Maintenant que j'y pense, la dernière fois que je suis venu ici, à Notre Dame… ce jour-là c'était le jour où je rencontrais Lexa pour la première fois.

Je souris malgré moi.

Qu'est-ce que j'étais excitée ce jour-là ! Rencontrer la reine vampire… C'était vraiment une étape importante dans ma vie de chasseur !

Je souris de plus belle.

Je crois que je n'oublierai jamais cette rencontre. La pire gifle de ma vie. Lexa m'avait autant atteint dans mon corps que dans ma fierté, ce jour-là. Bon, c'était qu'une sciatique, elle m'avait pas vraiment cassé le dos… n'empêche, si j'avais pas mon portable sur moi, ce jour-là, ou que Bellamy avait déjà quitté les parages, je serai resté cloué au sol longtemps ! Lexa m'avait carrément abandonné par terre, après son « adieu ! ».

Bref… Notre Dame, c'est un endroit spécial pour moi, je dirai maintenant.

Je rentre dans l'église et vais m'asseoir sur un des bancs en attendant de pouvoir passer au confessoir.

Je vois pas beaucoup de gens de mon âge en train de faire la queue. Donc pas grand-monde avec qui taper la discut'… Je suppose que c'est pas courant, par ici, les jeunes de moins de 25 ans, tueurs professionnels, qui viennent se remettre en question. D'ailleurs, je n'arrive pas vraiment à y croire moi-même.

Qu'est-ce que je fous-là ?

Non pas que je regrette mon choix de réfléchir un peu sur mes motivations dans cette guerre contre les forces du mal, mais sérieux, je vais dire quoi, à l'intérieur ?

J'étais jamais venu me confesser, avant aujourd'hui ! Je sais même pas comment faut faire ! Et puis qu'est-ce que je vais bien pouvoir aller lui raconter, à ce voyeur d'âme ?

Hey, salut ! Devine quoi ! Tu savais pas, mais en fait faut que je te dise, y a plein de choses non humaines super mortelles qui pullulent sur Terre, et moi je les tue ! T'en penses quoi ? Dieu, il me pardonne ?

Nan mais et puis quoi encore !

Surtout que faudrait que j'aille le tuer, le prêtre, après, si je disais ça ! Personne n'est sensé être au courant que les monstres existent.

« Suivant ! »

Hmm ? Ah, c'est à moi ?

Un gars de cinquante ans sort du confessional. J'y entre à mon tour et m'assieds.

« Dieu t'écoute mon enfant. De quoi cherches-tu à te faire pardonner ? »

« Ba c'est pas vraiment ce que je cherche en fait. »

« Que cherches-tu donc, alors ? »

« Ba, un avis, des idées… Je sais pas ! Je suis jamais venu me confesser, moi… »

« Je vois. Peut-être pourrais-tu commencer par te présenter, me dire qui tu es ? »

« Pour quoi faire ? Je croyais que vous ne pouviez pas me voir ! »

« Non, en effet, mais Dieu lui te vois. Et commencer par parler de toi pourrait peut-être t'aider à poursuivre avec ce qui te préoccupe. »

« Ba… Ok, je suis une fille, je m'appelle Clarke. Mais je viens pas d'ici, je suis étrangère, mais je suis venu il y a un petit moment à Paris, voilà… »

« Et c'est depuis que tu es ici qu'il t'est arrivé quelque chose qui fait que tu as besoin d'un avis maintenant ? »

Je baisse les yeux.

« Oui, c'est ça. Avant, tout était plus simple. Je ne me posais jamais de question. »

« Et maintenant ? »

« Je m'en pose plein ! Ça n'arrête pas ! J'ai peur de ne plus savoir où j'en suis… »

« Essaie de m'expliquer un peu. Dieu veut peut-être te parler aujourd'hui. »

Ouai, c'est ça ! Dieu veut me parler !

