Caroline put quitter l'infirmerie d'Eyeless le jour même. Elle se retrouva avec Jane et Jill dans leur chambre. C'était une chambre peinte en noir et blanc mais avec de beaux motifs argentés décorant les murs. La pièce ressemblait plus à un atelier de couturière qu'à une chambre avec les nombreux tissus et mannequins qu'il y avait.

"Voilà notre chambre, répondit Jill. D'accord c'est un peu le souk mais c'est aussi notre atelier de créatrices. Alors je vais déjà te sortir des feuilles et tu vas pouvoir commencer à méditer sur ton personnage. Je peux te faire n'importe quel vêtement c'est moi la designer de la famille."

Elle s'arrêta en voyant la jeune fille s'approcher de ses tissus. Elle en sortit un blanc à rayures rouges et un carmin, un voile résille rose pâle, un ruban rouge bordeau et une paire de sandales compensées rouges. Elle s'assit à la table au milieu de la pièce, déposant ses trouvailles. Elle prit une des feuilles posées sur la table, des crayons de couleurs et dessina sa future tenue. Les filles s'assirent face à elle et la regardèrent faire.

Cinq minutes plus tard, la jeune femme tourna la feuille devant elles. La tenue était dessinée sous plusieurs angles, de face, de profil et de dos.

"- Alors voilà. Je pensais à une petite robe blanche et rayée rouge avec des bretelles, une sorte de jupon rouge à partir du haut des cuisses et jusqu'à la moitié. En ceinture le ruban que j'ai pris cousu pour y mettre mes armes. Des jarretelles avec la résille que j'ai là et les chaussures que voici.

- Hmm je vois, réfléchit Jane. Qu'est-ce t'en penses Jill ?

- C'est envisageable. On a les tissus qu'il faut. Pour les jarretelles il faudra que je fasse un moulage de tes jambes pour avoir tes dimensions. Avec une forme approximative, ce sera plus simple. Et pour tes armes, quel genre tu aimerais ?

- Un poignard et une dague. Et si possible un flingue en cas de coup dur.

- On ira au grenier, on a toujours celles dont on a besoin. J'ai hâte de te voir avec ta tenue et un flingue en main. Bon on commence par prendre tes mesures et on s'y met.

- Je pourrai vous aider ?

- Si tu veux."

Jane sortit une boite à couture et un mètre ruban. Caroline leva les bras à l'horizontale. Quand la tueuse obtenait une mesure, elle la mentionnait à Jill qui la notait. Après cette petite inspection, elles découpèrent un morceau de tissu qu'elles enroulèrent autour de la jeune femme. Des épingles furent fixées pour repérer les bonnes mesures. Elles sortirent ensuite une pâte blanche molle et douce qu'elles répandirent sur la peau de ses jambes en appuyant bien. Avec un de ses ongles, la femme clown fit une petite ouverture sur chaque moulage pour les décoller. Elle réunit chaque partie collées l'une contre l'autre. Elle les bloqua entre deux gros livres pour les solidifier. Après cinq minutes, ils étaient prêt. Pendant que Jane et Caroline continuaient la robe, Jill enroula de la résille autour des moulages. Elle marqua la bonne taille avec des épingles avant de courdre les bouts ensemble. Les morceaux en trop furent découpés. Elle demanda aux filles leurs avis qui furent positifs. Elle revint sur la robe et les aida à finaliser.

Caroline passa sa tenue et s'admira devant un grand miroir. La longueur courte de la jupe donnait un air de grandeur à ses jambes fines. Elle avait l'impression qu'elles mesuraient un mètre. Son buste généreux était bien bombé. Le ruban cousu et fermé en nœud lui affinait la taille. La seule chose qu'elle pouvait dire était qu'elle se sentait superbe.

"- Oh le résultat est au rendez-vous, lâcha Jane !

- Maintenant il faut te teindre les cheveux, vernir tes belles griffes et te faire un regard de félin. Il ne faut pas qu'on te reconnaisse. Jamais on ne pensera qu'une jeune fille incarnant la douceur dans son visage se cache sous ce déguisement. Allez dans la salle de bain. J'ai une couleur qui te plaira sûrement."

Elles descendirent et s'enfermèrent dans la pièce. À cette heure-ci personne ne les dérangera, d'autant qu'elles tiennent à faire la surprise aux autres. Jill ouvrit un placard et appuya sur un bouton dans l'encadrement de l'étagère. Un siège de coiffeur sortit du sol par une trappe. Caroline s'y installa et ferma les yeux.

