l'erreur d'utiliser un tel mot alors que les pirates eux-mêmes ne le faisaient pas. »
« Ils n'utilisaient vraiment pas ce mot ? » fais-je étonné.
« Non » reprend Joseph, « les pirates étaient très superstitieux. Les seuls qui pouvaient prononcer ces mots à bord, c'était le-… »
Joseph sursaute tout à coup.
Il arrache la lampe de ma main et se dirige derrière le bureau en bois. Il se couche au sol, et y récupère quelque chose qui devait être caché dessous.
Il revient vers nous, complètement excité.
« La deuxième incohérence ! » fait-il en nous tendant le violon qu'il a récupéré. « Ce genre d'instrument ne devrait rien avoir à faire ici. »
« Pourquoi ? »
« Les musiciens. Les musiciens avaient le droit d'utiliser ce mot pour parler de leurs instruments. Mais le truc, c'est qu'ils jouaient bien des instruments à corde, mais certainement pas du violon ! C'était pas le genre ! »
« Ok, mais on en fait quoi, de ce violon ? » demande-je.
« Euh… ba, j'en ai aucune idée. » confesse Joseph. « Faudrait essayer d'en jouer, pour voir ce qui va pas avec, mais… »
« Montrez-moi. » fait Sébastien, prenant soudainement part à la conversation, ayant vu l'instrument.
« Pourquoi faire ? » fait Joseph, méfiant.
« Premièrement parce que vous ne savez pas faire la différence entre un simple violon et un stradivarius, de ce que je vois, et deuxièmement, parce que moi, je sais en jouer. »
« Toi ? Sans blague ! »
« Ma petite amie adore le violon. C'était soit j'apprenais à en jouer, soit elle me quittait. »
Lexa lui sourit.
« Savoir jouer du violon est une chose noble. Tu veux bien nous en jouer un morceau pour nous, s'il-te-plait ? »
Sébastien ne se fait pas attendre quand Lexa le lui demande. Il nous interpréte un beau morceau de musique.
Lexa fait une moue hésitante quand le garçon a fini.
« Tu n'as pas aimé ? » s'inquiète Sébastien.
« Si, c'était très bien. Tu es très doué, Seb. » lui fait-elle gentiment.
Sébastien est tout heureux quand la brune lui dit ces mots et il lui propose un autre morceau.
« Attends, tu permets que j'accorde l'instrument ? » demande Lexa.
« Accorder ? Comment ça ? »
« Tu n'as pas entendu ? Le "la" n'est pas à la bonne hauteur. Ce n'est pas normal. »
« Euh, ba… »
« Je peux t'emprunter l'instrument, deux secondes ? »
Sébastien lui laisse le violon et Lexa s'apprête à le réajuster quand elle remarque quelque chose.
« Les garçons. »
Elle ressort une minuscule pochette, semblable à la première, cachée au sein de l'instrument.
Joseph la récupère et l'ouvre.
« C'est quoi cette fois ? » demande Sébastien.
« Un timbre… »
« Une merde ? »
Joseph semble s'étouffer sous l'irrespect total de l'idiot de service.
Je lui tape dans le dos pour l'aider à s'en remettre.
A peine Joseph se remet-il de ses émotions que nous entendons une musique incroyable pénétrer nos oreilles, et se répandre en nos êtres telle une divine mélodie. Je me retourne pour découvrir l'origine de ce son angélique.
Je reste bouche bée quand je vois Lexa, joue contre le stradivarius, jouer avec un plaisir certain, dans son monde, yeux fermés, seule. Dans son monde privilégié.
« Lexa ? » fait Sébastien, incrédule.
Lexa revient à nous, et tend le violon au petit idiot.
« Ça sonne bien mieux quand l'instrument est accordé. Merci de me l'avoir prêté. » fait-elle humblement à Sébastien.
Sébastien récupère l'instrument, baisse les yeux vers le violon qu'il tient, puis vers Lexa…
Comme il doit se sentir bête de s'être cru bon musicien !
Lexa s'approche de nous et demande à Joseph.
« Wouaw ! Quel beau timbre ! Dis-moi tout, Joseph ! Je veux connaitre son histoire ! »
« Avec plaisir, Lexa. Il s'agit du Penny Rouge. De ce que je sais, il fut gravé et imprimé par Joseph Osmond Barnard à Port-Louis, le 21 septembre 1847. C'est le seul à être encore non utilisé et accessible pour les philatélistes, les collectionneurs de timbre. Une merveille, un rescapé parmi les cinq cent autres, tous perdus ou utilisés aujourd'hui. C'est un trésor, Lexa. »
Lexa prend le petit timbre entre ses doigts et y pose des yeux plein d'émotion.
