Ceci est un chapitre HS. Il est par conséquent NON CANON à la fiction principale. Tout évènement, discussion, pensée d'un personage est opérée en dehors de toute continuité à la fiction principale et ne peuvent, dès lors, influencer celle-ci. C'est un chapitre que j'avais commencé à écrire après la victoire des bleus en Russie l'année dernière (vous comprendrez pourquoi je dis ça en lisant les premières lignes) et que j'ai terminé seulement hier soir. Il a été écrit pour le plaisir, dans des moments d'inoccupation, et ne garde aucune prétention. Rien de ce qui se trouve dedans n'est à prendre au sérieux. Bonne lecture!

Canon: non.

MaJ anti-spoil: avoir lu au moins jusqu'au chapitre 62 de la fiction principale.

PDV: Clarke.


Dring Driiing Dring

« … »

Le matin? Sérieux, enfin?!

Driiing

Ok! La ferme, le réveil, j'ai entendu !

J'appuie, ou plutôt je fracasse le bouton de mon réveil jusqu'à ce qu'il se taise enfin.

Hmmf…

Etirement des bras.

Ah…

Je sens que ce sera une belle journée !

Hé hé, comment cela pourrait-il en être autrement ? Toutes les journées sont forcément belles quand on les partage avec une superbe femme vampire comme…

Une beauté apparait dans ma tête.

Olala, ok… c'est le matin, Clarke, du calme ! Ne pense pas à quelque chose d'aussi génial et sexy dès le réveil, tu vas te faire du mal. Allez, il est temps de sortir du lit !

C'est fait, chef.

Faire sa toilette.

Et hip. Et hop.

Fait aussi.

Penser à Lex-…

Ah non ! Clarke !

« … »

Cette foutue bonne conscience, j'te jure…

Lire les journaux du matin, maintenant.

Mais rien à foutre des journaux du matin !

Lis les !

Tchiip…

Voilà, c'est fait ! La France a gagné la coupe du monde de football. Génial, ça va révolutionner ma vie, ça !

« … »

Toc Toc Toc

Hein ? Qui est-ce qui vient frapper àa la porte à cette heure-ci ?

Je me dirige vers la porte de ma chambre d'hôtel pour aller voir qui me dérange dans mes disputes stupides avec ma conscience.

« … »

Euh… Echo ?

« Salut, Clarke ! » me fait mon amie super excitée.

« Echo, Qu'est-ce que tu fais ici ? Quelque chose ne va pas ? »

« Tu rigoles ? Tout va très bien, justement ! Tu vas revoir ta chérie, aujourd'hui. Tu dois être super contente ? Oh, en plus, je vois que tu as déjà prête à sortir. Hmm, tu as dû te lever tôt, dans ce cas. »

Ah, cette bonne vielle Echo. Mon amie immortelle. Ca fait quelque chose de la voir de si bonne humeur, et enjouée avec moi.

Il y a eu une époque où on ne s'entendait pas, elle et moi. Je venais d'apprendre qu'elle sortait avec mon meilleur ami, Bellamy, pour qui j'avais beaucoup d'affection. Je suppose que j'étais jalouse d'elle, et devais la prendre comme une rivale.

Il s'est passé tellement de choses, depuis…

Bellamy ne vit plus au F1 avec moi. Certes, moi j'y vis toujours dans la même chambre d'ailleurs. Lui, il a déménagé, et vis maintenant avec Echo, à l'autre bout de la ville.

Quant à Echo, elle est aujourd'hui devenue ma meilleure amie, même si Nicole aura toujours la première place dans mon cœur, ça s'est sûr.

« A peine » nié-je, « je suis toujours en pleine forme le matin, tu le sais bien. »

Echo s'esclaffe.

« Mais oui, c'est ça, madame grasse mat'. Allez, je dois y aller. C'est notre anniversaire, à Bell et moi, comme tu le sais. Je te souhaite de bonnes retrouvailles, aujourd'hui au parc. Salut, Clarke ! » fait-elle en quittant déjà le couloir de mon étage.

Cette fille est folle dingue de Bellamy, c'est abusé.

Heureusement que je ne suis jamais comme ça avec Lexa, parce que…

Ha ha !

Quelque chose à dire, salope de conscience ?

Non, non…

« Salut, Echo ! N'hésite pas à t'amuser. Et tu me raconteras comment ça s'est passé, ok ? »

« Bien sûr ! Et toi aussi, surtout ! Allez, bisous ! » l'entends-je me hurler depuis le rez-de-chaussée.

Une tarée, qu'est-ce que je disais.

Bon, allez, c'est pas tout ça, mais il faut y aller. Ce serait bête d'arriver en retard, quand même.

« … »

Une idée me prend tout à coup.

Je me dirige vers un tiroir de mon bureau et en sors une trousse qui n'avait plus vu la lumière du jour depuis longtemps.

Réfléchis, Clarke. Tu n'avais plut fait ça depuis ce jour-là…

Depuis Disneyland, oui je sais. Un jour que je n'oublierai jamais. Le jour où j'ai cru perdre la femme de ma vie, et où je me suis aperçue qu'elle était assez idiote pour m'infliger une angoisse sans pareil rien que pour s'amuser, et même planifier sa propre mort…

Je secoue la tête de gauche à droite.

Je refuse de penser à ça !

Une déesse sans pareil s'apprête à remettre le pied en France aujourd'hui, et bon dieu, je serai assez belle pour être digne d'être à ses côtés.

Gloss, pinceau, crayon, mascara, blush, fond de teint, parfum, pal-…

Mais qui a inventé cette torture qu'est le maquillage, bordel ?!

La liste de matériel à utiliser est plus longue que tout les mots qu'on trouve dans le dictionnaire !

Raah !

Mascara, glosse, parfum, et ça suffit ! C'est tout !

Dire qu'il y a des gens dont c'est le métier d'en maquiller d'autres. Mais quels malades !

Je finis de me couvrir de ces trucs ridicules, et je quitte ma chambre. Enfin…

Je vais pouvoir la revoir.

Je prends un taxi et finis par arriver au parc du Luxembourg, lieu de notre rendez-vous.

Je trouve les trois autres le premier.

Aucune trace de Lexa.

« Hey, madame Sepeur ! » m'exclamé-je.

« Oh, Clarke. Te voilà. » m'accueille la gentille maman.

« Clarke ! » crie Nathan en même temps qu'il court me sauter dans les bras.

« Ouch ! » fais-je, surprise.

A peine bientôt quatre ans, mais il fait déjà son poids, le bougre, à me sauter dessus comme ça.

« Ha ha, Clarke ! Comment vas-tu ? » demande le papa.

« Super bien, et vous trois alors ? »

« Super. Nous sommes vraiment ravis de pouvoir passer cette dernière journée avec vous, Lexa et toi, avant de partir. Merci de nous avoir consacré ce temps. »

« Vous plaisantez ? Lexa l'aurait vraiment regretté si elle n'avait pas pu vous voir une dernière fois. Et moi aussi, un peu. » fais-je en rougissant.

Papa Sepeur sourit.

C'est vrai que je me suis attaché à eux. Mes compagnons préférés au parc du Luxembourg. Ils me manqueront…

J'essaie de changer de sujet.

