Petit mot de l'auteure : Je ne sais pas trop quoi dire dans cette note, donc je vais juste me contenter d'une petite recommandation musicale si vous avez le cafard : "ya dla joie" de Charles Trenet.

Sinon j'ai écrit quelques textes GOT pour la Nuit du FOF, n'hésitez pas à parcourir les différents receuils.

Merci à Angelica, Coraline (x2), Marina, Lassa, Plume (x4) et Guest pour vos reviews sur les chapitres précédents !

Réponse à la review anonyme (Guest) : merci de ton commentaire ! J'espère que tu continuera d'aimer cette histoire.

Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci pour ta review ! Pour répondre à ta question sur Bran, il est bien mort aussi. Si on ne la pas encore vu, c'est simplement que j'ai préféré axer les retrouvailles entre d'autres personnages... disons qu'il était ailleurs à chaque fois x) Mais on le verra dans la suite, il fait parti d'un des couples imposés (tu peux essayer de deviner avec qui). Et oui c'est mon anniv demain (j'ai 20 ans si tu veux tout savoir). Sinon... tu parlais de Cersei ? Regarde par quoi commence le chapitre héhé


La mort se rapprochait. Elle pouvait le sentir.

Plus que le froid qui se faisait un peu plus mordant chaque jour, plus que la nuit qui tombait un peu plus tôt et plus profondément, c'était bel et bien l'odeur de peur qui lui indiquait que tout était fini.

La nouvelle que le nord était tombé leur était vite parvenue, colportée dans tout le royaume par une foule compacte de populace paniquée. Cersei avait tout d'abord gardé son calme face à l'information : comme elle l'avait expliqué à Jaime, elle affrontait le camp qui serait vainqueur de leur fameuse grande guerre. C'était un plan simple et infaillible – du moins, c'est ce qu'elle pensait.

Elle n'avait pas songé au fait que les Marcheurs Blancs n'étaient pas n'importe quel camp. Ils étaient les représentants de la Mort elle-même, la Mort si implacable et inévitable. Et contrairement à une armée normale, celle des Marcheurs Blancs ne perdait aucun soldat après une bataille. Au contraire. Elle en gagnait continuellement.

Cersei avait ainsi levé des armées pour contrer tant bien que mal le flot glacé qui s'abattait sur eux, mais cela avait été en vain. Bientôt, elle avait été réduite à attendre que tout soit terminé. Nombreux étaient ceux qui montaient à bord de navires en direction Essos – Euron par exemple, l'abandonnant à son sort. Cersei n'avait pas cherché à le retenir. À quoi bon ? Les Marcheurs Blancs gelaient tout sur leur passage – et la mer séparant les deux continents ne ferait bientôt plus exception, à mesure qu'ils gagneraient encore plus en puissance.

Oui, la mort se rapprochait.

Et comme elle l'avait prédit, celle-ci vint se saisir d'elle. Cersei ne chercha pas à l'éviter, à fuir de quelques mètres, à supplier. Elle se demanda simplement ce que l'histoire retiendrait-elle. Les livres diraient-ils que ses choix égoïstes ont condamnés toute l'humanité ? Que si elle avait envoyé ses armées dans le Nord, tout aurait pu être différents ? Puis elle se rappela qu'à cause d'elle, l'humanité était en train de disparaître et qu'elle n'avait pas à se préoccuper de ce genre de considérations.

Affronter le jugement des Sept serait bien plus important et immédiat.

oOoOo

- Pourquoi es-tu si anxieuse ? C'est ta mère, pas une inconnue.

Myrcella ne prit même pas la peine de réagir à la phrase de Nymeria.

Enfin si.

Elle leva un sourcil dubitatif.

- Très bien, je peux concevoir que tu sois anxieuse, dit Nymeria. La dernière fois que tu as vu ta mère tu étais encore une enfant, entre temps tu as grandi en adoptant la façon de penser de Dorne. Elle de son côté, est devenue une reine implacable après avoir fait une marche de la honte dans la capitale. Tu as peur de ne pas la reconnaître, et tu as peur qu'elle ne te reconnaisse pas.

