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Caroline se réveilla en sentant la lumière naturelle passer à travers ses volets. Elle s'assit et étira ses bras. Elle remarqua que William s'était déjà levé. Elle se fit une petite toilette et mit sa tenue habituelle sans oublier ses armes. Il est bon d'avoir toujours une arme sous la main. Avec Zalgo qui attaque sans prévenir, il est plus que prudent de prendre des précautions. Elle descendit et entra dans la cuisine. Elle trouva sa belle-sœur, son petit ami, les filles et BEN. William vint lui donner son baiser du matin. Il sortit une tasse qu'il remplit de café.
"- Bien dormi Hélène ?
- Oh oui et la petite a été bien sage. Et toi frérot ?
- Comme une pierre. Ça fait longtemps que je me suis pas endormi comme une masse.
- Des nouvelles de Liu ?
- Négatif, répondit Nina.
- Les hommes sont partis à sa recherche, continua Jill. Sauf Jeff, toujours enfermé dans sa chambre. Ils ont emmené Smile avec eux pour retrouver son frère.
- Avec Zalgo qui est peut-être en train de préparer un mauvais coup dans notre dos, j'espère qu'il va bien, dit Jane.
- Je sais pas vous mais vu la façon dont on l'a rencontré, je suis prête à souhaiter qu'il ne revienne pas, avoua Nina.
- Moi non plus, approuva Sally. Après avoir dit du mal à mon grand frère, plus question.
- A votre avis il me laissera entrer, demanda William ?
- Pourquoi faire, questionna Caroline ?
- Bah comme je sais ce que c'est d'avoir un frère ou une sœur, je pourrais lui parler.
- Essaye toujours, dit BEN. Déjà que je lui ai monté un plateau qu'il n'a pas touché, je sais pas s'il acceptera d'avoir une conversation. C'est la porte bleue marine."
Le jeune homme monta et s'arrêta devant la porte indiquée. Il hésita quelques secondes et toqua trois fois.
"- Jeff c'est William je peux entrer ?
- Qu'est-ce tu veux ? Me faire enregistrer que ta copine est déjà prise en me parlant des saloperies que tu fais avec elle ?
- Là je t'arrête tout de suite c'est pas du tout mon genre ! Si t'as jamais accepté que c'était foutu entre vous c'est pas mon problème ! Tu te doutais bien quand même qu'après toutes tes gaffes c'était perdu d'avance ?
- Entre, la porte est ouverte."
Il l'ouvrit doucement et regarda à l'intérieur. Il vit le garçon de dos, fixant le mur. En entrant, William remarqua qu'il regardait une photo posée sur une petite étagère. En se plaçant à côté du lit, il vit deux jeunes adolescents souriants.
"- C'est toi et Liu ?
- Oui. Il allait avoir 11 ans quand c'est arrivé. Ce n'était qu'un gamin. C'était mon petit frère et j'ai voulu sa mort. Pendant ces trois ans j'étais hanté par cette nuit, quand j'ai vu son visage me suppliant et moi qui lui enfonçait ce couteau dans le ventre. Mais voilà qu'il a survécu pour me faire payer ce que j'ai fait. J'arrive pas à croire que je lui ai dit ça. Ça t'est déjà arrivé de dire ce genre de choses à ta sœur sous le coup de la colère sans vraiment les penser ?
- Quelques fois oui après qu'on se soit disputé. A chaque fois c'était pour une petite connerie de rien du tout et on faisait la paix.
- Et bien moi pour une grosse que j'ai aggravée. Pourquoi ce n'est pas moi qu'ils ont arrêté ? Si je m'étais retrouvé au CPD on serait encore les frères qu'on était autrefois avec nos parents ! Ma mère, mon père que j'ai tué de sang froid ! Ils méritaient pas ça !"
William le vit gémir de dos en sanglotant. Il s'approcha en posant une main sur son épaule.
"- Même si tu ne les vois pas, ils sont toujours avec toi. Ils savent pertinemment que tu ne voulais pas. Rien n'est arrivé par ta faute même si ça reste horrible. Les seuls à blâmer sont ses trois racailles.
- Qui t'a parlé de Randy, Troy et Keith ?
