Note de l'auteure : Re-bonjour ! Voici donc le deuxième chapitre de la journée.
Merci à Lassa, Angelica et Marina d'avoir reviewé le chapitre précédent ! En parlant de review, j'ai vu qu'il a eu 50 vues sur le dernier chapitre et 3 mises en follow. Je me dis que si vous êtes encore là au bout de 7 chapitres, c'est que ça vous plaît un minimum... Alors laissez moi un petit commentaire, un retour, pour me dire ce que vous aimez (ou pas d'ailleurs), vos pronostics pour la suite, des remarques... n'importe quoi. Les reviews ça fait toujours plaisir et c'est important pour motiver l'auteur à écrire ! Et si ces bonnes raisons ne vous suffisent pas, c'est mon anniversaire dans deux jours et avoir un retour constituerait en un très beau cadeau.
Aller, je me tais, bonne lecture !
Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci pour ton commentaire et ton développement aux questions. Pour ma part, je pense qu'Aerys aurait fini par être tué (vu comment il s'enfonçait inexorablement dans sa paranoïa et aurait donc commandé dans tous les cas la destruction de Port-Réal, à mon avis) et du coup Rhaegar serait monté sur le trône. Quant à savoir si il aurait pris Elia ou Lyanna comme reine, ça je n'en sais rien...
Ce fut lady Catelyn Stark qui ouvrit à Jon. Celui-ci resta sur le pallier, les bras ballants, ne sachant pas quel comportement adopter envers la noble dame. Cette dernière semblait aussi surprise que lui et demeura quelques instants sans bouger ou parler, avant que Catelyn ne demande :
- Jon ? C'est toi ?
Celui-ci hocha raidement la tête. Lorsqu'il avait imaginé qui viendrait lui ouvrir, il avait pensé à l'un de ses frères et sœurs, voir son père, mais n'avait pas un seul instant pensé que cela pourrait être la dame de Winterfell. Ce qui était idiot de sa part – évidement que Catelyn était susceptible de venir lui ouvrir la porte, car il ne faisant aucun doute qu'elle s'en était allée retrouver son bien-aimé époux au moment même où elle avait trouvé la mort.
Oui, c'était donc parfaitement logique de se trouver face à elle en ce moment.
Logique, et aussi incroyablement gênant, si l'on tenait compte du fait que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, la mère lui avait dit qu'elle aurait préféré voir Jon prendre la place d'un Bran alors entre la vie et la mort.
Les secondes de silence surpris s'éternisèrent donc. Jon pouvait sentir le regard interrogateur d'Ygritte sur lui, mais n'était pas en mesure de se tourner vers elle pour lui expliquer la situation ou lui présenter la personne qui se trouvait en face d'eux.
Ce fut finalement Catelyn qui rompit le moment en faisant la dernière chose à laquelle Jon s'attendait : elle s'approcha de lui et le prit dans ses bras.
Jon en fut tellement surpris qu'il ne fut pas mesure de lui rendre son étreinte – non pas qu'il en ai réellement envie de toute manière, mais le choc l'empêchait dans tous les cas de réfléchir correctement. Pourquoi Catelyn Stark lui faisait-elle une étreinte ? Ne le détestait-elle pas ? Comme pour répondre à ses interrogations silencieuses, la dame lui murmura doucement à l'oreille :
- Je suis désolée, Jon... Si tu savais à quel point je suis désolée... Durant toutes ces années je me suis si mal comportée envers toi... Si bien que je sais que m'excuser n'effacera jamais ce que j'ai fait mais... je te présente tout de même mes excuses les plus sincères.
Cela était définitivement une surprise pour le jeune homme. Un étreinte, et maintenant des excuses ? Le geste le toucha, mais il ne put faire disparaître toute l'amertume qu'il ressentait envers cette femme qui l'avait méprisé toute sa vie. Ce fut cette amertume qui le poussa à dire :
- Vous ne vous excusez simplement parce que vous connaissez la vérité.
- Oh non... murmura Catelyn, ses yeux se voilant de peine. Cela fait longtemps que j'ai compris que mon comportement envers toi était horrible et inhumain. Mais je n'ai jamais eu l'occasion de te revoir et de m'excuser. Et quand bien même aurait tu été véritablement un fils bâtard d'Eddard, je n'aurais jamais dû me montrer en colère contre toi. Tu n'y étais pour rien dans ses agissements. Alors je suis désolée de ne pas avoir été suffisement forte pour me l'avouer quand il était encore temps.