« Vous avez pu trouver un coin, alors, pour le pique-nique ? »

La maman hoche la tête.

« Un peu plus haut. Viens, Clarke. Je vais te montrer. »

J'acquiesce et prie Nathan de me libérer pour que je puisse suivre sa mère. Mais il ne me lâche pas et préfère me tenir la main.

Je souris.

Dire que je l'ai tenu dans mes bras lorsqu'il n'était encore qu'un nourrisson. Il a bien grandi…

« Tu seras sage en partant aux Etats-Unis, Nathan, d'accord ? Tu me le promets ? »

« Oui. Je serai sage avec les z'anglais. Promis. » me répond-il plein sourire.

« Bien. Je suis fière de toi. »

Et je sers sa petite poigne dans ma main.

« Voilà, Clarke. On a étendu le tissu sur l'herbe on pourra s'asseoir dessus. On a un panier de salade, avec les sauces, et un autre où il y a les desserts. »

Je me réjouis. Pour une fan de nourriture comme moi, partager les plats est ce qu'il y a de mieux !

« J'ai amené de la viande et aussi les jus. »

« Coca ! » prononce Nathan en saisissant déjà la bouteille.

« Hé, mais non ! Nathan ! Voleur ! »

« Coca ! Coca ! Coca ! »

« Rends-moi ça, Nathan ! C'est pour moi le coca ! J'ai prévu de l'eau, pour toi ! »

Maman Sepeur s'esclaffe.

« Vous êtes incroyables, tous les deux. Allez Nathan, dépose la bouteille. Il n'est pas l'heure de manger et de toute façon il manque encore quelqu'un. »

« Lexa ! » lâche le petit garçon.

« Oui, elle n'est pas encore arrivée. Alors hors de question de toucher au repas sans elle. »

« Lexa ! Lexa ! » continue Nathan.

« Je ne suis pas sourde, fils, merci ! »

« Non, chérie. » intervient le mari, « Lexa est vraiment là… ».

Mon cœur rate un battement.

Ils parlent de MA Lexa ?

Madame Sepeur se retourne avant moi et lâche un « Oh… » lorsque ses yeux trouvent une certaine personne.

Je me retourne aussi sec.

Mes yeux se décomposent lorsque je LA vois.

Lexa…

J'en pleurerais tellement tu es belle !

« La chou… Elle est si élégante. » remarque la maman de Nathan.

Elégante ? Non, les gens élégants sont ringards, moches, hideux à côté d'elle.

Lexa, tu es divine !

Je me lève aussitôt du tissu et me précipite en direction de ma reine. J'avais initialement l'intention de lui sauter dans les bras mais quand j'arrive à sa hauteur, une envie me prend d'observer en détail le magnifique visage qui se tient devant moi.

Elle a grandi...

Ses cheveux sont soyeux, fins et coiffés en boucle. Elle a teint certaines de ses mèches d'une couleur orangée et ça la rend tellement charmante ! Sa peau est la même qu'avant, bien qu'un peu plus mate mais cela s'explique facilement vu qu'elle aura dû bronzer. Son regard est bien plus captivant qu'avant et je m'y plongerais si je n'étais pas également captivée par les formes de son corps. Sa silhouette a gagné en maturité. Elle est plus fine, plus forte, plus saillante.

Je l'admire. Et je l'aime.

« Je t'aime… »

L'amour de ma vie me sourit.

« Embrasse-moi. »

Mes lèvres attrapent aussitôt celles de mon aimée.

Pourquoi attendre ? La vie est si courte !

Je veux l'embrasser jusqu'à nous assécher toutes deux de toute notre salive !

« Beuh ! Bisous. » fait un Nathan choqué.

« T'as pas vu ce que font tes parents toutes les nuits. » lui lâché-je entre deux captures de bave.

« Clarke. » rouspète ma vampire adorée.

« Quoi ? Je lui apprends la vie ! »

« Il a quatre ans ! »

« Ba justement ! Il est temps qu'il apprenne. »

Maman et papa Sepeur nous rejoignent un air heureux sur le visage.

« Ravie de te voir Lexa, et bienvenue en France. Ca a été, là-bas ? » demande la maman.

« Je t'en prie, Lexa. Ne sois pas pressée de gronder Clarke, vous avez toute la journée devant vous. » remarque le paternel.

« Bonjour tout le monde » répond une Lexa comblée, « c'est merveilleux de vous voir tous ici. Comment allez-vous ? »

« On va très bien maintenant que tu nous as rejoint. On tenait vraiment à te voir une dernière fois avant de partir. »

Lexa lui sourit et tend ses bras ouverts vers lui. Le père comprend et vient la prendre dans ses bras.

« Félicitations, monsieur Sepeur. Vous le méritez vraiment. Je sais à quel point vous avez travaillé dur pour en arriver là. »

« Je te remercie, Lexa. Tu as toujours prêté attention à notre famille. C'est inestimable à mes yeux. »

Puis, Lexa baisse les yeux en direction de Nathan.

« Nathan, mon bonhomme, c'est toi ? Tu as bien grandi dis donc. »

Le Nathan regarde Lexa, hésitant. Celle-ci s'efforce de sourire.

Mon cœur se serre. Je la connais suffisament pour savoir qu'elle souffre que le garçon ne vienne pas naturellement se plonger dans ses bras.

« Je suis désolée, Lexa. » s'excuse la maman, « il te connait très bien et te reconnais chaque fois qu'on lui montre une photo de toi mais… il ne se souvient pas du tout de ce que tu as fait pour lui quand il était petit. Il a son image de toi dans sa tête, mais à ses yeux, tu es une étrangère, dorénavant. »

« Oui, bien sûr… » soupire Lexa.

Je grimace avec elle.

Deux ans passés en Afrique du Sud pour étudier la politique là-bas, ça a suffit à se faire oublier par ce jeune garçon. Et Lexa n'aura même pas le temps de reconstruire une nouvelle relation avec lui puisqu'ils vont bientôt partir en Amérique.

Je prends la main de ma précieuse monstre au creux de la mienne.

« Et si nous allions nous asseoir à côté de notre aire de pique-nique, plutôt ? »

Lexa me regarde, reconnaissante de ma tentative de passer à autre chose et, après un rapide baiser, nous suit jusqu'au coin réservé par notre famille amie.

Nous nous asseyons tous les parents Sepeur chacun d'un côté de leur enfant et les paniers de nourriture juste à la gauche de la maman. Quant à moi, Lexa m'invite à me positionner entre ses jambes. Elle replie ces dernières et je me faufile entre, assise à l'indienne. Mon cou repose contre sa poitrine.

Je profite de cet instant béni. Mon cœur palpite.

J'ai enfin retrouvé mon amour après deux ans de souffrance passés loin d'elle.

Ma vie n'est vraiment pas la même sans toi, Lexa. Je te veux pour toujours et pour l'éternité.

Pendant que le père de Nathan prie pour bénir le repas, Lexa me chuchote quelques mots à l'oreille.

« Tu as remarqué ? Je suis encore assise derrière toi, comme à l'époque. »

Hein ? Comment ça ?

