Salut ! Petit OS cette semaine. Je l'ai écrit il y a déjà quelques années mais comme la fin ne me convenait pas du tout, je ne l'avais jamais publié. Récemment, j'ai décidé de le déterrer et j'ai repris la fin. L'idée de cet OS m'est venu lors d'une conversation avec Chinumi, sur le "syndrome Akashi". Elle voulait lire une fic où, enfin, Akashi ne serai pas vu comme un dieu et où on lui ferai payer son comportement d'empereur.

C'est chose faite ! J'espère que cet OS va vous plaire !

Merci à Moira-chan pour la correction ! (PS : La dernière partie de la fic n'est pas corrigée car je l'ai reprise récemment et que je ne l'ai pas fait relire).


Ce n'était pas le premier avril. Pourtant, la journée qu'il avait vécue lui avait donné cette impression. Ses coéquipiers (du moins, il soupçonnait que c'étaient eux) n'avaient fait que lui jouer de mauvais tours. Pourquoi ? Il ne savait pas. Pourtant, il n'y avait rien de particulier en ce jour.

Était-ce de l'insubordination ? Une mutinerie générale ?

Peu importe, il aurait bien sa réponse. Tout avait commencé le matin, quand Akashi était entré en classe. Son chauffeur avait été pris dans les bouchons et le jeune capitaine était arrivé un peu en retard. Le cours n'allait pas tarder à commencer quand il s'assit à sa table.

-Bonjour, Shintarô, dit-il à son voisin.

Il ne reçut aucune réponse du vert. Le professeur entra, mettant fin à toutes les discussions. Akashi sortit ses affaires et relut vite fait sa leçon précédente. Il avait à peine eu le temps de le faire la veille au soir en raison d'un dîner que son père avait organisé avec certains de ses collaborateurs.

Dès le réveil, il avait senti que ce serait une mauvaise journée. Cela se confirma quand le professeur de français lui demanda de lire le poème de Baudelaire qu'ils étudiaient. Akashi était doué dans tous les domaines, même les langues étrangères, mais il n'aimait pas le français car il avait un accent bien prononcé quand il le parlait. Même s'il était dans le même bateau que les autres qui ne s'en sortaient pas mieux que lui, il détestait parler devant toute la classe.

"Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine

Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,

Un sombre mendiant, l'œil fier comme Antisthène,

D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron."

Il entendit un rire à côté de lui et tourna la tête vers Midorima tout en continuant à lire. Son ami étouffait ses gloussements. Akashi se sentit alors un peu mal à l'aise et commença à enchaîner une ou deux fautes en oubliant de bien prononcer les "r" à la française.

"Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,

Des femmes se tordaient sous le noir firmament,

Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,

Derrière lui traînaient un long mugissement."

Il n'aimait pas ce poème. Ce n'était pas qu'il le trouvait difficile, c'était juste qu'il ne l'aimait pas. Mais il était quand même obligé de le lire car c'était en complément de la pièce de Molière que la classe avait étudiée précédemment.

"Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,

Tandis que Don Louis avec un doigt tremblant

Montrait à tous les morts errant sur les rivages

Le fils audacieux qui railla son front blanc."

Il entendit Midorima rire encore plus et cela se communiqua aux autres élèves. Il entendit des moqueries sur son accent et sa légère difficulté avec les "r".

"Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,

Près de l'époux perfide et qui fut son amant,

Semblait lui réclamer un suprême sourire

Où brillât la douceur de son premier serment."

Enfin, c'était bientôt fini ! Il voyait la fin du poème !

"Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre

Se tenait à la barre et coupait le flot noir,

Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,

Regardait le sillage et ne daignait rien voir."

Le rouge se rassit en vitesse sans même attendre que le professeur l'y ait autorisé.

-Merci Akashi, c'était très bien lu. Quelqu'un pense pouvoir faire mieux ?

Personne ne répondit et les regards se détournèrent – certaines personnes découvrant ainsi, en regardant dans le couloir, la façon dont les femmes de ménage lavaient les panneaux "exit" avec leurs grands balais.

À la fin de la matinée, Akashi sortit de la salle sans même faire attention à son voisin. Il marcha le plus vite possible vers la cafétéria, pestant comme un gamin à qui on aurait fait une mauvaise blague. La génération des miracles l'y attendait. Étant dans des classes différentes, le repas du midi et l'entraînement étaient les seuls moments qu'ils passaient ensemble.