"- Alors chérie, quelle couleur veux-tu ?

- C'est vous les pros je vous fais confiance.

- Oh merci, lâcha Jane ! Tu vas voir tu seras belle comme un cœur. A moins que le tripoteur cherche à rendre notre travail dangereux.

- Te bile pas Jane, je sais exactement comment lui faire sa fête. Ne pense surtout pas que la mort rode prêt de lui, corrigea-t-elle en levant son index.

- T'es pas drôle.

- C'est pas une question d'être drôle, c'est une question d'être raisonnable. Je tiens pas à avoir la mort d'un con sur la conscience.

- Oui tu as raison petite sœur. Dis t'es sûre qu'on avait pas les mêmes parents ?

- Pff n'importe quoi !"

Elle se détendit pendant que les filles sortirent leurs produits. Jill prit une coloration rouge violine et un vernis rouge sang, Jane la boite de maquillage prise chez Caroline. La femme clown mouilla ses cheveux. Elle prit une grosse noisette de produit dans ses mains qui massèrent sa tête. Jane s'occupa de ses ongles secs en quelques minutes. Pendant que ses cheveux étaient séchés et ses ondulations refaites, la jeune femme lui maquilla les yeux. Un épais trait noir estompé sur les paupières et le contour des yeux. Un coup de mascara et ses cils sont bombés et bien séparés comme ceux d'un félin. Le travail finit, Caroline se regarda dans le grand miroir de la pièce. Elle eut du mal à se reconnaître. Elle passa une main dans ses cheveux et approcha bien son visage pour voir son regard. Puis fière d'être aussi belle, elle agita sa belle queue en miaulant comme un vrai chat.

"- Superbe, soupira Jane !

- Splendide !"

Jane déverrouilla la porte et l'entrouvrit.

"ÇA Y EST ON A FINI !"

La famille dévala l'escalier à toute vitesse. Nina semblait impatiente de voir à quoi ressemblait la jeune femme qu'ils ont connu il y a deux jours. Les deux aînées sortirent en laissant Caroline dans la pièce. Elles fermèrent la porte et se tournèrent vers les autres.

"Fermez tous les yeux. Et toi aussi Sally."

La petite fille haussa les épaules et obéit. Nina ne pouvant pas faire de même les cacha d'une main. Jill ouvrit la porte et laissa Caroline sortir. Tout le monde rouvrit les yeux, ébahi.

"- D'accord je l'avoue tu es fabuleuse, admit Nina.

- Fabuleuse, scandalisa Toby ? Géniale oui !

- Ça te fait un regard de malade, remarqua Eyeless.

- La première chatte humanoïde dans la famille et la plus belle, ajouta Masky.

- Avec nous tu te deviendras une créature de cauchemar sanguinaire, promit Hoodie.

- Magnifique, dit Sally.

- Si j'avais cru un jour que les chats pouvaient être des animaux magnifiques, souffla Smile.

- Très jolie, dit LJ.

- Ravissante, corrigea Slenderman.

- Bon bah Caro pour tes entraînements, c'est quand tu veux, proposa Masky.

- Avant tu devrais apprendre ce que tu ne sais pas de nous, conseilla Jane. Tu trouveras tout ça dans la bibliothèque, la pièce du deuxième. Pour tes armes, ce sera tes trophées quand tu seras devenue une vraie tueuse. Tu t'entraîneras avec d'autres armes avant.

- D'accord."