« De quoi tu parles, Lex ? »

« Tu ne te souviens pas ? C'était toujours le cas avant ! Ce jour où tu as rencontré Nicole pour la première fois et que nous sommes allés au parc pour rencontrer la famille Sepeur ensuite. Nous étions toutes les deux assises sur un vélo, tu ne te souviens pas ? Tu avais été toute mouillée à cause d'une voiture qui avait marché dans une flaque d'eau. »

Je me rembrunis lorsque j'entends le nom de Nicole, notre amie commune décédée. Nicole me manque, elle aussi. Ma meilleure amie pour la vie, morte bêtement au cours d'une guerre stupide avec la CIL. Que ne donnerais-je pas pour qu'elle revienne parmi nous !

Lexa devine ma tristesse naissante puisqu'elle essaie de m'amener à penser à autre chose.

« Et il y avait quand on avait l'habitude d'aller aux parcs aquatiques toi et moi. On descendait le tobbogan ensemble et moi je me mettais derrière. Et après on allait affronter des garçons dans d'éternels défis. Qu'est-ce qu'on leur mettait la pâtée ! »

Je m'esclaffe.

« Nous ? On leur mettait la pâtée ? Tu rigoles ! Tu passais ton temps à leur cacher ta force monstrueuse et ils nous démolissaient à chaque fois. »

« Ah Bon ? Je ne me souviens pas de ça. » dit-elle faussement.

« Menteuse. » soufflé-je, amusée.

« Amen. » disent les Sepeur pour terminer la prière.

« Amen. » répétons-nous en chœur.

« Je t'aime. » dis-je à l'attention de ma vampire d'amour.

« Moi, je t'adore. » me répond-elle.

« Mouai… Moi je n'adore que la nourriture. » terminé-je en tentant de me relever pour aller me servir à manger.

Mais ma monstre m'attrappe par le bras et m'oblige à me rasseoir entre ses genoux.

« Moi je vous adore toutes les deux. » murmure-t-elle.

« Mais à choisir, tu préfères qui ? »

« Entre la nourriture et toi ? »

« Oui. »

« La nourriture, évidemment. »

« Je ne te parle plus. » dis-je en rigolant, et tentant à nouveau d'aller me servir.

« Non, non, non ! Tu es ma prisonnière, Clarke. Tu m'as beaucoup trop manquée pendant ces deux années pour que je te laisse être loin de moi alors que nous sommes actuellement dans le même pays. »

« Mais j'ai faim, Lexa… » protesté-je.

« Maman Sepeur va nous servir à manger, ne t'inquiète pas. N'est-ce pas, maman Sepeur ? » interroge ma douce à l'attention de la dénommée.

« Bien évidemment, Lexa. Salade de tomates ou de patates, d'ailleurs ? »

« Les deux. Et en viande, il y a quoi ? »

« Ah ça, il faut demander à Clarke, c'est elle qui a ramené. »

« Oh ? Vous ne mangez plus de viande, madame Sepeur ? »

« Et non, en effet. »

« Je savais que votre mari était végétarien, mais vous… »

« J'ai choisi de changer mon alimentation et faire comme lui il y a six mois de ça. Il est temps que nous agissions pour notre planète, n'est-ce pas ? »

« Oh… C'est très honorable de votre part. Mais moi je sais que ça ne pourra jamais arriver. Clarke aime beaucoup trop manger pour se priver de viande un jour. Et elle me tuerait si je faisais mine d'arrêter d'en manger aussi, parce qu'elle se sentirait coupable envers moi. »

Oh, Lexa… Tu me connais si bien…

« C'et du rôti de porc et des tranches de volaille. » lui chuchoté-je à l'oreille.

Elle me regarde, toute souriante, et me demande tout aussi discrètement :

« C'est toi qui a cuisiné ? »

Je lui réponds par l'affirmative à l'aide d'un mouvement de tête.

« Alors… Je vais prendre le rôti, merci. » déclare-t-elle à la maman.

« Bon, et sinon, quand est-ce que tu nous parles de ces deux longues années passées dans le Sud de l'Afrique, Lexa ? » interroge l'époux.

Les trois adultes, c'est-à-dire Papa Sepeur, maman Sepeur et moi, nous retournons aussitôt. Avec le départ des Sepeur pour les Etats-Unis, c'est la principale raison pour laquelle nous sommes là après tout. Lexa a passé deux ans en Afrique du Sud, il serait bon de savoir comment ça s'est passé.

« C'était très bien. Très instructif. Vous saviez que la chambre des représentants, en Afrique du Sud, n'était pas un hémicycle comme en France ? Ce sont de simple sièges, sur lesquels s'assoient leurs membres, et disposés les uns en face des autres. »

« Euh… »

« … »

Quand Lexa avait fini sa phrase, encore toute passionnée de ce qu'elle venait de dire, les deux parents avaient tout de suite relevés la tête, surpris.

Papa Sepeur avait une main posée sur la tête de son fils, tandis que l'autre restait stupidement figée dans le vide. Il faisait de gros yeux en direction de Lexa, ne comprenant pas si elle tentait de faire une blague.

Maman Speur elle, avait également sa main tenant la cuillère à soupe dans le vide, au-dessus du plat de tomates. Elle regardait Lexa avec le même regard étonné.

Mais le même sourire ravissant parait toujours sur le visage de Lexa. Elle est réellement convaincue que ce qu'elle disait était intéressant.

Je ne peux m'empêcher de rire à la situation.

Lexa est une reine passionnée et qui a le souci de son peuple plus que tout.

Officiellement, elle est partie en Afrique du Sud pour faire un stage en politique. Mais en vérité, je sais bien qu'elle en a fait qu'à sa tête et s'est plongée, dès son arrivée là-bas, dans l'étude de l'histoire et du fonctionnement politique du pays pour mieux les comprendre.

Après tout, Lexa est secrètement une reine vampire, qui règne sur tout un empire de monstres. Et régner sur autant de monde n'est pas une tâche facile à faire. L'Afrique du Sud est un pays à l'histoire politiquement très troublée. Aussi n'était-ce pas étonnant de sa part d'avoir choisi de se rendre dans ce pays pour l'étudier.

Telle que je la connais, elle a fait la remarque par rapport à l'absence d'hémicycle dans l'assemblée nationale du pays africain parce qu'elle réfléchit encore à comment administrer ses propres conférences politiques.

A l'heure actuelle, à chaque fois que les grands noms du cartel vampire se réunissent, ils s'assoient autour d'une immense table ronde, à l'image des chevaliers et du roi Arthur, afin de donner une vision tout à fait égalitaire des membres de l'assemblée lors de leurs échanges. Mais visiblement, Lexa cherche toujours à améliorer le système…

La reine la plus obnubilée par le bien-être de son peuple que je connaisse.

Je sens mon corps trembler. Il y a de quoi !

Dire qu'une telle reine est amoureuse de moi…

« J'ai fini mon assiette. Je peux piquer dans la tienne, Clarke ? »

« Tu te fous de moi ? Dégage ! »

Nathan lève aussitôt les yeux lorsqu'il m'entend insulter ma chérie.

« Clarke ! » hurle la maman en bouchant les oreilles de son fils.