Midorima ne tenta pas de lui parler, ni même de s'excuser de son comportement matinal.

-Tout va bien, Akashi-kun ?

-Bien sûr, Tetsuya, répondit-il un peu plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

Le bleu acquiesça et ils entrèrent dans le self, chacun prenant son plateau et faisant la queue. Au menu : poulet au caramel avec nouilles sautées, makis en entrée, et perles du Japon en dessert. Mais il y avait encore des restes de daifuku à la fraise et de soupe de tofu.

Dans la file, Aomine doubla Murasakibara qui était juste devant Akashi. Ils arrivèrent devant les entrées et Aomine piqua, juste sous le nez d'Akashi, la dernière soupe de tofu que le rouge adorait. Même si c'était de la cuisine de self, il aimait bien le goût du tofu. Akashi se retrouva donc avec de pauvres petits makis dont le riz était trop sucré.

Le monde entier s'était ligué contre lui.

Mais il comprit rapidement que c'étaient surtout ses coéquipiers qui avaient planifié cette matinée affreuse. Il le conclut en les voyant discuter à table sans jamais lui parler, n'abordant que des sujets comme les jeux vidéo ou ce genre de choses qui n'étaient pas la tasse de thé d'Akashi.

Il tenta de ne pas faire attention à tout ça, d'ignorer ce qu'ils lui faisaient subir, de faire comme si cela ne lui faisait rien alors qu'au fond il enrageait en se demandant bien à quoi allait ressembler l'entraînement du soir s'ils faisaient tous une crise d'adolescence.

Le rouge quitta prématurément la table et se rendit dans la cour du collège. Il s'assit vers les rosiers et attendit que la sonnerie retentisse pour aller en cours pour sa dernière heure de l'après-midi avant d'aller à l'entraînement. Si ses amis voulaient l'ignorer, eh bien très bien, grand bien leur fasse, il les ignorerait aussi ! Ahah ! Qu'est-ce qu'ils disaient de ça, hein !?

Rien.

Il était tout seul.

Et il détestait être seul. C'était comme être un perdant.

Il n'était pas un perdant.

Bon... Le seul moyen qu'il avait de retourner du bon côté était de parler avec la génération des miracles et de leur faire comprendre que leur jeu était stupide. Ou alors, il le leur ferait comprendre en doublant leurs entraînements pour leur faire regretter de s'être moqués de lui.

Hum... C'était une bonne idée.

Fort de sa décision, Akashi alla chercher son sac de cours juste avant que la sonnerie ne résonne et que les autres élèves ne se ruent dans les couloirs.

L'heure passa bien plus que lentement, surtout que c'était une heure de mathématiques. Akashi ne détestait pas les maths, tout comme il ne détestait pas le français. Mais disons que c'était assez pénible de refaire trente fois des exercices similaires alors qu'il avait tout compris. Surtout qu'il était sûr et certain que la moitié de la classe aussi, mais le prof s'obstinait à leur faire faire tous les exercices de leur livre.

Une fois l'heure de torture passée, Akashi se dirigea vers le gymnase. Les autres y étaient déjà. Apparemment, ils étaient encore dans leur esprit de rébellion, car aucun d'eux ne le salua comme à son habitude. Il eut alors l'impression de se changer en présence de parfaits inconnus. Ce qui le rendit soudainement pudique. Il n'osa pas se montrer, comme s'il ressentait une sorte de peur. Il prétexta avoir oublié un truc pour s'éclipser le temps que tout le monde se change et pouvoir y aller ensuite sans que personne ne le voie.

Seulement, quand il revint pour se changer, il ne trouva pas ses affaires. Il commença à les chercher dans tout le vestiaire, pour finalement les trouver cachées tout en haut des casiers mis à disposition pour les affaires de sport de l'équipe. Et bien sûr, il était trop petit pour les atteindre. Il y avait des jours où il valait mieux rester couché...

Akashi déplaça un banc et se mit debout dessus pour atteindre ses affaires. Il attrapa à bout de bras une jambe de son short de sport qui dépassait et parvint à tout tirer. Il évita de justesse l'une de ses baskets.