Caroline monta au deuxième étage à la pièce indiquée. C'était sans doute la pièce la plus grande de la maison. Ce qu'elle voyait était des centaines de livres apportant un ballet coloré par leurs couvertures. Il y en avait dans tous les genres. Elle fut aussi heureuse de trouver ceux de son auteure préférée Kiera Cass. Elle trouva un volume sur sa nouvelle famille. Elle souffla sur la couverture poussiéreuse, révélant en lettres saignantes : Histoires de The Killer Family. C'était celui qu'elle cherchait. Elle s'installa à la table. Elle sauta les parties concernant Jeff, Jane et Nina. Elle connaît très bien leurs histoires et leur lien. Elle commença d'abord par celles de LJ et Jill. L'histoire de ces clowns l'intriguait. Tous les deux avaient été crées à l'intention d'un enfant solitaire : le petit Isaac pour LJ et la petite Émilie pour Jill. Le problème est qu'ils ont tous les deux été séparés de leurs amis pendant une longue période. Mais comme ils changeaient en même temps que la personnalité de ces enfants, ils sont passés des amis chaleureux aux clowns bien connus des films d'horreur. Leurs amis ayant sombré dans la folie en commettant des massacres horribles, ils ont pris ça pour un jeu qu'ils ont reproduit sans penser qu'ils les tuaient de manière atroce. Comme ils ont dû se sentir coupable de ce qui s'était passé. Ils ont été crées pour rendre le sourire à des enfants en manque d'affection, pas pour faire la distinction entre le bien et le mal. Mais d'après ce qu'elle a pu lire sur eux, ils ont malgré tout rempli le rôle. Dans un sens, les enfants sont partis sereins en sachant qu'ils ont fini par obtenir ce qu'ils voulaient. Elle continua ensuite dans l'ordre du livre. Sur Eyeless, elle n'apprit rien du tout sur ses origines. C'est un cannibale mais c'est tout. Pour ces compétences de médecin, il les a développées pour voler les reins de ses victimes pendant leurs sommeils en toute discretion. Hoodie a vécu dans le désert afin de poursuivre ceux qui s'y aventuraient. Mais plus ses traques étaient longues, plus il était dangereux. Sally était une petite fille joyeuse qui vivait avec ses parents jusqu'à ce que son père décède quand elle avait quatre ans. Sa mère se remaria mais son beau-père était jaloux d'elle. Tellement qu'il commença à se montrer violent envers sa femme pour effrayer la petite qui subit bientôt ses coups. Un jour où elle regardait discrètement sa mère se faire battre, la pauvre femme finit par mourir sous tant de violence qui détruit la psychologie de l'enfant. Sans que l'homme qui frappait toujours le corps de sa mère la voit, elle prit un couteau qu'elle planta dans le dos du monstre. Pour être sûr qu'il ne survive pas, elle frappa encore et encore jusqu'à recevoir du sang sur elle. Quand elle ne le vit plus bouger, elle s'endormit sur le corps ensanglanté de sa mère. A son réveil, elle rencontra Slenderman. Elle n'avait nullement peur de lui. elle le suivit. La créature décida de l'adopter et devint père pour la première fois de sa vie. Un père bien meilleur que le dernier qu'elle avait connu. Mais elle ne put jamais ôter le sang qui avait coagulé sur son visage. Il avait tellement séché qu'il était devenu permanent. Toby était quant à lui un adolescent avec de graves problèmes mentaux. Un soir après une dispute avec ses parents et sa sœur, il les tua à minuit précise en les faisant brûler avec la maison. Mais il fut bientôt perturbé par l'esprit de sa sœur qui le poussa dans la folie. Un jour où elle prit l'apparence d'une femme horrible, il la tua avec une hache. Un policier vit tout et lui tira dessus. Mais le jeune homme s'en sortit avec seulement un morceau de lèvre en moins. Il rencontra ensuite Eyeless, Masky et Hoodie qui l'emmenèrent au manoir. BEN de son vrai nom BEN DROWNED est le fantôme d'un enfant mort noyé avant d'avoir pu terminer le jeu The legend of Zelda Majora's Mask sur Nintendo 64. Un étudiant américain du nom de Jadusable aurait racheté la cartouche du jeu. En y jouant, il aurait libéré le fantôme de l'enfant, le poussant peu à peu vers la folie. Puis personne n'a jamais revu l'étudiant. Masky non plus n'a pas de détails sur son passé, juste qu'il terrorise ses victimes avant de les tuer, dont une jeune fille qui l'aurait décrit dans son journal intime. Puis le chef de la famille, le créateur de cette famille, Slenderman. Il apparaîtrait sur des photos d'enfants avant d'en enlever dans la forêt pour y commettre ses méfaits. Il aurait également un frère, Offenderman, coureur de jupons et grand fumeur. Son passe-temps favori est de coucher avec des femmes avant de les tuer. Comparé à son frère, il possède une bouche avec une langue de vipère. Il vit de son côté dans son propre manoir. Ceci explique pourquoi elle ne l'a pas encore vu. Et enfin Smile, le seul détail qu'elle sait de lui c'est qu'en souriant à ses victimes, il les pousse au suicide ou leur apporte la mort. Son sourire est inoffensif sur les membres de sa famille ou les tueurs. Il n'a donc eu aucun effet sur elle. Elle referma le livre et le remit à sa place. Elle descendit l'escalier. Jeff la croisa sur le pallier. Elle baissa la tête pour ne pas croiser son regard. Elle s'approcha de lui, timide. Le garçon attendit face à elle.