Le père me fait les gros yeux, scandalisé par mes grossièretés.

Lexa soupire, partagée entre le plaisir de me voir être grondée et la fatigue persistante de subir mes grossièretés.

« Désolée, Lexa. Je le pensais pas… » fais-je, pleine de regret.

« Tu as raison de t'excuser. » remarqua la mère, libérant les oreilles du petit Nathan.

« Ne le sois pas. Je sais dans quoi je m'embarquais avec toi… » murmure ma reine à mon oreille avant de la mordiller.

Je ferme les yeux, frustrée.

Cette chaleur en bas de mon ventre…

Putain, ce qu'elle sait me chauffer !

Je jette un œil sur Nathan.

Les pensées que j'ai en tête à ce moment sont clairement interdites aux moins de 18 ans !

Je sers les dents.

Je vais mourir de frustration si on ne me change pas les idées très rapidement.

« Et si on jouait aux cartes ? » tenté-je désespérément.

« Des cartes ? Tu as amené des cartes, chéri ? » demande la maman de Nathan à son mari.

« Ah, non, je n'y ai pas pensé… » répond celui-ci.

Il a…

Il a quoi ?!

Mais qui n'amène pas de paquets de carte à un pique-nique, bordel ? C'est la base, ça !

Ba toi, déjà…

Ta gueule, connasse de conscience !

« J'ai amené des cartes, si vous voulez. » lâche quelqu'un avant de laisser tomber un paquet de sa poche.

« Oh, merci Lexa. » prononce la maman.

Lexa, évidemment.

C'est elle qui vient de sortir de l'aéroport mais elle a mieux prévu ce pique-nique que nous.

Cette fille est parfaite…

« A quoi joue-t-ton, alors ? » demande le papa.

« Kem's ! »

« Belote ! »

« Tour de France ! »

« Trou du cul ! »

« … »

Je vous laisse deviner qui a choisi le trou du cul…

« … »

Je vous emmerde ! C'était même pas moi…

C'était Nathan…

PAF

Ah ! Ah ! Ah ! La gifle de sa mère !

Lexa adopte un air consterné tandis que je m'écroule, morte de rire.

Je tambourine la nappe tellement je trouve la situation comique.

Ma mère n'aurait jamais osé me gifler, moi…

C'est peut-être pour ça que t'as si mal tourné, Clarke.

Je vais la tuer cette conscience, un matin.

« On ne dit pas trou de quelque chose, on dit président. » corrige la mère en jetant un regard meurtrier à son fils.

Le petit Nathan s'efforce de retenir ses larmes.

Je suis si fière de lui…

Quand j'étais jeune, je passais mon temps à défier les adultes. Mais je n'allais jamais pleurer quand c'était moi qui perdais la bataille.

Et Dieu sait que j'en ai perdu des batailles, étant petite !

« Je ne connais pas la belote. »

« Le tour de France est tout à fait inintéressant comme jeu. »

« Le président qu'a proposé mon fils est un bon jeu… »

« Peut-être, mais nous serons quatre à jouer. Et le kem's se joue à quatre. Et en équipe ! »

Je jette un coup d'œil à Lexa qui vient de parler. Elle me propose de former une équipe avec elle et d'affronter les deux parents.

J'adore l'idée !

« Très bien. C'est parti pour un kem's alors ! »

Lexa et moi sourions, ravies.

On va les plumer !

« … »

Vingt minutes plus tard, personne n'a plumé personne. Lassés, nous avons tous accepté de finir sur un égalité.

Franchement, on pouvait gagner !

Lexa n'avait qu'à utiliser sa super ouïe -comme quand elle fait pour repérer les siens- pour percevoir les battements de cœur de nos adversaires et savoir quand ils seraient proches d'avoir un kem's.

Mais évidemment, il a encore fallu qu'elle refuse de tricher…

Qu'importe !

Je jette un coup d'œil autour de moi.

Les deux parents Sepeur sont assoupis.

Leur fils, Nathan, est en train de courir après un papillon.

J'ai pitié pour lui… Vu sa taille, même en sautant, il l'attrapera pas !

Je tourne encore la tête.

La femme de ma vie… Elle est couchée sur le dos, sa tête reposant sur un tas de serviettes jetables non utilisées.

Je m'approche d'elle.

Son petit ventre monte et redescend au rythme de sa respiration. C'est si tendre…

J'observe son visage.

Elle a l'air paisible, sereine.

Je sens son souffle s'échapper de ses orifices nasaux.

Quel Dieu a pu créer une femme si belle ?!

Seigneur…

C'est si douloureux de la voir ainsi !

J'ai l'impression que mon cœur va se tordre.

Je l'aime tellement. Tellement…

Je sais qu'elle m'appartient, je le sais. Mais même ainsi… j'en veux plus encore. Plus avec elle !

Je veux lui appartenir ! Je veux ne faire plus qu'un avec elle. Je veux que nos âmes soient liées !

Une larme s'échappe.

Comment ai-je pu la laisser partir pendant deux ans ?

Comment ai-je pu même survivre pendant deux ans loin d'elle ?!

« Tu pleures ? »

« … »

J'essuie les larmes de mon visage.

« Lexa ? »

Lexa a ses deux yeux ouverts. Elle semble surprise de me voir pleurer.

« Clarke, qu'est-ce qui ne va pas ? » me demande-t-elle, inquiète.

Je la regarde, probablement en piteux état. Je ne cherche pas à cacher mes larmes, ni même à paraitre belle devant elle.

Je sais qu'elle m'aime, et qu'elle s'en fiche de mon apparence.

Et ça me tue d'autant plus ! Comment une existence si parfaite peut être amoureuse de quelqu'un comme moi ?

« Lexa… je donnerai ma vie pour toi… » lâché-je en sanglotant.

Elle me regarde, surprise de mes mots.

Puis, comme rassurée que j'aille bien, elle me sourit et approche son visage du mien.

Son front se colle au mien. Puis il descend sur ma joue.

Dans le creux de ma nuque…

Elle m'embrasse…

La nuque… le cou… le menton… les lèvres…

Elle a ma lèvre entre ses dents. Dans sa bouche. Contre sa langue.

Je palpite de plus en plus.

C'est horrible, je…

Ma lèvre est aspirée. Je vais…

« Non ! »

Je la repousse violemment.

Ma reine se repositionne, rapidement remise du fait que j'ai pu repoussé ses avances.

Elle prend ma main.

« Parle-moi, mon amour. Qu'est-ce qui ne va pas ? » me demande-t-elle.

« Ne me touche pas, Lexa. Ce n'est pas le moment. Je veux… Je veux… »

Elle attend ma réponse.

Rien ne vient pour autant.

« Que veux-tu, Clarke ? »

« T'appartenir… simplement… »

Je suis au bord du suicide mental.

Je n'ai jamais dit ça de toute ma vie ! A personne !

Ma femme me regarde, les yeux vides de toute émotion.

Mais je la connais si bien.

Je sais qu'en ce moment, son cœur bat à tout rompre. Et il bat pour moi !

Comment être plus heureuse ? Comment être plus heureuse de vivre ? D'aimer ?

