Précédemment : La guerre sur Belle-Ile est toujours en cours. Mais elle gagne en intensité depuis que Célia Djvökick, dirigeante de la Commission internationale, s'y implique personnellement. Répondant à son appel, des agents d'élite de l'organisation humaine ont rejoint les troupes du chef Chris arrivées précdemment. Ces derniers se montrent nettement plus efficaces dans l'élimination de leurs ennemis les monstres…
PDV Cliff Sterling, agent de grade S de la CILCFO.
« C'est désert partout où on va. Les monstres sont partis ou quoi ? » s'inquiète Dax.
« Aucune idée. Mais ce n'est pas plus mal. On pourra dire aux autres restés à attendre sur leur navire qu'ils peuvent venir sans risque, c'est déjà ça. »
« Pour se retrouver avec des débutants dans les pattes ? Non, faisons le travail nous-même, ce sera plus rapide. »
« Comme tu le sens. »
« Je ne sens rien. C'est ça qui m'embête. »
Dax a un odorat très développé. Il peut repérer l'odeur d'un monstre à plusieurs dizaines de mètres. Des centaines, si l'air environnant n'est pas trop surchargé.
« On a tué nos collègues, quand même, tout à l'heure. Terminator en a écrasé quelques-uns. »
« Je sais, je sais. Ca ne me réjouit pas, mais c'était ça où bien attendre que l'avion se pose. On a voté je te rappelle, Cliff. »
« Ouai… »
« Et puis ta pote s'en est tirée, non ? »
« Ma pote ? »
« La fille qui t'a tapé dans l'œil. Tu crois que je n'avais rien vu ? Tu lui as demandé son numéro ? Son nom, au moins ? Elle te connait forcément, tu es un dieu pour elle. Mais elle, est-ce qu'elle sait qu'elle a réussi à capter l'attention d'un dieu ? »
« Imbécile. »
Dax sourit.
« Stop ! » dit-il tout à coup en levant sa main en l'air.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Ca sent la fumée. Et l'homme-singe, un peu. »
« Combien de mètres ? »
« Pas trop loin, suis-moi. »
Quand nous arrivons, nous découvrons un bâtiment en ruine.
Il a dû s'écrouler mais de manière non naturelle.
« C'est là-dedans que tu as senti l'odeur que tu cherches ? »
« Je confirme. » me répond Dax, « Des monstres se sont trouvés là-dedans il n'y a pas encore très longtemps. »
« Bon… Je te laisse faire, dans ce cas. »
Le pisteur s'approche des restes de l'édifice.
Je me demande il y a combien de temps exactement qu'il s'est écroulé, ce bâtiment.
Les nombreuses bandelettes jaunes enclercant l'ensemble de la zone indiquent que les pompiers et les agents de police ont eu le temps de passer pour tenter d'y retrouver d'éventuels survivants et pour commencer leur enquête criminelle.
Contrairment à Dax, moi je ne sens aucune odeur particulière. Et il n'y a ni fumée, ni bois calcinés, malgré l'eau que les pompiers auront pu déverser pour tenter d'éteindre le feu.
Il n'y a aucun passant non plus.
Les forces de l'ordre ont dû ordonner aux bellilois de ne pas fréquenter l'endroit pour l'instant.
Donc, tout ça doit remonter à il y a un moment quand même.
« Ces décombres… Les pierres sont encore chaudes. Bâtiment détruit à coup d'explosif, je suppose. Et c'est récent. » annonce Dax.
Raté pour moi.
« De très puissants explosifs. » rajoute-il.
Je surveille les environs. Je ne vois que des monstres morts au sol, mais il pourrait bien y en avoir des vivants dissimulés dans les parages, pour nous surveiller. On ne peut pas se reposer uniquement sur la sensibilité olfactive de Dax.
« Tu trouves quelque chose ? »
« Rien d'intéressant. Le bâtiment a dû s'écrouler i peine plus d'une journée, comme je le supposais. Mais devine quoi. Des chasseurs étaient sous les décombres, en plus de plusieurs monstres. »
« Oh ? Mais alors… on doit se trouver là où Célia a fait sauter ses kamikazes. Ca explique des choses, dans ce cas. Il doit s'agir des fameux prisonniers, sans doute. Tu as pu en compter combien ? »
« Je n'ai trouvé que trois corps avec des cartes d'identification reconnaissables. Le reste, trop brûlé pour savoir. »
« Trois… C'est bien moins que le nombre d'entre eux qui auraient dû se faire capturer. Leurs corps et leurs cartes ont peut-être été trop détruits pour être identifiables, mais ils ont aussi pu survivre et aller se réfugier ailleurs. Impossible à déterminer avec aussi peu d'éléments. »
« Il n'y avait pas grand-chose à espérer de ces ruines, de toute façon. On devrait continuer. »
« Je suis d'accord, allons-y. »
« … »
Je commence à reprendre notre route quand je m'apercçois que j'avance tout seul.
