Petit mot de l'auteure : vous attendiez le dîner, le voilà! Je préviens de suite, le couple du jour était Robb x Rolsin donc je l'ai vraiment incrusté à l'arrache - soyons honnêtes, on avaient tous envie d'être fixés sur ce couscous. D'ailleurs, je réclame des fanfictions sur ce nouveau ship improbable : Cersei x le couscous.
Merci à Angelica, Marina, Lassa, Coraline et Plume pour leurs reviews !
Réponse à la review anonyme (Lassa) : merci pour ton retour ! Au sujet de ta commande, je peux déjà te dire que ça ne sera pas avant janvier. Ensuite je n'ai pas plus d'infos, il n'y a pas de durée de publication fixe. Si jamais je te retrouve dans d'autres fics je te tiendrait au courant (si tu as facebook tu peux aussi suivre les publications là bas) Et j'aimerai tellement une dissertation sur GOT... mais ça va plutôt être sur la place des images en Inde ou un truc du genre x)
Roslin déposa une tasse de thé fumante devant Amerei. La jeune femme s'en saisit avec reconnaissance, ravie de la sensation de bien-être qui parcourait son corps à mesure qu'elle buvait le liquide chaud. Roslin se servi elle aussi une tasse et prit un petit scone. Bien qu'Amerei soit la nièce de Roslin, les deux se considéraient comme des cousines, étant nées à un an d'écart (leur famille était légèrement compliquée due à la facheuse tendance de Waldey Frey de se remarier avec des femmes toujours plus jeunes et de ne jamais cesser d'engendrer une progéniture conséquente). Les deux jeunes femmes c'étaient toujours très bien entendues et voyaient chacune dans l'autre un petit rayon de soleil familial dans le tourbillonnement de compétition négative qu'était leur famille. Elles avaient ainsi prit l'habitude de se réunir chaque dimanche pour prendre le thé et se raconter nombres potins. La mort n'avait pas bousculé ce rituel et elles avaient continué de se retrouver.
D'ordinaire elles parlaient beaucoup – enfin, Amerei parlait beaucoup, et Roslin écoutait attentivement, ce qui leur allait bien à toutes les deux. Dans tous les cas, leur discussion était animée, ponctuée de rires et de « nooon vraiment ? » Mais cette fois-ci, Amerei gardait la tête baissée sur sa tasse de thé. Elle n'avait pas l'air triste, simplement... lessivée.
Roslin lui demanda alors :
- Le dîner d'hier était si horrible ?
Elle inspira pour finalement dire :
- Je ne sais pas si c'était génialement chaotique ou complètement désastreux. C'était en tout cas... dur à suivre.
- Dur à suivre ?
- Il y beaucoup de choses qui se sont passées en même temps. C'est difficile à décrire.
- Reprend depuis le début ? suggéra Roslin, avide de potins.
En même temps, quand on savait que ce dîner réunirait Lannister et Martell, comment aurait-il pu en être autrement ?
oOoOo
Amerei et Lancel étaient arrivés une heure en avance sur l'horaire donné par l'invitation pour aider les deux amoureuses à porter les plats sur la table ou finir d'installer des décorations. Ils avaient été précédés par Margaery et Tommen qui avaient eu la même initiative, et par Tyrion, qui lui était venu pour se réserver la bouteille d'alcool la plus forte. « Je ne vais pas survivre à ce dîner si je ne suis pas suffisamment ivre » s'était-il justifié.
Sa remarque avait fait rire Amerei, et chacun l'avait laissé boire dans son coin pour finir d'installer les couverts et autres. Nymeria s'était moquée de la quantité de couverts différents que Myrcella avait sorti – que ces gens de la capitale pouvaient être snob avec leur fourchette à salade ! Elle avait même demandé :
- Tu crois vraiment que c'est nécessaire ?
- Crois moi, tu ne veux pas que Tywin Lannister te fasse une remarque sur la qualité de ta présentation de table, s'était contentée de répondre Myrcella.
- Ton grand-père est si horrible que ça ?
Myrcella n'eut même pas besoin de répondre – le ricanement nerveux de Lancel et de Tyrion lui suffit, ainsi que la remarque de Margaery :
- Il a réussi à imposer à ma grand-mère le mariage de Loras avec Cersei. Et crois moi, pour imposer quelque chose à ma grand-mère, il faut avoir un certain niveau de puissance, négociation et répartie. Enfin... tu verras par toi même.
Suite à cela, ils avaient repris leur mise à table, jusqu'à ce que ne vienne l'heure et que le premier coup ne fusse porté sur la porte.
- Je vais ouvrir ! dit Tyrion, titubant vers l'entrée, déjà manifestement bien enivré. Si quelqu'un m'assassine avant même que tout ça ne commence, j'ai été ravi de vous avoir connu.