Et d'être aimée ?!

La monstre, devant moi, se lève. Elle tend une main dans ma direction.

Je la saisis.

« Marchons. » me dit la vampire.

Et nous quittons notre coin pique-nique, main dans la main, rien que tous les deux, sans même nous rendre compte du fait que nous avons laissé un petit garçon sans surveillance, en plein milieu d'un parc rempli de monde…

« Dis-moi, comment ont été ces deux ans pour toi, Clarke ? » me demande Lexa en appuyant plus profondément son pouce contre le dos de ma main, pour le caresser.

C'était affreux.

« Bien. » dis-je en haussant la tête, « ta coalition a bien prospéré. Maintenant, tu es même reine de… »

« Moi, c'était affreux. » me coupe-t-elle rapidement, comme pour se libérer d'un poids, « tu sais, quand j'étais là-bas, je me suis demandé pourquoi je ne t'avais pas faite venir avec moi. Dire que je pensais que ce serait mieux pour toi si tu restais ici ! Qu'est-ce que j'ai pu être stupide ! Chaque matin je me levais, et je réalisais que tu étais loin de moi. C'était… C'est… C'est quelque chose que je ne veux plus vivre, Clarke… »

« Moi aussi c'était affreux ! » lâché-je subitement, comme pour me confesser, « Lexa, j'avais l'impression que j'allais mourir à force de ne plus pouvoir te voir pendant aussi longtemps ! Pourquoi est-ce que tu m'as fait ça ? Pourquoi est-ce que tu m'as demandé de rester ? »

Lexa baisse la tête, visiblement pleine de regret.

« Je ne voulais que ton bien, Clarke. Et je pensais que ton bien, tu l'aurais en restant ici, en passant du temps au milieu des humains et des monstres à la fois. Que tu deviendrais une meilleure personne comme ça… Je pensais que si tu venais avec moi, tu n'aurais pas aussi bien évolué qu'en restant ici… »

Mais je n'ai pas évolué d'un pouce, Lexa ! Tu es la seule à pouvoir me faire évoluer !

« Mais c'est toi mon bien, Lexa. Il n'y a que toi ! »

Elle me regarde, émue.

Puis, elle me dévisage, le visage plein de reproche.

« Clarke, tu n'es qu'une idiote ! Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas désobéi, pour une fois ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas cherché à me rejoindre en Afrique du Sud, même sans mon consentement ? »

« Quoi ? Mais ? Que… C'est toi qui m'as donné l'ordre de rester ! Et tous les jours où tu m'appelais, tu ne m'as jamais demandé de venir te rejoindre. Comment je pouvais savoir que c'était ce que tu voulais vraim-… »

« Mais depuis quand tu t'occupes de savoir ce que je veux vraiment ? Tu n'avais qu'à ignorer mes ordres et faire ce qui te plaisait, ce n'était pas compliqué ! »

« Quoi ? Parce que c'est ma faute ? Tu… mais ? Comment oses-tu dire ç… »

Elle…

Je…

Elle… pleure ?

« Lexa ? Pourquoi tu… »

« Tu m'as manqué, Clarke ! Terriblement ! S'il-te-plait désobéis-moi la prochaine fois ! Je suis trop stupide, trop stupide de t'avoir demandé de rester ici ! »

Seigneur…

Cette fille…

« D'accord mais à une condition. »

« Tout ce que tu veux. »

« Embrasse-moi. »

Elle essuie une larme qui coule de ses yeux humides, et se retient de rire. Elle est heureuse.

Elle se jette sur mon visage pour l'embrasser. Trop vite !

Nos fronts se cognent.

« Aïe. »

« Bordel… Lexa ! »

« Désolée… »

« Chut ! Recommence ! »

Elle lâche cette fois-ci ma main qu'elle tenait jusqu'ici, et soulève les siennes pour saisir mes joues et immobiliser mon visage entier. Puis, c'est…

D-i-v-i-n !

BON DIEU ! MERDE !

« … »

Elle m'embrasse comme une vraie femme amoureuse !

Je n'ai jamais connu ça avec aucune autre fille avant elle.

Recommence, Lexa ! Recommence ! Continue, ne t'arrête pas !

Oh, seigneur ! Pourquoi m'as-tu placé sur cette terre si ce n'est pour elle ?

« … »

Non, Lexa, ne t'arrête surtout pas !

Aah, et merde !

C'est moi qui me jette à mon tour sur ses joues pour les maintenir en place et l'empêcher de bouger, rapidement avant qu'elle ne termine ce baiser -contre ma volonté- et m'achève de frustration.

C'est si bon… Si bon d'aimer cette femme, c'est si bon…

« Je t'ai… j'.. meuh… aim… j't… »

Plus tard, Lexa, plus tard !

Et je le sais déjà de toute façon !

Je la sens passer ses bras autour de ma taille, comme pour m'attirer encore plus près d'elle -ce qui n'est clairement pas possible, à moins que je n'acquière soudainement la capacité de rentrer dans le corps de quelqu'un d'autre.

« Lexa ? C'est toi ? »

Hein ? Quoi ?

Nous arrêtons subitement de nous embrasser et nous regardons chacune dans les yeux de l'autre, surprise.

Lexa est la première à tourner le visage en direction de la voix qui vient de s'adresser à elle.

Une fille de pile notre âge, très jolie, la regarde, amusée et joyeusement surprise.

« Mais oui, c'est bien toi ! Qu'est-ce que tu fais ici ?! Je te croyais dans je ne sais plus quel pays étranger ! Tu es revenue et tu ne m'as rien dit ? »

« Alice ? C'est toi ? » demande Lexa, décontenancée.

« Euh… oui… je crois bien que c'est moi. Il ne me semble pas avoir encore changé de prénom. » s'esclaffe la dénommée Alice.

Puis, elle se tourne vers moi.

« Et à côté de toi, c'est… »

« Clarke. » annoncé-je avant de prendre la main de ma Lexa.

Je marque mon territoire. Défense d'approcher.

Défonçage de gueule à vue de toute menace sérieuse !

« Ravie de te connaitre, Clarke. Je suis Alice, une vieille amie de Lexa. »

« Ah ? Ba c'est bien. »

Et ça justifie ton intervention carrément kill-amour dans notre intimité ?!

« Je n'étais même pas au courant que tu avais une petite amie, Lex. » dit Alice pour réprimander son amie, « et tu ne m'as pas non plus prévenu que tu revenais en France. Est-ce que tu l'as rencontré là-bas ? »

« Non. Je la connais déjà depuis très longtemps et on s'est rencontré ici, en France. » répond Lexa, presque prête à mourir de rire.

Alice et moi ne comprenons pas pourquoi.

« Oh ? Et je ne la découvre que maintenant ? » reprend Alice presque dépitée.

« Oui, Alice. Désolée de ne pas te l'avoir présenté plus tôt, mais je t'aime tu comprends. Et Clarke est une ancienne tueuse professionnelle. Elle a arrêté aujourd'hui mais il n'est pas exclu qu'elle recommence un jour par amour pour moi. J'avais peur que tu sois une de ses victimes, peut-être, sous un coup de jalousie donc je me suis dit que c'était mieux si je ne vous présentais pas. »

Alice me regarde alors, surprise.

