Petit mot de l'auteure : J'ai eu six heures de train ce matin, je suis bien fatiguée. Mais sinon ça va, j'espère que c'est le cas pour vous également. Je vous laisse avec la suite.
Merci à Angelica, Marina, Coraline et Lassa pour leurs reviews sur les chapitres précédents !
Réponse à la review anonyme (Lassa) : je suis contente de te voir sur la suite. Je suis tout à fait d'accord sur la liste des violences que tu proposes pour le frère de Missandei, c'est une pourriture! Malheureusement, comme l'a dit l'Etranger, il doit faire ses vingt ans avant de découvrir son sort (spoil : Enfer). Dans les autres pourritures, je ne l'ai pas encore écrit, mais on aura de la confrontation pour sûr... parce que certaines baffes ce sont perdues ! Merci encore de ton retour et bonne lecture.
Lorsque Catelyn Stark avait ouvert les yeux après avoir trouvé la mort et que les Sept lui avait expliqué le fonctionnement de ce monde, elle n'avait retenu qu'une seule chose : elle allait pouvoir revoir Ned. Car il ne faisait aucun doute pour elle que « la personne qu'elle avait le plus besoin en cet instant » était son mari – après tout ce temps, elle avait besoin, envie, de retrouver ses bras.
En revanche, elle était plus incertaine quant à sa réaction. Elle ne savait pas si elle allait l'embrasser à en perdre son souffle, ou bien lui donner une gifle monumentale pour ne pas l'avoir écouté et plongé toute leur famille dans la tourmente de Port-Réal.
Lorsqu'elle avait sonné devant ce qui apparaissait comme étant une réplique de Winterfell et que Ned était venu lui ouvrir, elle avait finalement opté pour un intermédiaire : elle s'était effondrée en larmes.
Elle pensa furtivement à ce que sa préceptrice et mère lui avaient rabâche : une dame de haute naissance de se laisse pas aller ainsi. Mais en ce moment, ses leçons d'enfant étaient bien loin – elle n'était plus une enfant, ni même une lady, mais simplement une femme qui retrouvait son bien-aimé mari après l'avoir perdu dans des circonstances tragiques. D'ailleurs, Ned lui-même était bien loin de l'image de calme et noblesse qu'il affichait habituellement, son propre visage étant baigné de larmes. Il l'avait bercé longuement, humant son parfum, et avait finalement murmuré :
- Je suis si heureux de te revoir... Mais dans le même temps j'aurais préféré que ce jour n'arrive pas avant de longues années. Ma Lady... que s'est-il passé ?
Le visage de Catelyn s'était fermé, et Ned comprit que quelque chose de grave s'était passé – enfin, ce n'était pas comme si la situation telle qu'il l'avait laissé était paradisiaque. Mais à en juger par la pâleur de sa femme, les choses étaient allées de mal en pis.
Ce que lui confirma le récit horrifique de celle-ci. Avec peine, elle raconta Sansa aux mains des Lannister, Arya perdue les Sept savaient où, Bran et Rickon dans le Nord, et Robb... Robb, leur petit Robb, forcé de prendre ses fonctions trop vite, pour au final tomber dans le piège d'un traître.
Son récit avait été coupé par un coup porté sur la lourde porte de bois. Catelyn l'avait regardé, les yeux interrogateurs – attendait-il quelqu'un ? - et l'avait ensuite accompagné devant l'entrée lorsque celui-ci avait hoché négativement la tête. Les larmes qu'ils avaient à calmer quelques peu avaient alors redoublé lorsqu'il avait ouvert la porte et étaient tombé sur Robb. En voyant la souffrance dans les yeux de son aîné, la rage de Ned se fit si brûlante qu'il aurait été capable de réduire une ville en cendres. Je tuerai ce Bolton. Et Tywin Lannister, c'était-il juré avant de se rappeler de ce les anciens dieux lui avaient dit, à savoir qu'il ne pouvait causer la mort de quelqu'un. Qu'importe, je me débrouillerai pour les faire souffrir.
Mais pour l'instant, ils allaient profiter de leurs retrouvailles.
oOoOo
Bientôt, ils avaient été rejoint par Rickon. Lorsque leur cadet s'était présenté devant les portes du château, Catelyn et Ned ne l'avait pas tout d'abord reconnu – il avait tellement grandi ! La Stark était ainsi restée quelques instants, à regarder ce jeune adolescent, avait failli demandé ce qu'il désirait, avant de réaliser : c'était Rickon.
Rickon, son fils, son tout-petit.
Elle comprit alors ce que Ned avait ressentit quelques années plus tôt, lorsqu'elle était réapparu de la même manière. Son cœur était déchirée par la joie de le revoir et la tristesse de le savoir mort.
Mais dans toutes ses émotions qui se mélangeaient pêle-mêle, se dégageait une seule volonté : le prendre dans ses bras. Rickon mis quelques secondes à lui rendre son étreinte – comment aurait-elle pu lui en vouloir, après tout ce temps éloignés ? – mais lorsque Ned et Robb étaient descendus voir ce qu'il se passait, ils avaient trouvé mère et fils enlacés tendrement et sanglotants. L'embrassade fut alors agrandie lorsqu'ils virent se joindre à eux.
Quatre. Ils étaient désormais quatre.
La moitié de leur famille était maintenant morte.
Et dieux, que cela faisait mal.
