Petit mot de l'auteure : Salut salut! Je préviens d'emblée. J'ai écrit ce chapitre entre 22h et 23h50, je relis les fautes d'orthographes demain pour que vous l'ayez à l'heure. Je préviens aussi qu'il est important en révélations. Ce qui veut dire que je suis partie dans mes délires profond que personne à part moi ne comprendra peut-être. Donc s'il ne vous plaît pas, dites vous que c'est juste ce chapitre et que demain on revient à nos bons vieux couples de manière normale en suivant leur petite vie. Et s'il vous plaît, et bien j'en serai enchantée !

Merci à Angelica, Marina, Plume, Lassa, Coraline pour leurs reveiw sur le chapitre précédent !

Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci de ta review ! Je ne trouve pas ça étrange que tu galères à ouvrir, le site n'est vraiment pas intuitif donc n'importe qui rame un peu (dans mon cas, j'ai ramé beaucoup). Et je me doute que pour un aveugle c'est encore moins pratique, je ne sais pas si les dispositifs de lecture orale sont adaptés au site (ya tellement de progrès à faire dans ce domaine... bref) (je suis partie du principe que tu as une appli de lecture parce qu'une connaissance utilise ça mais je sais pas en fait si c'est ton cas...) Enfin c'est pour ça que tu peux me laisser une commande en review et je la transmetterait sans problème, comme je t'ai dit je fais partie des auteurs du Comptoir donc ya pas de soucis !

Ensuite pour tes questions, tu vas avoir quelques réponses... relatives... Je te laisse juger. Bises !


Rhaegar Targaryen était en train d'embrasser Lyanna lorsqu'un halo de lumière bleue entoura son corps. Ils avaient déjà vus ce phénomène de très nombreuses fois, et savaient ce que cela signifiait : les vingt années à l'Endroit de l'homme touchaient à leur fin. Ils étaient bien évidement conscients que ce temps allait finir par arriver tôt ou tard, et les années avançant, le tôt avait prit l'ascendant sur le tard. C'était la cruelle réalité de l'Endroit : vous pouviez vivre librement avec qui vous vouliez, profiter de vos moments ensemble comme vous le souhaitiez, mais vous étiez cruellement conscients du temps que vous aviez. Là où la mort frappait de manière aléatoire lors de votre vivant, l'Endroit appliquait un décompte strict.

Strict, implacable, et surtout inévitable.

Alors oui, Lyanna et Rhaegar étaient conscients que ce jour allait arriver très prochainement. Mais il y avait tout un monde entre le savoir et être confrontés à l'instant fatidique.

Lyanna, qui s'efforçait toujours d'être joyeuse et optimiste, ne put donc pas retenir ses larmes.

- Pas déjà... je ne veux pas que tu partes... sanglota-t-elle dans sa chemise.

- On sera très bientôt réunis, la rassura-t-il.

- Comment peux-tu en être aussi certain ? On ne sait pas ce qu'il y a après l'Endroit.

- Nous ne savions pas ce qu'il y avait après la mort, et pourtant je savais que d'une manière ou d'une autre, nous nous retrouverions. Deux êtres faits pour être ensemble se retrouvent toujours.

Et sur ces mots, ils s'embrassèrent encore.

Et sur ce baiser, Rhaegar disparut.

oOoOo

Sa conscience n'était plus. Ou peut-être était... trop. Il ne savait pas. Tout se mélangeait. Sa vie, sa mort, l'Endroit, de nouveau sa vie... Tout son être était submergé d'images : Elia accouchant de leurs enfants, un morceau de tarte à la fraise dérobé dans les cuisines, ses retrouvailles avec Jon, son mariage avec Lyanna, la présence délirante d'Aerys, une chute à cheval, son combat avec Robert, les bras de sa mère... Et la liste continuait, encore et encore.

Le flot de souvenir était si conséquent qu'il dû arrêter de chercher à les suivre pour tout simplement attendre qu'ils aient terminé de dérouler.

Lorsque ce fut finalement le cas, il était vidé. Qui aurait pu lui en vouloir ? Il venait de revivre plus d'un demi-siècle d'images en dix secondes. Un demi-siècle de larmes, de rires, de souvenirs importants ou anecdotiques – voir de souvenirs dont il avait oublié l'existence, comme le moment de sa propre naissance.

Il fallu donc du temps à Rhaegar pour se stabiliser et prendre conscience que le flot d'images s'était arrêté. Chancelant, il chercha tant bien que mal à reprendre ses esprits. Ce fut finalement une voix froide et impersonnelle qui le ramena complètement à la réalité :

- Nom ?

- Euh... bafouilla-t-il. Rhaegar Targaryen.