La dernière fois que Dieu aurait parlé à quelqu'un, cette personne aurait fini brûlée vive. Et on l'a brûlé parce qu'elle gueulait partout que sa mission était de libérer la France des anglais ! Ba va dire, toi que ta mission à toi, c'est de débarrasser la planète d'une foule de monstres appartenant aux forces des ténèbres, quand tu sais ça !

Ah mais ça va être ta fête, t'inquiète pas !

« Rien n'a vraiment changé, en fait, mon père. C'est juste que maintenant, j'ai l'impression de me rendre compte d'une autre alternative. Comme si tout ce que j'avais fait jusqu'ici, était en quelque sorte inutile, que j'aurai pu arriver aux mêmes résultats, et sans avoir à commettre tout ça… Tout ce que j'ai fait… »

« Et qu'as-tu fait, mon enfant ? »

« Ba j'ai tué des gens ! »

J'ai vraiment dit ça ?!

Merde !

« Pardon ? » me demande le prêtre.

« Nan, hmm… ce que je veux dire… »

« Tu as tué quelqu'un, mon enfant ?! »

« Ouai, mais nan ! A chaque fois, c'était justifié ! »

Mais merdeeeeeee ! C'était même pas justifié, en plus !

« Et qu'est-ce qui justifie de prendre une vie que Dieu a donné, mon enfant ? »

« Ba, si c'était pas Dieu qui l'avait donné, cette vie-là ?! » lâché-je d'un coup, avant de réaliser que je suis définitivement en train de m'enfoncer.

Le prêtre reste muet.

Merde ! Merde ! Merde !

J'aurai jamais dû venir dans cet endroit, moi !

Et ce prêtre qui ne parle plus…

« Qu'entendez-vous par une vie ne venant pas de Dieu, mon enfant ? »

Oh, merde… Il vient de me vouvoyer… Il doit vraiment être bouleversé !

« Di-… Disons que… y a un pe-… »

Je sais absolument pas quoi dire…

« Excusez-moi, mon enfant, mais… êtes-vous vraiment humaine ? »

Hein ?! Ma morale est pas humaine, c'est ça ?! Ça craint à ce point-là ?!

Tout à coup, une chose très surprenante se déroule devant moi.

Le prêtre. Il ouvre le grillage qui nous empêchait de nous voir. Et il se met à me dévisager.

Je reste complètement ahurie, bouché bée.

« Euh… Mon père ? Qu'est-ce que vous faites ? »

Il m'inquiète ce type ! Y a pas que concernant mon âme qu'il joue au voyeur ! Et il se gêne pas, en plus.

C'est quoi ce regard insistant ?

Il fronce tellement les sourcils qu'on dirait qu'il a les rayons X de Superman et qu'il voit à quel point c'est désastreux à l'intérieur de ma tête.

Puis il secoue la tête, pris d'un gros doute.

« Ne se serait-on pas déjà vu quelque part ? » me demande-t-il.

« Ba… euh… Vo-… »

« Clarke ! » s'époumone-t-il.

« Hein ? »

Comment connait-il mon nom ?

Il me fait un large sourire.

« La petite Clarke Griffin ! Alors elle est venue me voir ! Ah ah ! Je me disais bien que cette voix et ce visage m'étaient familiers ! Ba dis donc, c'est vrai que tu viens te confesser pour la première fois, mais on se connait quand même un peu ! »

« Et d'où on se connait ? » fais-je, suspecte.

« Mais comment ça, d'où on se connait ? Tu es la petite Clarke Griffin, la chasseu-… euh… La chance ! La chance que j'ai de te rencontrer ! » s'écrie-t-il en détournant les yeux, peu sûr de lui.

Hein ? MAIS DE QUOI IL PARLE ?

« Tu ne me reconnais donc pas ? » fait-il surpris.

« Ba non… »

Il sourit.