La sincèrité qui transparaissait dans ses mots apaisa Jon quelques peu et le conduit à dire :
- Il était encore temps de vous excuser, lady Stark. Et vous venez de le faire. Je vous pardonne. Et je m'excuse également.
- De quoi ? s'étonna-t-elle.
- De ne pas avoir su protéger vos enfants, murmura Jon avec douleur.
- Oh Jon... dit-elle en le reprenant dans ses bras brièvement. Tu as fait bien plus pour eux que je n'ai jamais pu. Arya, Sansa et Bran m'ont raconté comment vous avez pris soin d'eux dès que vous en avez eu l'occasion. Tu n'as pas à culpabiliser d'actions qui ne sont pas de ton fait.
Jon savait que la dame disait vrai, il n'était pas responsable des actes de Joffrey, des Frey, des Bolton... mais ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable de la souffrance de sa fratrie. Si seulement avait été-t-il là pour les protéger ! Pour contrer l'émotion qui montait en lui, il se tourna vers Ygritte, qui attendait silencieusement que l'échange entre les deux se termine.
- Lady Catelyn, laissez moi vous présenter Ygritte, ma...
Il s'interrompit, ne sachant pas bien comment terminer sa phrase. Ils n'avaient jamais réellement discutés de ce qu'ils étaient. Ils formaient un couple, mais Jon n'était pas sûr qu'Ygritte voit les choses de la même manière – les Sauvageons étaient beaucoup plus libres que les gens du Sud, et partager une couche avec quelqu'un, même de manière régulière et dans deux vies, ne voulait pas dire que l'on était en couple avec la personne. Ce fut finalement Ygritte elle-même qui compléta sa phrase :
- Sa femme. Enfin sa futur femme. Enchantée, dit-elle avant de serrer énergiquement la main délicate de lady Stark.
- Futur ? releva cette dernière en massant sa main rendue douloureuse par l'accolade de la rousse. Vous êtes fiancés ? Toutes mes félicitations.
Jon n'était pas au courant de ce fait, mais il acquiesça.
- Oui. Je suis venu voir la famille et leur présenter Ygritte.
Catelyn hocha la tête en signe de compréhension et s'écarta pour leur laisser un passage dans la bâtisse :
- Les dames d'abord, dit-elle à l'attention d'Ygritte.
- Oh, je ne suis pas une dame, répondit celle-ci tout en s'engageant dans le couloir.
Non, vous n'êtes certainement pas une dame, pensa Catelyn. Mais si Jon, lui qui a tant souffert par ma faute, peut trouver un foyer en votre compagnie, alors ce n'est pas bien grave.
.
Eddard Stark était en train de somnoler dans un fauteuil de cuir lorsque Jon entra dans le salon, précédé d'Ygritte. Jon voulait se faire discret pour ne pas réveiller le seigneur, mais ce fut sans compter le cri que poussa Robb en le voyant :
- Snow ! Enfin ! dit-il en se précipitant vers lui pour l'étreindre.
Jon referma immédiatement ses bras autour des siens. Robb était celui de ses frères et sœurs qu'il avait vu le plus lointainement – même si c'était pour le voir mourir, il avait entraperçu Rickon une année auparavant. Tandis que Robb... leur séparation remontait à plusieurs années maintenant, lorsqu'il avait décidé d'aller vers le Nord. Le retrouver après toutes ces années sans s'être vus était donc étrange... mais leur embrassade lui paraissait aussi naturelle que s'ils s'étaient vu la veille. Sûrement était-ce le signe de l'affection sincère et profonde qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.
Ce fut Robb qui rompit l'accolade en premier. Il passa une main dans ses boucles et dit :
- Il paraît que tu es déjà mort une fois et que tu n'es même pas venu dire bonjour !
- Je... je suis réapparu dans le Nord, expliqua-t-il, les joues rouges de honte. Et je ne suis resté qu'une journée...
- Je comprends. Il t'as fallu trois semaines pour te décider à redescendre, un jour c'était te surestimer.
Cette remarque conduisit Ygritte à étouffer un ricanement qui n'échappa toutefois à personne, et encore moins à Robb qui se tourna vers elle :
- Tu es réapparu chez cette lady ? Je comprends mieux pourquoi il t'as fallu tout ce temps. Je suis Robb Stark, dit-il à l'attention de la rousse.
- Ygritte, répondit-elle.
Jon les laissa échanger quelques mots dans leur coin. Son attention était tournée vers son père qui, réveillé sous les cris de Robb, s'approchait de lui. Jon n'avait jamais vu le seigneur de Winterfell se montrer gêné ou hésitant, mais ces deux émotions se trouvaient en ce moment dans son regard. Cette fois ci, ce fut Jon qui pris l'initiative de débloquer les choses :
- Père...
