Petit mot de l'auteure : Bonjour à tous! J'espère que ça va depuis hier. Pour ma part j'ai bien fêté l'anniversaire de ma sœur donc ça va plutôt bien.

Pour ce deuxième chapitre, le couple imposé était Missandei et Ver Gris.

Merci à Angelica, Marina et Lassa pour vos review sur les chapitres précédents !


Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci pour ton commentaire! Je ne peux nier que le concept soit étrange, mais au vu des couples imposés c'est tout ce qui m'est venu... et finalement, j'aime plutôt bien imaginer ce petit monde ! J'espère que tu aimera la suite. Bonne lecture !


- Missandei ? C'est à vous.

La jeune femme tourna les yeux bruns qu'elle venait d'ouvrir vers la personne qui s'adressait à elle. Il s'agissait d'un homme. Elle aurait bien eu de la peine à le décrire si quelqu'un lui avait demandé – le personnage semblait tout et son contraire, son visage en perpétuel mouvement. Du moins, c'est ce qui lui semblait – personne ne pouvait avoir un visage en mouvement, n'est-ce pas ?

Mais elle n'eut pas vraiment le temps de s'interroger plus que cela car l'être avait ouvert une porte qu'elle n'avait jusqu'alors pas remarqué et l'invitait d'un sourire doux à la franchir. Prise par une impulsion, elle le suivit sans poser de question.

La porte ouvrait sur une petite pièce à la décoration sobre et épurée qui ne proposait pour seuls objets que quelques plantes et deux chaises, séparées par une table. L'être qui l'avait conduit ferma la porte derrière lui, et le mouvement d'air causé par ce geste fit remuer les plantes dispersées de-ci de-là dans la salle. En sortir alors des papillons colorés, donnant une certaine chaleur à la pièce, jusqu'ici froide. Les ailes des volatiles s'éclairèrent, produisant une douce lumière violette, et voletèrent vers une figure assise derrière la table que Missandei n'avait jusqu'alors pas remarqué tant la pénombre était importante. Cette dernière, sous l'effet des papillons, tint à se dissiper, et la jeune femme put pleinement voir l'être derrière la table.

Il s'agissait d'un homme de haute taille, à la peau aussi brune que la sienne et aux cheveux aussi crépus que les siens. La partie supérieure de son visage était brûlée et aurait pu lui causer un mouvement de recul si son sourire n'était pas aussi rassurant. Malgré ses yeux aveugles, l'homme paraissait savoir exactement où elle se trouvait. Il se tourna vers elle, et l'enjoint à prendre place en face de lui.

Missandei s'exécuta et attendit qu'il prenne la parole, ce qu'il s'empressa de faire.

Et le moindre qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne fut pas déçue par ce qu'il avait à lui dire.

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Assise droite sur sa chaise, Missandei attendait sagement tout en terminant de digérer ce qu'elle venait d'apprendre. Tout d'abord, elle avait rencontré le Maître de l'harmonie en chair et en os. Après avoir été arrachée si brutalement de son île natale pour être vendue comme esclave et finalement entraînée dans un périple qui l'avait amené par-delà les mers, Missendei avait toujours souhaité retrouver son île sans jamais y croire réellement. Et elle avait eu raison – jamais plus elle ne rentrerai chez elle, maintenant que les Morts avait gagné la grande guerre. Malgré l'annonce de son propre trépas, Missandei n'avait pas été triste outre mesure : rencontrer le dieu de son île et parler avec lui... c'était très étonnant, mais elle avait eu l'étrange impression d'être de retour chez elle.

Mais le Maître, une fois ses présentations de ce monde (cet « endroit ») achevées, l'avait subitement envoyée... ici. Là où la personne dont vous avez le plus besoin viendra vous retrouver, avait-il avant de la quitter.

Cela faisait maintenant plus d'une heure que Missandei était seule dans la demeure dans laquelle elle s'était retrouvée. Celle-ci étant petite et humble, elle en avait rapidement fait le tour. Si découvrir du mobilier typiquement Naath avait comblé son cœur de joie, l'exitation était toutefois vite retombée pour laisser place à un serrement de cœur. Et si tout cela n'était qu'un rêve et qu'elle allait se réveiller en pleine guerre, ou transformée en Marcheur Blanc ? Ou pire – si cet Endroit était bien sa nouvelle réalité mais que personne ne venait la rejoindre ? Prise de doutes, elle s'était alors assise et avait patienté.