"Je suis désolée de ce qui c'est passé hier soir. Il est vrai que c'est toi qui a joué au con mais faut dire que je n'ai pas du tout rattrapé le coup. J'ai failli te tuer alors je te demande pardon."

Aucune réponse de la part du jeune tueur. Jusqu'à ce qu'elle sente deux doigts relever son menton. Le garçon n'affichait aucune trace de colère

"- Je suis au courant de ce qui s'est vraiment passé ne t'inquiète pas. Tu peux être sûre que je n'insulterai plus ta chère petite sœur comme tu l'appelles. Si ça peut te rassurer, t'auras le droit de me sortir tout et n'importe quoi la prochaine fois que je te sortirai une connerie. Certes je le prendrai mal mais bon comme je supporte Jane tous les jours, ça changera rien. J'avoue que nos engueulades apportent quand même de l'ambiance. Ah oui et chapeau pour le vent que t'as mis à Nina. Elle a même pas chouiné devant ma chambre pour que je la laisse entrer. Si tu veux un conseil, continue de la remballer et ne pense surtout pas lui laisser une chance. Elle mérite l'amitié de personne tu entends ?

- Oui Jill m'a prévenue.

- Parfait alors ne va pas croire une seule seconde qu'elle peut changer."

Il se détacha de la jeune fille et sauta sur la rembarre d'escalier. Il s'assit dessus et se laissa glisser en bas. Il fut vite rejoint par Caroline.

"- Dis-moi tu as déjà rencontré le frère de Slenderman ?

- Offender ? Oui je le connais depuis que je suis arrivé dans la famille. Justement il vient nous voir aujourd'hui.

- J'espère pouvoir le rencontrer.

- Oui et bien, à ta place je ne serai pas pressé.

- Pourquoi ? C'est la terreur de la famille ?

- Pire c'est le pervers de la famille. Dès que tu lui dis le mot sexe tu ne voudras plus jamais en entendre parler. Alors un conseil surtout comme tu es une fille, ne reste jamais dans la même pièce que lui. Accompagnée ça va, mais seule contre lui t'as perdu d'avance. D'autant plus que t'es devenu un chat, il pourrait te sortir des saloperies qui te feront saigner des oreilles.

- J'essaierai."

Surprise par les paroles de Jeff, elle partit de son côté. Une porte apparut à sa droite, elle décida de visiter. Seul BEN, une console à la main, était assis dans un canapé devant la cheminée allumée. Il invita la jeune femme à s'asseoir à côté de lui, ce qu'elle accepta. Ils furent bientôt rejoints par toute la famille. Enfin presque tout le monde. Les filles manquaient à l'appel tout comme Jeff. Peut-être que le frère du chef était déjà là et qu'il ne voulait pas le voir. D'ailleurs elle ferait bien de quitter la pièce avant que les mises en garde de Jeff lui retombent dessus. Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, elle s'ouvrit en laissant entrer un grand homme blanc et maigre. Il ressemblait beaucoup à Slenderman mais habillé de noir avec un grand manteau, un pantalon en cuir et des bottes en cuir. Un châpeau en feutre couvrait son crâne chauve. On voyait clairement qu'il possédait une bouche. Il passa à côté de Caroline sans la voir et s'approcha de son frère.

"- Ah Offender mon frère.

- Moi aussi ravi de te revoir frangin. Tiens les filles ne sont pas là. Quel dommage, elles mettent une si bonne ambiance. Ah mais pas toutes on dirait."

Il remarqua Caroline essayant de quitter la pièce discrètement. Elle s'arrêta en comprenant qu'elle s'était faite remarquée. Il faut croire qu'elle n'a pas la discrétion d'un chat, une capacité à travailler avec ses entraîneurs. Elle se retourna en souriant nerveusement à la créature. Il s'agenouilla devant elle avec un air de gentleman. La main de la jeune femme reçut un léger baiser.

"- Bien le bonjour gente dame. Je suis le beau et le séduisant Offenderman pour vous servir.

- Enchantée monsieur, salua le félin gênée.

- Je n'avais pas remarquée votre queue. Oh mais je vois que vous êtes une chatte, ce que je préfère. Et par quel doux prénom doit-on vous appeler ?

