Petit mot de l'auteure : Demain, les vacances ! Sinon bravo à Angelica, Coraline et Marina qui ont répondu juste à la devinette du chapitre précédent. Le psy était donc emprunté à Once Upon a time.

Merci à Angelica, Lassa, Marina et Coraline pour leurs review sur les chapitres précédents!

Réponse à la review anonyme (Lassa) : Merci pour ton retour ! Et bravo pour ton esprit beau joueur et de ne pas avoir "triché". Tu n'as pas d'OS, mais n'oublie pas que tu peux demander un développement / bonus d'une scène sur ce calendrier à n'importe quel moment, et j'ajouterai ta suggestion pour ma fic développement ! Sinon je suis d'accord avec toi pour Tommen, il aurait pu faire un bon roi car il avait le soucis d'être juste et aurait pu développer les compétences pour. Malheureusement, le contexte a fait que les choses ne se sont pas passées comme ça. Disons qu'il se rattrape à l'Endroit !


Comme lui avait dit Tommen, Archie Hopeper était un très bon psychologue.

Un trop bon psychologue, même. Il arrivait toujours à pointer du doigt ce que Bran refusait de s'avouer, conduisant le jeune homme à toujours se demander s'il ne lisait pas dans ses pensées. Magie ou simple professionnalisme, le résultat était le même : Bran ressortait de ses séances complètement chamboulé. S'ouvrir de cette manière après s'être refermé autant en lui-même pendant si longtemps était terriblement douloureux.

Et pourtant, Bran continuait de venir chaque semaine. Parce que derrière la souffrance et le remue-ménage que lui produisait les séances, il sentait grandir en lui une pousse d'apaisement. Il se sentait changer, s'ouvrir, et même si c'était encore tout doucement, il savait qu'il était sur la bonne voie.

Alors Bran retourna, lundi après lundi, chez Archi Hopper, et lundi après lundi, et se confiait. Il arrivait de mieux en mieux à poser des mots sur ce qu'il ressentait et lorsqu'il n'y parvenait pas, son psychologue formulait des hypothèses pour le guider qui s'avéraient curieusement toujours justes.

Tant et si bien qu'au bout de deux mois de consultation, Bran réussi à pleurer. Il était en train de parler de sa relation avec ses parents lorsqu'il avait senti des larmes couler sur ses joues. Il n'avait tout d'abord pas compris ce qu'il se passait – s'était-il mis à pleuvoir tout d'un coup dans le bureau de consultation ? Lorsqu'il avait réalisé que l'eau qu'il sentait n'était autre que ses propres larmes, il avait pleuré d'avantage. Il ne pleurait plus la mort de sa famille, mais également toutes les horreurs qu'il avait enduré, son innocence envolée, sa conscience broyée par la Corneille et son pouvoir – il pleura trois années de souffrance inexprimées et qui le rattrapait d'un seul coup.

Et en même temps qu'il pleurait, il souriait.

Pleurer signifiait qu'il ressentait enfin quelque chose de vrai, de fort. Pleurer signifiait que ses heures douloureuses de rendez-vous avaient porté leurs fruits.

Pleurer signifiait surtout qu'il n'était pas condamné à être un corps sans âme.

Pleurer était la plus belle des choses qui pouvait lui arriver.

Mais cela n'en demeurait pas moins atrocement douloureux.

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Si Bran n'était pas en fauteuil roulant et paralysé de ses membres inférieurs, il serait en train de faire les cent pas. Mais puisque les choses étaient ce qu'elles étaient – merci Jaime et Cersei – il se contenta d'agiter ses doigts nerveusement, avant de finalement se décider à toquer. Il entendit un bruit de pas précipités suivi d'un « merde » avant que la porte ne s'ouvre finalement sur une figure aux cheveux emmêlés et remplis d'une farine dont la blancheur contrastait avec la noirceur de ces derniers.

Un regard suffit à Bran pour comprendre que Meera était exactement comme il l'avait laissé : énergique, tumultueuse, vive. Fier et directe aussi, puisque lorsqu'elle le reconnu elle dit simplement :

- Donne moi une seule raison de ne pas te tuer.

- Nous sommes déjà morts ? se risqua à faire remarquer ironiquement Bran.

Meera le regarda fixement, une réelle surprise lisible dans ses yeux noirs.

- Bran ? C'est toi ?

- Oui... ? répondit-il, incertain du sens de sa question.

- Je veux dire... c'est vraiment toi ?

- Oui, assura-t-il, cette fois en comprenant ce qu'elle avait voulu dire. C'est vraiment moi. Pas la Corneille.