Mais heureusement, les nouveaux arrivants n'étaient autre que Jaime et son amie, Brienne – Myrcella ne l'a connaissait pas, mais son père l'avait prévenu qu'il viendrait accompagné. Il n'avait pas précisé de quelle nature était leur relation et la jeune femme brûlait d'envie de demander mais n'osait pas. Ce fut Tyrion qui mit les pieds dans le plat :
- Alors, comment se porte le véritable amour ?
Les deux avaient furieusement rougit et bégayés en regardant leurs pieds :
- Nous ne sommes pas...
- C'est juste...
Bien. Myrcella avait sa réponse : ils n'étaient pas ensemble. Du moins pas encore. Cela fut si manifeste pour tout le monde dans la pièce que Nymeria murmura :
- Je parie que dans deux mois ils sont en train de s'envoyer sauvagement en l'air.
- Je tient le pari, déclara Margaery. Mais je dis un mois.
- Si on les pousse un peu, genre on les enferme dans une chambre, ça peut être fait ce soir, rajouta Amerei. La tension sexuelle est beaucoup trop forte.
Myrcella et Tommen, à côté de ces chuchotements, grimacèrent – c'était tout de même de leur oncle / père dont il s'agissait ! Ils furent heureusement sauvés par le gong alors qu'un nouvel invité frappait à la porte. Tyrion alla de nouveau ouvrir et fut beaucoup moins enthousiaste en découvrant la personne :
- Cersei... grommela-t-il. Et... le pirate moustachu des mers. Super.
- Salut le nain, provoqua ce dernier. Régicide. Les autres. Et bien sûr la petite dornienne ! Ravi de te revoir chérie.
oOoOo
- Attend, l'interrompit Roslin. Euron connaissait Nymeria ?
- On peut dire ça. C'est lui qui l'a tué.
- Ah...
- Oui, « ah ». J'ai cru qu'elle allait l'égorger. Mais, et même si je n'aurais jamais pensé le remercier pour quoi que ce soit, Joffrey est arrivé avec Tywin, et ça a détourné l'attention.
oOoOo
Le côté Lannister étant au complet, ne restait que les Martell. Lorsque ceux-ci firent finalement leur entrée, on pouvait dire que leur groupe détonnait : dans des vêtements haut en couleurs, dont les coupes dévoilaient plus qu'elles ne cachaient de leur corps. Si Amerei tomba immédiatement amoureuse de ces costumes, ce ne fut pas le cas de tout le monde. Elle put distinctement entendre grommeler Joffrey que ces prostituées dorniennes n'avait aucun respect pour elles-mêmes. Amerei était sur le point de lui rétorquer qu'elles s'habillaient comme elle le voulait et qu'il n'avait rien à dire, mais se retint – elle pressentait que ce n'était pas moment pour rajouter de l'huile sur le feu à une ambiance déjà bien tendue.
Les deux familles se toisaient en effet en chien de faïence. Elles auraient pu rester ainsi longtemps si Bronn n'avait finalement pas traversé la ligne invisible qui séparait les deux camps pour aller donner une tape amicale sur l'épaule de Jaime et lui murmurer quelque chose qu'Amerei n'entendit pas.
Le mercenaire donna en tout cas une certaine impulsion puisque chacun sorti de son immobilité méfiante pour aller saluer les hôtesses de maison. Myrcella ne put retenir une petite angoisse monter en elle lorsque Ellaria Sand se planta devant elle. La blonde avait eu de longues conversations avec les aspics des sables et les choses avaient plus ou moins été décrétées comme « oubliées », cela n'empêchait pas de ressentir une certaine méfiance. Ce fut à ce moment précis que Myrcella réalisa que si elle avait pu refermer ses plaies, ce n'était pas le cas de tout le monde. Mais qu'est-ce qui lui avait pris par les sept de lancer ce dîner ?
Comme si elle lisait dans ses pensées – ou peut-être tout simplement parce que Nymeria ressentait la même chose qu'elle, la brune lui murmura à l'oreille :
- Je crois que c'est clair, tout le monde va s'entre-tuer dans dix minutes. Grand max. Donc voyons le bon côté des choses : ils s'entre-tuent maintenant, comme ça à notre mariage, ça devrait aller.
- Notre mariage ?
- Oui. Enfin si ça te va. T'en dit quoi ?
- J'en dit que c'est la pire demande en mariage que j'ai jamais vu. Et pourtant j'étais là lors des fiançailles de mon frère avec Sansa Strak. Tu aurais au moins pu te mettre à genoux !
- Oh, je me mettrais à genoux si tu le souhaites. Mais ça ne sera pas pour te tendre une bague... chuchota-t-elle d'un air suggestif, avant de dire d'autorité : aller, on va vous montrer vos places !
oOoOo
- Je me suis donc retrouvée à un angle de la table, Lancel à ma droite, et Ellaria placée au retour de l'angle sur ma gauche.