- Je suis anxieuse de sa réaction par rapport à toi, déclara finalement la blonde. Je ne sais pas ce qui est le pire entre le fait que tu sois une fille, ou bien le fait qu'elle en veuille tellement à ta famille qu'elle a tué ta demi-sœur. Raison pour laquelle je suis également anxieuse à propos de toi et de ta réaction en la voyant. Oh, et aussi parce que c'est son amant qui t'as tué, probablement sur ses ordres. Et le pire, c'est que je ne peux même pas lui en vouloir, puisqu'elle a fait tout ça pour venger ma mort que... attend que je me rappelle, tu as participé à provoquer.

Myrcella poussa un profond soupir, prenant sa tête entre ses mains :

- Dans quelle position me suis-je mise...

- Oh pour ça, je peux te répondre ! Premièrement, les cuisses...

- Sérieusement ? la coupa Myrcella en se levant, énervée. Je te confie un problème existentiel, et tout ce que tu trouves à faire, c'est de tourner ça à une blague sexuelle !

- Je suis désolée, dit Nymeria en la rattrapant précipitamment. Je suis désolée. C'est juste que tout ce que tu as dit est vrai, et cela me fait peur. Et je me tourne vers la dérision lorsque j'ai peur.

- Je t'ai déjà dit, murmura Myrcella, adoucie. Tu n'as pas à cacher tes peurs avec moi.

Elle lui prit la main et les deux jeunes femmes se rassirent.

- Je te promet de ne pas chercher à attaquer ta mère. Même si je la déteste. Et si tu le veux... tu n'es pas obligée de lui parler de moi, rajouta-t-elle, hésitante.

À cela, Myrcella releva vivement la tête, indignée :

- Il est hors de question que je cache notre relation ! Il paraît en effet improbable qu'elle l'a comprenne, moi-même j'ai du mal à comprendre comment elle s'est mise en place, mais...

- Parce qu'après être mortes toutes les deux et s'être engueulées, nous avons longuement parlé et décidé qu'il fallait faire table rase du passé, et que nous avons ensuite passé beaucoup de temps à nous entraîner ? Ou tout simplement parce que je suis irrésistible ?

- Tu es surtout impossible, grommela Myrcella. Mais oui, c'est à peu près comme ça que ça c'est passé. Sauf que je ne suis toujours pas plus convaincue qu'elle ne le comprenne.

- Et bien... il n'y a qu'un moyen de le savoir, non ?

Ce disant, Nymeria s'était levée et lui tendait une main confiante. Myrcella s'empressa de la saisir, et les deux quittèrent le luxuriant jardin de leur maison pour aller prendre le train.

.

Lorsque Myrcella avait toqué à la porte du palais que le conducteur du train lui avait indiqué comme appartenant à Cersei Lannister et qu'elle avait entendu de vives voix provenir de l'intérieur, elle ne savait pas trop qui elle allait découvrir derrière la porte. À entendre les cris qui filtraient par delà les murs, la discussion tenait plus de la dispute. Nombreux étaient ceux qui auraient pu être rancunier envers sa mère – s'agissait-il de Tyrion ? D'un Stark ou d'un Tyrell ? Voir d'un anonyme, victime des manipulations de la lionne ?

Oui, les hypothèses à l'origine de ce chaos étaient multiples, si bien que Myrcella ne savait pas vraiment sur qui trancher.

Mais ce qui est sûr, c'est qu'elle n'aurait jamais pensé à ce que la porte s'ouvre brusquement sur un Jaime Lannister énervé lançant un vif « et maintenant laisse moi tranquille ! » en direction de l'intérieur.

Stupéfaite, Myrcella fut incapable de manifester sa présence, si bien que Jaime, ses pensées furibondes toujours dirigées vers Cersei, lui fonça dedans. Cela eut le mérite de ramener la blonde à l'instant présent et de finir de réaliser pleinement qui elle avait sous les yeux : son père. Lui aussi venait de se rendre compte de sa présence et en resta un instant stupéfait, avant de la prendre dans ses bras.