Un seul mot. C'est tout ce qu'il fallu pour la minime tension disparaisse totalement. Jon, en disant ce mot, avait l'impression que rien n'avait réellement changé entre eux – ce qui était vrai en définitive. Eddard, de son côté, fut rassuré de voir que le jeune homme ne le reniait pas. Il clôtura alors la distance entre eux pour poser sa main sur son épaule. Celle-ci était comme dans son souvenir, lourde, chaude, rassurante.
- Jon... Je suis désolé de t'avoir menti toutes ces années. Je ne pensais qu'à te protéger. Je voulais te dire la vérité, mais... je n'en ai pas eu l'occasion.
- Je comprends, Père. Et... si vous voulez toujours de moi maintenant que plus rien ne vous l'oblige, je...
- Évidement que je veux toujours de toi ! tonna Ned en le coupant. Tu es mon fils. Et tu le seras toujours. Je t'ai élevé, je t'aime, et je suis fier de toi. Tu ne peux pas savoir combien je suis fier de tout ce que tu as fait...
Et sur ces paroles, il le prit dans ses bras, et Jon s'autorisa à profiter de l'instant.
oOoOo
- Tu fais légèrement tourner ton bassin pour te donner de l'élan, et tu déploies ton bras... Ton bras, Sansa ! J'ai dit « déployer » pas « faire un mouliné informe » !
- Je t'avais prévenu que je ne savais pas utiliser un couteau Arya !
- Mais c'est enfantin, bon dieu ! Tu utilises le bout pointu pour frapper le mannequin, rien de compliqué !
- Continue à me parler comme une enfant et je jure que je me débrouille pour utiliser ton bout pointu sur toi !
- Tu n'as pas la moindre cha...
Jon décida qu'il avait assez entendu de ces chamailleries et se racla la gorge pour manifester sa présence. Il se retrouva donc avec deux têtes furieuses d'être dérangées qui se tournèrent vers lui en lui lançant un « quoi ? » agacé, avant que ces dites têtes ne se rendent compte de qui les avait interrompues. Ce fut Arya qui se jeta en première dans ses bras, de la même manière qu'elle ne l'avait fait lors de leurs retrouvailles au bois sacré. L'accolade de Sansa fut plus retenue mais tout aussi sincère et chaleureuse. Des larmes coulaient de ses joues de porcelaine alors qu'elle chuchotait :
- J'ai cru que tu ne viendrais jamais... tu nous as manqué.
- Me voilà, la rassura-t-il.
- Et tu n'es pas venu tout seul, remarqua-t-elle en regardant Ygritte.
- En effet, dit Jon en prenant la main de la sauvageonne. Je vous présente Ygritte, ma compagne.
Alors que Sansa commençait à réciter formules d'usages et de politesse, Arya la coupa net :
- C'est ton arc ? demanda-t-elle. C'est toi qui l'a taillé ?
- Bien sûr que oui, répondit Ygritte avec orgueil. Il ne tirerait pas aussi bien si jamais laissé quelqu'un d'autre le faire.
- Trop cool, déclara Arya. Je tire plutôt bien à l'arc, mais je ne sais pas les fabriquer. Il faut absolument que tu m'apprennes. En plus ce n'est pas mon arme favorite, une petite leçon d'une experte serait donc bienvenue.
Et aussi simplement que cela, les deux jeunes femmes s'engagèrent dans une discussion passionnée à coup de « que penses-tu du poignard / arc / épée [insérez l'arme correspondante] ? ». Jon se retrouva donc seul avec Sansa, qui était dégoulinante de sueur :
- Je suis arrivé un peu avant à Winterfell, mais vous n'étiez pas là. Père a expliqué que vous étiez dans un... gymnase, si j'ai bien compris ?
- En effet, confirma Sansa. C'est une salle d'entraînement pour les femmes où chacune peut s'exercer, donner des leçons à d'autres. Enfin, dans mon cas, c'est plutôt en recevoir...
- Tu es bien courageuse, lui dit affectueusement Jon en lui caressant affectueusement l'épaule. Surtout qu'Arya n'a pas l'air de te ménager.
- Arya et le mot « ménager » dans la même phrase ? Cela me semble en effet être un joli oxymore.