Encore et encore.

Jusqu'à ce qu'un toquement se fasse entendre à la porte.

Elle repassa alors une mèche nerveusement derrière son oreille et se leva pour ouvrir. Malheureusement, dans sa précipitation, elle trébucha sur sa robe et tomba en poussant un cri surpris – et douloureux, s'étant cognée contre un pot en terre dans sa chute. Alors qu'elle relevait la tête, toujours sous le choc, elle entendit un grand bruit et vit la porte en bois de la maison sortir de ses gonds. Dans l'embrasure de celle-ci se tenait maintenant une figure imposante, qui se précipita à toute allure dans la pièce, un pot de fleur dans la main. Alors que l'intrus observait du regard les environs de la pièce il lui demanda :

- Missandei ! Missandei, tu vas bien ?

- Je... balbutia-t-elle. Oui, je vais bien. Je suis simplement tombée.

- Tombée ? reprit-il.

- Oui. J'ai trébuché sur ma robe et j'ai fait tomber de la vaisselle. Mais à part le pot, il n'y a pas de blessés.

À cela, l'intrus laissa tomber le pot que lui-même tenait et s'approcha d'elle en la prenant dans ses bras :

- Je suis soulagé... Je t'ai entendu crier... j'ai cru que quelqu'un t'avait agressé...

- Tout va bien, dit-elle en le serrant à son tour et humant son parfum. Tout va bien. Je suis là. et... Ver Gris, tu pleures ?

- Je me suis inquiété pour toi...

- Le grand commandant Ver Gris aurait-il eu peur ? murmura Missandei, sur le ton de l'ironie.

- Je te l'ai dit : j'ai connu la peur lorsque j'ai rencontré Missandei de Naath. Mais maintenant que nous sommes morts et que plus rien ni personne ne peut nous blesser, il n'y a plus de raisons d'avoir peur. Et je... bredouilla-t-il en reprenant son courage. Ce n'est pas Naath... mais accepterai tu de vivre ici... avec moi ?

Celle-ci l'embrassa doucement en souriant pour marquer son accord.

- Bien sûr que j'accepte. Et... sûrement est-ce inconvenant pour moi de proposer mais... mais voudrais-tu officialiser cela ? demanda-t-elle en rougissant franchement.

- Oui, Missandei de Naath. Je le veux. Alors... allons nous marier.

oOoOo

Missandei marchait d'un pas léger dans les rues disparates de l'Endroit. Elle aurait pu difficilement qualifier plus précisément celui-ci : s'agissait-il d'un village ? D'une ville ? Ou d'autre chose ? Les maisons étaient beaucoup trop variées et formaient un ensemble multiple, sans aucune cohérence, si bien que la réponse à ses interrogations était difficile. Du peu de temps qu'elle avait passé ici, elle avait compris qu'elle ne serait pas au bout de ses questionnements. Le maître de l'Harmonie n'avait été que très vague dans ses réponses, se contentant de lui expliquer les règles qui régissaient ce monde et éluder tout ce qui aurait pu commencer à y mettre de l'ordre. Mais qu'importe ! Elle était morte et ne pourrait en rien changer cela... alors autant ne pas trop s'y prendre la tête, non ?

Elle n'arrivait pas à croire que cette personne qui se montrait aussi détendue et sereine était bien elle-même. D'ordinaire, elle se serait beaucoup plus inquiétée de ne pas savoir où elle mettait les pieds ! Mais depuis qu'elle avait appris qu'elle était décédée, elle avait senti un immense poids quitter ses épaules. Ici, elle n'était plus la timide Missandei, enlevée si jeune, contrainte de se taire et de taire ses désirs pour ne pas se faire remarquer et ne pas se faire punir par des maîtres cruels. Ici, personne ne pouvait l'estropier pour avoir trop parlé, ou pas assez. Elle n'avait pas à craindre pour sa vie car personne ne pourrait le la lui prendre sous prétexte qu'elle n'avait pas obéit aux ordre assez rapidement.

