Petit mot de l'auteure : Bonjour ! Je suis terriblement désolée, je me suis écroulée hier de fatigue sans publier. Voici donc le chapitre du 6 ce matin, et je partagerai celui du 7 ce soir !
Merci à Angelica, Marina, Coraline et Lassa pour leurs reviews sur le chapitre précédent !
Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci de ton commentaire ! Tu as tout à fait raison, les parents de Shireen sont l'exemple parfait du parent idéal ! Je ne vois pas pourquoi elle ne veut pas les voir... les ado, jvous jure, toujours à se plaindre. Mais plus sérieusement, ils méritent d'être écartelés x) Mais si ça t'intéresse, tu peux aller jeter un coup d'œil à mon drabble numéro 3 de ma fic "Mes mal-aimés", où je me suis forcée à considérer Stannis d'un autre œil (ce qui n'était pas facile mais bon). En parlant de mes autres fics, je te remercie beaucoup pour ton commentaire sur "réveil" ainsi que sur "Derniers mots" (je vais bientôt reprendre cette dernière fic, donc je répondrais à ta reveiw de façon plus développée là bas, mais d'ici là merci!)
Cela faisait maintenant dix bonnes minutes que Jon était planté devant l'entrée de la demeure de Rhaegar Targaryen sans esquisser un geste pour manifester sa présence. S'il sonnait et que ce dernier venait à lui ouvrir, que lui dirait-il ? Bonjour, je suis Jon, vous ne me connaissez pas mais je suis votre fils, surprise ! Oui, votre fils, avec Lyanna, vous savez la femme que le royaume entier, historiographes comme gens du peuple, pense que vous avez enlevé et violée... d'ailleurs, c'est quoi le fin mot de cette histoire ?
Non. Il ne pouvait décemment pas arriver comme ça.
Alors, quoi ? Devait-il se faire passer pour un simple curieux et tâter le genre d'homme qu'était le dragon ? Ou bien... Et puis flûte. Il improviserai sur le moment. Il rassembla toute sa résolution et frappa à la porte.
Ou du moins, esquissa un geste pour frapper à la porte, mais n'eut pas le temps de terminer son action car celle-ci venait de s'ouvrir sur une jeune femme brune, que Jon identifia immédiatement comme Lyanna Stark. Celle-ci lui sourit franchement et dit :
- Merci, grâce à toi j'ai gagné.
- Pardon ? demanda Jon, perdu.
- Ça fait dix minutes qu'on attend que tu frappes. Rhaegar a parié que tu mettrais moins de cinq minutes à te décider, moi plus. J'ai gagné. Mais je t'en prie, Jon, entre.
L'histoire de pari le déstabilisa tellement que la deuxième partie de l'information mit un temps à monter à son esprit.
- Attendez... comment vous connaissez mon nom ?
- Eddard est apparu devant ma porte lorsqu'il est mort. Nous avons beaucoup parlé de toi. Il m'a même fait ton portrait ! Il ne te rendait pas justice, je le craint. Dans tous les cas... j'appréhendais tout autant que j'attendais ta visite.
Évidement. Ned avait parlé à sa sœur. Jon aurait dû y penser tellement c'était évident. Dire qu'il s'était tracassé à trouver comment se présenter !
Les yeux de Lyanna se voilèrent lorsqu'elle rajouta :
- Et ton père aussi. Il sera soulagé et heureux de te rencontrer avant de disparaître.
Disparaître ? faillit demander Jon. Puis les explications des anciens dieux lui revinrent à l'esprit.
Ici, c'est « l'endroit ». Les âmes y restent durant vingt ans, vivent et évoluent librement parmi les autres âmes. Au bout de vingt ans en notre compagnie nous convoquons une seconde fois les âmes. En fonction de leur comportement lors des deux décennies passées dans cette réalité, nous les envoyons alors dans ce que vous appelez « paradis » et « enfer ».
La rébellion de Robert avait eu lieu presque vingt ans auparavant.
Ce qui signifiait... que son père tout comme sa mère allaient bientôt quitter l'Endroit. Cela lui déchira le cœur en comprenant ce que cela signifiait : il allait les perdre comme la première fois, c'est-à-dire en les ayant à peine rencontrés.
.
Ils étaient tous les trois assis dans une salle à manger. Nerveux, Jon posait son regard sur toutes les décorations qui pouvaient lui permettre d'éviter de croiser ceux de ses parents. Ces derniers, assis côte à côte sur un canapé de soie, semblaient aussi hésitants que lui. Cette gêne, si elle était inconfortable, ne le surprenait pas : ils partageait un même sang, appartement théoriquement à la même famille, mais étaient en vérité de parfaits étrangers. Ils se passèrent ainsi quelques minutes où le trio ne fit rien d'autre que se jeter quelques regards à la dérobé, jusqu'à ce que Jon finisse par briser le silence, devenu extrêmement gênant :
- Que s'est-il réellement passé entre vous ?
