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Vers minuit, après une fête mouvementée et épuisante, William se glissa dans la chambre de Jeff et Eyeless. Il vérifia qu'Eyeless portait bien ses bouchons d'oreilles, Jeff ronflant comme un taureau. Il s'approcha du lit du balafré dormant à côté de son frère, endormi comme une masse. Rien ne pourra les réveiller. Il se plaça du côté de Jeff, les yeux cachés par un masque.
"- Jeff réveille-toi ! Réveille-toi !
- Mmm Caroline tu es si douce.
- Réveille-toi !"
En voulant le secouer, il le fit tomber par terre. Jeff se réveilla en sursaut en poussant un cri. Il se cogna le nez au passage en perdant son masque. Il poussa un gémissement de douleur en leva la tête vers William en grimaçant. Il se massa le nez.
"- Quoi qu'est j'ai fait, grogna-t-il de mauvaise humeur ? T'as vu l'heure qu'il est ? C'était pour quoi ça ?
- Caro a disparu !
- Qu'est-ce que tu entends par disparue ?
- Je viens de faire une insomnie mais elle n'était plus dans le lit !
- Oh elle est sûrement allée faire un tour aux toilettes ou se servir un verre.
- J'ai regardé partout !
- La bibliothèque ?
- Oui.
- La salle d'entraînements ?
- Oui.
- L'infirmerie ?
- Oui elle n'est nulle part dans le manoir ! Et si quelque chose d'affreux lui était arrivé ?
- Pff soit pas si parano Will, pouffa Jeff ! Vous avez buté Zalgo, y a plus aucun danger où qu'elle soit !
- Jeff !
- OK OK c'est bon je vais aller la chercher ! Laisse-moi m'habiller, m'armer et je te la ramène.
- Merci fais attention.
- T'inquiète. Encore faut-il que je sache où elle s'est planquée."
Pendant que William retourna dans la chambre de Caroline, Jeff se prépara et quitta le manoir. Avec cette obscurité, n'importe quel intrus pourrait venir faire des siennes. Pourvu que Caroline n'ait pas fait la bêtise de laisser ses armes. Il finit par reconnaître ses traces de pas et les suivit. En arrivant près d'un ravin, il trouva la chatte assise au bord en regardant la pleine lune. Il se cacha derrière un arbre pour voir si quelque chose la tourmentait. Au lieu de pleurer, elle entonna une chanson en remuant sa queue toujours en fixant la lune.
Idiot qui ne comprend pas
La légende qui comme ça
Dit qu'une gitane
Implora la lune
Jusqu'au lever du jour
Pleurant elle demandait
Un gitan qui voudrait
L'épouser par amour
Tu auras ton homme, femme brune
Du ciel répondit la pleine lune
Mais il faut me donner
Ton enfant le premier
Dès qu'il te sera né
Celle qui pour un homme
Son enfant immole
Bien peu l'aurait aimé
Lune tu veux être mère
Tu ne trouves pas l´amour
Qui exauce ta prière
Dis moi lune d´argent
Toi qui n´as pas de bras
Comment bercer l´enfant
Hijo de la luna
D´un gitan cannelle
Naquit l´enfant
Tout comme l´hermine
Il était blanc
Ses prunelles grises
Pas couleur olive
Fils albinos de lune
Maudit sois tu, bâtard
T´es le fils d´un gadjo
T´es le fils d´un blafardLune tu veux être mère
Tu ne trouves pas l´amour
Qui exauce ta prière
Dis moi lune d´argent
Toi qui n´as pas de bras
Comment bercer l´enfant
Hijo de la lunaLe gitan se croyant déshonoré
Couteau en main sa femme alla trouver
L´enfant n´est pas de moi
Tu m´as trompé, je vois
À mort il la blessa
Et l´enfant dans ses bras
La colline il monta,
Là-haut l´abandonnaLune tu veux être mère
Tu ne trouves pas l´amour
Qui exauce ta prière
Dis moi lune d´argent
Toi qui n´as pas de bras
Comment bercer l´enfant
Hijo de la lunaEt les soirs où l´enfant joue et sourit
De joie aussi la lune s´arrondit
Et lorsque l´enfant pleure
Elle décroît pour lui faire
Un berceau de lumière
Et lorsque l´enfant pleure
Elle décroît pour lui faire
Un berceau de lumière
Elle ne broncha pas quand elle entendit Jeff s'approcher. Il s'assit à côté d'elle.
"- Qu'est-ce que tu fais là, demanda le félin ?
- William m'a envoyé te chercher quand il a vu que tu avais disparu.
- Ah ouais en effet il t'a tiré du lit, rit la chatte !
- Gnagnagna ! Ouais j'ai une tête horrible et je t'emmerde minette ! Qu'est-ce que tu chantais ?
- Une berceuse de ma mère quand je n'arrivais pas à dormir. Une légende que sa nourrice espagnole lui racontait sur l'enfant de la lune. Une histoire bien triste.
- Tu te sentais si mal que tu l'as chantée ?
- Non, j'avais juste besoin de ça pour me sentir enfin en paix avec moi-même. Vous ne l'avez jamais remarqué mais malgré ma nouvelle famille, je souffrais encore d'avoir perdu mes parents et mon autre famille. La nuit je les voyais me crier de les aider ou me demander pourquoi je les avais abandonnés. Avant que Liu décide de nous détruire, j'avais retrouvé un espoir et peu à peu cette paix en retrouvant mon William. Même après leur trahison, j'avais retrouvé toute ma confiance et mon désir de me battre contre les démons du passé. C'est comme ça que j'ai réussi à affronter Zalgo avec vous. Quand ils ont retourné son plan contre lui, la partie de mon cœur qui s'était brisée m'a été rendue. Enfin je suis là, en paix avec moi-même, là où je dois être avec ceux que j'aime."
