Petit mot de l'auteure : Bonsoir à tous ! Oui, je publie super tard aujourd'hui, mais on est encore dans les temps donc... ça va ?

Merci à Angelica, Marina et Lassa (x2) pour leurs review sur les chapitres précédents !

Réponse aux review anonymes (Lassa) : Alors déjà, merci pour le fou rire que m'a causé ta review! L'image d'une Margaery version tas de cendre dans la file d'attente de l'Office m'a fait beaucoup trop rire. Et donc pour répondre à ton grimacement : c'était clair dans ma tête et je l'ai pas précisé, mais l'Endroit ne te rend rien de ta vie. La vie. Donc le moment où tu meurs, comme il n'appartient plus à la vie mais déjà à la mort, n'est pas concerné. Je m'explique : Bran a été estropié mais n'en est pas mort, il sera donc handicapé à l'Endroit. Catelyn a été égorgée et en est morte, c'est cette blessure qui lui a causé la mort, donc elle ne se trimballera pas avec une gorge à moitié ouverte à l'Endroit. Pour faire simple, quelqu'un a un accident dans sa vie et on lui coupe la main (Jaime, bonjour!), ça va rester tel quel à l'Endroit. En revanche si ce même quelqu'un est décapité plus tard et donc entraîné à la mort par cette dernière blessure, la blessure en question ne sera pas restituée à l'Endroit. Donc même si l'image était beaucoup trop hilarante, non, Catelyn n'embrasse pas du vide x)

J'espère que c'est un peu plus clair. N'hésite pas à me le dire dans le cas contraire ! Pour le reste de ta review, je suis d'accord, Cat est juste géniale! Tu as soulevé plusieurs points intéressants dans ta review, mais je ne peux encore les commenter plus que ça... il va falloir lire la suite ! Pour les référents des autres Stark, ils ont tous choisi les anciens dieux (plus particulièrement celui incarné dans l'arbre du bois sacré de Winterfell). Catelyn, vue qu'elle vient du Sud, a choisi la Mère. Que penses tu de cette attribution ? On va vite fait l'évoquer en tout cas pour certains d'entre eux dans les prochains chapitres.


Le certain temps s'éternisa en trois semaines. Trois semaines au cours desquelles Jon ne pensa à rien d'autres qu'à Ygritte, à ses cheveux de feu et aux bruits qu'elle produisait lorsqu'ils s'unissaient. Lorsqu'ils ne restaient pas dans leur cabane, ils allaient explorer l'Endroit. Jon n'avait pas eu l'occasion de le découvrir lors de son précédent séjour, ayant passé la plupart de son temps à essayer de convaincre la sauvageonne de lui pardonner et à lui exposer son point de vue. Cette fois-ci, ils avaient tout le temps du monde pour faire tout ce qu'ils voulaient et aller où il voulait.

Dans le cadre de l'Endroit, ce « où » ne semblait jamais finir. Tout comme les maisons disparates, les paysages qui s'offraient à eux étaient saisissants de contrastes. Ils avaient ainsi découvert des lacs gelés jouxtant des cavernes oubliées, le tout dans de grandes plaines désertiques qui leur semblaient familières, mais également des éléments plus particuliers, comme un jardin suspendu, dont les plantes de glace atteignaient des mètres de haut. Ce dernier endroit les avaient particulièrement intrigués, et ils avaient entrepris l'escalade de l'immense colonne de glace donnant accès au jardin. Lorsqu'ils étaient parvenus au sommet, Jon et Ygritte s'étaient assis au bord du cercle, comme suspendus dans les airs.

C'était alors ouvert à eux l'infinité éblouissante de l'Endroit. Ici, avec le soleil qui perlait à l'horizon, le calme qui s'offrait à eux leur donnait un sentiment d'ataraxie profonde. Un sentiment de complétude, aussi.

Jon avait alors furtivement pensé qu'il ne manquait plus que leur grotte pour que tout soi parfait, et l'instant d'après, un fracas s'était fait entendre. Ils s'étaient alors retournés, et avaient découverts avec stupéfaction la caverne, identique dans son étang et sa chute d'eau naturelle.

Jon s'était alors demandé si tout l'Endroit avait été constitué ainsi, par les souhaits des gens. Après tout, les anciens dieux lui avaient bien expliqué que s'il désirait quelque chose, il lui suffirait de demander. Sûrement cela expliquait-il la disparité des ensembles du lieu : les sauvageons, qui avaient souhaité se retrouver entre eux, avaient désiré un monde de glace, mais il y avait fort à parier que les gens de sud demanderaient des demeures à leur image.

Les gens du sud... cela lui arracha un léger pincement au cœur. De ses deux séjours ici, il n'était jamais allé dans ce qui pouvait être la reconstitution du « sud », étant toujours demeuré dans le Grand Nord. Et s'il n'avait pas envie de le quitter, il sentait qu'il devait le faire.

.

Ygritte et lui étaient allongés sous des arbres glacés depuis quelques minutes lorsqu'il avait finalement pris la parole :

- Ygritte...

Il n'arriva pas à terminer sa phrase.