« Qu'est-ce que tu fais, Dax ? » lui demandé-je lorsque je le vois fouiller dans la carcasse d'un cadavre .
« Tu ne te souviens pas ? Il y a deux ans, à Sydney. Le cours d'Alpha sur les 107 utilisations pratiques des ossements d'un homme-singe adulte . »
« Peut-être. Mais si je me souviens bien, justement, il était question d'ossements fossilisés. Ce n'est pas le cas, là. »
Dax ressort ses mains couvertes de sang et de cendres du monstre mort. Il arrache quelques ligaments fixés sur les cinq des trente-huits apophyses épineuses récupérées du thérianthrope.
« Je connais un gars en Turquie qui peut provoquer une fossilisation accélérée des ossements que je récupère. Il m'arrangera ça. »
Si ça t'amuse.
« Quand bien même, ça lui demandera certainement des mois. Propose-les à la DRP, la division de la directrice Griffin, à la rigueur. Ils sont toujours curieux de savoir ce qu'on peut leur ramener de nos escapades chez l'ennemi. »
« Et puis quoi encore ? Viens, continuons. »
Nous reprenons notre exploration.
« J'ai pas mal de sang sur moi, ça va être nettement plus compliqué pour retrouver les traces des monstres, maintenant. » m'informe-t-il.
« Tant pis. Nous n'avons qu'à voir où nous mènerons nos pas. »
Mais plus nous marchons, plus nous nous rendons compte que les rues sont effectivement désertes.
« Les bellillois sont partis de chez eux aussi. Les maisons sont vides. J'espère qu'ils ont pu se mettre en sécurité quelque part sur cette île. »
« Les maisons ne sont pas saccagées. Les monstres n'ont probablement pas essayer de s'en prendre à eux, donc je pense que les humains de cette île vont bien. »
« Ca n'est pas plus mal. Ca m'aurait déchiré le cœur de devoir peser la vie de ces innocents dans la balance si les monstres les avait pris en otage. »
« Des chasseurs prisonniers, des bellillois pris en otage… Les monstres, ça n'est plus ce que c'était. On est loin des bonnes vieilles tueries à l'ancienne. »
« Ca se voit que tu as passé ton temps en milieu civilisé ces dernières années, Dax. Tu n'as pas vu comment c'était à Madagascar il y a encore quelques semaines. Je crois que j'ai rarement vu quelque chose d'aussi sauvage chez les monstres. Après l'Afrique noire, peut-être… »
« Madagascar ? Tu y étais ? J'ai entendu des histoires dessus. C'était violent ? »
« Tu n'imagines pas ! Je ne peux pas te le confirmer mais d'après certaines sources, c'est parce qu'il y avait deux vampires extrêmement puissants qui se sont confrontés, là-bas. Des sangs-purs… »
« Ah ah ! Pendant qu'on en affronte une en France, il y en aurait deux autres qui s'affronteraient dans le bas de l'Afrique ? »
« Mouai… J'ai préféré prévenir la DIC, au cas où. »
« Si tu l'as jugé nécessaire. Tu es parti en laissant le pays à ces deux vampires, du coup ? »
« Non, bien sûr que non. Le conflit était déjà fini quand je suis reparti. Apparement, il y aurait eu un troisième élément qui se serait mêlé à l'affaire. Le nom d'une certaine "Andréanne" aurait surgi. Après ça, les conflits se seraient calmés d'eux-même. »
Dax me dévisage.
« "Andréanne" ? Ce n'est pas un nom qu'il faut prononcer à la légère, ça. En haut lieu, certains pensent qu'une vampire de ce nom-là pourrait constituer le plus grand danger que l'humanité serait susceptible d'encourir au cours de ce siècle. »
« Je pense que c'était elle. »
« Tu veux dire que la Andréanne que beaucoup de monstres et chasseurs craignent se trouve potentiellement à Madagascar en ce moment-même ? »
« Il y a des chances. J'ai suggéré à la DIC d'inciter tous les chasseurs qui pouvaient résider là-bas à évacuer temporairement le pays. »
« Tu as raison. On ne peut pas se permettre de se trouver sur un territoire qu'elle fréquente. La CIL n'a actuellement pas les moyens de lutter contre elle. »
Je hausse les épaules.