- Jane à l'instant, elle m'a raconté l'origine de toutes vos scènes de ménages. Nina n'a pas apprécié qu'elle raconte comment elle s'est défoncée pour te ressembler. C'est raté ouais ! Va savoir pourquoi t'es jamais sorti avec.
- Encore quelqu'un qui est d'accord avec moi mais elle me fait encore chier avec tout ça.
- Hé bah mon vieux c'est pas gagné ! Juste pour te dire Jeff que je me mets à ta place. Tu te réjouis que ton petit frère soit vivant et il te rejette. J'avoue que tu l'as un peu cherché mais crois-moi tu ne méritais pas ça. Se faire renier par un proche c'est la pire chose qu'on puisse subir. Tu devras essayer de lui parler, lui montrer que malgré tout ce que tu as fait tu es resté son grand frère. Et puis merde quoi t'es ce que t'es devenu point barre ! T'as agi sous le coup de la folie voilà c'est tout ! Après s'il est pas foutu de comprendre ça, laisse tomber il n'en vaut pas la peine ! D'ailleurs je me demande s'ils vont le rattraper.
- J'en sais rien. J'espère juste que Zalgo ne lui a rien fait. Il est capable de tout celui-là, même utiliser mon petit frère pour me faire chanter. Maintenant laisse-moi tranquille s'il te plaît, je suis fatigué."
Il sortit de la chambre en refermant la porte derrière lui. Il descendit doucement les escaliers en espérant que la situation s'arrangera. Bien qu'il lui en voulait pour ce qu'il avait fait à Caroline, il ressentait de la pitié pour lui. Il croisa sa sœur et sa petite amie en bas des escaliers.
"- Alors, demanda la chatte ?
- Il va très mal. Il n'arrête pas de rejeter la faute sur lui. A peine il retrouvait la paix avec lui-même que le passé resurgit et le torture. Espérons qu'ils vont retrouver Liu.
- Laissons-le tranquille et allons plutôt ensemble faire les boutiques, proposa Hélène. Jane a dit que Slenderman nous en donnait la permission. Mais avant on doit se changer et mettre des perruques si on ne veut pas se faire reconnaître. Jane nous a donné la permission de fouiller sa garde robe.
- T'es sûre, demanda Caroline ?
- Oui elle m'a transmis le message. A trois comme au bon vieux temps.
- Franchement c'est pas si vieux comme temps, soupira Williams. Allez fonçons."
Ils montèrent dans la chambre de Jane et Jill. Ils prirent chacun un jean, une chemise ou un pull et une paire de tennis. Dans un tiroir, ils trouvèrent des perruques. Caroline en prit une blonde au carrée, Hélène une longue noire en chignon et William une brune d'homme. La chatte prit soin de cacher sa queue et ses oreilles. Ils enfilèrent un manteau, une écharpe et empruntèrent une voiture qui servait aux sorties en ville. Grâce à une machine de BEN, ils se téléportèrent en voiture jusqu'à Paris en toute discrétion. Le véhicule se fondit au décor avant d'apparaître sans attirer l'attention. Personne ne les reconnut. Ils se croyaient dans un film d'espionnage. L'exil éternel a quelque chose d'extra. Ils commencèrent par le Printemps, d'ailleurs la seule boutique qu'ils firent de la journée. Toute la façade était décorée à l'occasion des 150 ans de la marque. Avec ses couleurs roses, ses décorations lumineuses et ses merveilleuses vitrines, ils avaient l'impression d'entrer dans un palais. Ils passèrent la matinée à "dévaliser" les étages. Hélène dénicha toute une panoplie d'accessoires à motifs fleuris noirs, gris, roses et blancs, de la marque Maria Luisa composée d'un sac à dos, une pochette, une casquette moitié noire moitié fleurie, un sac avec le fond extérieur et les anses noirs et des slippers avec la semelle blanche. Caroline quatre belles robes courtes. Une blanche à fleurs roses cousue d'une ceinture blanche à deux bords rouges avec un décolleté en V. Une à bretelles et à motifs avec un aspect mosaïque de fleurs roses feuillues et des rosasses dorées sur du bleu et du jaune sur les bords. Une blanche bustier avec des motifs de fleurs roses et une blanche à manches courtes avec des roses faîtes de tissu. En complément, elle prit quatre paires de chaussures. Une paire d'escarpins roses et noirs avec une lanière lui entourant le pied comme une tige et une rose cousue. Des escarpins blancs imprimés de roses, des sandales à