Petit mot de l'auteure : Bonjour à tous! On se retrouve avec la suite, qui marque le début du calendrier à proprement parler. Nous inaugurons celui-ci avec un couple canon de la saison 8.

Ce n'est pas le chapitre dont je suis la plus satisfaite, mais j'espère que ça vous plaira quand même.
Bises!

Merci à Marina, Angelica et Starck pour leurs reviews (et merci à Coraline pour son retour aussi)


Après quelques instants, la porte s'ouvrit sur une personne qui lui était bien familière. Arya sourit, heureuse – elle aurait dû s'en douter. Elle se jeta dans les bras de l'homme qui lui faisait face, en murmurant son nom, presque plus pour elle-même que pour lui :

- Gendry...

- Arya ? demanda-t-il.

Il semblait perplexe, comme perdu. Son incrédulité ne dura toutefois que quelques secondes, puisqu'il lui rendit presque aussitôt son étreinte.

- Arya... répéta-t-il une seconde fois. Je suis si heureux de te voir...

- Moi aussi... même si j'aurais préféré que ça soit dans d'autres circonstances, souffla-t-elle.

Elle vit son visage s'assombrir, ce dont elle ne put lui en vouloir. Après un instant de gêne où les deux demeurèrent sur le pallier, gauches, Gendry se décala en faisant un geste vague vers l'intérieur.

- Tu veux rentrer ?

Le sourire qu'elle fit valait tous les oui du monde.

.

La maison était petite, mais chaleureuse. Un feu de cheminée avait été allumé dans un coin de la pièce, et Arya s'y précipita. Même si la bataille contre les Marcheurs blancs remontait à une vie désormais révolue, elle avait l'impression de ressentir encore le froid mordant qui les avaient encerclés. Poussant un soupir de soulagement, elle rapprocha un peu plus ses pieds du brasier. Gendry vient se poser près d'elle, deux verres de bières à la main. Elle se saisit de l'un d'entre eux et ils restèrent quelques minutes silencieux, à observer les flammes danser. Après les effusions des retrouvailles, parler semblait difficile : que dire maintenant qu'ils étaient morts ? Maintenant qu'ils savaient qu'ils avaient perdu et que quelque part, dans un monde qu'ils avaient si longtemps connus, leurs corps étaient devenus Marcheurs blancs ?

Ce fut finalement Arya qui brisa le silence :

- Toi aussi, tu as rencontré... les Sept ?

- Oui, murmura Gendry.

- Et qu'en as-tu pensé ?

- Et bien... c'était définitivement bizarre.

Arya ne put qu'acquiescer en répondant :

- Je suis bien d'accord. Ils m'ont apporté plus de questions que de réponses. Ils m'ont un peu effrayé, je dois bien admettre.

- Arya Stark, avoir peur de quelque chose ? demanda Gendry en riant. Mais qui êtes vous et qu'avez vous fait à la plus grande guerrière de Westeros ?

- Je ne suis pas la plus grande guerrière de Westeros, répliqua-t-elle en le frappant, avant de rajouter tristement : je n'ai pas pu empêcher la victoire des Marcheurs Blancs.

- Arya... ce n'est pas de ta faute. Ni celle de qui que ce soit. Ils étaient simplement trop forts. Et puis... nous sommes ensemble maintenant, c'est tout ce qui compte non ?

Tout en elle voulait répondre « oui, mais pour combien de temps ? »

Mais ce n'était pas le genre de doutes qu'elle pourrait exprimer à voix haute. Alors elle dit, d'un sourire qui se voulait rassurant :

- Oui, bien sûr...

Si Gendry ressentit le trouble dans sa voix, il ne releva pas. Mais ce qu'il demanda fut tout aussi douloureux :

- Et comment vont tes parents alors ?

Son silence voulait tout dire.

- Tu n'as pas encore vu tes parents ? comprit-il.

- Je suis réapparue ici, dit-elle.

- Mais je croyais que l'on réapparaissait auprès de la personne que votre cœur a le plus besoin de revoir en ce moment... Je... moi je savais que c'était toi dès que le Ferrant m'a expliqué le fonctionnement de cet univers, mais je pensais que toi ce serait ton père ou ta mère.

- Il faut croire que tu t'es trompé, dit-elle sèchement.

Elle soupira, s'excusant de son ton qui l'avait blessé.

- Je crois que pour l'instant, c'était toi que j'avais besoin de revoir. Parce que tu es rassurant. Tu es familier. Hier encore, ou dans ce qui était notre monde, j'étais avec toi. Je pense que c'est pour ça que ce sont les Sept qui sont apparus devant moi, et pas les anciens dieux que j'ai pourtant toujours priés. Parce qu'inconsciemment, ils représentent mes parents. Alors que les Sept te représentent toi. Et que tu es la présence rassurante dont j'ai besoin pour l'instant.

- Je suis touché de ce que tu me dis, Arya. Vraiment. Mais je ne comprends pas... pourquoi crains-tu autant de revoir tes parents ?

- Et s'ils ne me reconnaissaient pas ?

Sa voix n'était plus qu'un murmure.

- J'ai perdu toute mon innocence et ma naïveté de jadis. Je suis devenue quelqu'un d'implacable, de froid, qui n'a jamais hésité à assassiner ceux qui se trouvaient en travers de mon chemin. Et s'ils... et s'ils refusaient de parler à la personne que je suis devenue ?

- Arya... dit Gendry en la prenant dans les bras. Tu sais bien que tes parents ne désirent qu'une chose : te revoir. Et qu'ils t'aimeront quoi que tu aie fait. C'est toi qui a peur. Et c'est tout à fait légitime. Tu n'es pas obligée d'aller à leur rencontre tant que tu ne te sens pas prête. Sache simplement que le jour où tu en auras envie, je serais là pour toi.