« La France est un pays nettement plus vivable, c'est vrai. »
« Vous étiez combien de chasseurs d'élite, là-bas ? Histoire de savoir. »
« Nous étions quatre grades S. »
Il s'esclaffe.
« Et là, nous voilà vingt-huit pour une petite île française. Comment ne pas tourner ça en dérision ? »
« N'as-tu pas accepté de venir, comme moi, juste parce que Trina nous l'a demandé ? »
« Si, mais ça n'en valait définitivement pas la peine. »
« Au fait, nous sommes vingt-neuf. »
« Pardon ? »
« Il y a actuellement vingt-neuf chasseurs d'élite, dans ce pays. Tu as dit vingt-huit. »
« Qui est le vingt-neuvième ? »
« Clarke Griffin. »
Mon partenaire hausse les sourcils.
« Celle qui a été nommée S en pleine mission ? Effectivement, tu as raison. »
« Ceci dit, j'ignore si elle se trouve sur cette île comme nous en ce moment. »
« Peu probable. Son rôle était de rassembler des informations, pas de combattre à nos côtés. Et si elle était vraiment ici, elle aurait déjà chercher à rejoindre les troupes de Chris. Elle doit plutôt se trouver sur le continent. »
« Possible, mais pas certain. »
« Pourquoi me dis-tu ça ? »
« Parce que je n'ai pas envie de perdre mon temps à tuer des monstres. Je préférerai largement retrouver Griffin, qu'elle nous dise comment mettre la main sur cette reine rapidement. »
« Ouai, sauf que la trouver elle doit être aussi difficle que trouver la reine. D'après Benjamin Philippe, Clarke Griffin était parvenue à se hisser à une position suffisament importante dans la coalition pour pouvoir se rendre où elle voulait quand elle le voulait. Une personne aussi mobile ne doit pas être facile à trouver. »
« Je te l'accorde, mais tu n'as pas envie de tenter le coup quand même ? »
« … »
« Alors ? »
« Tu joues sur la chance, là ? On aurait vraiment de la veine, tu sais ? »
« Tu sais que c'est possible. On parle de la famille Griffin, là. Et tu sais que le ventre d'Abigail Griffin est spécial. »
« Ouai… Suffit de voir les deux filles qu'elle a pondu. »
Je souris. C'est exact. Charlotte Griffin, la petite sœur de Clarke Griffin, est d'une certaine manière encore plus dérangée que son ainée.
« Alors, qu'est-ce que tu choisis ? »
Dax rigole.
« Je choisis… »
Il fronce tout à coup les sourcils.
« Tu les a repéré ? » me chuchote-t-il tout à coup.
« Affirmatif. Ils sont plusieurs, cachés dans les immeubles. Ils nous observent. »
Il m'adresse un hochement de tête.
« Sors Terminator. » me commande-t-il.
Je me débarasse des poids lourds dans mon dos, récupère ceux de Dax, et commence l'installation de la machine.
Pendant ce temps, il fait les présentations avec l'ennemi.
« Monstres. Nous sommes venus vous tuer. Sortez d'où vous êtes et montrez-vous. »
« … »
Tonneau 23 ne fonctionnera pas à pleine puissance dans un endroit aussi restreint. Et surtout, nos cibles sont bien trop proches pour que ses projectiles aient le temps de bénéficier de leur portée la plus propice.
« Installé. » annoncé-je.
« Nous ne sommes que deux. Combien êtes-vous ? Cinq ? Six ? Sept ? Montrez-nous de quoi les monstres français sont capables. » poursuit Dax, « ou sinon nous irons nous rendre sur le continent. Et là ce seront ceux que vous voulez protéger qui périront. Vos femmes. Vos enfants. Vos familles. Nous les égorgerons tous. »
Je grimace.
« C'est bon, Dax. Ca suffit. »
Il s'arrête.
Mais aucun monstre ne sort.
On dirait qu'il va falloir utiliser Tonneau 23, finalement.
« On tire à l'aveugle, demandé-je ? »
« Satanée odeur de sang. Je n'arrive pas à les repérer. Et aller les chercher à l'intérieur peut être risqué. »
Je commence à charger la machine.
« Mais non, on va viser quand même. »
« Où donc ? »
« Là. » me dit-il en désignant une zone cible de son menton, « Si j'étais un monstre, je me cacherais là. Ca semble être une bonne position pour nous surveiller. »
Entendu.
J'appuie sur le déclencheur.
« Ca va bombarber. » fais-je pour prévenir Dax.