- C'est Caroline, notre petite nouvelle, répondit son frère. Maintenant si tu la laissais tranquille, tu vois bien que tu la gênes.

- Moi vous gêner gente dame ? Jamais."

Il l'attrapa par surprise de ses deux bras. Elle se fit soulever et pencher sur le côté. Un cliché de film à l'eau de rose qu'elle a toujours detesté. Elle regarda la bête de ses grands yeux remplis de dégoût.

"- Un petit baiser ?

- Offender d'habitude je te dis de te calmer mais là c'est pour ton bien, conseilla le frère.

- Oh allez ne sois pas si timide."

Il commença à approcher sa bouche de celle de Caroline. Il s'arrêta dans son élan en sentant une main tirer sa tête en arrière. Un couteau se plaça sous sa gorge. Tout ce que Caroline pensa pendant cet instant, c'est bien la première fois de sa vie qu'elle est contente de voir Jeff.

"Lâche-la le pervers, ordonna-t-il en grimaçant des dents !"

La créature laissa tomber Caroline qui fut rattrapée par deux bras puissants. Elle fut traînée hors de sa portée et remise sur pieds.

"- Merci LJ.

- Pas de quoi mon petit chat."

Jeff se plaça devant elle et menaça Offenderman, ricanant, en pointant son couteau devant lui.

"- T'es ridicule Jeff, il m'a à peine touchée.

- Toi va dans ta chambre au lieu de te moquer. T'en sortiras dès qu'il sera parti."

Elle le bouscula et quitta la pièce. En passant à côté de la créature, il utilisa un de ses tentacules pour soulever sa jupe. Elle écrasa le membre sous son talon. Offenderman retint un hurlement de douleur de ses lèvres serrées. Elle courut se réfugier dans la chambre de Jane et Jill en claquant la porte. Elle se laissa glisser sur le sol. Sa tête se réfugia contre ses genoux. Elle la releva en entendant la tueuse masquée s'agenouiller face à elle.

"- Ne t'inquiète pas Jane. S'il croit m'obtenir en jouant au prince charmant il se trompe.

- Qu'est-ce que Jeff t'a encore fait ?

- Il m'a sauvée du frère de Slenderman après m'avoir donné des conseils que je n'ai pas respectés. Il lui a probablement laissé croire qu'il m'avait déjà prise. En tout cas s'il fait courir cette rumeur je lui refais son sourire. Il a l'air encore beaucoup trop sérieux à mon goût. Si l'autre pétasse vient me faire la morale sur la propriété d'autrui, j'aurai la réponse sous mon nez.

- Allons avoue que ce n'est pas toi entre vous deux qui rattrape l'autre. J'aime pas te faire la morale et ça me fait plaisir de savoir qu'il n'est pas en sécurité avec toi, mais tu en fais trop. Tu râles alors qu'il voulait juste t'aider et éloigner Offender de toi. C'est ce qu'il a fait pour nous toutes, même l'emmerdeuse sauf Sally. Comme elle est encore trop jeune, le pervers attend ses 16 ans pour reproduire le même schéma. Le discours de frimeur et un bisou qui n'aboutit jamais grâce à notre garde du corps, j'ai nommé Jeff the Killer.

- Ah bon ?

- Et oui, confirma Jill. Même s'il t'en fera voir des vertes et des pas mûres s'il te garde dans son champ de vision, il sait qu'aucune de la famille ne veut finir entre les tentacules d'Offender. Voilà pourquoi à chacune de ses visites, il nous envoie dans nos chambres pour nous protéger. Il reste une tête à claques, mais il sait ce qu'il y a de mieux pour nous. Peut-être une façon de nous dire que malgré tout on reste comme des sœurs pour lui.

- Je vais finir par m'y faire avec lui.

- Ne parle pas trop vite quand même. Tu vas comprendre que son accident l'a vraiment traumatisé, conseilla Jane.

- Parce qu'il s'est fait décoller le cerveau ?

- T'as compris l'idée, dit la jeune femme d'un ton ironique. Commence déjà par te méfier quand l'alerte Offender sera levée. Jeff passe à l'étage nous confirmer que le danger est passé pour nous. Il serait capable de te montrer ce à quoi tu viens d'échapper en guise de monnaie d'échange pour t'avoir défendue."

