Petit mot de l'auteure : J'avais hâte de publier ce chapitre. Plus de précisions de pourquoi en bas !

Merci à Angelica, Marina, Lassa, Coraline et Plume (x3) pour leurs reviews sur les chapitres précédents !

Réponse à la review anonyme (Lassa) : un énorme merci pour tes vœux, et pour ta review ! J'ai oublié de te répondre la foi d'avant, mais c'est "Meera" que tu cherchais. On verra si tu as raison au moment venu ! Je pense pareil que toi, c'était un véritable sacrilège de la part de Cersei. Non seulement pour le lieu, mais aussi pour la mort de tous ces innocents. Je pense qu'elle s'est laissée, comme de nombreux autres (Dany, bonjour), par le pouvoir.

Et pour poser une commande d'un texte, tu as un super groupe dont je fais partie qui s'appelle le Comptoir des auteurs. Tu peux leur passer une commande, et un des auteurs se chargera de l'écrire. Tu peux le trouver dans mes favori. Pour commander tu peux le faire sur le forum (mais il faut un compte enregistré) ou en reviewant l'histoire "Commande de fiction - le plus beau jour de leur vie". Tu peux aussi passer via la page facebook. Ou alors tu me dis dans review (en signalant que c'est pour ça) et je me charge de transmettre. Voilà voilà, bonne lecture !


Lorsque Loras avait frappé à sa porte, Renly ne l'avait tout d'abord pas reconnu. La dernière fois qu'il avait vu le chevalier aux fleurs, celui-ci était à l'apogée de sa forme, tout en muscles et en chair. L'homme qui s'était retrouvé devant chez lui était maigre, émacié, replié sur lui même de peur. Mais ce qui attirait plus le regard, c'était une marque sanglante qui se trouvait sur son front, et c'est ce détail qui avait fait s'inquiéter tout particulièrement Renly. Les blessures à l'Endroit étaient être impossibles – l'homme devait donc être mort récemment, et passablement en état de choc. Il allait lui demander s'il pouvait lui venir en aide de quelque manière que ce soit, lorsqu'il avait croisé ses yeux et avait compris.

L'homme brisé qu'il avait devant lui n'était qu'autre que son bien-aimé Loras.

Comment était-il mort ? Que s'était-il passé durant leur séparation ? Pourquoi était-il dans cet état ? Ces questions tournaient en boucle dans son esprit.

Mais en voyant le tremblement qui parcourait l'entièreté du corps du chatain, Renly compris que ce n'était pas le moment de poser des questions. Alors il prit précautionneusement Loras dans ses bras, aussi délicatement que s'il s'agissait d'un nouveau-né, et le serra tout contre lui. Un instant hésitant, Loras lui rendit son étreinte, posant lui aussi ses mains contre son dos – avant de s'y accrocher comme s'il était son dernier rempart pour rester debout. Renly pouvait le sentir pleurer contre lui. Il le berça doucement, lui adressant des messages rassurants et destinés à repousser des souvenirs horribles dont il ne connaissait même pas la consistance.

Mais il n'avait pas à les connaître pour l'instant. En ce moment tout ce qui importait, c'était de faire comprendre à Loras que tout irait bien pour lui désormais.

Après tout, ils étaient enfin réunis.

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C'est Margaery qui lui avait expliqué ce qu'il s'était passé. Elle était réapparue devant son domicile quelques minutes après que Loras en ai fait de même. Renly avait d'abord été surpris – pourquoi diable était-il la personne que Margaery avait le plus besoin de voir en ce moment ? Puis il avait compris sa bêtise. Celui que la Tyrell voulait revoir c'était son frère. Et comme celui-ci se trouvait chez lui, Margaery était arrivée devant sa porte.

Renly s'était donc écarté pour laisser entrer la jeune femme qui s'était précipitée vers Loras pour l'enlacer. Le brun comprit en les voyant que quelque chose de grave venait de se passer – et son intuition fut confirmée lorsque de nouveaux coups fut portés sur le battant de chêne. Cette fois-ci se tenait un autre Tyrell, le père, qui lui aussi fonça vers Loras et Margaery. Renly allait demander ce qu'il s'était passé lorsque de nouveaux coups retentirent. En songeant distraitement qu'il ferait tout aussi bien de laisser la porte ouverte, Renly fit demi-tour pour aller de nouveau l'ouvrir. La personne qui se tenait là le surpris grandement : ce n'était qu'autre que son neveu, Tommen.

Alors qu'il allait le saluer, celui-ci demanda précipitamment :

- Margaery est là ?

- Euh oui, dans le salon, mais...

Il n'eut le temps de finir sa phrase que Tommen l'avait dépassé en courant.