« Clarke ? Jalouse ? »

Lexa a de plus en plus envie de se marrer. Et en plus, maintenant elle est fière !

« Il n'y a pas de raison, vraiment. » soupire Alice, « Lexa ne m'intéresse pas. Elle n'est pas du tout mon type. »

Lex acquiesce d'un hochement.

« Alice est gérontophile, Clarke. »

« Aphamégame, plus exactement. J'aime les vieux. Et uniquement les hommes. Donc Lexa n'est doublement pas qualifiée pour pouvoir capter mon attention de ce côté-là, si tu vois ce que je veux dire. »

« Je vois très bien. Libre à toi d'aimer les sans-dents, ça ne me concerne pas. »

« Clarke ! » lâche Lexa, offusquée.

« Pas de problème. » rigole Alice, « Clarke, tu as trop de préjugés, vraiment. Mais je n'espère pas que tu changes d'avis, parce que j'aime ne pas avoir de concurrence. »

« Ca veut dire quoi ça ? » demandé-je, énervée.

« Ca veut dire qu'elle te trouve belle et qu'elle sait que si tu courrais après le même genre d'individus qu'elle, elle n'aurait pas autant de chance en amour. » réponds Lexa.

« Ravie de te connaitre, Alice. T'as l'air sympa. » dis-je ravie et en lui tendant une main amicale.

« Je le suis. » dit-elle en me serrant la main tendue, puis elle se précipite pour passer un bras autour de mon cou et chuchoter à mon oreille.

« Je ne suis pas intéressée par Lexa mais je l'aime quand même vraiment, ok ? Donc prends soin d'elle sinon c'est toi qui mourra, et qui que tu sois ! »

Elle s'écarte et fais un sourire charmant à Lex.

« Lex, je t'en veux un peu de ne pas m'avoir prévenue de ton retour. On se fait un restau d'ici la fin de la semaine d'accord ? »

« Semaine pro, désolée. Je passerai le reste de celle-ci avec Clarke. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps elle non plus. »

« Le cul avant les vieilles amitiés, je comprends. Il n'y a pas de souci. Du coup, c'est toi qui paieras le restau et tous les extras. »

« Je ne vois pas de quoi tu parles, Alice. On ne l'a jamais fait, elle et moi. »

Oui, d'ailleurs c'est un problème ça !

« Ah… euh… d'accord, ok. » murmure Alice, comme si elle avait affaire à deux aliens transgéniques, « Ba je vous laisse, vous avez sans doute mieux à faire, du coup. »

Elle nous salue de la main et s'en va.

Je regarde mon amour, étonnée.

« Tu étais obligée de lui dire que j'étais une tueuse professionnelle ? »

« Non, mais j'ai trouvé ça drôle. Et puis elle n'avait aucun moyen de savoir que c'est la vérité. C'était évident qu'elle allait prendre ça comme une plaisanterie. »

« Elle m'a menacé de mort. »

« Façon de parler. Elle ne tue pas, contrairement à toi. »

« Je n'ai jamais tué personne par amour, moi non plus. »

« Mais tu as menacé de mort Mikael. Plusieurs fois. »

« Je n'ai jamais eu confiance en les hommes qui fréquentaient Nicole. Elle était trop bien pour eux. »

« Micky était l'exception… »

« … »

« … »

« … »

« Désolée. On n'aurait pas dû amener le sujet de Nicole sur la table. Ce n'était pas une bonne idée. »

« Elle me manque, Lexa. C'était ma meilleure amie… »

« C'était la mienne aussi, Clarke. Je l'aimais plus que tout autre chose, et elle me manque aussi. »

Elle prend une de mes mains et passe son autre bras autour de moi.

Je me laisse aller.

Je n'aime pas qu'on parle de Nicole. C'est beaucoup trop douloureux.

Ca fait plusieurs années maintenant mais je n'arrive toujours pas à accepter sa mort.

Elle était tant pour nous deux.

Lexa et moi avons même essayé une thérapie ensemble, par le passé, en passant par des groupes d'entraide collective. Mais rien n'y a fait…

Aujourd'hui, on essaie juste de ne pas parler d'elle. Jamais. Parce que ça fait bien trop mal.

Je réponds au câlin de Lexa.

Je l'aime.

« Tu crois au destin, Clarke ? »

« Tu crois vraiment que c'est le moment d'e parler, Lexa ? »

« Oui. Moi j'y crois. Je pense qu'on était faite pour se rencontrer, toi et moi. Je pense qu'on était faite pour s'aimer. Toi, le chien, et moi la vipère. On est faite l'une pour l'autre, Clarke. Et Nicole aussi, elle était faite pour nous. En tant qu'amie. Nous devons vivre pour elle, à partir de maintenant, d'accord ? »

« … »

« Elle sera avec nous, tant que nous vivrons toutes les deux. »

Je la sers tendrement dans mes bras.

Je n'ai rien de plus précieux qu'elle aujourd'hui.

« D'accord. Mais ma vie c'est toi, aujourd'hui, Lexa. N'imagine pas que je puisse vivre sans toi. Si tu meurs, je meurs. »

« Imbécile. Je te rappelle que mon espérance de vie est bien supérieure à la tienne. C'est moi qui devrai dire ça. »

« Et bien dis-le alors. »

« … »

« … »

« Je ne peux pas, Clarke. Et tu sais pourquoi. »

Oui… parce que tu crois être maudite et que tu ne veux pas quitter ce monde sans avoir tout fait pour avoir le droit d'aller au paradis.

Enfoiré de paradis !

Il me vole mon histoire de Roméo et Juliette avec ma femme.

Lexa m'embrasse une nouvelle fois. Chastement.

« On va au bassin, Clarke ? »

« On va où tu veux, ma reine. »

« Dans ce cas, ordre impérial est donné de se diriger au bassin, ma tendre humaine. »

« Tu es reine, pas impératrice… Tu ne peux pas donner d'ordre impérial. »

« Mais qui t'a dit de me contredire, enfin ?! Ordre impérial, ça fait plus classe que ordre royal. Laisse-moi dire ce que je veux, d'accord ? »

« D'accord, d'accord… La prochaine fois que tu dis quelque chose de stupide, je me tais. Il n'y a pas de souci. »

« Tu fais exprès de m'énerver, là ? »

« Oui. J'y arrive ? »

« Drôlement bien. J'ai même envie de te gifler. »

Notre-Dame…

Pas une bonne idée, ça, de se faire gifler !

« Ok, désolée. Pardon. »

Elle me sourit, victorieuse.

Evidemment, quand on a la gifle de dissuasion de son côté…

Nous arrivons au bassin du jardin.

Nous nous approchons de l'eau.

Le spectacle est magnifique.

« Tu vois tous ces gens, Clarke ? Et ce paysage ? Magnifique ! »

Le second plus beau paysage après celui qu'offre quotidiennement une certaine déesse vampire, oui.