Ici, elle était libre de dire non, refuser les ordres. Elle était libre de faire ce qu'elle voulait.

Et elle voulait épouser Ver Gris.

C'était aussi simple que cela.

Et c'était pour toutes ces raisons qu'il avait été aussi facile de prendre les devants et proposer à l'homme de s'unir avec elle. Et sûrement parce que lui-même, comme il lui avait dit, n'avait plus à avoir peur, qu'il avait accepté.

Missandei n'avait voulu qu'une chose avant leur mariage : que Daenerys en soit informée. Et si elle acceptait de bénir leur union, alors la jeune femme serai aux anges. Elle avait donc commencé à parcourir la « ville » pour se diriger vers l'Office. D'après le Maître de l'Harmonie, c'était là-bas que l'on pouvait se renseigner sur l'adresse d'un habitant – entre autres choses.

.

Plongée dans ses heureuses pensées, Missandei ne prêtait pas réellement attention aux gens et choses qui l'entouraient. Jusqu'à ce qu'elle croise un homme et que son cœur manque un battement. Elle s'arrêta brusquement, le dévisageant sans croire à ce qu'elle voyait. L'autre, remarquant son comportement étrange, se tourna vers elle pour la regarder. Elle vit un éclair confus traverser ses yeux et pouvait deviner qu'il se demander qui pouvait-elle bien être pour le dévisager ainsi. Elle le mit sur la voie en balbutiant :

- Pa... Papa ?

À la manière dont un lueur de reconnaissance illumina le visage de l'homme, Missandei sut qu'elle ne s'était pas trompée. Elle se jeta alors dans ses bras, tandis que lui murmurait doucement son prénom, encore et encore, et elle eu l'impression de redevenir la petite fille qu'elle était à huit ans, avant que les esclavagistes ne l'arrachent à ces dit bras. Les deux restèrent plusieurs minutes enlacés, n'essayant même pas de retenir leurs larmes. Missandei demanda finalement :

- Quand es-tu arrivé ?

- Il y a longtemps, papillon – et Missandei sourit à l'usage de ce vieux surnom. Peu de temps après ton enlèvement à dire vrai... C'était... c'était trop dur sans toi. Ta mère a été beaucoup plus forte que moi. Mais ne culpabilise pas, dit-il en voyant l'air honteux de sa fille. Rien de tout cela est de ta faute, tu m'entends ? Le plus important, c'est que tu ailles bien maintenant. Est-ce que c'est le cas ?

- Et bien... je vais me marier.

À cette annonce, son père la reprit dans ses bras mais ils furent interrompus par un deuxième homme, que Missandei reconnu comme étant son frère, Thaïe. Ayant dix ans de plus qu'elle, ils n'avaient jamais été très proches – une manière agréable de dire que celui-ci ne l'aimait tout simplement pas. Mais en cet instant de retrouvailles, elle ne désirait qu'une chose : le prendre à son tour dans ses bras.

Elle fut coupée dans son élan par une question que celui-ci posa sèchement :

- Avec qui ?

La question la déconcerta. Ou plutôt, le ton sur lequel il le dit. Mais voulant y voir la preuve que son frère cherchait à s'intéresser à sa vie, elle répondit :

- Avec un homme du nom de Ver Gris.

- Un immaculé ? s'étonna son père, qui avait reconnu la consonance du prénom.

- Oui, dit Missandei. Il est...

- Espèce de salope ! Je savais que tu n'étais qu'une minable enfant gâtée, mais ça, franchement ?

L'insulte fut suivie d'une gifle que Missandei n'eut même pas le temps de voir arriver et qui la projeta à terre. Son père se précipita à ses côtés, vérifiant qu'elle allait bien. Les deux parents levèrent un regard ahuri vers Thaïe, qui la dévisageait, son mépris apparent.

- Un immaculé ? Tu n'as pas honte de toi ? Tu...

Il fut coupé par ce qui allait être certainement une tirade de reproches par une figure rapide, qui s'interposa entre lui et la proie de son ire. Lorsque la fluette figure se retourna vers elle pour vérifier qu'elle allait bien, Missandei reconnu avec stupeur Arya Stark – ce qui n'aurait pas dû la surprendre outre mesure, malheureusement. Après tout, elle aussi était à Winterfell lorsque les Morts avaient triomphé.