Bon, avec toute cette histoire, il avait du retard.

Il se rendit sur le terrain et constata avec effarement qu'en son absence, personne n'avait installé les plots pour les exercices de dribble comme ils le faisaient d'habitude. À la place, c'était l'anarchie.

-Vous vous croyez où, à jouer à chat pendant l'entraînement ?! cria-t-il.

Les première année, qui avaient encore peur de lui, se mirent en rang et installèrent les demi-terrains, mais les plus grands continuèrent dans leur optique. C'était... vraiment insupportable.

Bon, s'il le fallait, il ne ferait l'entraînement qu'avec les petits nouveaux. Tant pis pour les autres. Par contre...

-Vous ferez quatre tours de terrain, cinquante lancers, trente minutes de dribbles, et des exercices en un contre un, contre moi pendant cinq minutes chacun. Et le temps en plus qu'il vous restera, vous le passerez à courir. C'est clair ?

Ils acquiescèrent sans demander leur reste et partirent s'entraîner.

Akashi tenta de récupérer les plus âgés -censés donner l'exemple- mais c'était peine perdue. Ils ne l'écoutaient pas et continuaient à se courser dans le gymnase, si bien qu'Akashi profita du beau temps à l'extérieur pour changer le programme de l'entraînement et faire seulement courir les première année dehors pour qu'ils ne soient pas influencés.

Akashi passa l'entraînement contre le mur du gymnase, à entendre les soufflements désespérés des coureurs et les rires des plus grands. Apparemment, c'étaient eux qui étaient dans le coup depuis le matin pour lui faire passer une journée atroce. Mais dans quel but le faire autant tourner en bourrique ?

Il ne leur avait rien fait ! Du moins, pas encore, car il comptait bien leur faire regretter de l'avoir pris pour un imbécile.

Peut-être qu'ils le trouvaient trop sévère lors de entraînements ? Trop solitaire comme ami ?

Il n'avait rien fait de mal ! Il était simplement lui-même, un garçon qui devait être respecté, qui méritait qu'on lui obéisse au doigt et à l'œil. C'était ça qui les dérangeait ? Le fait qu'il aime bien que tout soit nickel, comme il faut, bien rangé, ordonné ? Mais c'était normal, comme comportement ! Ils n'avaient qu'à pas le choisir comme capitaine si ça les dérangeait.

L'entraînement prit fin, et tout le monde se dirigea vers les douches, même Akashi qui n'avait pas du tout couru. Après tout, il avait besoin de se détendre sous un jet d'eau chaude.

Les douches étaient individuelles : c'étaient des sortes de petits boxes dont le loquet marchait rarement, avec à l'intérieur une paroi opaque qui séparait la douche de l'endroit où on mettait ses affaires.

Le loquet de la douche d'Akashi ne fonctionnait pas. Rien d'étonnant : c'était le cas des autres aussi. Il ne devait y en avoir qu'un ou deux qui fonctionnaient encore.

Akashi se déshabilla et entra dans la petite cabine, puis alluma l'eau chaude. Sauf qu'elle ne fut chaude qu'une seconde avant de devenir gelée.

C'était infernal ! Ce serait quoi, la prochaine fois ?! Quelle allait être leur prochaine blague grotesque ?!

Il en avait marre. Et au lieu de tout simplement aller leur demander ce qui n'allait pas, il rentrait dans leur jeu.

Bon, il allait finir cette douche puis aller s'expliquer avec eux. Ce genre de moqueries, ça passait cinq minutes, mais là, c'était vraiment trop. On ne se moquait pas de lui sans conséquences. Sauf que contre cinq personnes plus fortes que lui physiquement, se battre serait plus dur. Il avait moins d'armes à sa disposition, à part sa cervelle de petit génie. Mais elle aussi lui faisait faux bon. Il était trop énervé pour réfléchir.

Sa douche terminée, il sortit pour ensuite réaliser que sa serviette avait disparu. Quelqu'un avait volé sa serviette.

C'était désespérant...

En fait, c'était tellement absurde, ce qui lui arrivait, qu'il se mit à rire. Bon, il avait craqué. Il était mort de rire, nu, dans la douche, épuisé par sa journée d'enfer. La seule chose qu'il pouvait faire, maintenant, c'était attendre que ses jambes aient un minimum séché pour enfiler son pantalon et se rendre torse et pieds nus dans la réserve chercher une serviette pour finir de se sécher.