- Laisse-moi deviner, compléta-t-elle. Tu veux partir.

- Non. Oui. Enfin... je...

- Oui ou non ? Tu ne sais vraiment rien, Jon Snow, déclara-t-elle, lui causant un levage d'yeux.

- Non, je ne veux pas partir. Mais je le dois. Pour avoir des réponses sur ma naissance, mes origines. Pour savoir qui je suis. Pour savoir pourquoi j'existe.

- C'est fou comment vous pouvez vous prendre la tête, au sud. Tu es Jon Snow. Et tu existes comme tout le monde, pour tenter d'être heureux.

Elle se redressa alors, le regardant, un air triste sur le visage :

- Je ne comprends pas ce besoin. Mais je le respecte. Si tu as besoin de partir un temps, fais-le. Mais... n'espère pas partir sans moi. Je t'accompagne.

- Je n'y pensais même pas une seconde, dit-il en l'embrassant, avant de demander presque en suppliant : Reste avec moi.

- Toujours.

oOoOo

Après être rapidement passés par le camp pour récupérer Fantôme, Jon et Ygritte s'étaient dirigés vers la station de train la plus proche du nord. Cette fois encore, le véhicule mettait du temps à arriver. Lorsque celui-ci arriva enfin, ils montèrent à l'avant. Le contrôleur demanda où ils allaient, les regards se tournèrent vers Jon qui bafouilla :

- Je... je sais pas trop...

- Ta nana a vraiment raison, soupira Tormund. Tu sais vraiment rien.

- Pourquoi tu nous accompagnes d'abord ? marmonna le brun, vexé.

- Pour éviter ce genre de situation inconfortable où tes soupirs mélodramatiques font perdre du temps à tout le monde, répliqua le roux avant de dire au chauffeur : on va chez Davos Mervault.

Davos ? Ce nom surprit Jon mais il ne dit rien, conduisant le conducteur à valider cette destination. Après réflexion, ce choix n'était pas si mal. Jon appréciait sincèrement le sage homme, et serait ravi de le retrouver. Il n'avait aucune appréhension à parler avec lui et serait donc un bon moyen de renouer avec le sud. De plus, Davos était du genre tolérant et accepterait sans aucun doute Ygritte, ce qu'il s'empressa d'assurer à la jeune femme lorsqu'elle demanda des renseignements sur l'homme à qui ils allaient rendre visite. Le trajet se fit donc très rapidement, et leur quatuor fut finalement déposé à l'endroit demandé.

En découvrant la maison de Davos, Jon fut pris d'un rire franc. Il avait décidément la preuve que l'Endroit s'adaptait aux souhaits de ses occupants ! Si Tormund sourit à la vue de la bâtisse, Ygritte était franchement dubitative.

- Dites... votre Davos... Il est pas un peu barge sur les bords pour choisir d'habiter dans un bateau ?

- Oh non, il n'est pas fou. Il était simplement contrebandier auparavant. J'imagine que le bateau lui rappelle de bons souvenirs.

- Attendez... votre homme super sage et honnorable, celui que tu pris pour conseiller... était contrebandier ? demanda Ygritte, étonnée.

- Dans son genre, il est unique, expliqua Jon.

- Il a eu une vie plutôt intéressante, renchéri Tormund en frappant à la porte.

Celle-ci ne s'ouvrit pas sur le chevalier oignon, mais sur un autre homme que Jon eu tout autant de plaisir à voir : Sam. Il se jeta dans les bras potelés du brun, qui s'empressa de lui rendre son étreinte. Lorsqu'ils se séparèrent, ils avaient tout les deux un grand sourire.

- Sam ! Que fait-tu là ?

- Je suis passé voir ser Davos pour lui prêter des livres faciles à déchiffrer. Shireen lui apprend à lire.

- Shireen... la fille de Stannis Baratheon ?

- Celle-là même. Mais... ne lui parle pas de ce dernier devant elle. Elle vit avec Davos et ses fils, maintenant.

Une altercation entre le vieux chevalier et la sorcière rouge lui revint en mémoire, entrecoupées d'images d'un bûcher et d'un jouet calciné. Oui, Jon pouvait comprendre la réaction de la jeune fille. Il hocha la tête pour marquer sa compréhension à Sam, qui venait de dire :

- Mais je suis heureux de te voir enfin ! Tu t'es décidé à revenir parmi nous ?

- Pour un temps seulement. Je vais finir par remonter dans le coin où je me suis installé.

Disant cela, il prit la main d'Ygritte, conduisant Sam à mettre les pieds dans le plat :

- Oh vous devez être la fameuse Ygritte !

- « Fameuse » ? releva-t-elle. Parce que je suis une sauvageonne ?

- Plutôt parce que Jon a beaucoup parlé de vous...

- Vraiment ? dit-elle, heureuse de l'entendre – et encore plus heureuse de voir ledit Jon rougir.

- Et puis, vous savez, dit Sam, ma femme est aussi une sauvageonne.

- Gilly est ici ? Elle va bien ? demanda Jon, ravi de s'engouffrer dans un autre sujet.

- Doublement oui. Et petit Sam est ici également. Mais rentrez, vous verrez tout le monde.