« Lexa m'a beaucoup parlé de toi. Au point que j'ai l'impression de très bien te connaitre maintenant. » Il commence à rire. « Si tu savais comment elle me prenait la tête, ces derniers mois, quand elle venait se confesser. Elle passait son temps à te critiquer, te traiter de plein de noms pas très sympas… Et tu sais ce qui était le pire dans tout ça ? C'est qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait ! Pas une seule seconde ! Mais elle venait quand même me voir et se plaindre de toi ! «

Attends, je rêve là ! Lexa a parlé de moi à ce type ?!

« Qu'est-ce que tu lui as fait, Clarke ? J'aimerai savoir parce qu'avant, quand elle venait me voir pour avouer ses péchés, c'était pour des trucs que je peux comprendre. Elle se posait des questions légitimes, comme quand elle me demandait à quel point c'était hypocrite de sa part de conclure des traités avec des clans qu'elle n'appréciait pas du tout, mais qu'elle se forçait pourtant, parce qu'elle se souciait avant tout de maintenir la paix ou quand elle se permettait d'envoyer des espions chez ses ennemis ou quand elle ordonnait des assassinats, parfois… Elle venait me voir à chaque fois qu'elle commettait un truc de ce genre, et me demandait si elle aurait quand même encore un jour la chance d'aller au paradis, pour le peu qu'elle croit que celui-ci existe. Mais maintenant… quand elle vient me voir… » il lève ses mains jointes au ciel, ou plutôt au plafond de la boite dans laquelle nous sommes, « je désespère un jour de l'entendre venir se confesser sans entendre au moins une fois ton nom ! »

« Elle m'a beaucoup parlé de toi, mais l'inverse ne vaut pas, apparemment. »

Il sourit.

« Est-ce que je dois être jaloux ? »

Il me regarde, complètement fasciné. Comme si c'était un truc complètement incroyable de pouvoir me rencontrer.

« Alors, Clarke ? Je sais que ce n'était pas très intelligent, sa blague à Disneyland, mais elle a beaucoup regretté, tu sais ? Et puis, après, elle t'en a quand même sacrément voulu pour le tour que toi et la petite Echo lui avez fait au Live Escape Game. J'espère que tu as enfin réussi à lui pardonner. Mais c'était à propos de ça, tes questions ? »

Oh mon Dieu… Le prêtre de Notre Dame est au courant de tout… Il sait que les monstres existent ! Lexa lui a tout raconté ! Elle lui a raconté toute sa vie !

Quand je dis que cette fille est complètement inconsciente !

Et quand bien même le prêtre n'utiliserait pas ce qu'il sait à mauvais escient, il suffirait que la CIL kidnappe ce type, qu'on le torture un chouïa, et je suis sûre qu'on obtiendrait toutes les infos nécessaires sur les secrets de Lexa. C'est pas possible, elle est complètement malade de lui faire autant confiance !

« Pour tenter de répondre à tes questions, Clarke, je… euh… Tu permets que je t'appelle Clarke ? »

« Ouai… C'est peut-être quand même un peu tard pour poser la question… »

« Oui, c'est vrai, excuse-moi. Pour en revenir à ces questions qui te préoccupent, c'est vrai que Lexa et toi vivez dans un monde totalement différent de celui que connaissent les gens ordinaires, alors bien sûr je ne pourrai pas me permettre de dire un jour en quoi vos actions sont bonnes ou mauvaises, mais je pense, en revanche, qu'il est faux de penser que les monstres, puisque c'est comme ça que vous les appeler, ne viennent pas de Dieu. Dieu a créé le monde dans son ensemble, et bien que cela puisse nous échapper parfois, nous avons tous une place sur Terre. Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais son œuvre est parfaite. Les gens auront toujours du mal à voir leur prochain comme Dieu le voit, dans son immense amour. C'est pour ça qu'ils auront toujours un peu peur du non humain. Mais moi, quand je vois un monstre, je ne peux m'empêcher de penser que c'est Dieu qui l'a créé, qu'il aime sa créature. Et puis, c'est aussi ce que signifie la différence, Clarke. Qu'est-ce qu'un faune, en fait, si ce n'est un homme avec des jambes à lui, un ogre si ce n'est un monsieur en peu plus grand que la normale. Non, Clarke, nous sommes tous les créatures du Seigneur, et moi je n'aurai jamais peur de croiser un jour un monstre avec une corne sur la tête. Parce qu'au-delà des apparences, je trouve cela merveilleux. Pas toi ? »