- « Tu seras là pour moi » répéta pensivement Arya. Gendry... qu'est-ce que tu envisages comme avenir exactement ?

- Et bien... je... balbutia-t-il en rougissant. Je pensais que nous pourrions vivre ensemble. Pour tout te dire, j'avais prévu de te demander en mariage.

La révélation lui fit cracher la gorgée de bière qu'elle venait d'avaler.

- Me demander en mariage ? répéta-t-elle, incrédule.

- Quelque chose me dit que je n'aurais pas dû dire ça. Je dois en conclure que tu aurais dit non ?

- Bien sûr ! Je... je ne suis pas le genre de femme que l'on épouse.

- Et c'est quoi le genre de femmes qu'on épouse ?

- Celles qui font des enfants. Qui se taisent et tiennent une maison.

- Tu sais ce que je crois Ayra ? Pour une noble comme toi c'est sûrement difficile à comprendre, mais je crois qu'on épouse le genre de femme dont on est tombé amoureux. Et dans mon cas, c'était toi. Mais il s'avère que toi, tu ne m'aimes pas.

- Je n'ai jamais dit que...

- Je ne suis pas vexé que tu refuses ma demande. Je suis simplement triste de voir que je ne suis pas surpris. Arya... je crois que ton principal problème, c'est que tu as peur d'aimer. Peur de tomber amoureuse, peur de t'engager, pour être encore trahie ou abandonnée. Mais je vais pas partir, ni te laisser seule. Si tu t'autorisais à me laisser entrer dans ta vie, tu en aurais la preuve.

Voyant qu'elle ne répondait pas ou même le regardait, il se leva, lui fit une bise, et lui sourit tristement :

- Je vais me coucher. Tu peux me rejoindre si tu veux.

Il n'était allongé que depuis trois minutes lorsqu'il entendit la porte d'entrée claquer.

Évidement.

oOoOo

Les mains dans les poches de la cape qu'elle portait toujours, Arya fulminait. Non mais pour qui se prenait Gendry ? Ce n'était pas parce qu'ils avaient couché une fois ensemble qu'il pouvait s'octroyer le droit de l'analyser – même si une petite voix en elle lui disait que si elle était aussi énervée, c'était parce qu'il avait raison.

Elle était terrifiée.

Elle aurait aimé pouvoir tomber amoureuse de Gendry, mais elle était terrifiée. Elle avait perdu tellement de monde... d'abord son père, si violemment. Puis au moment même où elle allait les retrouver, sa mère et Robb. Sans compter tous ceux qui l'avaient accompagné à un moment ou à un autre. Et à chaque fois, la douleur était la même, toujours aussi saisissante et destructrice. Elle s'était promis de ne plus s'y laisser prendre, de garder une distance entre son cœur martyrisé et les autres, mais Gendry était revenu dans sa vie et avait tout remis en question.

Alors elle avait tout simplement fuit de la petite maison. C'était un comportement bien lâche – mais n'avait-elle pas droit de manquer de courage de temps en temps ? Elle devait bien admettre qu'il y avait une certaine ironie dans toute cette situation : c'était lorsqu'elle était morte et donc enfin théoriquement libre d'aimer, qu'elle s'empêchait encore plus de se laisser aller.

Elle en était donc réduite à déambuler au hasard dans les rues de la... ville ? Il était bien difficile de déterminer le type d'endroit où elle était. Les maisons étaient toutes aussi disparates les unes que les autres, formant un bric-à-brac d'immeubles, de palais, de mansardes. Il y avait des édifices de toutes les formes et couleurs, créant une joyeuse cacophonie. Elle fini par se dire que chacune des demeures devaient avoir été créée pour répondre aux goûts des habitants de celles-ci.

Elle repensa aux paroles des Sept : dans ce monde-ci, il lui suffirait de demander quelque chose pour l'avoir. Devrait-elle appeler le Guerrier pour que celui-ci lui créé une petite maison ? Elle n'eut le temps d'y réfléchir d'avantage qu'elle entendit une voix s'exclamer sur sa gauche :

- Espèce de salope ! Je savais que tu n'étais qu'une minable enfant gâtée, mais ça, franchement ?

L'insulte fut suivie par le bruit d'une claque retentissante et un cri apeuré. N'écoutant que son instinct, Arya se précipita vers la source de la dispute. Elle tomba nez à nez avec un homme d'une haute stature, qui venait de mettre à terre une femme que Arya reconnut en hoquetant de surprise : Missandei, la fidèle conseillère de la reine Daenerys.


Note (de fin) : voici les défis pour la Gazette :

- Mille prompt 103 : Gendrya

- CDR 135. « Espèce de salope ! Je savais que tu n'étais qu'un minable enfant gâté, mais ça, franchement ? »

- petits prompts à la pelle : 8. « Et bien… c'était définitivement bizarre. »

- jack of heart : écrivez sur la peur d'aimer

- si tu l'oses 985 : ironie

- pop Lexa : écrire sur une femme connue pour sa combativité

Je me doute que la réunion Gendrya présentée ici n'est pas la plus satisfaisante qu'il soit, mais bon, faut bien du mélodrame. Et puis... Ils ont eu beaucoup de bouleversements (après tout, la mort c'est pas rien) et vu la réaction d'Arya lors de la demande en mariage de Gendry, je me voyais mal la faire super romantique d'un coup sous prétexte qu'ils sont morts.

Pour le prochain chapitre on retrouve Missandei, les couples du début étant logiques je pense que vous devinerez aisément qui est l'autre personne du dit couple. En revanche, à votre avis, qui est l'homme de haute stature qui s'adresse (méchamment) à Missandei ? Et on poursuivra également le périple d'Arya.

Bises !