Sa prédiction ne fut pas fausse. Dès que la voix de Jeff retentit dans le couloir pour leur annoncer qu'elles pouvaient sortir, Caroline resta quelques minutes dans la chambre. Elle en sortit après avoir entendu des pas s'éloigner, du moins c'est ce qu'elle croyait. A peine se dirigeait-elle vers l'escalier qu'elle sentit deux bras puissants l'enlacer par la taille par derrière. Elle resta figée sur place, honteuse d'avoir été bernée par un piège aussi stupide que primaire.

"Tiens tiens tiens c'est ma minette adorée !"

Elle lui écrasa le pied de son talon. Un cri de douleur s'échappa des lèvres du garçon qui lâcha prise. Elle pivota vers lui, poings sur les hanches et un regard hautain. Il tenait son pied, une main appuyée sur le mur en gémissant. Quand la douleur passa, ses yeux cernés de noir la fusillèrent.

"- Tigresse.

- On peut dire que penser du bien de toi me porte malheur.

- Ne crois que je vais abandonner aussi facilement. Tu pourrais m'être reconnaissante, j'aurais pu laisser Offender te faire des saloperies.

- Ça marche pas avec moi ce genre de plan débile pour m'obtenir. Je ne t'appartiens pas et j'ai le droit de te dire ma façon de penser. J'exige un minimum de respect.

- Moi respecter une tigresse comme toi ? Je me tape qui je veux et quand je veux OK ! Tu vois Jane même si on se crêpe le chignon toutes les deux minutes, je peux très bien la baiser si je veux !"

Il s'arrêta dans ses propos quand elle lui asséna un énorme coup de tête. Son crâne heurtant le sol l'accabla de gémissemnts. Il se redressa en se massant l'arrière de la tête. La chatte remit correctement ses cheveux en place.

"- C'est bon ton cerveau s'est recollé, demanda-t-elle d'un sourire narquois ?

- Espèce de...

- Ah ah ah attention, coupa-t-elle en levant son index ! Si tu veux être le premier à tester mes griffes crache le morceau !

- Tu ne vas pas t'en tirer comme ça !

- Oh et sinon qu'est-ce que tu vas faire, demanda-t-elle en affichant en sourire narquois ?"

Jeff resta par terre sans bouger. Il se remémora le jour où Randy et ses deux idiots l'avaient agressé avec son frère. Pendant un instant, il crut voir son ennemi au lieu de Caroline, le même sourire et le même ton qui le provoquaient. Quand il revint à la réalité, il se jeta sur la chatte étonnée. Elle ne s'était pas du tout attendue à ce genre d'attaque venant de sa part et ne put esquiver. Il lui donna un coup de poing dans le visage. Elle saigna du nez et bascula en arrière. Il la rattrapa avant qu'elle ne tombe et la plaqua face contre le mur. Il lui prit les deux bras et essaya de les tordre. Elle hurla de douleur en sentant ses os se compresser au risque de se briser. Elle lui envoya une béquille entre les jambes avant qu'il ne la prive de ses bras. Il retint un gémissement de douleur et se laissa tomber à genoux. Le félin se retourna vers lui et essuya son nez du revers de la main en inspirant un grand coup. Le jeune tueur se releva, tremblant de douleur.

"- Alors tu lui dis quoi à la tigresse maintenant ?

- C'est pas demain la veille que je m'inclinerai devant toi.

- Je ne te demande pas d'être mon serviteur, je te demande d'enregistrer dans ta petite tête que c'était foutu dès le premier soir.

- Endors-toi. Je te lâcherai pas tant que tu ne me tomberas pas dans les bras devant mon superbe visage pour me remercier de t'avoir protégée.

- Tss t'as perdu la raison trop jeune mon pauvre. Treize ans c'est trop tôt quand on n'a pas eu le temps de comprendre que l'amour ne s'obtient pas en prononçant ce mot.

- Je crois que je me suis pas bien fait comprendre. Laisse-moi reformuler ça autrement. Aime-moi.

- Jamais.

- Comme tu veux. Dans ce cas je vais devoir utiliser la manière forte.

- Laquelle ?

- Te rouler une pelle sans avoir ton avis. Là tu comprendras que tu es à moi.

- Très bien. Je ne voulais pas en arriver là mais tu l'as bien cherché.

- Quoi donc ma petite minette ?"

Pour toute réponse, un murmure musical résonna à ses oreilles alors qu'elle glissa une main sur son épaule. Son corps ne lui obéissait plus, tout ce qu'il pouvait faire c'était l'écouter. Elle commença à approcher ses lèvres.