talons rouges avec la semelle rose, une lanière blanche entourant la cheville, des pétales de fleurs en tissu blanc et rose et des cristaux collés. Enfin des espadrilles avec le même imprimé que la deuxième robe et une bande de rosaces. William ne choisit que des pantalons, des polos, des chemises et des tennis simples. Ils achetèrent aussi du maquillage et des vernis pour les filles. A force de s'acharner sur la mallette de maquillage et la collection de vernis de Caroline, elles seront à sec. Vers midi, ils s'achetèrent des sandwichs dans une supérette proche du magasin. Ils terminèrent leurs après-midi à la Maison du Chocolat installée dans le magasin. Ils purent déguster des compositions originales et délicieuses. Ils en emportèrent pour faire goûter à la famille. Le plus dur était de se téléporter au manoir sans attirer l'attention. Alors qu'ils cherchaient un endroit discret, le véhicule semblait avoir entendu leur prière. Ils disparurent lentement pour se fondre au paysage. La voiture se téléporta tout droit dans le garage. Ils remirent en même temps leurs tenues habituelles pendant le "transport". Ils se sentaient soumis dans ces costumes. Mais alors qu'ils remontaient au rez-de-chaussée, une mauvaise surprise les attendait. Alors que Caroline s'apprêtait à leur crier qu'ils étaient rentrés, elle s'arrêta en voyant la cuisine dans un affreux désordre. De la vaisselle cassée, les murs griffés, des placards dévalisés avec leur contenu au sol. Un silence de mort régnait dans le manoir. La chatte horrifiée laissa tomber ses affaires. Elle s'approcha d'un mur abîmé en tendant la main. Quelque chose de démoniaque se dégageait de l'éraflure. Elle avança lentement comme dans un cauchemar, les yeux grands ouverts d'horreur. Le salon était dans le même état. Elle s'arrêta en sentant quelque chose sous son pied. Elle recula d'un pas. C'était la poupée et l'ours en peluche de Sally. Meubles renversés et lacérés à coups de couteaux ou de griffes, coussins déchirés, objets jonchant le sol, il y a même des traces de sang. Elle ramassa sur son passage ce qu'elle reconnut comme étant le couteau de Jeff et celui de Jane, la lame maquillée de sang froid. Ils ont dû se défendre. Elle les essuya avec le bout rouge de sa jupe et les accrocha à sa ceinture. Elle continua jusqu'à découvrir une flaque de cet affreux liquide cramoisi. La chatte couvrit sa bouche de ses mains pour se retenir de crier. Ses jambes tremblèrent au point de la faire tomber à genoux. Elle cacha son visage dans ses yeux. Son corps fut secoué de sanglots. Elle ne pouvait pas croire qu'ils se soient fait tuer. C'est impossible, si Zalgo avait lancé une attaque surprise, elle aurait déjà retrouvé leurs corps. Elle cessa de pleurer et découvrit son visage en pensant à ce nom. Elle prit une petite coupe et une petite cuillère dans la cuisine pour récupérer un peu de sang. Elle descendit à l'infirmerie, suivie de son petit ami et sa belle-sœur. La machine d'Eyeless reposait dans son placard. Elle l'alluma et ouvrit un petit compartiment. Elle y versa le liquide et lança une analyse. Elle poussa un soupir de soulagement en ne voyant pas apparaître le nom d'un des membres de la famille, puis afficha un regard surpris en voyant apparaître une personne à laquelle elle ne s'attendait pas du tout. L'image et le nom du garçon sonnèrent comme un déclic dans sa tête. Randy, l'un des délinquants ayant attaqué Jeff et Liu. La machine doit sûrement avoir un défaut, il est mort il y a presque 5 ans. Mais elle eut beau rallumer, relancer la recherche et régler les paramètres de l'appareil, elle devait se rendre à l'évidence que c'était bien lui. Elle abandonna la machine et remonta au rez-de-chaussée quatre à quatre. William et Hélène la suivirent du mieux qu'ils purent. Ils arrivèrent dans le salon et la regardèrent scruter du regard une caméra de surveillance. La chatte la regardait comme si c'était un trésor. Oui un trésor rempli d'indices. Une petite lumière rouge s'affichait, elle devait sûrement marcher pendant l'attaque. Son esprit s'illumina en se souvenant de ce jour où elle l'avait aperçue pour la première fois.