« C'est le timbre le plus convoité au monde. Sa valeur est actuellement estimée à 1.500.000 euros… »
BIM
Nous nous retournons pour voir ce qui a pu causer ce bruit.
Sébastien a lâché le stradivarius par terre !
« 1 million et demi ? Tu te fous de ma gueule ! » Il court prendre le timbre dans ses mains.
Joseph fait un focus sur l'instrument par terre. Il fait tout pour se contenir, mais ça va pas tarder à péter…
« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! » fait-il au comble du désespoir, s'arrachant les cheveux par la même occasion.
Il se rue sur Sébastien et commence à l'étrangler.
« Les condamnés ne peuvent en tuer un autre. »
« Le stradivarius ! » hurle Joseph.
« La vie humaine est bien plus importante, condamné Joseph. Relâchez votre compagnon ou vous ne pourrez quitter cette pièce. »
« On la quittera jamais, cette pièce. » s'accable Lucy.
Elle ne pleure plus, c'est une bonne nouvelle. Mais attends…
« On va vraiment pouvoir quitter cette pièce ? » fais-je sans trop y croire.
« Ayant suivant votre repentance, pas à pas, aux travers des caméras cachées, vos juges ont pu constater de la volonté que vous avez démontré à réparer vos torts. Ils vous absoudent. »
« C'est vrai ? » fait Lucy, commençant à croire à l'impossible.
« Il y a une condition. »
« Laquelle ? »
« Il faut signer la chasse-partie. »
« Qu'est-ce que c'est que ces conneries, encore ? »
Décidément, ce Sébastien est né et restera stupide toute sa vie…
« La chasse-partie, dérivée de la charte-partie, c'est le code de conduite des pirates. » fait Joseph. « Leur règlement de bord, si tu préfères. Tu la signes, ou tu meurs. Les pirates étaient stricts là-dessus. »
« Bon, et elle est où cette chasse-partie ? »
« Premier tiroir du bureau. »
« J'ai déjà regardé, il n'y a que des feuilles blanches » remarque Joseph.
« Encre invisible. Passez la lampe au-dessus, lisez, signez. Sinon mourrez. »
« On signe, on signe ! » faisons-nous tous en même temps.
Nous nous ruons vers le bureau et lisons la chasse-partie. En gros, nous nous engageons à tâcher de nous faire pardonner à nos juges, qui ne nous ont pas encore entièrement pardonné, à leur prouver que nous sommes dignes de leur confiance, que nous les aimons, et plein d'autres choses encore, mais l'idée générale, c'est ça.
Nous la signons chacun notre tour.
Et c'est à cet instant que la porte, verrouillée jusque-là, fait un gros clic.
00 minutes, 22 secondes. De justesse ! Un peu plus, et tous nos secrets inavoués étaient connus de tous…
Je suis vivant !
Je suis vivant !
Je suis vivant !
Nous nous ruons tous ensemble vers la porte. Vers la liberté.
Nous arrivons dans un long couloir. Il doit faire plusieurs mètres de long quand nous en arrivons au bout. Nous l'ouvrons. Et là, …
Des agents de police ! Il y a une quarantaine d'agents de police ! Ils nous hurlent dessus, nous disent de nous coucher à terre, de mettre nos mains derrière la tête, de ne pas faire de geste brusque. Nous sommes traités comme les pires des criminels.
Je commence à avoir des larmes aux yeux. Cet enfer n'aura jamais de fin. Comment j'ai pu croire retrouver la liberté un jour ?
Je me retrouve quelques instants plus tard dans un fourgon, au milieu de mes compagnons d'infortune. Nous nous lamentons, nous apitoions. En fait, je me retrouve dans le même état que Lucy quand elle a cru qu'on voulait la pendre pour avoir empoisonné sa cousine.
Vingt minutes plus tard, je suis encore à me plaindre, quand le fourgon s'arrête, et que la porte arrière s'ouvre. Deux jeunes filles nous accueillent.
L'une des deux se retourne vers un agent de police qui les acompagne.
« Relâchez-les tous. »
L'agent de police s'exécute. Il enlève les menottes de Joseph, les miennes, celles de Sébastien, de Lucy et finalement de Lex-…
« Non, elle, elle reste dans le fourgon. »
« Echo ! » s'écrie Lexa, affolée.
La jeune brune sourit à Lexa.
« Salut Lexa, comment tu vas ? »
« Echo ! Clarke ! Qu'est-ce qui se passe ? »
Oh… Lexa connait ces deux jeunes femmes ?