Jeff posa alors sa main sur la sienne.
"- Tant mieux si ça t'a aidé mais ne te sauve plus en pleine nuit. Sauf si évidemment t'as envie de casser de la chair et du sang. Tu m'emmèneras avec toi ?
- Je vais y réfléchir.
- Allez viens je te ramène au manoir avant que William nous cherche et se paume."
Il se leva et la tira d'un coup sur ses pieds. Ils rentrèrent au manoir et retournèrent se coucher. La chatte écouta à la porte Jeff s'écrouler dans son lit et recommencer à ronfler. Elle sourit, heureuse d'avoir une famille aussi attachante, et retourna dans sa chambre. Elle se remit en chemise de nuit et se coucha près de William à demi-éveillé. Il se tourna vers elle en plaçant un bras sur sa taille.
"- T'as paniqué parce que j'étais sortie ?
- Oui j'ai cru que tu avais disparu alors j'ai secoué Jeff.
- Je l'ai compris en le voyant arriver la tête dans le cul. Il était de mauvais poil.
- Ça tu peux le dire.
- Il vient juste de se remettre à ronfler. Il est vachement bruyant. J'en connais une qui se ferait un plaisir lui arracher ses cordes vocales.
- Me donne pas des idées que tu pourrais regretter.
- Pff t'es con, pouffa Caroline en lui donnant une tape sur l'épaule ! J'étais sortie mettre les choses au clair. J'ai trouvé ma place dans cette famille comme toi. J'ai des tas de frères et sœurs, un père aimant, un petit ami et une belle-sœur charmants. Je n'ai rien à demander de plus.
- Tu sais chérie, tu n'as pas à te blâmer d'être devenue une anti-héroïne, une Catwoman. Tes parents et tes voisins savaient qu'un jour tu prendrais ta vie en main et que tu réussirais à la mener comme tu l'entends. Ils doivent aussi être fiers de toi que tu ne les aies pas jugés du premier regard. Même s'ils n'inspirent pas la compassion la première fois qu'on les voit, on a eu tous les quatre une chance que personne d'autre n'aura. Apprendre à les connaître et comprendre que sous leurs effrayantes apparences, ils sont plus humains que d'autres.
- Et bientôt on sera cinq à avoir fait cette expérience.
- Quoi t'as invité une copine ?
- Non idiot, rit Caroline ! J'ai fait un test dans la soirée. Dans neuf mois, quelqu'un issu de notre amour aura droit à la même expérience que nous.
- Putain je vais être papa et Hélène une tatie ! Attends mais ils sont au courant les autres ?
- Non ce sera une surprise au réveil demain. Je voudrais que Jane soit la marraine. T'as une préférence pour le parrain ?
- Mon bon vieux Liu. Et le prénom t'as des idées ?
- Charlotte si c'est une fille. Louis si c'est un garçon."
Neuf plus tard, Caroline était à l'infirmerie d'Eyeless avec de violentes douleurs. Le bébé avait décidé de sortir. Elle hurlait de douleur, les larmes dégoulinantes le long de ses joues. Elle s'était pourtant doutée que c'était toujours douloureux. William et Hélène lui tenait chacun une main pour l'aider à supporter. Jane lui disait de pousser pour aider son bébé. La chatte ferma les yeux et respira profondément. À la nouvelle contraction, elle grinça des dents en poussant aussi fort que ses forces le permettaient. Quand elle reprit sa respiration, des petits cris retentirent. Le médecin, portant un masque médical, tenait dans ses bras un magnifique bébé blond couvert d'un pelage blanc, une petite queue et une paire de petites oreilles de chat.
"- Regarde Will comme elle est belle ta fille.
- Salut toi. Caroline c'est Charlotte."
Le père prit le nouveau-né pleurant qu'il plaça dans les bras de la chatte. Quand le bébé ouvrit un peu ses yeux, elle reconnut les siens.
"- Oh ma petite fille ! Oui c'est moi ta maman !
- Laisse-moi voir ma filleule, ordonna Jane ! Bonjour petit chaton.
- Elle est magnifique, remarqua Jeff.
- Hé c'est ma filleule aussi, protesta Liu ! Sois pas égoïste Jane !"
Après que la petite soit passée de bras en bras, Eyeless l'essuya et l'enveloppa dans une serviette chaude et propre. Il la rendit à Caroline qui la posa contre sa poitrine.
"- Vous êtes sûrs qu'on doit pas la laver avec toutes les saloperies qu'elle avait, demanda BEN ?
- Surtout pas ignorant, scandalisa Eyeless ! Elle peut mourir si on lui donne tout de suite un bain. C'est le meilleur moyen que sa température corporelle baisse très vite. Et puis ça va elle était pas si crade que ça."
Ils regardèrent la mère bercer sa petite fille adorée. Elle remuait de temps à autre pour rester près de sa maman. Sa queue bougeait. Slenderman caressa doucement la tête de l'enfant en faisant attention de ne pas appuyer.
"Nous avons un nouveau membre dans la famille on dirait. Nous ferons d'elle une tueuse aussi terrifiante que toi Caroline. Catgirl junior, fille de William et Catwoman."