"Il y en a partout dans chaque pièce du manoir et autour du périmètre, lui avait expliqué BEN. Si Zalgo s'introduit pendant notre absence, un petit coup d'œil sur les enregistrements. Et si l'un de nous disparaît, on vérifie celle de la pièce où on l'a vu pour la dernière fois. Si jamais tu te retrouvais seule après qu'on ait tous disparus, prends le Mac dans ma chambre sur le bureau, ouvre l'application "VIDÉOSURVEILLANCE" collé en majuscule et inspecte les caméras."
Elle fonça à l'étage dans la chambre de l'elfe. Elle trouva immédiatement l'appareil qu'elle avait besoin et redescendit en express. Elle se posa sur un fauteuil massacré et alluma l'appareil. Derrière elle, William et Hélène regardèrent par-dessus son épaule ce qu'elle faisait. Elle tapa un code et ouvrit le logiciel en question. Elle sélectionna la caméra du salon. Elle ferma les yeux et réfléchit. Tous les trois ont quitté le manoir à 10h30 précise puis sont revenus à 17h30. Le sang qu'elle a trouvé n'était plus chaud et dégageait une odeur infecte. Le salon et la cuisine étaient donc en désordre depuis plusieurs heures. Elle indiqua 10h30 et avança l'enregistrement pendant plusieurs longues minutes, le cœur battant à l'idée de ce qu'elle allait voir. Arrivée à 14h, elle mit les images en pause. Smile était prêt à charger et grinçait des dents à une personne n'apparaissant pas à la caméra. Elle vit un icône permettant de régler le son qu'elle activa et remit la vidéo en route. Smile grognait en effet devant Jeff, lui demandant ce qu'il avait. Un énorme bruit retentit dans la cuisine, faisant sursauter tout le monde, celui d'une porte brisée. Caroline comprit en les entendant crier le nom de Zalgo qui entra dans le champ de la caméra. Elle arrêta une nouvelle fois en le voyant accompagné de trois garçons dont un maigre et un obèse. En zoomant sur leurs visages affichant un sourire mêlant satisfaction et colère, la chatte reconnut Randy, Troy et Keith. Mais comment ? D'où sont-ils ressuscités ? Slenderman lui avait expliqué que Zalgo était capable de ramener à la vie les pires ennemis de n'importe quel individu en fouillant discrètement dans sa mémoire à l'aide du regard. Les trois racailles avaient ici l'air d'avoir 16 ans au lieu de 12, l'âge où ils sont morts. Apparemment les morts ressuscités par le démon prennent l'âge qu'ils auraient le jour où il les ramène à la vie. Jeff se précipita en criant sur ses ennemis, couteau en l'air. Ils ne bronchèrent pas d'un pouce. Seul Randy le repoussa d'un coup de poing dans le visage, l'envoyant se cogner le crâne contre un mur. Le mort-vivant fonça sur le garçon. Il commença à le frapper violemment au visage à coups de poing et de de coups de pied. Smile voulut défendre son maître en se jetant sur son bourreau. Il fit un bond prodigieux pour atterrir sur le dos de Randy. Mais il fut bien plus fort et se débarrassa du chien d'un coup de poing dans l'estomac qui l'envoya contre un fauteuil. Le pauvre émit un gémissement en se cognant et resta inanimé. Jeff voulut venger son chien en ripostant de multiples coups de couteau, formant bientôt une flaque. Pendant que toute la famille se faisait maîtriser, Randy cognait encore et encore sur Jeff en lui lançant des propos insultants. Il eut vite le visage couvert de sang. Des larmes coulèrent des yeux de Caroline. Il était pire que lors de l'anniversaire du petit Billy. D'accord elle détestait Jeff depuis qu'il a tué ses voisins. D'accord elle a passé son temps à lui faire des vacheries mais elle n'a jamais voulu ça. Il ne méritait pas de revivre ce jour où il a vu la mort d'aussi près.