"C'est ça ton arme fatale ? Me donner ce que je souhaite ? Je vois pas où est le problème."

Elle écrasa alors profondément sa bouche sur la sienne en le provoquant du regard. Il sentit alors comme une sensation de brûlure traverser ses veines. Sa vision se troubla de plus en plus fort. Il voulut la repousser mais n'y arriva pas. Quand elle le relâcha, il tomba à genoux La chatte l'attrapa par la gorge pour le maintenir à sa hauteur.

"- Qu'est-ce que tu m'as fait tigresse ?

- Relax mon chou, tu vas juste faire une petite sieste, rassura l'apprentie tueuse sur un ton narcissique et doucereux. Quoi Eyeless aurait omis de te prévenir ? Ah bah c'est vraiment pas de chance !

- Tu me le paieras.

- Réjouis-toi que je t'ai embrassé comme une bourrin. Un peu plus lentement et c'était le dernier de ton existence. Alors tiens-toi à carreaux ou j'utiliserai le mortel la prochaine fois que tu pousses le bouchon trop loin. J'en connais une qui sera contente de te regarder mourir sur place. Fais de beaux rêves."

Elle le laissa tomber en sentant qu'il ne tenait plus sur ses jambes. Elle leva une oreille en entendant le parquet grincer. Elle se retourna et vit Nina, regardant le corps inanimé de Jeff gisant à terre d'un air horrifié. Son visage se durcit quand elle leva les yeux vers la chatte.

"Je le savais que tu étais là pour me le voler ! Là tu viens signer ton arrêt de mort salope !"

La jeune fille prit son couteau à sa ceinture et se précipita vers la chatte en poussant un cri de bête. Caroline la fixa d'un regard déçu, nullement impressionnée, sans broncher. Elle attrapa le poignet de son adversaire. Un coup de poing dans le ventre désarma son adversaire. Nina se plia en deux en se tenant les côtés, penchée vers le sol. Elle releva la tête quand sa "rivale" ramena son visage dans sa direction en la soulevant de quelques centimètres.

"Écoute-moi bien petite pute, ordonna la chatte d'un ton menaçant. C'est la dernière fois que je veux t'entendre me sortir ce genre de conneries. Il a joué au con, il a perdu OK ? S'il l'ouvre toutes les deux secondes pour sortir sa misogynie ou marquer son territoire sur moi, c'est pas mon problème. T'as qu'à le tenir en laisse et lui donner une leçon de couple si tu tiens à ce qu'il arrête de m'emmerder. Alors si tu ne sais pas t'en occuper, arrête de rejeter ta mauvaise foi sur moi. Il est absolument hors de question que je sorte avec cette chose. Et puisque que mes menaces de ce matin ne t'ont pas suffi, je donne à toi aussi un dernier avertissement. Fais de beaux rêves."

Elle murmura son petit air de musique pendant quelques secondes. Ses lèvres se posèrent sur les siennes pour se décoller aussi vite. La jeune fille vacilla sur ses jambes et s'écroula. Caroline regarda son œuvre avec un regard de triomphe. Elle entendit derrière elle des applaudissements séparés de plusieurs secondes venant de deux personnes. Masky et Hoodie sans leurs masques la félicitaient en personne.

"- Il n'a pas tort, t'as un côté de tigresse, remarqua Hoodie.

- Attendez vous êtes là depuis combien de temps vous deux ?

- Depuis le début, répondit Masky.

- Et c'est maintenant que vous vous montrez ?

- Du calme on était justement prêts à intervenir au cas où ça tournerait au vinaigre mais on a vu que tu te débrouillais plutôt bien.

- T'es sûre d'avoir besoin de cours de tuerie, demanda Hoodie ? Parce que là t'es parfaite.

- Je réserve mon baiser de la mort en cas de coup dur. La plupart du temps ce sera une mort rapide. Et puis c'est pas parce que je les ai mis KO que ce sera le cas à chaque fois.

- T'as raison on n'est jamais sûrs. Donc entraînements comme prévu quand tu veux.

- Demain si vous voulez.

- Parfait t'en penses quoi Masky ?

- Ça me va.

- Maintenant si vous pouviez m'aider à les mettre dans leurs lits s'il vous plaît ? D'accord ils s'en foutent je les ai endormis. Mais ce serait dégueulasse de ma part de les laisser dormir comme ça."