- Dégage, avorton. Je règle mes comptes avec ma sœur.

- Je n'étais pas au courant que nous avions des comptes à régler, déclara Missaindei en se relevant, rassurée de voir que la louve ne bougea pas d'un poil malgré la menace. La dernière fois que nous nous sommes vus, j'avais huit ans...

- Justement ! C'était censé être la dernière fois et l'unique !

- Que... que veux-tu dire par là ?

- J'avais une vie agréable enfant ! explosa-t-il. Mais ensuite tu es arrivée... et le monde entier tournait autour de toi, de Missandei si jolie, Missandei par-là et par-ci... Et moi dans tout ça ? J'étais continuellement dans l'ombre malgré tous mes exploits... sauf quand il fallait changer la morveuse et où on se rappelait tout d'un coup de mon existence. Alors je me suis débarrassé de toi, mais même partie, tu continuais à être partout ! Papa s'est laissé mourir et maman...

- Tu as fait quoi ? le coupa brusquement son père. Tu t'es... « débarrassé d'elle » ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

Thaïe rougit alors fortement, manifestement de honte, et Missandei sentit son cœur s'arrêter :

- C'est toi qui m'a vendu aux esclavagistes ? murmura-t-elle.

L'autre détourna le regard, et elle comprit que c'était la vérité. Comment... comment avait-il pu faire une chose pareille ? Elle allait s'évanouir, lorsqu'elle sentit son père la rattraper et dire froidement :

- Disparaît. Je ne veux plus jamais, jamais te revoir.

Elle crut un instant qu'il s'adressait à elle mais se rendit compte avec soulagement qu'il n'en était rien et que c'était à Thaïe que s'adressait cette sentence. Celui-ci était figé sur place – ce fut finalement un coup de pied monumental d'Arya qui le décida à prendre ses jambes à son cou. Ou plutôt, ce fut grâce à la menace qu'elle lui adressa après l'avoir frappé :

- Si jamais tu t'approches de nouveau d'eux, je te frappe jusqu'à ce que tu en viennes à regretter que le meurtre ne soit pas possible ici.

Elle se retourna ensuite pour voir les deux parents, sonnés. Elle posa une main compatissante sur le bras de Missandei :

- J'étais sérieuse. S'il revient, appelez moi.

La jeune femme hocha la tête, encore sous le choc – ce qu'elle pouvait aisément comprendre. Mais les deux finirent par reprendre leurs esprits. Le père demanda alors :

- Ce Ver Gris... peux-tu me le présenter ?

Elle acquiesça, et après avoir remercié Arya, se mit en route.

oOoOo

La louve observa le duo rapetisser, le cœur au bord des lèvres. Comment un frère pouvait-il faire cela à sa propre sœur ? À sa famille ? C'était révoltant, à croire qu'il n'y avait plus d'espoir pour l'humanité... Mais si cette rencontre lui avait fait réaliser quelque chose, c'est qu'elle ne pouvait qu'être heureuse d'avoir une famille unie et aimante.

Plus. Elle avait de la chance.

Oui, elle n'avait plus aucune minute à perdre : il lui fallait retrouver ses propres parents.


Petit mot de fin : voici pour les défis de la Gazette :

- 1000 prompt GOT : Missandei x Ver Gris

- Citations Conte des royaumes 63 : allons nous marier

- Pop Marie Laveau : personnage de couleur

- Pick a card (seven of club) : personnage malfaisant

- Tolkien (vol Angelica) : parler de la mort sous la forme qu'il nous plaira

- collection restreinte 13 : rien de canonique

Je crois que l'on sera d'accord sur le fait que Missandei est... horrible. Sinon le maître de l'harmonie est le dieu de l'île de Naath. Etant donné qu'il n'existe aucune description de lui à part son lien avec les papillons, je l'ai imaginé à ma sauce (j'avais le maître des piliers de Demon's slayers dans la tête si ça vous intéresse de regarder). Qu'avez vous pensé des retrouvailles entre Missandei et Ver Gris, ainsi que leur décision de s'unir ?

On poursuit avec Arya dans le prochain chapitre. Le couple imposé de celui-ci est canonique également, mais dans des saisons beaucoup plus antérieures. Bises !