« C'es là où je suis née, Clarke ! C'est mon pays ! J'aime ce pays ! Je suis fière de la France ! »

« … »

« Quand j'aurai changer le monde, que j'aurai trouver le moyen pour que tous les peuples, monstres ou humains, s'entendent, j'en ferai la capitale d'un monde nouveau. Un monde aussi beau et merveilleux que la France peut l'être au quotidien. »

« … »

« Et toi, tu seras ma femme. Mon âme sœur… Ma reine…»

Chiottes !

Zeus, dégage ! c'est elle, la reine des Dieux maintenant !

Tu n'as rien fait pour ce monde, elle si !

Tous les jours !

« Rejoins-moi, Clarke ! » dis ma reine pendant qu'elle déchausse ses beaux sandales à tâlon pour les déposer à côté d'elle, avant de plonger ses pieds dans l'eau du bassin.

Je viens m'asseoir à sa droite.

« Enlève tes chaussures, Clarke. Allez. »

Elle m'aide à enlever mes bottes et mes chaussettes et les dépose à côté de ses sandales.

Nos quatre pieds se retrouvent à baigner dans l'eau.

Je dirige, doucement, ma main, jusqu'à ce qu'elle finisse par se poser sur celle de la plus incroyable des reines vampires qui soit.

Elle me regarde et me sourit. J'en fais de même.

Nous sommes toutes les deux au comble du bonheur, actuellement.

Il est inutile de parler. Le silence est mieux. Il est témoin de notre amour.

Le temps passe.

Sous l'eau, les pieds de Lexa se sont mis à gesticuler. Ses doigts de pied se meuvent, faisant onduler l'eau autour de nous.

Je regarde l'eau faire ses petits sillons autour de nos jambes.

Tout à coup, le pied de Lexa se met à dériver plus franchement, et s'approche de ma jambe. Et quels secondes après, je sens quelque chose de dur et froid se coller à mon pied.

La cheville de Lexa…

La cheville de Lexa se frotte à mon pied.

Mais qu'est-ce qu'elle fait ?

Les mouvements se font plus évidents, passant alternativement du devant de mon pied, les orteils, jusqu'à tout l'arrière, le tâlon.

Ok, ça y est, je sais ce qu'elle fait…

Je mentirai si je disais que je n'aime pas.

Putain !

Je ferme les yeux…

« Rouvre-les Clarke. Ne ferme pas les yeux. »

Comme tu veux…

Je la laisse faire.

Ses pieds dérivent encore un petit peu.

Puis son pied droit passe au-dessus de mon pied gauche… Elle le recouvre. Je ne vois rien, nos pieds sont sous l'eau. Mais je la sens masser à nouveau, cette fois-ci le sommet de mon pied.

Ses pieds sont doux, quand elle fait ses petits va-et-vient, en guise de préliminaires à des massages podologiques.

Je la regarde, mais elle ne fait pas attention à moi.

Elle regarde au loin de jeunes touristes se baigner dans l'eau, à l'autre bout du bassin.

« Tu savais qu'on n'avait pas le droit de se baigner ici, en vrai ? »

Cette fille est une criminelle !

Comment peut-elle faire comme si de rien n'était ?

Alors qu'elle est en train de me faire du pied !

Impossible de ne pas réagir !

Je repousse son pied à ma droite. Son pied droit, lui, est maintenant entre mes deux pieds à moi. Je cherche son pied gauche pendant ce temps.

Trouvé !

Ou plutôt, c'est elle qui m'a trouvé.

Elle tente de reproduire ses massages avec son pied gauche. Hors de question !

Je parviens à attraper son gros orteil entre deux de mes doigts de pied. Elle sursaute, surprise.

Mais je la vois sourire, même si elle continue de regarder au loin.

Je me mets à faire coulisser son gros orteil entre mes doigts de pied.

Elle se gratte le nez.

Je ressers mon étau.

Elle fronce les sourcils.

Et c'est parti…

Le ciseau lui fait clairement de l'effet.

J'ai limite envie de rire lorsque je la vois se mordre les lèvres.

Elle saisit quelques brins d'herbe avec ses poings et les serre, fort.

Elle fermes les yeux.

« Rouvre tes yeux, Lexa ! C'est un ordre ! »

Elle me dévisage, outrée.

« Clarke ! Tu es un démon ! »

« Je ne vois pas en quoi. »

« Tu es trop cruelle ! »

« Tu veux que j'arrête ce que je fais ? »

« Ose seulement arrêter. »

« Alors tu gardes les yeux ouverts et tu fermes ta gueule. »

« Démon ! »

Je souris.

J'adore être cruelle avec elle.

Je recommence mon œuvre et vais plus loin encore.

Le ciseau fini, je passe à un moment plus doux.

J'abandonne le pied gauche de Lexa et repasse au pied droit. Il finit entre mes deux pieds à moi, pris en sandwich. Nouvelle extase.

Lexa tambourine le sol.

Je ne peux pas le voir puisqu'elle n'utilise que son poing gauche pour le faire, mais je le devine sans problème. Elle n'est pas douée si elle veut faire la fille indifférente…

Mais ça me donne d'autant plus envie de poursuivre…

J'enferme sa jambe entre mes genoux. Elle ne peut plus du tout bouger.

Puis, lentement, ma main se lève. Elle vient délicatement se poser entre ses cuisses…

« Ahh ! » s'écrie Lexa avant de se lever soudainement.

« Lexa ? Tout va bien ? » fais-je inquiète.

« Non ! Tu… tu… c'est horrible ce que tu fais ! » lâche-t-elle, toute retournée.

« Ba quoi ? »

« Ahh ! Tu allais me… »

« Te… ? »

« Tu allais me… ? »

« Ba oui, c'était le but. »

« Non ! Pas ça ! Pas ici ! Pas devant tout ce monde ! Pas du tout, en fait ! »

« Ba quoi ? Quel est le problème ? »

« Tu es une perverse ! Comment ça quel est le problème ?! »

« Ba c'est toi qui a commencé. »

« Les pieds ! Les pieds ! C'était uniquement un câlin des pieds ! Toi, tu allais me… avec ton… dans mon… » souffle-t-elle en désignant une partie intime de son corps.

« Ok, désolée. C'était peut-être pas le moment. »

« C'était pas du tout le moment ! Tu ne recommences jamais ça, d'accord ? »

« Compris. On peut se rasseoir, maintenant ? »

« Non. » fait-elle en secouant la tête, « j'ai besoin de me changer les idées. On s'en va, je préfère qu'on marche. »

« Bien sûr, ok… »

Elle renfile rapidement ses sandales.

Moi, j'essuie comme je peux mes pieds contre l'herbe avant de remettre mes chaussettes. Puis mes bottes.

Je rejoins enfin Lexa qui m'attendais déjà plus haut en me tendant la main.

Elle était vraiment pressée de partir…

Je saisis sa main, et nous repartons toutes les deux continuer notre promenade dans le parc.

Par la suite, nous avons été faire un tour du côté de la fontaine Médicis, où nous rencontré une autre connaissance de Lexa. Ça fait longtemps que j'ai arrêté de m'embêter avec la célébrité de Lexa. Tout le monde l'aime, et c'est comme ça.

Nous sommes allés du côté de la statue de liberté, Lexa a fait toute sorte de poses extravagantes en me demandant de prendre des photos avec mon téléphone portable. Puis nous avons pris des photos de nous deux, en demandant à des touristes -Lexa et moi sommes toutes les deux polyglottes- de nous éterniser.