Il attendit, recroquevillé dans la douche. Au bout de cinq longues minutes, il pu remettre son pantalon et son t-shirt. Il sortit de la cabine de douche et vit, encore dans les vestiaires, la génération des miracles.

Kuroko, Kise et Midorima étaient assis sur un banc, Aomine et Murasakibara, eux, étaient debout. Le petit groupe le dévisagea.

-Tu étais encore là, Akashi-kun ? Demanda Kuroko, surpris.

-Par votre faute, pesta Akashi en attrapant son sac de sport.

Il fit face à cinq paires d'yeux incrédules.

-De quoi tu parles, Akashi ?

-Et bien... Vous avez prit ma serviette.

Ils les vit froncer les sourcils en même temps.

-Pourquoi on aurait fait ça ?

-Toute la journée vous... vous avez chercher à m'embêter, non ?

Midorima toussa puis renifla. Akashi remarqua qu'il avait les yeux un peu rougis.

-Franchement, soupira Aomine, je ne sais pas du tout de quoi tu parles !

Se sentit bête. Voilà quelque chose qui arrivait assez peu à Akashi Seijuro. Il faisait face à des vagues d'incompréhension.

-Ce matin, Midorima, tu ne m'as pas dit bonjour. Et quand j'ai lu le poème en cours, tu as pouffé de rire.

-Je suis malade, dit-il. Je me retenais de tousser. Les autres ont du croire, tout comme toi, que je riait. Mais je t'assures que non. Je ne me permettrais jamais ce genre de choses.

Akashi le dévisagea longuement.

-Et à la cafétéria... Aomine, tu as prit la dernière soupe de tofu. Sous mon nez.

-Satsu m'a dit de faire gaffe à ce que je mange.

-Vous ne m'avez pas parlé de la journée...

-Tu semblais de mauvaise humeur, Akashi, répondit Midorima.

Akashi hésita. Aurait-il vraiment tout mal interprété ?

-Et l'entraînement ? Mes affaires qui ont disparu quand j'ai voulu me changer ?

-C'était les tiennes, Aka-chin ? Je voulais faire une plaisanterie à un première année.

-Et tu trouves ça drôle ?

-C'est Mine-chin qui m'a dit de faire ça...

-Eh ! Pourquoi tu rejette la faute sur moi.

Aomine leva les mains.

-Je te jure, Akashi, je savais pas que c'étaient tes affaires ! Jamais je me serai permis sinon.

-Pourquoi vous avez joué pendant l'entraînement ?

-La question, là, c'est plutôt pourquoi toi tu as voulu t'entraîner.

Akashi fronça les sourcils.

-Pendant que tu traînait dans les vestiaires, le coach est venus nous annoncer que le matériel était en train d'être remplacé et renoncé pour certain et que, par conséquent, on n'avait pas entraînement. On a décidé de jouer un peu et puis, toi, t'es arrivé et les premières années ont préférés te suivre.

Akashi passa une main sur son front. Il avait du mal à se rendre compte qu'il était passé à côté de sa journée. Il n'avait rien vu et, borné comme il était, il n'était pas venu demander des explications et avaient tirés ses propres conclusions. Avait-il si peur que cela d'être un mauvais capitaine et un mauvais amis ? Au point de se persuader que le monde était contre lui ? Qu'on voulait lui faire payer quelque chose d'imaginaire ?

-Et ma serviette ? Demandât-il.

Aucun d'entre eux ne semblaient savoir où elle était. Akashi retourna dans la cabine de douche et vit un bout de serviette qui dépassait depuis la cabine d'à côté. Il tira dessus et trouva sa serviette. Elle était passée sous la cloison. Tout simplement.

Akashi retourna vers la génération des miracles. Il se sentait soulagé.

-Rangez vos affaires, ordonnât-il. Je vous emmène manger une glace !


A vrai dire, dans la version originale, c'était vraiment la faute de la GM. Mais à la réflexion, je trouvais ça méchant plus que drôle alors j'ai changé sur conseil de ma bêta.

J'espère que cet OS vous aura plut !

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