- J'imagine que le plan de table a dû être compliqué à concevoir... releva pensivement Roslin.
- C'est le moins qu'on puisse dire ! Mais je pense qu'elles se sont bien débrouillées. Elles ont par exemple mis Oberyn et Tywin sur le même côté de la table, en mettant entre eux deux Tyrion et Bronn. Comme ça les deux ne se voyaient pas mais ils étaient séparés par des gens suffisamment proches des deux camps pour faire offices de médiateurs.
- Mais malgré ça, ça a dégénéré non ?
- Oui... pour une raison stupide. Enfin, c'était obligé que ça explose, mais je n'aurais jamais pensé que l'élément déclencheur serait ça.
- Ça quoi ?
- La tourte...
oOoOo
La famille Frey étant possiblement la moins conviviale des sept couronnes, Amerei était donc habituée depuis longtemps aux repas mornes, gênants, froids. Cependant, jamais elle n'avait partagé un repas aussi glacial que celui-ci. Margaery avait bien tenté de lancer quelques sujets de conversation passe-partout comme elle savait si bien le faire et Jaime lui avait répondu, mais cela n'avait pas réussi à masquer la tension environnante.
Finalement, la sonnette du four (une merveilleuse invention de l'Endroit) retentit. Si les convives étaient en train de converser, ou même de débattre vivement sur un sujet polémique, l'on aurait pu dire que le bruit avait coupé la conversation. Même comme personne ne parlait, la sonnette se contenta de retentir dans le vide – ou plutôt dans un silence si épais et glaciale qu'Amerei aurait pu le couper au couteau.
Myrcella s'était en tout cas levée et était allée sortir les tourtes du four. Amerei avait pensé alors que l'ambiance s'améliorerait : après tout, une bonne tourte, ça rassemblait les gens. Cela aurait pu rassembler les gens, si Myrcella ne s'était pas tournée vers l'assemblée, la voix blanche :
- Elles ont brûlées.
- Pardon ? demanda Nymeria.
- Les tourtes. Elles ont brûlées. Enfin, deux sur les trois.
Comme pour avancer ses dires, elles amena le plateau au centre de la table, et tous durent se rendre à l'évidence : Myrcella disait vrai.
- Comment on va faire maintenant ! se désola Myrcella. J'en avais préparé trois pour couper chacune en six vu qu'on est dix-huit...
- Peut-être que c'est brûlé mais mangeable ? demanda sans y croire réellement Tommen.
- Mange du brûlé si tu veux mais moi je refuse, dit Joffrey. Je veux une part normale.
- Pourtant, vu votre tendance à brûler des gens, cela ne devrait pas vous déranger ? répondit Ellaria à l'attention de Cersei.
- Et vous, vous voulez une tarte au poison ? rétorqua celle-ci. Après tout, c'est comme ça que vous traitez vos invités, non ? À moins que vous ne le réserviez qu'aux petites filles ?
- Parce que vous traitez les petites filles mieux, peut-être ? Je vous rappelle que c'est votre père, là, qui a commandité l'assassinat de ma sœur et de ses enfants ! s'écria Oberyn.
Se disant, il pointa Tywin du doigt. Mais son accusation n'eut pas la réaction escomptée car le patriarche Lannister se contenta de faire remarquer :
- Sinon, nous pouvons couper la tourte mangeable de manière à ce que chacun en ai un bout. Bien sûr si on coupe en triangle ça fera des morceaux trop petits, mais je suis sûr qu'en réfléchissant on peut trouver...
- Non mais je rêve ! s'insurgea Oberyn. Je lui parle de meurtres de sang froid et lui me parle de sa tourte ! Non mais vous savez où vous pouvez vous la mettre votre tourte ?
Le prince de Dorne se leva alors brusquement et leva le poing. Il commença à se diriger vers Tywin mais Jaime le retint. Oberyn lui administra alors un coup qui le projeta au sol.
oOoOo
- Bonsoir chérie, bon...
- Tais-toi Robb ! Tu nous interrompt au meilleur moment !
- Moi aussi chéri, je suis heureuse de te voir, grommela-t-il.
- Oui, oui, je suis contente de te voir. Mais Amerei me raconte comment son dîner Lannister / Martell s'est passé et on arrive au meilleur moment !
- Oh, tu ne crois pas si bien dire... confirma Amerei. Je vous laisse juger. Robb, ça devrait te faire plaisir.