« Bien sûr que non ! J'ai déjà essayé de voir les choses comme ça, je vous assure, mais c'est pas facile. Loups-garous, ogres, méduses… Je suis un monstre moi aussi, et je peux pas croire que c'est Dieu qui m'a créé. Regardez, nous les monstres, on est plus fort, plus rapide, plus puissant que les humains. Et notre instinct est bien plus proche de celui de l'animal parfois, que celui d'un humain. Comme si tout était fait pour qu'on ne puisse pas cohabiter. Si on prend un vampire, par exemple ! Il a besoin de quoi pour vivre ? De sang-humain ! C'est pas une preuve, ça ? C'est dans sa nature de vouloir manger l'homme ! Et si Dieu a créé l'homme, vous allez pas me dire qu'il a voulu le vampire aussi, c'est pas possible ! Donc, on est d'accord, les monstres, c'est le mal. Enfin, du point de vue des humains, je veux dire… Du coup, cette guerre est complètement justifiée ! »

« Hmm ? Je vois ce que tu veux dire, mais je ne suis toujours pas d'accord avec toi. Premièrement, Lexa semble avoir trouvé un remède au problème, non ? J'ai entendu parler d'un certain Docteur Madera. Et puis si on parle de Lexa en personne, la question ne se pose même pas, alors, tu vois bien ? Ce ne sont que des épreuves, mais rien d'insurmontab-… »

« Attendez ! Comment ça, pour Lexa, la question ne se pose pas ? Ça veut dire quoi ? »

« Ba, oui, tu sais bien… Lexa n'a pas besoin de sang humain pour vivre, elle n'en boit même jamais. » Il me fait des yeux comme si c'était la chose la plus évidente du monde.

« Ba euh… ouai, ouai je sais bien… Juste, vous ne pouvez pas détailler un peu ? » fais-je en détournant les yeux.

« Ba y a rien à dire, Lexa est un vampire de sang royal, c'est-à-dire un pur sang. 100 % vampire. Elle n'a pas besoin de se nourrir de sang humain. »

Je le regarde, complétement paumée.

« Tu ne savais même pas ça ? » fait-il tout surpris. « Il n'y a que les vampires de la plèbe qui se nourrissent de sang humain, Clarke, pas les autres ! »

« Mais comment vous savez tout ça ?! »

Il hausse les épaules.

« Parce que Lexa me l'a dit. Je ne sais que ce qu'elle m'a raconté. Il y a trois grands types de vampire. Les vampires de sang royal, ceux de noble lignée, et enfin ceux de la plèbe, les prolétaires. Lexa est de la première catégorie. C'est une descendante directe des vampires originels, les premiers vampires apparus en ce monde. Ils vivent depuis des temps ancestraux, alors on ne sait pas quand ils se sont mélangés aux humains, mais ils détiennent en tout cas le sang le plus pur parmi toutes les autres catégories. Il y a ensuite les vampires de sang noble. Eux, ce sont les sang-mêlés. Ils descendent aussi des vampires originels sauf qu'il y a eu un moment dans leur ascendance où un de leurs ancêtres s'est uni à un humain, au lieu d'un autre sang royal. Du coup, ils portent à la fois du sang royal en eux, mais il n'est pas pur car il est mêlé au sang des humains. Les sangs nobles demeurent très proches de celui des sangs royaux, au niveau de leur constitution macromoléculaire. Et puis, il y a les vampires de la plèbe, ceux qui ont le sang le plus proche des humains. Pour une raison toute simple : les ancêtres des vampires de la plèbe sont tous des humains. Sauf qu'un de ces ancêtres a un jour été mordu par un vampire de sang royal, et son ADN a été muté en vampire. »

« C'est comme ça qu'on distingue les vampires ? »