Cette remarque fit rire Jon, qui reporta son attention sur le gymnase. Comme venait de lui dire Sansa, celui-ci était rempli de femmes – à part lui-même, il n'y avait aucun homme. Cela le surprit et le conduisit à demander pourquoi. Il regretta d'avoir posé sa question lorsqu'il vit les yeux de sa sœur se voiler en expliquant doucement :
- Beaucoup d'entre nous avons été... malmenées par des hommes, dit-elle en choisissant ses mots avec soin. Apprendre à se défendre nous fait donc du bien, nous fait nous sentir plus forte et confiantes. Mais recevoir des coups de la part d'hommes, même dans un cadre d'entraînement mutuel comme celui-ci, pourrait être douloureux. Je sais que je le supporterai pas, par exemple.
Oui, Jon regrettait vraiment d'avoir posé cette question, dont il aurait pu déduire la réponse lui-même. Sansa tremblait maintenant légèrement, non plus à cause de la fatigue des exercices, mais de peur. Elle se ressaisit finalement et déclara :
- Je veux m'entraîner pour pouvoir me sentir sûre de moi. Ne plus avoir peur. J'ai tellement de gens à confronter... mais je ne veux pas m'effondrer devant eux. Alors d'ici là, je me prépare mentalement.
- Tu es forte, Sansa, assura Jon. Tu prendras le temps qu'il te faudra, mais je sais que tu parviendra à confronter tout ceux qui t'ont fait du mal. Et quand ce jour arrivera, ils regretteront d'avoir croisé ton chemin.
Sansa sourit et aller lui répondre lorsqu'un fouet claqua près d'eux.
- Je peux savoir ce qu'il fait ici, lui ? réprimanda une voix.
Récupérant tant bien que mal son rythme cardiaque, Jon se tourna vers la personne qui les avaient (vivement) interpellé. Il s'agissait d'une très jolie jeune femme au visage plein, que sa peau brune et son accent rattachaient à Dorne.
- Il accompagnait une nouvelle adhérente, expliqua calmement Sansa (comment arrivait-elle à rester sereine?). La rousse, qui discute avec ma sœur. Il allait s'en aller.
- J'espère bien, déclara la nouvelle venue, clairement méfiante. Pas d'hommes ici. On doit déjà suffisamment se battre dans notre vie pour prouver qu'on vaut autant qu'eux, ce n'est pas pour que sa continue ici.
- Je pars, je pars, dit précipitamment Jon.
L'autre le regardait toujours d'un mauvais œil. Jon avait la désagréable impression qu'elle était à deux doigts de lui sauter à la gorge. Heureusement pour lui, une nouvelle combattante arriva et pris sa main. Cette fois-ci, Jon put identifier la jeune femme : il s'agissait de la princesse Myrcella. L'enfant qu'il avait croisé à Winterfell avait grandi pour devenir une jeune femme élancée mais qui restait facilement reconnaissable.
- Laisse le partir en vie, Nymeria.
- On ne peut tuer personne ici, grommela ladit Nymeria.
- Tu as compris ce que je voulais dire, rigola la blonde en posant un baiser sur sa joue.
Avant de l'embrasser sur la bouche.
Cela surpris grandement Jon. Il connaissait le nom des aspics des sables, les filles bâtardes d'Oberyn. D'après ce qu'on lui avait raconté, celles-ci avaient manigancé l'empoisement de Myrcella... comment par les anciens dieux en étaient venues à ce genre de proximité ? À moins qu'il ne s'agisse que d'une coutume de salutation de Dorne ?
Il n'eut le temps d'y réfléchir d'avantage – ou même de chercher à quitter le gymase – car ? avai fait interruption dans ce dernier pour déclarer :
- Le sud est tombé ! Les marcheurs blancs s'en sont emparés !
À ces mots, Jon vit nettememnt Myrcella blanchir.
- Ma mère... murmura-t-elle.
Oui, le Sud était tombé – et avec lui, les derniers humains de Westeros.
Note (de fin) : le couple imposé pour ce chapitre était Nymeria et Myrcella. Comme je voulais vraiment conclure sur les retrouvailles Stark on ne les voit presque pas, le prochain sera consacré à elles (avec une micro scène pour le couple imposé du chapitre 8)
Sinon, il y a la nuit du Fof ce soir. Un mot donné, une heure pour écrire dessus, et c'est parti ! Venez nous rejoindre !
Défis de la gazette :
- 1000 prompt 503 : 'Je sais que m'excuser n'effacera jamais ce que j'ai fait mais... je te présente tout de même mes excuses'
- CDR 169. « Les dames d'abord. » « Oh, je ne suis pas une dame. »
- Si tu l'oses 135. Amertume
- Pick a card : four of club (bonus) : écrire sur Sansa
- collectionner les Pop : Oliver Queen : Son arc : Écrire sur Firenze ou sur un personnage avec un arc