C'était une question intime, terriblement intime, mais qui le brûlait. Jon avait entendu comme tous la fleur offerte à Lyanna, l'enlèvement et la rébellion qui avait suivi, et avait toujours pris cette histoire pour acquis. Mais Bran était venu le voir avec ses révélations qu'il avait vu grâce à ses nouveaux pouvoirs et son monde entier en avait été bouleversé. Et même s'il connaissait la vérité maintenant, il voulait l'entendre de la bouche même des concernés. Ce fut Rhaegar qui répondit, parlant pour la première fois :
- Tout d'abord, contrairement à ce qui a été dit, je n'ai pas enlevé Lyanna. J'ai eu... tu as déjà entendu toutes ses histoires romantiques sur les coups de foudre ? Pour tout te dire, je n'ai jamais pensé que le coup de foudre existait. Jusqu'à ce que je vois Lyanna.
Celle-ci rougit légèrement, alors que Rhaegar continuait :
- Cette sensation lorsque j'ai croisé son regard dans la tribune... j'ai ressenti quelque chose que je n'avais jamais connu. J'appréciais et respectais profondément Elia. Nous avions trouvé un équilibre qui nous convenait, et je pensais sincèrement m'en satisfaire. Mais il est apparu que non. J'ai vu Lyanna, et tout a été bouleversé. Je... je n'ai pas réfléchis lorsque je lui ai donné la fameuse rose. J'ai simplement suivi une impulsion qui pulsait dans tout mon être et me disais « dirige toi vers cette femme ». Après cela, il m'a été impossible d'oublier Lyanna.
- Pour ma part, intervint la femme, je ne supportais plus la vie étriquée du Nord. Même si Robert Baratheon était un galant homme, je ne l'aimais pas, et je savais que je ne l'aimerai jamais. Je rêvais d'évasion... et je comptais parcourir le monde seule. Mais deux ans après Harrenhal, alors que la date du mariage approchait, j'ai mis mes projets à exécution. Je suis partie. Ce n'est que par hasard que mon chemin a croisé celui de Rhaegar. Et moi qui m'étais promis de ne jamais m'attacher, j'en suis tombée sincèrement amoureuse.
Disant cela, elle avait prit sa main, et souriait doucement, les yeux remplis de nostalgie. Le dragon était lui aussi souriant et semblait aussi serein que sa femme. Jon, lui, était plus dubitatif.
- Mais... pourquoi ?
La question les surpris franchement :
- L'amour ne s'explique pas... commença à dire Lyanna. Et puis il...
- Non, je ne voulais pas demander pourquoi vous étiez tombés amoureux l'un de l'autre, rectifia Jon. Je voulais dire : pourquoi vous être enfuis comme cela ? Et sans rien dire à personne en plus ! Vous... Robert Baratheon est rentré en rébellion à cause de vos actions ! Une guerre a éclaté !
- L'amour a ses raisons que la raisons ignore... à ce moment là, nous n'étions plus conscients du reste du monde. Il n'y avait que nous...
- Vous étiez l'héritier du trône. Ce n'est pas vraiment le genre de position où l'on peut oublier « le reste du monde » quand même !
- Nous étions jeunes et insouciants, se justifia Lyanna. L'amour peut prendre le pas sur le devoir, surtout à notre âge...
- J'étais plus jeune que vous lorsque je suis tombé amoureux. Une magnifique femme, forte, courageuse, impertinente. Je l'aimais sincèrement... mais cela n'a pas empêché que lorsque j'ai dû choisir entre amour et devoir, j'ai choisi ce dernier.
- Tu as choisi... moi non. Je n'ai jamais demandé à être Rhaegar Targaryen, prince et héritier. Je n'ai jamais demandé ce poids. Je n'en ai jamais voulu.
- On ne choisi pas toujours notre destinée, rétorqua Jon. Parfois la naissance nous impose une place que nous ne voulions pas. D'autre fois, ce sont les événements, ou les gens. Et qu'importe si nous ne voulons pas de ces titres ou responsabilités, car au moment même où nous les avons, nous nous devons de protéger ceux que nous avons en charge.
Jon se savait dur dans ses propos.
Injustement dur, même.
Mais... il avait accumulé tellement d'angoisses, d'attentes, de peurs face à cette rencontre que tout ressortait désormais d'une manière beaucoup plus forte qu'il ne l'aurait souhaité. Car il ne regrettait pas ce qu'il pointait du doigt – simplement la manière abrupte dont il l'avait dit. Rhaegar et Lyanna avaient fui ensemble. C'était certes très romantique. Mais cela avait plongé le royaume entier dans une guerre ! Des milliers d'innocents étaient morts en se battant... pour une chimère, un enlèvement qui n'était jamais arrivé. Combien de vies auraient été sauvée s'ils avaient tout simplement affirmés au monde qu'ils s'aimaient ?
Il fut tiré de sa colère mentale par la main chaude de Lyanna se posant doucement sur la sienne.
- Je reconnais bien mon frère dans ces propos honorables, dit-elle d'une voie tranquille. Le devoir est l'idéal que chacun devrait suivre. Mais tout le monde ne peut pas se montrer à la hauteur. J'ai conscience des conséquences qu'à eu nos actes, donc je ne dis pas cela comme une excuse. Je dis cela comme ce que c'est : une cruelle vérité. L'honneur, le devoir... sont deux choses qui peuvent parfois être dépassées par des pulsions plus élémentaires.