« Oui, d'après ce que m'a appris Lexa. Comme les vampires plébéiens sont des descendants d'humains, leur constitution biologique, transformé par la morsure d'un vrai vampire, rend leur ADN particulièrement instable comparé à celui des autres vampires. C'est pour ça qu'ils ont besoin de se ravitailler régulièrement en sang humain. Ça permet de renforcer leur ADN qui se fragilise. S'ils ne parviennent pas à se nourrir en sang humain, ils n'en meurent pas, mais ils tombent dans le sommeil de la mort, et peuvent parfois rester dans une sorte de coma plusieurs années, avant que leur sang se restructure. C'est comme si leur corps faisait une sorte de rejet quand ils sont mordus, alors ils doivent se nourrir en sang humain, qui serait l'antidote, et s'ils n'ont pas l'antidote, ils font une petite sieste à la place. »

Il me sourit avant de reprendre.

« Ceci dit, ce rejet n'est pas éternel. Pour le vampire qui a été mordu, oui, mais pour ses descendants, ça va mieux. Pour un vampire de la plèbe, plus son ancêtre humain transformé en vampire est lointain dans son arbre généalogique, plus son organisme devient résistant et a donc moins besoin de se nourrir en sang humain. Parce qu'au fur et à mesure des générations, ils finissent par s'adapter. Le processus d'accroissement de la résistance se déroule pendant la phase du développement embryonnaire, je crois. La constitution moléculaire ressemble de plus en plus à celui d'un vampire, et moins à celui d'un humain. Et ça se renforce à chaque nouvelle génération. Du coup, un vampire de la plèbe dont l'ancêtre humain remonte à plusieurs siècles peut vivre plusieurs mois sans avoir besoin de boire une goutte de sang, alors que celui qui a été directement mordu doit se nourrir en sang plusieurs fois par semaine. C'est impressionnant, n'est-ce pas ? »

« … »

« Mais comme tu t'en doutes, Lexa n'est pas un vampire de la plèbe. Elle, c'est un sang pur. Elle peut mordre un humain, aussi. Mais pas pour se nourrir. C'est spécial, en fait. Un truc propre au sang royal. Ils peuvent mordre les humains, mais ça ne les nourrit pas. En fait, c'est eux qui, par leur morsure, transforment les humains en vampire. Mais ils font ça très rarement. Seulement quand leur espèce est en voie de disparition. Les vampires peuvent se reproduire naturellement, bien sûr, comme les humains, mais en ce qui concerne les sangs purs, ils ont aussi la possibilité de mordre des humains pour accroitre leur population plus rapidement. Ils transforment ainsi donc l'ADN de l'humain, qui devient un vampire de la plèbe. Les vampires plébéiens doivent obéissance et sont donc soumis aux vampires royaux, ceux qui leur ont donné une seconde vie. Ils les considèrent comme leur maitre. A l'origine, il devait exister plusieurs familles de vampires royaux, mais avec la survenance d'évènements tragiques qui bouleversa l'Histoire du monde obscur, la plupart ont finies par s'éteindre. La famille de Lexa est une des dernières à demeurer, et c'est elle qui, à l'heure d'aujourd'hui, règne sur l'ensemble du monde vampire. Il y a eu des périodes de l'Histoire, comme ça, où les vampires étaient vraiment peu nombreux sur Terre, alors ils mordaient beaucoup d'humains. Mais aujourd'hui, des vampires, il y en a partout. Alors les sangs purs n'utilisent pas trop cette méthode de reproduction. Lexa m'a dit qu'elle n'a jamais mordu un humain de sa vie. Elle a déjà goûté du sang humain par curiosité, en revanche. Ça ne lui a rien fait, elle n'a même pas senti le goût. Pour elle, c'était comme si elle buvait de l'eau. Et tu vois sa drogue qu'elle produit en laboratoire ? Pareil. Aucun effet. Son corps ne réagit pas. »

Je peux pas m'empêcher de rougir. Je suis soulagée.