L'homme qui avait posé la question n'eut aucune émotion à sa réponse, ni surprise, ni confirmation, ni acquiescement. Il se contenta d'écrire d'une écriture inhumainement impeccable « Identité concordante » sur le registre qui était posé devant lui sur une table marbrée.

- Asseyez vous, l'invita l'homme en désignant la chaise qui se trouvait de l'autre côté du meuble.

Rhaegar s'exécuta docilement, tâchant d'essayer de comprendre qui il avait en face de lui. Ce n'était pas comme à son arrivée à l'Endroit, où il s'était trouvé face aux Sept. Peut-être s'agissait-il de divinités d'Essos dont il n'avait pas connaissance ? Mais si oui, pourquoi étaient-elles elles qui apparaissaient devant lui ? Pourquoi des déités qu'ils n'avait jamais vu et qu'ils ne connaissait pas ?

- Vous vous trompez, déclara la femme. Vous nous avez déjà vu.

- Et vous nous connaissez, rajouta l'homme. Nous ne vous avons jamais quitté.

Ce qui voulait dire... Ce que cela voulait dire, Rhaegar n'en avait aucune idée. Il était perdu, et cela était apparemment manifeste car les deux individus eurent un imperceptible froncement de sourcils agacés.

- Je suis le Début, révéla l'homme. Ou si vous préférez, la Naissance.

- Et moi je suis la Fin. Ou si vous préférez, la Mort. Si avez pu connaître la vie, c'est grâce au début. Et si vous l'avez quitté, c'est grâce à moi.

- Vous... vous avez choisi l'heure de ma naissance ? Et de ma mort ? balbutia Rhaergar, choqué.

En même temps, se retrouver face à l'incarnation de la Vie et de la Mort, cela avait de quoi vous remuer. Sa remarqua eu tout de fois l'air de vexer le Début qui répondit :

- Bien sûr que non. Nous n'avons pas de temps à perdre pour savoir où et quand une âme doit venir au monde ou quand elle doit le quitter. Elle vient, tout simplement, puisque c'est dans l'ordre des choses. Nous nous assurons simplement que le cycle ne se brise pas, de pousser les choses pour le réguler si besoin. Nous prenons différentes formes que vous appelez divinités et que vous priez, afin que nous puissions surveiller les humains et rester proche d'eux.

Cela fit rire amèrement Rhaegar. Alors pendant tout ce temps, ils priaient tous le « début » et la « fin » ? La Naissance et la Mort ? Cette dernière, qui avait suivi ses pensées, dit placidement :

- Je ne comprendrais jamais pourquoi les humains sont toujours étonnés de comprendre ça. Vous n'avez jamais réalisés que la seule chose que partageaient tous les hommes sans exception c'était le fait qu'ils naissaient et mourraient ?

Cette remarque le laissa ahuri, avec le sentiment d'être stupide. Comment n'avait-il pas pu le réaliser ?

La Mort avait raison. Suivant leur culture ou caractères, les hommes vivaient de manière très différente. Ils n'avaient pas les mêmes manières de penser, les mêmes repères, les mêmes coutumes ou croyance. Ce que certaines sociétés considéraient comme la norme était pour d'autres peuples hérésie ou aberration. Combien de fois ne s'était-il pas heurté à un mur d'incompréhension lorsqu'il était en mission diplomatique ? Il avait même parfois eu l'impression que leurs différences culturelles étaient si importantes qu'ils n'appartenaient pas à la même espèce.

- Cela vaut pour les autres espèces, commenta la Naissance. Vous, les hommes, avez tendance à vous croire supérieurs. Mais vous n'êtes en rien différents d'un peuplier ou d'une pieuvre. Vous naissez, vous vous agitez, vous mourrez. Et c'est tout.

Cela acheva de le lessiver. Rhaegar garda donc le silence, sonné par ces révélations. La Mort reprit alors la parole :

- Maintenant que tout cela est éclaircit, il est donc temps de statuer sur votre sort.

- Si l'on ne prenait en compte que votre vie sur Terre, pensez vous mériter l'Enfer ou le Paradis ?

- L'enfer.

Il fut surpris de s'entendre répondre cela. Et encore plus surpris de constater qu'il le pensait sincèrement.

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai déclenché une guerre, murmura-t-il, presque automatiquement, toujours perturbé. J'ai abandonné ma douce épouse et mes enfants, pour une autre femme. J'aime profondément cette femme et je ne regrette pas de l'avoir épousé. Je regrette simplement de ne pas l'avoir dit au monde. Je regrette d'avoir choisi la fuite, les cachotteries. C'était la solution facile. Mais elle n'a été facile que pour nous deux, et pas pour le restant du royaume. Je... je... vous avez raison. Je mérite toutes les condamnations du monde... j'ai été si lâche et irresponsable...