Myrcella lui rendit sans hésiter son étreinte, profitant de leur proximité. La dernière fois qu'ils s'étaient tenus ainsi avait été le moment de sa mort – de quoi être quelque peu traumatisant. D'autant plus que la dernière fois aussi, une aspic des sables avait été présente, chose que Jaime sembla remarquer car il lui murmura à l'oreille :

- Myrcella, ne panique pas, mais il y a une des Sand derrière toi.

Cela arracha un rire léger à la jeune femme – non pas que la situation soit cocasse, mais plutôt parce que Jaime aurait parlé exactement de la même manière d'une araignée velue ou d'un serpent venimeux.

Quoi que Nymeria pouvait parfois être considérée comme telle.

- Tout va bien, Père, la rassura Myrcella. C'est Nymeria. Et... et c'est ma petite copine.

Autant en venir au fait rapidement.

Jaime ouvrit des yeux surpris, qui ne cessèrent de s'agrandir alors qu'il vit sa fille prendre la main de la brune et la serrer fermement. Quelques instants passèrent sans que personne ne dise quoi que ce soit, Jaime visiblement sonné. Il finit par dire :

- Vous... êtes ensemble ?

- Oui, confirma Myrcella avec assurance - enfin, avec un semblant d'assurance.

- Mais... elle t'a tué !

La blonde n'eut le temps de répondre que sa mère surgit dans l'entrée en disant à Jaime :

- Et arrête de partir ! Je ne t'ai pas congédié que je sache !

- Parce que j'ai besoin de ta permission maintenant ? demanda-t-il ironiquement.

- Je suis toujours ta reine ! Évidement que tu dois écouter ce que je dis ! Tu devrais même t'agenouiller devant ta reine.

- Avec tout mon respect, qui est égal à zéro, tu n'es pas ma putain de reine. Ça fait bien longtemps que tu ne l'est plus, répliqua Jaime amèrement.

Cela laissa Myrcella pantoise – depuis quand ses parents se détestaient-ils ? Elle n'eut pas plus de temps pour y réfléchir qu'elle fut étreinte par sa mère, qui venait de se rendre compte de sa présence.

Retrouver les bras maternels était si... salvateur. Beaucoup de choses s'étaient passées et avaient irrémédiablement changé, mais la sensation de bien-être que les bras de sa mère lui offrait était restée constante. Et cela faisait du bien.

Cersei brisa l'embrassade en constatant de la tierce personne qui assistait à ces retrouvailles.

- Ne t'approches pas de ma fille ! dit-elle fermement à Nymeria.

- Je crois que c'est un peu tard pour ça, répondit celle-ci.

- Que...

- Mère, dit Myrcella en fusillant Nymeria du regard (elle ne pouvait pas se retenir deux secondes?), je... Nymeria et moi... nous sommes ensemble à vrai dire.

Tout comme Jaime une minute plus tôt (et il était amusant de constater à quel point leurs réactions demeuraient semblables malgré leurs différents), Cersei resta figée par la révélation.

- Vous... êtes ensemble ?

- Oui, confirma une nouvelle fois Myrcella.

Oui, vraiment semblables. À un détail près :

- Mais... c'est une fille ! Tu ne peux pas sortir avec... une femme !

Oui, elle sortait avec une femme, pire, elle en aimait une, et alors ? Où était le problème ? Elle savait bien qu'excepté à Dorne, peu nombreux étaient ceux qui accepteraient ses choix. Mais elle aurait au moins espéré que dans la mort, les gens seraient plus ouverts... mais elle s'était vite aperçue que c'était malheureusement faux. Myrcella bouillonna mais ne répliqua rien. Elle était trop fatiguée de devoir sans cesse se défendre de ses choix amoureux. Heureusement, ce fut Jaime qui vint à sa rescousse :

- Femme, homme, on ne choisit pas qui on aime. Je pense que nous sommes bien placés pour le savoir, n'est-ce pas Cersei ?

- Je... oui, concéda-t-elle de mauvaise grâce.

- Moi, ce qui me perturbe plus, c'est que... elle a contribué à ta mort ! À cause d'elle, tu es... tu es morte dans mes bras. Est-ce que tu peux imaginer ce que c'est, que de voir mourir une personne que l'on aime sous ses yeux sans pouvoir rien faire ? Et pour finalement te retrouver avec cette... meurtrière ?