Il n'eut pas à prononcer autre chose que Meera s'était approchée de lui pour l'enlacer. Elle lui murmura à l'oreille, la voix entrecoupée de quelques sanglots :

- Évidement que c'est toi. La Corneille n'aurait pas eu recours à l'ironie. Je... je suis heureuse de te voir. Je veux dire, ton vrai toi. Pas... pas ce que tu étais devenu.

- À propos de ça, murmura Bran. Je suis désolé... je suis désolé que Jojen soit mort pour moi. Je suis désolé pour Hodor et Été. Je suis désolé que tu aies risqué ta vie pour moi. Et je suis désolé de ne pas t'avoir dit tout cela à Winterfell. Je suis si désolé de la manière dont je t'ai traité...

Les yeux de Meera se voilèrent alors qu'il lui présentait ses excuses. Cela faisait maintenant deux mois qu'ils étaient arrivés à l'Endroit – deux mois donc que Meera était morte, et ce temps n'avait pas été suffisamment long pour que les blessures du passé se referment complètement. Bran savait que ses excuses ne seraient pas suffisantes et ne permettrait de réparer les tords de son comportement envers la jeune femme. Mais celle-ci fit un petit sourire :

- Même si j'y étais, je ne suis pas sûre d'avoir bien compris ce qui s'est passé exactement dans cette grotte pour toi. Mais une chose est sûre, c'est qu'après, tu n'étais plus toi. J'accepte donc tes excuses, même si je pense que c'est la partie qui était en toi qui appartenait à la Corneille qui a agit ainsi et que tu n'as pas de raison d'être désolé. Enfin bref... tu veux rentrer ?

Voyant qu'il hésitait, elle sortit un argument de sa poche :

- J'ai fait un Opéra. Enfin, j'ai essayé de faire un Opéra, mais j'ai complètement échoué. Mais il me reste quelques carrés de chocolat qui ont survécu au désastre. Ça t'intéresse alors ?

Bran se demandait ce qu'il devait faire. Il avait envie de la suivre, retrouver cette compagne agréable qu'elle avait été. Mais... et s'il gâchait tout de nouveau ? S'il brisait une nouvelle fois sa vie en redevenant son pire cauchemar ?

Mais un regard de sa part lui fit perdre toutes ses résolutions et il répondit :

- Oui, ça m'intéresse. Merci de l'invitation.

Et il fit pousser son fauteuil à l'intérieur.

Il était trop tard pour reculer désormais.

oOoOo

oOoOo

Il était trop tard pour reculer désormais. C'est ce qu'Il avait pensé lorsqu'Elle avait relevé les Marcheurs Blancs. Il n'avait pas cherché à contredire ses ordres – c'était toujours Elle qui prenait les décisions, et cela lui convenait parfaitement. Son rôle à Lui était de faire en sorte que rien ne vienne perturber leur exécution. C'était un rôle extrêmement facile de surcroît – cette fois-ci, Il avait juste eu à empêcher la jeune fille de planter ce poignard dans le Roi de la Nuit. Ensuite, les choses s'étaient enchaînées rapidement, et surtout, logiquement : le Roi de la Nuit avait tué la gamine puis la Corneille, et à partir de là, l'humanité avait perdu.

Oui, rien de compliqué. Il avait fait son travail méthodiquement, sans éprouver la moindre émotion – ni remords, ni culpabilité, ni tristesse.

Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai.

Comme à chaque fois, cela lui faisait très étrange de penser que dans quelques mois, tout serait terminé. Mais comme à chaque fois, ce sentiment disparu aussi vite qu'il était apparu.

Et comme à chaque fois, l'humanité disparu aussi vite qu'elle était apparue.


Note (de fin) : Petit chapitre aujourd'hui, mais je ne trouvais pas ça utile de brasser du vent pour allonger la quantité de mots. Et aussi à la base ça devait être plus long, sauf que j'ai supprimé tout le dernier bloc... que vous aurez un peu plus tard (niark niark). Dans tous les cas, c'est le retour de Il/Elle. Des hypothèses sur leur vie?

Sinon le couple d'aujourd'hui c'était Meera et Bran (bravo Lassa!) Le prochain, c'est un couple qui était au dîner Lannister - Martell (vu qu'ils ont tous été pratiquement fait, vous pouvez facilement proposer quelque chose)

Et voici pour les défis :

- Les citations Hunger Games 18 : donne moi une seule raison de ne pas te tuer

- Si tu l'oses 505 : larmes

- Citations CDR 125 : Il était trop tard pour reculer désormais.

- Mille prompt 105. Duo : Meera/Bran