- Bonjour oncle Renly, je suis heureux de vous voir aussi, comment allez-vous ? grommela Renly avant de fermer la porte et de le suivre, curieux de savoir pourquoi son salon venait soudainement de se transformer en moulin.

Dans ledit salon, les trois Tyrell étaient toujours enlacés, regardant Tommen qui se tenait sur l'embrasure de la porte. Celui-ci prit la parole, paniqué :

- Margaery ! Margaery... je vous jure que je ne savais pas ce que ma mère voulait faire. Je vous le jure ! Sinon j'aurais tout fait pour l'arrêter. Vous devez me croire ! Je...

- Tommen, calmez-vous, dit Margaery en s'approchant de lui. Je vous crois. Je sais que vous n'auriez pas cautionné une telle horreur. Vous êtes bon. Mais... que faites-vous ici ? Pourquoi êtes vous mort ? Vous n'étiez pas dans le septuaire, que je sache...

Tommen détourna le regard, se murant dans un silence gêné qui fit comprendre à Margaery, effarée :

- Par les Sept... murmura-t-elle. Vous n'avez pas... ?

- Je me suis suicidé, si.

- Mais... pourquoi ?

- Parce que je ne pouvais pas supporter d'avoir échoué en tant que roi. Je ne pouvais pas non plus supporter que ma mère vous ai tous tué. Et parce que je suis tombé amoureux de vous Margaery. Je... ma mère m'a toujours dit qu'il fallait se méfier de l'amour car chaque personne qu'on s'autorisait à aimer était quelqu'un qu'on prenait le risque de perdre, mais je n'ai pas pu lutter contre mes sentiments. Et je vous ai perdu, et je ne l'ai pas supporté.

- Oh mon petit roi, dit-elle en le prenant dans ses bras. Je vous aime aussi. Vous êtes gentil, brave, juste. Vous auriez fait un merveilleux roi si les temps n'étaient pas au chaos.

Elle déposa ensuite un léger baiser sur ses lèvres, dont la douceur n'enlevait rien de la sincérité. Ils se regardèrent ensuite, souriant un peu gênés, et ce fut le moment que choisi Renly pour se manifester :

- Bien, maintenant que tout le monde aime tout le monde, quelqu'un pourrait m'expliquer ce qu'il s'est passé ?

Sa phrase avait jeté un immense froid sur l'ambiance qui venait à peine de se réchauffer un peu, mais il devait demander. Il regardait particulièrement Loras mais celui-ci détourna les yeux. Ce fut donc Margaery qui lui raconta toute l'histoire : les moineaux, leur arrestation, le Septuaire...

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Dire qu'il avait fallu du temps à Loras pour se reconstruire était un euphémisme. Il avait vécu de nombreux mois, enfermé, maltraité et sous-alimenté – pour ce qui était des sévices les moins importants. Le blond avait rapidement repris du poids, ses blessures avaient cicatrisés, mais il était toujours détruit de l'intérieur.

Il était aussi totalement terrifié de se montrer proche de Renly, ce qui frustrait le brun qui avait essayé de positiver à sa mort en se disant qu'à l'Endroit, il serait libre d'aimer Loras au grand jour. Mais il ne pouvait pas en vouloir à celui-ci d'avoir peur et de garder une distance entre eux : il avait été arrêté et torturé pour son amour pour les hommes. Et même si ici, personne ne pourrait leur faire du mal, il allait falloir du temps pour que Loras puisse le comprendre.

Alors Renly lui laissa tout le temps et la distance dont il avait besoin. Et après quelques mois à se voir l'un chez l'autre, les deux hommes avaient fini par s'installer dans la demeure des Tyrell, Loras ne voulant pas quitter Margaery. La maison était donc bien remplie, d'autant plus que Tommen venait également de s'y installer.

.

Au bout d'un an, Margaery et Tommen s'étaient mariés – du moins, vraiment mariés. Ils avaient appris à se connaître réellement, avaient partagé des ballades et des jeux, et avaient convenus qu'ils voulaient réitérer leurs vœux, cette fois-ci non pas par obligation mais par choix.

Lorsqu'ils étaient revenus de la cérémonie (très belle au passage), Loras avait murmuré à l'oreille de Renly :

- Je voudrais avoir la même chose.

- Pardon ? avait demandé le brun.

- Je voudrais pouvoir t'épouser. Avoir une cérémonie comme la leur.

- Moi aussi. Tout le monde sait que nous sommes ensemble, mais se marier c'est... je ne sais pas, j'ai l'impression que c'est une étape encore plus symbolique.

- Si seulement l'Office reconnaissait le mariage pour les gens comme nous, dit Loras avec regret. Mais même les lois ici sont injuste.