« Vous aurez été prévenus. » énonce Dax aux monstres.
BVUINNN
Le tonneau tire une décharge qui sen va s'écraser à toute vitesse contre le mur ciblé.
BRAOOUMMMM
Le bâtiment tremble au moment de l'explosion.
Dax et moi reculons précipitamment, puis nous levons les yeux vers la zone ciblée par Terminator.
Pendant quelques instant, la fumée nous empêche de voir quoi que ce soit. Nous finissons par voir les dégâts.
Ba voilà, il n'y a plus de mur…
A l'étage ciblé, les trois premiers mètres intérieurs de la construction ont disparu. A la place, il n'y a que du vide. C'est seulement ensuite qu'on peut voir directement l'intérieur de l'étage, et celui juste en-dessous également touché.
Un cratère vertical…
Dax fait un mouvement de tête qui se dirige vers le bas.
Je comprends pourquoi lorsque je vois une jambe -très abimée- tombée au sol depuis le trou que nous venons de faire dasn le bâtiment.
« Une jambe ? Tiens curieux, le corps n'a pas totalement été désintégré ? » dit un Dax surpris, « Cette arme n'est vraiment pas faite pour être employée à si courte portée. Son potentiel destructeur s'en trouve nettement diminué. »
Je ne peux pas dire le contraire. En temps normal, c'est le bâtiment tout entier qui aurait dû se faire pulvériser.
Mais Dax ne se tait pas pour autant, clamant même :
« Ceci était le Tonneau 23, autrement appelé Terminator. 247 kilos après montage, constitué en six pièces. Il peut tirer des projectiles allant de 5 à 40 kilos en fonction des cibles et des portées désirées. Portée maximale de 3 100 mètres. Faites-vous toucher par un de ces missiles et vos chances de finir atomisés excéderont les cent pour cent. »
« … »
« Je vous laisse le choix, monstres. Ou bien vous venez nous affronter directement, et nous n'utiliserons pas cet engin, ou bien vous décidez de rester cachés. Mais je préfère vous dire d'abord que nous avons une cinquantaine de munitions avec nous. Si vous persistez à rester dissimulés derrière vos murs, vous serez morts avant même de savoir comment. »
Ca ne va pas…
Le directeur Sticks a dit qu'il était en train de se pencher sur le prochain Tonneau, le numéro 24. Il le vante en disant que le prochain Terminator aura une déflagration deux fois plus grandes, une portée quadruplée élevée à 11 000 mètres, et des projectiles suffisament petits et légers pour que nous puissions en transporter une centaine à la fois. Mais si Tonneau 24 rencontre le même problème que le modèle actuel, il faut qu'il sache que ça ne nous servira à rien à très courte distance. Les dégâts sont beaucoup trop faibles…
« Les feux d'artifice, ou le combat à l'ancienne ? » interroge Dax qui s'adresse toujours aux monstres.
« … »
Sans surprise, les monstres qui se cachaient dans les immeubles environnants finissent par sortir et nous rejoindre à l'extérieur.
« A la bonne heure. » se réjouit Dax.
J'étudie les quelques monstres qui se tiennent face à nous.
Un cyclope. D'après son apparence, il doit appartenir à la dernière génération. Plutôt chétif, il n'a pas l'air de constituer une grande menace. Le seul point fort de la génération à laquelle il appartient, c'est d'être particulièrement tenace. Ils n'abandonnent pas facilement une proie une fois qu'ils en ont ciblé une.
Deux goules. Oui, celles-ci sont carrément plus dangereuses. Elles sont très puissantes et aussi rapides et agiles que des hyènes. Leur comportement est constamment dicté par leurs faims qu'elles ne peuvent assouvir. Elles ont une force décuplée quand elles sentent de la nourriture fraiche non loin d'elles.
Une femme-chat. Une créature très intelligente. Maligne, rusée, et redoutable pour ça. Sa force de combat n'est pas très grande, mais elle sait mener un adversaire jusqu'à sa mort grâce à deux caractéristiques très communes à son espèce. Une vue proche de la perfection qui lui permet de toujours cerner les angles-morts de son adversaire dans lesquels elle pourra se dissimuler avant d'attaquer, et des griffes qu'il ne faut surtout pas sous-estimer. Elle peut planter ses doigts avec une très grande facilité dans sa victime, et ses griffes à l'intérieur s'allongent soudainement jusqu'à atteindre les organes souvent vitaux du corps ennemis. Wolverine au féminin.