Amerei repris son souffle et repris :
oOoOo
Oberyn administra alors à Jaime un coup qui le projeta au sol, et en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, chacun commença à insulter son voisin. Les choses atteignirent un niveau plus élevé lorsque Tyerne eut l'idée de lancer à la figure de Cersei qui s'insurgeait contre Oberyn devant la gifle qu'il venait de donner à son frère quelque chose. Chacun ayant été convié à déposer ses armes avant de rentrer dans la demeure, Tyerne fit avec ce qu'elle avait sous la main : son assiette, remplie d'un couscous dornien.
Elle la lança à la figure de la lionne, qui le reçut en pleine face. La tête pleine de couscous, Cersei lança un bol de sauce épicée en direction de la jeune femme mais sa vision, brouillée par la semoule, l'empêcha de viser et le liquide brûlant se retrouva sur Brienne. Cette dernière se retourna vivement pour se saisir d'une baguette de pain et se jeter dans la mêlée improvisée, abandonnant Jaime sur le sol qui murmurait « pourquoi je me retrouve toujours au milieu ? », phrase que personne n'entendit.
Personne, excepté Tywin Lannister, mais celui-ci n'y prêta guère attention. Il fixait en effet toujours la tourte sur la table, imperturbable, avant de déclarer froidement :
- J'ai trouvé. Vous pouvez arrêter maint...
Mais il ne termina pas sa phrase : il venait de se recevoir sur la tête le saladier qui contenait les légumes du couscous.
Cela eut deux conséquences : premièrement, la cohue cessa immédiatement, chacun regardant avec choc le seigneur du roc enlever le plat en verre du sommet de son crâne, lequel d'où dégoulinait désormais des pois chiches et de la sauce épicée. Deuxièmement, cela conduit Tywin à demander du voix glaciale :
- Qui a fait ça ?
La bagarre avait si générale, même Margaery et Lancel la joignant, que Tywin aurait bien été en peine de le déduire. Il fallait donc que le coupable se dénonce, ou que quelqu'un le dénonce.
- Qui a fait ça ? répéta-t-il encore plus froidement.
Tous sentirent le danger dans sa voix. Il y eut donc une troisième conséquence, plus inattendue : chacun garda le silence et personne ne dénonça personne. Une sorte de solidarité muette venait de se créer entre les différents convives – il y a des châtiments que l'on ne souhaiterait pas même à son pire ennemi, et s'attirer les foudres d'un Tywin Lannister rendu furieux par une agression au couscous en faisait partie.
Le silence s'épaissit alors, jusqu'à ce que Tyrion, qui n'avait pas cessé de boire pendant toute la bagarre, ne demande d'une voix complètement ivre :
- Héééé Père... vous avez un pois chiche sur le sourcil ! Vous aviez remarqué ?
Il fallu tout le contrôle de l'univers à chacun pour se retenir de rire. Ils auraient pu y parvenir, si Jaime, pour sa part parfaitement sobre, n'avait pas répondu à son frère :
- Je ne pense pas qu'il ait remarqué. Le morceau de carotte qu'il a sur le nez doit lui obstruer la vue.
Ce fut Bronn qui éclata de rire en premier, bientôt rejoint par Yara et Tyerne, et ensuite toute l'assemblée. Tywin lança un regard noir à ses deux fils – ou du moins, voulu en lancer un, mais toute la crédibilité qu'il aurait pu avoir fut éclipsée par la sauce qui continuait de couler sur sa visage – et par le morceau de carotte, qui était en effet sur son nez. Il s'essuya alors tant bien que mal, replaça les légumes dans son assiette et demanda à Yara :
- Lady Greyjoy, auriez vous l'obligeance de me donner un peu de votre semoule ? Il serait dommage de gaspiller encore plus ce repas que Myrcella et Nymeria se sont embêtées à faire.
La fer-née s'exécuta, rassemblant dans son assiette quelques graines qui n'étaient pas totalement fichues. Suite à cela, chacun se fit tant bien que mal une assiette, récupérant un bout de légume qui traînait de ci de là.
Oui, c'était certainement le dîner le plus étrange auquel Amerei n'avait jamais assisté, les convives étant chacun recouverts du repas qu'ils étaient censés déguster. Elle même n'avait pas fière allure, ses cheveux étant poisseux d'un vin qu'elle s'était reçue d'Euron – ou était-ce de Myrcella ?
Enfin, cela n'avait pas d'importance. L'essentiel était que pour la plus improbable des raisons, l'ambiance était devenue enfin respirable – ce qui était un comble, les narines de chacun étant toutes plus ou moins obstruées par quelques grains de semoules qui s'y étaient retrouvés logés sans réelle logique.
Petit mot de fin : Je dédie la dernière phrase à ma meilleure amie, pour une raison qu'elle comprendra.
Pour les défis de la Gazette :
- CDR : 110. « Alors, comment se porte le véritable amour ? »
- Pop Ymir : personnage qui a une tenue particulière
- Mille prompt : 58 : Ellaria Sand
- Eight of spades : écrire une fiction sur une rivalité