Rickon leur avait donné des nouvelles du reste de la famille. Sansa avait retrouvé Bran et Jon – et Catelyn, pour la première fois, avait été heureuse d'entendre le nom de ce-dernier. Arya elle était toujours introuvable, et cela terni la joie des parents.
oOoOo
Arya avait passé deux heures à faire la queue à l'Office. Elle aurait cru que dans l'au-delà, le désagrément des files d'attente aurait pu être évité, et de ce qu'elle avait compris, c'était habituellement le cas. Mais avec la Victoire des Marcheurs Blancs, le nombre de morts qui arrivait à l'Endroit était tout simplement phénoménale et les différents membres responsables de l'Office étaient débordés par la quantité de personnes venues demander tel ou tel renseignement. Après avoir longuement patienté, un petit homme rondouillard aux cheveux blancs avait fini par lui apprendre que Eddard et Catelyn Stark vivaient en effet ensemble, et lui avait donné un plan de l'Endroit. Celui-ci était apparemment partagé en quartiers, desservis chacun par des sortes de grands chariots appelés « trains ». Le même petit homme lui avait surligné le trajet qui l'intéressé en lui certifiant qu'il n'y avait pas de plus rapide moyen de se déplacer ici, avant de lui souhaiter bonne chance et se diriger vers une autre personne.
Ce qui fait que Arya avait passé une heure supplémentaire a essayer de se repérer dans le bric à brac qu'était l'organisation des trains, avait failli renoncer deux ou trois fois, pour finalement être déposée devant l'adresse demandée.
Et elle avait senti son cœur se figer.
L'endroit où elle était ne ressemblait en rien à la petite maison devant laquelle elle était réapparu un peu plus tôt ce matin. Là, la demeure était douloureusement familière. Il s'agissait de Winterfell.
Certes, un Winterfell plus petit, plus intime, et qui n'était pas le vrai, pas celui du monde des vivants, mais quand même... il n'en restait pas moins Winterfell.
Elle se ressaisit tant bien que mal. Si elle était ici, cela signifiait une chose : sa famille aussi.
Elle prit alors son courage à deux mains et frappa la porte.
.
Arya ne savait pas bien à quoi s'attendre au moment de retrouver ses parents – des pleurs ? Des embrassades ? Des inquiétudes ? Des remontrances ? Divers hypothèses s'étaient échafaudées dans son esprit. Mais une chose était sûre, elle n'aurait jamais pensé tomber nez à nez avec sa mère dans une robe qui tenait plus d'une chemise de nuit qu'un véritable habit. Elle ne savait pas pourquoi ce fut ce détail qui attira son regard, mais le fait est que c'était le cas : sa mère, d'ordinaire toujours impeccablement tirée par quatre épingles, était... négligée. C'était étrangement perturbant.
Tout comme de la voir pleurer.
Et de la sentir la prendre dans ses bras, en murmurant son nom doucement.
Mais pas autant surprenant de se voir faire exactement la même chose.
Il y avait bien longtemps qu'Arya n'avait pas versé une larme. Depuis la mort de son père à vrai dire. Même lorsqu'elle avait retrouvé Sansa, Bran et Jon, ses yeux étaient demeurés secs. Mais en revoyant ses parents, Rickon et Robb, elle n'avait tout simplement pas pu se contenir. Et cela faisait terriblement du bien de prendre quelques instants pour pleurer enfin sur ce – ceux – qu'elle avait perdu.
Elle s'était dégagé doucement de l'étreinte qui commençait à devenir étouffante. Elle ne savait pas quoi dire tout d'un coup – alors qu'il y avait pourtant tant à raconter, expliquer, demander. Mais les mots semblaient s'être envolés, pour ne laisser rien qu'un silence finalement brisé par une question qu'Arya jugea immédiatement idiote et irrespectueuse sitôt après l'avoir posée :
- Mère... qu'est-ce que cette tenue ?
Oui, c'était totalement idiot et irrespectueux. Mais c'était peut-être ce dont ils avaient besoin : un moment de complicité qui leur arracha un rire nerveux. Après tout, ils avaient tout le temps du monde pour les sujets douloureux. Alors Catelyn répondit :
- Depuis que je suis arrivée, je me laisse un peu aller, avoua-t-elle. Je n'ai plus à tenir des réceptions ou accueillir qui que ce soit. Tout ce que je veux, c'est profiter de la famille. Alors au diable les robes !
À cela, Arya en resta pantoise et surprise. Elle découvrait une toute nouvelle facette de la personnalité de sa mère. Les mots de la Mère lui revinrent alors en mémoire. S'il y a bien un endroit où les hommes ne peuvent cacher leur véritable nature, c'est ici. Peut-être que la divinité avait raison. Peut-être qu'ici, l'absence de contraintes et de pressions autorisaient les humains à se laisser aller à qui ils voulaient être. Après tout, il n'est jamais trop tard pour devenir celui que l'on aurait pu être
Peut-être qu'elle même, elle pourrait être qui elle voulait.
Il ne lui restait maintenant plus qu'à le déterminer.
Note (de fin) : Défis de la Gazette :
- Collectionner les pop : Tenue : Écrire sur un personnage qui ne se soucie pas de sa tenue
- Si tu l'oses 313 : enfant
- Citations Contes des Royaumes 44 : La rage de [Lilith] se fit si brûlante qu'[elle] aurait été capable de réduire une ville en cendres
- Pick a card eight of clubs : bonus GOT : écrire sur Arya
- 1000 prompt. 806 : Citation – Il n'est jamais trop tard pour devenir celui que l'on aurait pu être
Pour le prochain chapitre, on va laisser un peu de côté Arya et les Stark (on y reviendra vite, pas d'inquiétudes) pour s'engager dans des contrées plus froides... Une idée du couple et des personnages que l'on va suivre ?