« C'est pas la seule particularité des sangs purs, tu sais ? Ils peuvent faire plein d'autres trucs incroyables. Déjà, les vampires normaux sont plus forts physiquement que les humains, mais les sangs purs, ils le sont encore bien plus ! Et ils peuvent faire d'autres trucs encore. Apparemment, ils peuvent faire revenir à la vie certains vampires, même si j'ai pas bien compris comment. C'était assez compliqué à comprendre, quand elle en parlait. Elle parlait de chevalier vampire, de baiser qui réveillait les morts… Plein d'histoires toutes plus démentielles les unes que les autres ! Elle me perdait dans ses explications, mais en tout cas, c'est vrai que j'ai appris plein de trucs incroyables, avec elle ! »

« Lexa est incroyable… »

« Elle l'est. Je confirme. »

« … »

« Et puis, il y a le sang noble. Ils sont un peu entre les deux. Mais leur sang est quand même très proche de celui des purs sang. Elle ne m'a pas vraiment parlé de leur particularité, à eux… »

« Elle vous en a quand même dit beaucoup, je trouve ! »

« Oui, je l'admets. Lexa est curieuse. Je dirai que c'est une fille qui cherche sa place dans ce monde. Et en tant que reine, elle sent peser sur elle une grande responsabilité. C'est pour ça qu'elle cherche énormément à connaitre le monde qui l'entoure, et voir comment les autres pensent et vivent. Elle veut comprendre les valeurs qui animent les gens qui l'entourent. Et même si elle ne croit pas en Dieu, elle accorde beaucoup d'importance à la foi des chrétiens. Elle est pleine de sagesse, malgré son jeune âge, et je trouve ça vraiment agréable de voir à quel point elle fournit des efforts, parfois jusqu'à verser sang et larme, pour réaliser son rêve d'un monde unifié. Tu as une chouette amie, Clarke. »

Je souris. Je suis tout à fait d'accord avec lui.

« C'est vrai, merci mon père. »

« Il n'y a pas de quoi, mon enfant. Tu dois vivre des choses que je ne pourrai sans doute même pas imaginer. Je te l'accorde, ça n'est pas facile. Je ne te dirai pas si tuer est ou non une mauvaise chose, parce que je crois que tu connais la réponse. Quoi qu'il en soit, je tiens à te dire que je prierai pour toi. Tous les jours. Et si tu as encore des doutes, des peurs, n'hésite pas. Dieu ne cherche qu'à prendre soin de chacun de ses enfants, et il sera toujours ravi de t'accueillir dans sa maison. »

Il me sourit d'un air complice.

Je lui souris aussi. Ce type est génial.

« J'ai d'autres personnes à qui donner confesse, maintenant, Clarke. Si tu veux bien partir ? »

« Bien sûr. Aurevoir, mon père. »

« Aurevoir Clarke. » termine-t-il avant de hurler « Suivant ! »

Je sors du confessional et tombe pile nez à nez avec…

« Lexa ? »

Mon amie écarquille les yeux, encore plus surprise que moi. Elle me fixe, fixe le confessional juste derrière moi. Elle ouvre la bouche, balbutie, en même temps de désigner la boite du prêtre de son doigt.

Oui, je comprends son étonnement. Moi, qui sors de confession.

Elle ne bouge même plus, telle une statue. Je lui hôte ses oreillettes et m'empare de son MP3.

« Tu peux y aller, Lexa. » fais-je en désignant le confessional de la tête.

Elle ne réagit toujours pas. Je pose alors un baiser bienveillant sur sa joue, le prêtre hurlant à nouveau « suivant ! ».

Lexa se ressaisit, et se précipite à l'intérieur, demander pardon pour des péchés qui, à mon avis, seront toujours moins pire que les miens.

Je retourne sur les bancs.

J'attends.

J'attends une fille incroyable. Belle. Divine. Merveilleuse, gentille et sage. Une fille comme ça.

L'église, c'est pas si mal, finalement.