"Allez Jeff bats-toi ! Tu devrais avoir honte de rester là sans rien faire ! Tu as beau être devenu un tueur, tu es toujours incapable de te battre ! Je comprends pourquoi cette minette ne te trouve rien ! Tu regardes ta famille se faire humilier par le maître des ombres qui rendrait le Diable jaloux sans te remuer ! Et en plus tu me laisses l'insulter ! Qu'est-ce qu'elle penserait de toi en ce moment ? Elle a eu raison de te laisser tomber pour un autre ! Ton frère n'était pas si bête d'être venu fayoter auprès de Zalgo ! Lui au moins savait ce que tu méritais, pas comme cette idiote !"
La chatte appuya sur la touche espace du clavier à la dernière phrase. Ainsi donc Liu les a trahis en les livrant à Zalgo. Elle rembobina et réécouta plusieurs fois. Son corps trembla de rage.
"- Oh non Liu c'est pas vrai, soupira William !
- Quelqu'un va avoir de gros ennuis, remarqua Hélène.
- Remerciez-moi de vous en avoir éviter, rétorqua une voix masculine. Un jour où l'autre ils vous aurez tués.
- Bingo t'as décroché le pompon, cracha Caroline d'un ton mêlant colère cachée et ironie. En effet quelqu'un va mourir tué par un membre de la Killer Family. ET C'EST TOI !"
Dans son élan, l'ordinateur tomba de ses genoux au sol. Elle se précipita sur le garçon avec un cri de bête. Son manque d'anticipation l'envoya à terre, frappé d'un pied de table arraché. Le coup suivant le fit heurter le mur. La chatte le souleva avant qu'il retombe. Elle l'étrangla de la force de son poing en lui enfonçant ses ongles dans la nuque. Une grimace de colère fusilla le traître. Les pointes traversèrent sa peau, il retint un cri de douleur. Quelques gouttes chaudes coulèrent.
"- Jeff avait raison. Il aurait dû revenir à ton chevet et vérifier que tu resterais dans les flammes puantes de l'enfer dont tu n'aurais jamais dû sortir. Et tu oses employer le terme de monstre pour le décrire. Moi je sais lequel de vous deux doit être qualifié ainsi, y a pas photo.
- Caroline arrête ça ne sert à rien, ordonna William !"
Le jeune homme essaya de la calmer en posant une main sur son épaule. Il n'aurait pas dû. Son regard rencontra celui de sa compagne, un des plus effrayants qu'il ait pu voir en elle.
"Toi."
Le ton sortant de ses lèvres suffit à traduire ce qu'elle ressentait en l'entendant prendre la défense de ce traître. Elle laissa Liu retomber lourdement assis par terre. Elle souleva celui qu'elle appelait il y a encore quelques secondes son petit ami par le col. Des larmes de rage accentuèrent son état déplorable.
"- Toi je t'interdis de me toucher ! Depuis combien de temps tu es de son côté ? T'étais au courant de ce qu'il préparait ? Cette sortie s'était pour m'éloigner de ce qui se tramait dans mon dos ? RÉPONDS, hurla-t-elle en le secouant !
- Lâche-le, ordonna Hélène !"
La sœur tenta de dégager son frère. Caroline accepta sa requête en jetant sa proie au sol.
"Alors c'est comme ça ? Ce salopard a décidé de tout me prendre. Dans ce cas c'est fini pour toi Liu. Fais de beaux rêves."