Jon médita ces paroles. Lyanna n'avait peut-être pas tort. Peut-être était-ce cela la vie. Être plein de bonnes intentions, et voir celles-ci réduites à néant par quelque chose aussi terre à terre que l'amour. Lui revinrent alors en mémoire les paroles qu'avaient prononcé il y a si longtemps Mestre Aemon, à Chateau noir : L'amour est la mort du devoir. Si le jour venait où ton père était forcé de choisir entre l'honneur et ceux qu'il aime, que ferait-il ? Qu'est-ce que l'honneur comparé à l'amour d'une femme ? Et qu'est-ce que le devoir contre le sentiment de sentir un nouveau-né dans ses bras ? Ou le sourire d'un frère ? L'amour est la plus grande joie de l'homme, et sa plus grande tragédie.
Comme avait essayé de lui faire comprendre le sage et venait justement de le dire Lyanna, l'amour n'excusait pas tout.
Mais cela en expliquait une bonne partie.
Alors Jon leur fit comprendre qu'il comprenait, et ils parurent soulagés. Lui aussi l'était, à vrai dire. Il n'était pas le fruit d'un viol, d'un acte barbe. Il était le fruit d'un amour, certes imparfait mais véritable, et c'était déjà quelque chose de positif.
Et lorsque Rhaegar commença à lui poser des questions sur la vie qu'il avait mené et celle qu'il avait actuellement, Jon répondit avec hâte.
Le passé est passé, de toute manière. Autant profiter du présent.
oOoOo
- Alors ?
Jon venait à peine d'entrer dans le salon de Davos où Ygritte l'attendais que celle-ci s'était levée d'un bon pour lui demander comment sa rencontre c'était passée.
- Ca c'est bien passé, dit-il avec un soupir, fatigué par le rendez-vous qui avait été éprouvant. J'ai eu mes réponses, et j'ai pu faire connaissance avec eux. Mais j'ai aussi réalisé quelque chose.
- Quoi ? S'enquit Ygritte.
- Que je m'étais trop pris la tête.
Ygritte haussa les sourcils l'air de dire « et ce n'est que maintenant que tu t'en rend compte ? » mais ne dit rien à voix haute, ce dont Jon lui fut reconnaissant.
- Je... je m'inquiétais de savoir comment considérer Eddard Stark désormais que je connaissais la vérité. Ce qui était inutile comme préoccupation. Cela reste mon père. C'est lui qui m'a élevé. C'est lui qui m'a appris les valeurs d'honneur, de respect et de devoir qui me sont chères. Et cela vaut plus que tous les liens du sang.
- Alors... tu te sens prêt à revoir ta famille ?
- Oui. Et je veux te les présenter.
oOoOo
Le train venait de les déposer devant la demeure de Lord et Lady Stark, et le cœur de Jon s'arrêta en même temps qu'il fit un bon dans sa poitrine. Devant eux se trouvait une réplique de Winterfell, plus petite que le véritable château, mais qui en conservait l'aspect caractéristique. Ygritte pouvait enfin voir les tours qu'il lui avait promis ! Alors qu'il se tournait pour le lui dire, il s'arrêta dans son élan en remarquant que celle-ci vérifié une énième fois dans le reflet de son poignard l'arrangement de ses cheveux.
Elle n'avait pas arrêté depuis qu'ils étaient parti de chez Davos. Cela amusa Jon qui la taquina :
- Je ne te savais pas si coquette.
- Je veux juste faire bonne impression, grommela-t-elle en lui jetant un regard mauvais.
Elle ne lui avait même pas rétorqué qu'il ne savait rien, ce qui lui fit comprendre qu'elle était vraiment inquiète. Jon lui prit alors la main et la rassura :
- Tu n'as pas à t'en faire. Tu es venue armée jusqu'aux dents avec un arc. Arya va t'adorer.
Sur ce, il frappa à la lourde porte de chêne.
Note (de fin) : ça me plaît bien d'imaginer Ygritte se recoiffant... à l'aide d'un poignard.
Défis du chapitre :
- les nouveaux mots : historiographe
- 73. « Je veux juste faire bonne impression. »
- ten of diamonds : personnage qui ne veut pas de pouvoir
- 771. regard à la dérobée
- 1000 prompt 76 : Duo – Rhaegar et Lyanna
J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Je dois dire que j'ai eu beaucoup de mal à rédiger le passage entre Jon et ses parents (donc grosso modo, tout le chapitre quoi XD) Du coup, question : que pensez vous de l'histoire d'amour entre Lyanna et Rhaegar ? Pour ma part je suis partagée. Je la trouve romantique, mais en même temps, terriblement irresponsable car a plongé le royaume dans la guerre. Alors certes, avec Aerys régnant l'explosion était imminente, mais quand même. Et vous votre avis ?
Sinon ce soir, on commence notre premier couple un peu wtf (je dis un peu... car ce n'est pas le plus incongru). Indice : une princesse et une guerrière