Réaliser cela faisait horriblement mal. Jon lui avait bien dit toutes ces choses, mais il ne l'avait pas pleinement compris. Il s'était réfugié derrière des excuses, mais maintenant que le fil de sa vie s'était imposé à lui de plein fouet, il ne pouvait éluder la vérité : ces actes n'étaient pas excusables. Et cela le fit pleurer.

- Calmez-vous, dit la Mort. Il est trop tard pour changer quoi que ce soit. De plus, vous avez réussi le test.

- Le test ? demanda Rhaegar.

- L'Endroit est un mensonge, révéla le Début. Nous ne regardons pas le nombre de points que vous gagnez ou perdez pour décider de la suite pour vous. Nous regardons simplement si vous arrivez à être lucide sur vous-même.

- L'important n'est pas de savoir si vous êtes bon ou mauvais, renchérit la Fin. L'important est de savoir si vous regrettez d'avoir été mauvais, et si vous essayez de devenir meilleur que vous ne l'étiez la veille.

- Mais alors... pourquoi attendre vingt ans ? demanda Rhaegar. Pourquoi ne pas juger les âmes immédiatement ?

- Pour vous laissez le temps de vous explorer. Pour que vous puissiez être confrontés à d'autres vies, à d'autres cultures, d'autres réalités. Pour que vous remettiez en question ce que vous croyiez et par extension, vous-même. Sur terre, vous êtes trop happés par votre Vie pour vous concentrer sur vous et sur les autres. L'Endroit permet de vous révéler tels que vous êtes, car vous êtes libres de vos mouvements et de vos pensées. Vous êtes libres d'être vous. Le vrai vous, sans les attentes que l'on place sur vos épaules. Certains s'enivrent de cette liberté pour se donner à la guerre, d'autres l'utilisent pour s'améliorer, se construire un cadre de paix.

- Et au bout de ces vingt ans à côtoyer toutes ces âmes différentes, nous vous confrontons à votre propre vie, termina d'expliquer le Début. Et nous voyons ce que vous en retenez. Et dans votre cas, vous avez su tirer parti de l'Endroit pour faire le bien, mais également des rencontres que vous y avez fait pour avoir des regrets sincères sur vos actions. Et pour cela, vous êtes invité à rejoindre le Paradis.

Rhaergar n'eut pas le temps d'acquiescer qu'il se sentit transporté... ailleurs.

.

- Il est bien arrivé ? demanda le Début.

- Bien sûr que oui. Diriger les gens à la fin de leur séjour ici, c'est ma spécialité, répondit la Mort. C'est bien pour cela que c'est toi qui leur dit bonjour, tu es le début, et moi je les accompagne au bout. C'est mon rôle.

Elle venait de terminer sa phrase lorsqu'un voyant s'alluma. Une nouvelle âme à aceuillir. La Mort soupira :

- Le rythme est terriblement intense.

- Profite-en pendant que tu peux.

- Tu as raison... Je ne réalise pas que dans vingt ans il ne restera plus rien. Plus d'âmes.

- Il restera toujours quelques sapins à juger. Les sapins résistent à l'hiver.

- Certes... mais ils sont beaucoup moins torturés que les humains. C'est moins intéressant.

Les deux restèrent quelques instants silencieux, attendant l'arrivée de l'âme. Juste avant que celle-ci ne débarque dans leur bureau, la Mort dit pensivement :

- Tout de même, je me demande ce qui Lui est passé par la tête. Le déluge avait déjà été rude, mais ça... les marcheurs blancs, c'est encore plus tordu.

- Tu connais notre patronne. Elle n'a pas la même vision des choses que le reste du monde. Tout ce qui l'intéresse, c'est survivre. Le reste...


Note (de fin) : Est-ce que c'est compréhensible pour quelqu'un qui n'est pas dans ma tête? Dites moi ce que vous avez compris (surtout de la fin en fait), si je vous que ça pas été compréhensible ou que vous criez à l'aide, je mettrais quelques explications récapitulatives dans la note du prochain chapitre.

Défis gazette :

CDR : 154. Et sur ces mots [elles] s'embrassèrent de nouveau

Mille prompt 840. Objet : registre

Sinon le couple de ce chapitre c'était Rhaegar et Elia (oui, bon, ok, on les voit pas, enfin si yavait un vague souvenir d'eux dans les images de Rhaegar, bref). Tout ce que je peux dire pour le prochain, c'est qu'il fera plaisir à Marina.