« On espérait vraiment que tu regrettes, Lexa. Que tu comprennes le mal que tu as fait à Clarke, d'abord, et que tu regrettes ensuite. Mais apparemment, c'est pas le cas. C'est pour ça que je crois que tu vas souffrir encore un peu. »
« Euh, t'es sûre ? » demande inquiète la blonde, qui du coup, je suppose, doit être Clarke.
« Quoi ? Tu vas pas déjà la pardonner !.. » fait Echo, qui jubile du pouvoir qu'elle a sur Lexa.
« Non, mais… »
« Elle doit payer. » fait Echo, coupant court la conversation. Elle se tourne à nouveau vers Lexa.
« Lexa, tu es accusée de vol. D'un stradivarius, du timbre le plus cher du monde, et de quelques pièces jaunes, accessoirement. » Elle hausse les épaules. « En fait, peu importe de quoi tu es accusée. Toi et moi savons que tu n'as rien volé, mais tu vas payer pour ce que tu as fait. Ce sera ta punition. Au fait, Clarke m'a dit que tu t'entendais bien avec le procureur de la République. Je te préviens, j'ai eu une discussion avec lui, il t'aidera pas sur ce coup-là. »
« Echo ! Qu'est-ce que tu fais ? » fait Lexa, paniquée. « Clarke ! Au secours ! »
« Tuut Tuut, n'aggrave pas ton cas en incitant Clarke à se rendre complice de ta tentative d'évasion. Il est temps que justice soit rendue, lexa. Tu ne resteras que deux ou trois mois en prison, c'est pas bien grave. Allez, salut ! »
Echo referme les portes de la fourgonnette et ordonne au chauffeur de reprendre la route.
Echo se tourne ensuite vers son amie blonde.
« Voilà c'est fait, t'es vengée. »
Parce que c'est cette fille qui a organisé toute cette histoire ?!
« Mais… Elle méritait pas tout ça… En plus, elle sait toujours pas pourquoi je lui en voulais autant, elle s'est simplement pas rendu compte… C'est pas sa faute, Echo, on devrait pas lui faire ça. »
Echo regarde Clarke d'un air dépité.
« Clarke… Tu ne vas pas la plaindre, quand même ! »
« Non, mais… »
« Tu ne vas pas la plaindre, fin de la discussion. »
« Excusez-moi » fais-je aux deux filles, « mais qui êtes-vous pour traiter ainsi Lexa ? Vous savez qu'elle est innocente ! »
« Nous sommes ses amies. » fait Echo, me souriant.
« On ne traite pas ses amies comme ça. »
« Moi si. Et devinez comment je traite mes ennemis. »
Je n'ose même pas imaginé…
« Bon, allons fêter ça. » fait Echo à Clarke.
« Fêter quoi ? » demande celle-ci.
« Ba… Tu penses bien que tout ça, les locaux, les flics, le stradivarius et tout le reste du matériel, je l'ai pas eu en claquant de doigts… J'ai dû leur promettre un verre à tous à la fin ! »
« Deux mots par téléphone, un verre, et ils disent tous oui ?! »
« Ouaip. »
Ridicule !
Cette Echo est une effrontée. Clarke est jolie, mais il n'y a aucune fille sur cette Terre qui pourrait obtenir tout ça juste en étalant sa beauté. Alors cette Echo, qui est plus laide que belle…
« Tiens, regarde. » fait Echo à Clarke.
Echo s'approche de moi et me chuchote quelque chose à l'oreille.
Je retire tout ce que j'ai dis. Elle peut obtenir tout ce qu'elle veut…
« Je peux séduire n'importe quel homme sur Terre. A volonté. Et ça marche sur certaines femmes aussi. » dit Echo, nonchalamment, à son amie blonde.
Clarke fronce les sourcils.
« C'est comme ça que tu as eu Bellamy ? »
Echo regarde Clarke très sérieusement, sans rien dire. Elle se met finalement à sourire.
« Non. Lui, il a essayé de me tuer la première fois qu'on s'est rencontré. »
!
Cette Echo a vraiment un humour à elle.
Un humour pas drôle du tout !
Parce que c'est bien de l'humour, n'est-ce pas ?
Echo se retourne vers moi.
« Tu veux voir ta femme maintenant, Emerson ? »
« Si je pouvais éviter… »
« Je comprends. Journée épuisante, n'est-ce pas ? »
J'acquiesce.
« Allez, pour fêter ça, j'invite tout le monde en boîte. »
PS : au fait, je change de titre. Je vais apeler cette fic la reine et le chasseur, c'est mieu je pense.