Si Nyméria fut blessée par ces mots, elle n'en laissa rien paraître et accusa le coup – après tout, elle l'avait bien mérité. Elle prit alors la parole avec une timidité que Myrcella ne lui connaissait pas :

- Je sais que j'ai fait des choses horribles. Que vous ne pourrez jamais me pardonner, car même si vous êtes réunis aujourd'hui, j'ai contribué à vous priver de retrouvailles dans notre vie. Et pour cela, j'en suis désolée. Je suis vraiment, vraiment désolée. Mais j'aime votre fille et... même si vous ne le comprendrez certainement pas, je voudrais avoir une chance de prouver la sincérité de mes paroles.

Les jumeaux restèrent interdits. Puis Jaime soupira en s'adressant à Myrcella :

- Très bien. Raconte-moi ce qu'il s'est passé.

- Raconte-nous, corrigea Cersei. J'ai eu une réaction malheureuse, mais je veux savoir.

- Vraiment ? Demanda Myrcella.

- Évidement. Tu es ma fille et je t'aime. Et plus j'en serai sur cette histoire, plus je pourrais trouver des arguments pour te séparer de cette Sand. Une fille en soi, je pourrais m'y faire, mais une Sand...

- Une belle-mère en soi, je pourrais m'y faire, répliqua Nyméria. Mais une Lannister...

Si Cersei paraissait sur le point de l'assassiner, Jaime rit franchement. Myrcella, elle, soupira.

Ces retrouvailles s'annonçaient sportives.

oOoOo

Leurs retrouvailles avaient bel et bien étaient sportives. C'était ce que lui avait promis Drogo lorsqu'elle était réapparue devant sa hutte de toile et l'avait retrouvé, aussi beau et viril que dans ses souvenirs. Ils avaient passé tout leur temps à se réadapter l'un à l'autre, à s'aimer, à rattraper le temps perdu, à vivre la vie de famille qu'ils n'avaient jamais pu avoir.

- Je n'ai pas envie d'y aller, gromella Drogo.

Daenerys eu un sourire amusé. Elle aussi voulait rester ici pour toujours, dans ce qui était la transcription parfaite de la vision qu'elle avait eu bien des années auparavant. Mais ils avaient une bonne raison de partir momentanément de leur bulle de bonheur :

- Je t'ai déjà expliqué. C'est le mariage de Missander et Ver Gris, deux de mes plus proches amis. Et je suis la témoin de leur union. Nous devons y aller.

Drogo bougonna encore pour la forme, puis l'aida à rassembler leurs affaires pour le voyage, qui durerait quelques jours. Car après le mariage, Danenerys avait bien l'intention de rencontrer diverses personnes... à commencer par son père.


Note (de fin) : Le couple du jour c'était DanyxDrogo, et je l'ai encore incrusté un peu à la fin x) Donc comme le chapitre précédent, on les verra un peu plus dans le prochain chapitre. En parlant de prochain chapitre, on reverra aussi dedans un des quatre personnages de la première partie (faites vos jeux!) Encore des pronostics, le couple (wtf) du prochain chapitre : un mercenaire et un prince (une idée?)

Et voici pour les défis :

- mille prompt 593 : Première phrase – La Mort se rapprochait. Elle pouvait le sentir.

- Si tu l'oses 815 : chaos

- Six of diamonds : écrire sur des jumeaux (bonus GOT : Jaime et Cersei, sans romance)

- CDR 87. Raconte-moi

- 25. Je pense que tu devrais t'agenouiller devant ton Roi. - Avec tout mon respect, qui est égal à zéro, tu n'es pas mon putain de Roi."

- Collectionner les Pop : Dieu de la mort : Écrire sur la Mort ou sur un personnage connue de tous qui provoque une peur inconsciente

- ships farfelus : Nymeria x Myrcella

Sinon j'espère que vous avez aimé le chapitre. J'ai peut-être était injuste dans la réaction de Cersei, après tout dans le livre elle a des expériences sexuelles avec des femmes... disons que ça servait la narration.

Bises sur vous et à demain !