Elle dégaina sa dague en s'avançant calmement vers sa prochaine victime. Son ex-petit ami et son ex- belle-sœur lui prirent chacun un bras pour tenter de la retenir. Elle se débattit en crachant. Lassée de tous ces événements, elle les repoussa un bon coup et s'enfuit du manoir en courant. Elle fonçait à travers la forêt, pleurant de colère en reprenant sa respiration. Elle courait au hasard sans savoir où elle allait. Au fur et à mesure qu'elle avançait, elle rencontrait de moins en moins d'arbres. Le hasard l'avait conduit là où elle voulait, au plus profond de la forêt. Là où seul les âmes déchues comme ceux de la Killer Family peuvent pénétrer. Elle s'arrêta en voyant l'épreuve qui l'attendait. Sur une haute montagne, surmontée d'un ciel noir et orageux, s'élevait un terrifiant manoir. La demeure de Zalgo, le démon de la folie, la mort et la destruction. Elle serra les poings en prenant une profonde inspiration. Ses jambes pivotèrent vers l'avant et la menèrent jusqu'en bas de la montagne. Elle avança devant elle en réfléchissant à la manière d'escalader le terrain. Un escalier en colimaçon taillé dans la roche lui donna la réponse. Elle s'arrêta et se retourna en entendant au loin trois voix crier son nom. Les dernières personnes qu'elle voulait voir si elle devait ne jamais en revenir. Elle détourna la tête et recentra son attention sur son objectif principal en fronçant les sourcils. Elle desserra les poings et expira profondément. Alors qu'elle allait monter les premières marches, elle fut tirée en arrière par trois paires de bras.
"- Caro fais pas ça ils vont te tuer, interpella William !
- Qu'elles ramènent donc leurs culs ses majorettes ridicules je les attends !
- Mais tu nous écoutes ou merde, demanda Liu agacé ? Tu vas être transformée en chair à pâtée !
- C'est ça l'idée, dit-elle d'un ton narquois.
- Quoi t'es pas sérieuse ? Foncer tête baissée là-dedans ?
- Bah ouais, cracha-t-elle ! Comme ça tu vas avoir ma mort sur la conscience ! Et tu vas te dire que si tu n'avais pas été un frère de merde rien ne nous serait arrivé à tous ! Tu les as envoyés au casse-pipe, alors pour bien te trouer le cul j'irai tenté de les sauver ! Tu comprendras alors que derrière son masque de tueur Jeff est resté ton frère ! Pour te plaindre t'es champion du monde mais pour utiliser ta cervelle y a plus personne ! Qu'importe que ma mort soit déjà écrite, moi au moins je ne reste pas là à me faire cuire le cul dans la boue frère indigne !
- Caroline chérie s'il te plaît.
- NE M'APPELLE PAS CHÉRIE !"
Dans sa rage, elle lui envoya un coup de griffe dans la joue. Le garçon s'écroula sur le sol la joue en sang. Quelques gouttes perlèrent au sol avant qu'il n'y porte la main. Il croisa le regard grimaçant de la chatte.
"- Es-tu avec moi ou contre moi ? C'est ce qui me semblait. J'ai eu tort de m'être laissée embobinée par ton visage "angélique", dit-elle avec deux doigts de chaque main. La beauté du visage ne dit absolument rien d'une personne. Même les plus beaux peuvent être les pires créations de l'univers.
- Tu préfères ces monstres à nous, scandalisa Hélène ?
- N'en dites pas plus ! C'est ma famille ! Personne ne me fera abandonner ma famille ! L'un d'eux m'a pris celle qui me restait et a voulu répéter le même schéma avec moi je vous l'accorde. Mais ils m'ont tous montré que derrière leurs crimes ils étaient différents. Même cette peste qui m'a sans cesse rejetée en me faisant porter le chapeau n'avait pas toujours un caractère de truie. Alors que vous soyez avec moi ou pas j'irai les sauver même si je dois y laisser ma vie. Le ciel m'en est témoin. Quant à vous allez vous en. Il est hors de question de vous revoir en travers de mon chemin. Vous avez fait votre choix, déguerpissez maintenant et pour toujours. Vous avez choisi le point de non-retour, faîtes en ce qu'il vous chante."
Elle tourna les talons et monta les marches quatre à quatre, ignorant les cris de son ex-petit ami et son ex-belle-sœur. En bas, William se laissa tomber à genoux, cacha son visage dans ses mains et pleura. Hélène s'agenouilla près de lui et essaya de le consoler.
"- Tu te fous de moi ? Après ce que t'a dit cette minette tu chiales pour elle ?
- Mêle-toi de ton cul petit con, lança le garçon en se relevant ! C'est clair ses mots n'étaient que la pure vérité ! Entre toi et ton frère, on comprend tout de suite lequel est le véritable monstre de cette histoire ! Dire qu'on ose qualifier certains envoyés de Satan comme toi d'humains ! T'aurais dû rester dans ton lit et crever !"
Il s'enfuit en courant et en pleurant, suivi de sa sœur.