Et on a fait une ou deux pauses encore à deux-trois autres endroits.

Ce n'est qu'ensuite, bien plus tard, que nous décidons de retourner à notre emplacement initial, où doivent être les Sepeur.

Nous y retrouvons les deux adultes réveillés. Maman Sepeur est en train de ranger la nappe tandis que le papa lutte avec son portable. Il s'arrête aussitôt lorsqu'il nous aperçoit.

Il se précipite dans notre direction.

« Les filles ! Où étiez-vous ? Je n'arrivais pas à vous joindre ? J'avais peur que vous soyez déjà parties. »

« On était simplement allé faire un tour toutes les deux » répond Lex, « désolées de vous avoir inquiétés. »

« Bon, ba c'est bon alors. Il est tard, si ça ne vous dérange pas, on va bientôt partir. On prend l'avion très tôt demain… »

« Oui, bien sûr. » comprend Lexa.

Elle observe le papa avec émotion et chaleur dans le regard.

« On se retrouve à peine et déjà on se sépare à nouveau… »

« Oui. C'est étrange, hein… Mais ce poste, c'était une occasion que je ne pouvais pas manquer. »

« Je sais, je comprends. Plus de quinze ans à exercer plus que de raison. Je n'y croyais plus mais dieu a été avec vous. Finalement vous franchissez une nouvelle étape dans votre vie de chirurgien professionnel. Directeur de service, et aux Etats-Unis… Je vous souhaite tout mon bonheur, monsieur Sepeur. A vous et à votre famille, en Amérique. »

« Et moi, je vous en souhaite aussi à vous deux, Lexa. Vous le méritez. »

« Clarke, certainement pas. Mais moi, oui, en effet. » corrige Lexa.

C'est ça, oui !

Papa Sepeur sourit.

Il est bien trop habitué à nous voir nous disputer en permanence. C'était déjà comme ça bien avant que Lexa parte en Afrique du Sud pendant deux ans.

« Viens, Clarke. Allons voir Nathan et sa maman. » me dit Lexa.

Quand nous arrivons à leur hauteur, la maman nous sourit.

« Alors les filles, ça a été votre promenade ? »

« Horrible ! Lexa était insupportable ! La reine des enfers aurait été plus vivable. » réponds-je.

Lexa hausse les yeux au ciel.

La maman rigole.

« Vous êtes charmantes toutes les deux. Restez toujours comme ça, d'accord. »

« On va essayer… » plaisante Lexa.

La maman soupire, émue, puis prend Lexa dans ses bras. Puis, c'est moi qui ai droit à un câlin.

« Merci pour tout. Tout ce que vous avez été pour notre famille pendant toutes ces années. Surtout toi, Lexa. Je n'oublierai jamais ce que Nicole et toi aurez représenté pour nous tout ce temps. Merci, vraiment. »

« C'est normal, maman Sepeur. C'est ça l'amour, après tout. Prendre soin des autres. Vous savez, quand j'étais petite, j'avais peur de tout et absolument tout le monde. C'est Coco qui m'a appris à m'ouvrir aux autres et qui m'a appris à aimer les gens autour de moi. »

« Je sais, oui. Nicole m'avait raconté votre enfance, à toutes les deux. Et je sais qu'elle est heureuse, là où elle est, en voyant la personne que tu es devenue. »

Puis elle me regarde.

« Quant à toi, Clarke… tu as bien changé depuis la première fois où nous nous sommes rencontré. Je me souviens, au tout début, tu avais vraiment des difficultés à t'entendre avec les gens. Et la manière dont tu prenais mon fils dans tes bras était tout à fait déplorable. »

Ba, les marmots, en même temps…

« Tu as changé aussi, Clarke, et j'en suis fière. Je suis fière de nous deux, à vrai dire. Et honorée d'avoir pu partager tant d'années de ma vie avec vous. »

« L'honneur aura été pour nous, je vous l'assure. Et nous continuerons d'échanger quand vous serez arrivé là-bas, hein ? Je ne tiens pas à rompre définitivement le contact avec vous. » s'inquiète Lexa.

« Bien sûr que non, on ne rompra pas le contact. On pourra toujours communiquer à distance. »

« J'en suis ravie, alors. »

« Moi aussi… »

Elles continuent de se fixer du regard, se contentant des yeux cette fois-ci pour s'exprimer ce qu'elles ressentent l'une pour l'autre.

Puis la maman termine.

« Bon, et bien… j'ai finis de tout ranger. Je te laisserai récupérer ce qui t'appartient Clarke. Ils ne vous reste plus qu'à dire aurevoir à Nathan, et puis on partira, alors… »

« Entendu. » souligne Lexa avant de chercher le petit garçon du regard.

Il est en train de courir après un ballon perdu.

Lexa et moi nous approchons de lui.

Au fur et à mesure qu'on s'approche de lui, nos pas sont font de plus en plus lents.

Lexa me chuchote à l'oreille :

« Il était pas en train de courir après un papillon, lui, tout à l'heure ? »

« Oui… »

« Et ses parents dormaient, non ? »

« Oui… »

« Et on est parti comme ça, en le laissant seul sans surveillance ? »

« Je crois bien… »

Lexa continue de marcher droit, mais dévie discrètement la tête pour regarder en arrière, là où sont les parents de l'enfant.

Puis, elle me regarde à nouveau.

« On leur dit, du coup, qu'on a abandonné leur enfant dans un parc rempli de monde, sans aucune surveillance ? »

« Tu te poses vraiment la question ? »

« Je pense qu'il ne vaut mieux pas… »

Nous nous forçons à sourire, sidérées par notre propre irresponsabilité.

L'amour… prendre soin des autres… tu parles !

Du coup, les adieux avec Nathan se font très softs.

On n'ose pas le prendre dans nos bras. Nous ne nous en sentons pas dignes.

D'ailleurs, Nathan a plus l'air préoccupé par le ballon, lui…

Nous lui disons quand même quelques mots, puis nous retournons voir les parents, avec qui nous prenons une photo, et nous les laissons partir de leur côté avec leur fils.

Une fois qu'ils sont partis, je récupère ce qu'il reste de ce que j'avais amené pour le pique-nique d'une main, laissant l'autre se faire capturer par le bras de Lexa.

Et nous partons, à notre tour, de notre côté.

« On a bien marché, cet après-midi. Et il est déjà tard. Tu as faim, Clarke ? »

« Oui, un peu. »

« Allons manger, dans ce cas. Un restau, ça te dit ? »

« Toujours. Et ensuite ? »

« On rentre à la maison… »

« Chez toi ou chez moi ? »

« Ca a de l'importance ? »

« Non, absolument aucune. »

Elle me sourit et vient m'embrasser la joue.

« … »

« Dis. » remarque Lexa.

« Hmm ? »

« Quand ils se sont réveillés, les parents, ils ont bien vu qu'on était parti se promener ? »

« Oui, forcément… »

« Et ils ont vu qu'il n'y avait personne pour surveiller leur fils, non ? »

« … »

« … »

Ils savaient.