- Tu sais quoi ? dit brusquement Renly. Les lois sont faites pour être brisées. On n'a qu'à se battre pour le faire reconnaître. Nous ne sommes pas les seuls dans notre cas. Et nous pourrions avoir le soutien d'extérieurs, comme ta sœur ou Tommen.

- Tu... tu es sérieux ?

- Je n'ai jamais été aussi sérieux. Je t'aime, je veux t'embrasser devant la terre entière. Et je veux que les gens comprennent qu'un baiser du véritable amour, qu'il soit partagé entre un homme et une femme, deux hommes, deux femmes ou que sais-je... reste dans tous les cas ce qu'il est : une preuve d'amour.

Loras avait confirmé ses dires en l'embrassant passionnément. Rougi par l'émotion, il demanda :

- Alors... on va vraiment se battre ?

- Oui. Et on va gagner.

- Comment tu peux en être si sûr ?

- Parce que l'amour est plus fort que la haine.

oOoOo

- Tu as entendu ? Un nouveau mariage homosexuel a eu lieu aujourd'hui ! déclara Loras avec joie.

Avec joie, et avec fierté. Les deux s'étaient battus pour faire valoir leurs droits et grâce à eux, le mariage pour tous avait été instauré. Ils avaient ainsi été les premiers à s'épouser en toute légalité, et de nombreuses personnes les avaient suivi.

- Non. De qui s'agit-il ? demanda Renly.

- Le prince de Dorne, Oberyn Martell. Et un certain Bronn de la Néra.

Si le deuxième nom ne lui disait rien, Renly avait déjà entendu parler du prince de Dorne, connu tant pour ses compétences athlétiques que ses mœurs libérées. Dans tous les cas, Renly était sincèrement heureux pour les deux – de toute façon, il avait toujours aimé les mariages, pour peu qu'ils soient consentants.

- Tu peux être fier de toi, dit-il à Loras en l'embrassant.

- De nous.

Oui, Loras avait raison. Ils formaient un seul et même tout maintenant, et rien ni personne ne pourrait leur résister.

oOoOo

oOoOo

- Tu as entendu ? Un nouveau mariage homosexuel a eu lieu aujourd'hui, dit-elle.

- Oui, répondit-il. C'est moi qui les ai conduit à l'office.

- C'est une amélioration du système que ces deux jeunes gens ont proposé. J'avoue que je n'avais jamais pensé aux couples de même sexe. Non pas que la vie sentimentale des humains m'intéresse, mais cela paraît plus juste. Après tout, chacun est censé avoir ce qu'il veut ici.

- Et pour ceux qui veulent de pas voir de couples homosexuels ? Je crois que cela faisait parti de leurs arguments, fouilla-t-il dans sa mémoire.

- Les arguments de l'autre camp étaient meilleurs. Alors soit ils partent, soit il perdent des points, répondit-elle en haussant les épaules. Non pas que leurs états d'âme m'intéressent.

- Le marié a perdu des points d'ailleurs. Il a craché et déversé sa colère sur quelqu'un qui ne l'a mérité pas. Le témoin en a gagné par contre. Ainsi que...

- Le décompte des points ne m'intéresse pas, le coupa-t-elle. On verra le résultat au jugement et voilà tout.

- En parlant de ça, c'est bientôt l'heure d'un jugement. Rhaegar Targaryen. Et ensuite cela va s'enchaîner : Elia Martel, Aerys Targayen, Lya...

- Cette liste ne m'intéresse pas, dit-elle encore placidement. Toi non plus d'ailleurs. Tu joues bien ton rôle parce que tu es formaté pour le faire, mais au fond de toi, tu te fiches bien de ces humains et d'où ils iront.

- Certes. Mais au moins j'essaie de m'y intéresser.

- Je n'ai pas de temps à perdre à faire semblant. Toute mon énergie a toujours été concentrée à me battre pour rester en vie, et aujourd'hui plus que jamais c'est vrai.


Note (de fin) : J'avais tellement hâte d'introduire les personnages du dernier paragraphe. Bien évidement on ne va pas savoir de suite de qui il s'agit exactement... alors à vos jeux! En attendant, ils resteront "il" et "elle".

Pour les défis du chapitre :

- Pick a card : three of clubs : écrire sur une mort inattendue (Tommen)

- Mille prompt 185 : Famille – Tyrell

- Les répliques cultes 41 : Chaque personne qu'on s'autorise à aimer est quelqu'un qu'on prend le risque de perdre

- Si tu l'oses 798 : fait pour être brisé

- Le mois des Fiertés : mot – fierté

- Citations Contes des Royaumes 49. Un baiser du véritable amour

Le couple du chapitre était donc Renly et Loras. Pour le prochain, on retrouve Rhaegar, mais avec quelqu'un d'autre.