Sam s'écarta pour les laisser passer. Jon s'engagea alors dans le couloir d'entrée, Ygritte sur ses talons – une main sur son arc, on était jamais trop prudent –, Tormund et Fantôme fermant la marche. Ils atteignirent alors une porte, donnant sur une salle à manger confortable et lumineuse. Au centre de celle-ci se trouvait une table en chêne, de part et d'autre d'où étaient assis diverses personnes : Gilly, petit Sam, Davos et ses fils, et une fillette blonde au visage marqué, qui devait être Shireen. Tous levèrent les yeux vers les intrus, et firent d'un grand sourire en voyant le brun.

Gilly posa petit Sam par terre pour aller saluer joyeusement Jon et Tormund – un peu plus timidement pour ce dernier, mais sans moins de sincérité. Elle se tourna ensuite vers Ygritte, toujours souriante, et Jon fit les présentations :

- Ygritte, voici Gilly, la femme de Sam. Gilly, c'est...

- Ygritte, j'ai compris, la coupa Gilly en passant son bras autour de celui d'Ygritte et en l'entraînant vers la table. Tu dois avoir faim. Viens avec moi, nous pourrons discuter de nos imbéciles de compagnons du sud.

Jon faillit protester mais se retint en entendant le rire franc qu'Ygritte émit en entendant cela. Il se tourna vers Sam, qui regardait piteusement ses chaussures. Il se demanda ce que ce dernier avait fait comme bêtise pour mériter cette appellation « d'imbécile » - mais connaissant les deux amoureux, cela serait très rapidement arrangé. Il se dirigea donc vers Davos, qui n'avait bougé de sa chaise que pour se relever maladroitement :

- Quelle bonne surprise ! dit-il. Excusez moi de ne pas venir vers vous, il semblerait que les Sept n'aient pas eu envie d'arranger mes problèmes de vieillesse...

- Les Sept ? demanda Tormund.

- Ce sont les dieux de Westeros. Et ce sont ceux qui m'ont acceulli, répondit Davos. J'imagine que vous avez eu affaire aux anciens dans votre cas ? Si j'ai bien tout compris, ils s'adaptent aux personnes qu'il reçoivent. Mais dans tous les cas, joignez vous à nous !

Les nouveaux venus s'installèrent autour de la table et mangèrent joyeusement – et dans le cas de Tormund, burent quantité d'alcool. Davos, assis à la gauche de Jon, finit par lui demander doucement :

- Quelque chose vous tracasse, roi du Nord ?

- Je ne suis plus roi, répondit-il en levant les yeux au ciel. Je n'ai jamais voulu l'être.

Il se tût un instant, hésitant à se confier, mais fini par répondre au chevalier :

- En réalité, oui, quelque chose me tracasse. Je suis redescendu dans le sud pour revoir ma famille, mais je ne sais pas comment cette réunion va se passer. Lorsque nous nous sommes quittés avec Arya, Sansa et Bran, je venais de leur apprendre que j'étais en réalité un Targaryen. Quand à Lord Stark... je ne serai pas par où commencer. Pourquoi me l'a-t-il caché toute ma vie ?

- Je pense que vous savez pourquoi. Pour vous protéger.

- Oui... mais cela laisse un vide en moi.

- Alors laissez moi vous donner un conseil, Jon Snow. Comblez ce vide. Comblez le, et vous pourrez affronter Eddard Stark avec toutes les informations.

- Vous êtes en train de me dire que je devrais aller voir mon père ? Mon véritable père ?

- Oui. Les questions qui vous tracassent ne concerne pas lord Stark. Vous savez déjà ce qu'il a fait et pourquoi. Vous êtes tourmenté par l'incertitude de vos origines : comment était Rhaegar Targaryen ? Quelle était la véritable relation qu'il entretenait avec votre mère ? Que prévoyaient-ils pour vous ? Toutes ces questions ne trouveront leur réponse de la bouche de Rhaegar Targaryen et Lyanna Stark.

Jon prit une nouvelle gorgée d'alcool et acquiesça. Tormund avait bien fait de les conduire à Davos : celui-ci lui avait dit exactement ce qu'il avait besoin d'entendre. Il reposa donc son verre et déclara :

- Ygritte ? Je pars quelques heures. Je dois rencontrer mes parents. Et je dois le faire seul.


Note : Le couple à placer aujourd'hui était donc bien Gilly (vère) et Sam. Bravo à ceux qui ont deviné ! Défis :

- 1000 prompt 453 : Mot – Ataraxie

- CDR 62 : dans son genre [elle] est unique

- Si tu l'oses 462 : cascade / chute d'eau

- HG : reste avec moi / toujours

- Pop Mérida : personnage avec un arc

Je pense que le couple de demain est facilement trouvable.

Sinon, j'ai beaucoup aimé faire que la maison de Davos soit en forme de bateau. Je dois dire que j'ai beaucoup, beaucoup hésité à faire sa maison en forme d'oignon ou de crabe... J'espère que ce chapitre vous a plu. Pour ce qui est du prochain, on poursuit avec Jon.