Deux homme-rats. Un cauchemar pour de nombreux chasseurs même de grades A. Il est absolument impossible de les approcher : leur corps entier génère de manière ininterrompue des fluides invisibles à l'œil nu mais qui sont en réalité un poison mortel. De plus, ce poison est contaminant. Tout ce qu'ils touchent peut-être infecté. Il faut également se méfier de l'air qu'ils expirent et se propage autour d'eux. Si on s'approche trop d'eux, celui-ci pénètre le corps de la victime et se répand dans le corps entier avant de paralyser les muscles, membres par membres. Et si c'était tout… Leur regard est également dangereux. Si on fixe leurs yeux trop longuement, ils sont susceptibles d'hypnotiser leurs proies et de les rendre inconscients.
Un ogre. Sans doute le pire du lot. Deux mètres cinquante de haut. Des muscles sur tout le corps laissant soupçonner une force gigantesque. Une masse dans la main qui doit peser au moins 200 kilos. Il s'enfonce dans le sol rien qu'en marchant.
En dehors du cyclope, ils sont tous des cas problématiques.
Et ils sont huit…
« Que le massacre commence. » annonce Dax.
Quatre minutes plus tard, nos ennemis sont tous morts. Seul l'ogre est encore en vie, aux pieds de Dax.
« Bâtards… Vous aviez dit que nous pourrions vous tuer sans votre machine… »
Dax lève un sourcil après l'insulte du monstre.
Il n'a pas tort, Dax… Tu les a trompé en les laissant croire que Terminator pouvait être plus dangereux que nous…
Je reçois tout à coup une communication au travers de mon oreillette. Je ne prête alors plus attention à ce que peuvent se dire les deux hommes.
Tandis que je m'éloigne pour répondre à la communication, Dax affiche une tête maussade, regrettant d'avoir dupé le monstre. C'est vrai que son mensonge n'était pas loyal…
La seule solution pour les monstres, c'était de fuir !
« C'est vrai. Tonneau 23 est aussi redoutable que le véritable Terminator. C'est pour ça qu'on l'appelle comme ça, d'ailleurs. » avoue Dax, « Mais nous, on est Armageddon, tu vois ? »
L'ogre enrage.
« Désolé. » dit Dax en haussant les épaules, tentant de s'excuser.
Et sur ce, il récupère une des munitions du Tonneau parmi celles de 40 kilos, et fracasse le crâne du monstre avec. Il répète le mouvement plusieurs fois, assomant, tuant, écrasant l'ogre sous une volée de coups meurtriers.
Quand il est certain que le monstre est bien mort, il repose l'arme et commence à démonter Terminator.
C'est à ce moment-là que je le rejoins.
« Hé, Dax. »
« Ouai ? »
« Pascal vient de m'appeler. Il dit que Trina et lui, avec plusieurs autres, ont trouvé un refuge de monstres. Ils commençaient à les exterminer quand ce qui ressemble à une partie de l'armée de la coalition est intervenue et à commencer à répliquer. »
« Hmm… »
« Ils sont en pleine fusillade, pas loin de Sauzon. Il demande si on peut les rejoindre, si on a rien d'autre de mieux à faire. Qu'est-ce que t'en dis ? »
Dax réfléchit quelques secondes puis se met à fouiller une chose inconnue dans une de ses poches.
Sa main ressort avec une pièce d'argent sur la paume.
« … »
« Face, on rejoint Trina. Pile, on retrouve Griffin. »
A suivre…
Il y a beaucoup de révélations dans ce chapitre (énormément) mais la plupart sont assez subtiles !
Petite précision : Sterling parle à un moment des générations des clyclopes. Ici, il ne s'agit pas de générations dans le sens de groupe social ayant à peu près le même âge ou né à la même époque. Il parle ici des générations de l'"espèce". Pour mieux expliquer la chose, considérez que l'Homo habilis, l'Homo erectus, l'Homo neanderthalensis, l'Homo sapiens, etc. soient l'ensemble des générations de l'espèce des êtres humains. Aujourd'hui, seule la génération des Homo sapiens est encore présente sur Terre (il s'agit de nous), les autres générations s'étant éteintes. Mais dans le cas de l'espèce des cyclopes, Sterling nous informe que le cyclope qu'il a en face de lui appartient à la dernière génération, la plus faible de toutes. Mais ce n'est pas l'unique génération de cyclope actuellement présente sur Terre. Il n'est donc pas exclu que dans la suite de l'histoire, nous ayons affaire à d'autre cyclopes d'une génération différente, et qui seront par conséquent bien plus forts que celui que Dax et Sterling affronte dans ce chapitre.
