Petit mot de l'auteure : Joyeuses fêtes à tous ! Où que vous le fêtiez, je vous envoi de bonnes ondes.

Je suis désolée du retard. Si vous avez suivi les notes des chapitres précédents, j'ai fêté mes vingt ans au début du mois. J'organise une grande fête de famille pour les fêter samedi, et j'ai donc pas mal de trucs à faire à côté. Et comme je ne veux pas bâcler l'histoire, ça sort plus lentement. Mais vous aurez tous les chapitres, ne vous inquiétez pas. En parlant de ce chapitre, il a tardé, mais il explique enfin qui est Elle et Il.

Merci à angelica, Marina, coraline et Lassa (x2) pour leurs reviews sur les chapitres précédents !

Réponse à la review anonyme (Lassa) : tu sais que tu es adorable? J'étais en train de terminer le dernier paragraphes quand j'ai reçu ta deuxième review. Merci beaucoup d'avoir pris le temps d'envoyer ce petit message. Je te souhaite à toi aussi de très bonnes fêtes, une bonne soirée dans tous les cas!

Et pour ta review première, tu as pas mal de réponses dans ce chapitre. Les réponses finales seront dispersées dans les derniers chapitres.


Au commencement, il n'y avait rien. Ni animosité, ni peur, ni amour ou désir. Il n'y avait que la simple indifférence de deux êtres se rencontrant pour la première fois.

Et il y avait aussi un train en panne.

Peut-être qu'il y avait quelque chose finalement.

Donc au commencement, il y a avait un train en panne, et deux êtres se rencontrant pour la première fois. Mais il n'y avait rien d'extraordinaire.

Puis, au bout de quelques minutes, le rien cessa, lorsque l'homme demanda à la femme :

- Vous allez où ?

- En quoi ça vous regarde ? répondit brutalement la femme.

- Strictement en rien. Mais je m'ennuie. Le train n'est jamais en panne d'habitude, alors j'ai perdu l'habitude de rester assis sans rien faire.

- Vous êtes là depuis longtemps ?

- Nous sommes coincés dans le même train, alors vous savez bien que ça fait une éternité.

- Je voulais dire à l'Endroit, précisa-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Je sais. C'était une blague.

- Ce n'était pas drôle.

- Si.

- Désolée, mais ce n'était clairement pas drôle.

- Vous avez sourit quand je l'ai dit.

- Pas du tout !

Oui, elle avait sourit. Mais elle ne voulait pas de l'avouer.

- Si.

- Non.

- Si.

- Non.

La discussion (hautement pertinente) continua ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'un grand roux se lève et vienne taper du poing près des deux interlocuteurs.

- Fermez là.

- Pardon ? s'offusquèrent les deux fautifs.

- Votre si / non. Je n'en peux plus. Et ce n'est absolument pas productif. Alors trouvez un moyen de vous départager vraiment si vous n'avez rien d'autre à faire dans votre mort, mais pitié, arrêtez avec votre dialogue de sourd.

Puis il les planta, avant de croiser le regard réprobateur de son compagnon, un vieil homme barbu. Alors il revint près d'eux et rajouta :

- S'il vous plaît.

Et il repartit s'asseoir, cette fois-ci définitivement. Les deux fautifs étaient muets de surprise d'avoir été interrompu. La femme fini par s'éclaircir la voix et proposer :

- Il n'a pas tout à fait tord. Ce n'est pas très productif. Je te propose donc de faire des parties de bras de fer. Celui qui en a gagné le plus lorsque le train redémarre gagne le droit de dire qu'il avait raison.

Vingt minutes après et trente-cinq bras de fer partagés, la femme eut le loisir de crier dans le train qui venait de redémarrer qui, oui elle n'avait pas sourit, et que la blague de l'autre n'était absolument pas drôle.

- Comment vous vous appelez ? demanda-t-elle.

- En quoi ça vous regarde ?

- Je veux pouvoir clamer à tout le monde que je vous ai battu au bras de fer. Mais pour que ça ai un impact, je dois connaître votre nom.

- Donc si je comprends bien, vous voulez mon nom pour m'humilier ? Et vous croyez vraiment que je vais vous le donner ?

- Et si je vous paie un verre en échange ?

Cela le fit réfléchir, et il finit par se présenter :

- Jory Cassel. Et vous ?

- Obara Sand.

Elle n'avait même pas cherché à esquiver la question. Peut-être présentait-elle qu'ils seraient amenés à se revoir et qu'ils aurait fini par trouver son nom.

oOoOo

oOoOo

Au commencement, il n'y avait rien.

L'on a toujours de la peine à imaginer ce que peut bien être que le « rien » et l'on est ainsi obligé de l'envisager en opposition au « tout ». Mais à l'origine, le rien existait bel et bien. Il se contentait d'être.

Puis, un jour, le rien cessa. Il devint le « tout » avec lequel les gens le confondrait si souvent par la suite. Ce tout ne s'installa pas immédiatement – ce ne fut ni rapide, ni brutal. Mais petit à petit, le rien développa une conscience, une vie, une âme.

Et ce fut le jour où il développa cette âme, que le rien cessa d'être une planète inerte pour devenir Elle.

Elle, la Nature.

.

Au début, les choses étaient plutôt simples pour Elle. Elle existait, et se contentait d'exister. Mais elle finit par s'ennuyer. Elle n'était qu'une conscience piégée dans l'univers. Elle compris alors qu'elle finirait pas s'éteindre si elle se contentait de n'être qu'une âme solitaire – si elle voulait survivre, elle devait s'entourer.

Elle le créa alors. Il. Le ciel.

De leurs étreintes déferlèrent la mer, les vents, les les feus. Et de leur union naquit des vies – végétales et animales. Elle n'avait qu'à ordonner, et Il mettait ses volontés à exécution.

Ainsi naquit le Début.

Les créatures qui se déployaient maintenant sur son corps semblaient aussi être heureuses et déambulaient joyeusement. Malheureusement, ce n'était pas équilibré. Les êtres continuaient d'accroître en nombre de manière exponentielle, et Elle se trouva vite submergée. Elle décida alors de réguler tout cela de la manière la plus simple qu'il soit : elle avait créé un début, elle créerait une fin.

Ainsi naquit la Mort.

Les choses avaient ainsi enfin trouvé un plein équilibre, et celui-ci demeura de nombreux millénaires tel quel.

Jusqu'au jour où vinrent les humains.

.

Elle n'avait pas spécialement créé les humains. Comme les autres espèces, la vie intérieure qui animait ses créations et l'évolution indépendante qu'elles avaient développées en avait décidé ainsi. Au début, Elle avait regardé ces nouvelles créatures d'un intérêt curieux, avant de vite s'en montrer méfiante. Les humains n'étaient pas comme les autres formes de vie. Comme les corbeaux ou chimpanzés, ils réfléchissaient, communiquaient et apprenaient. Mais il y a avait quelque chose de plus poussé chez eux – et donc de plus dangereux. Ils s'attachaient plus facilement à se détruire, pour des prétextes toujours plus futiles. Mais après tout, ce n'était pas son problème. S'ils voulaient s'entre-tuer au lieu de chercher à se comprendre, cela les regardaient.

Mais ce comportement destructeur devint son problème lorsqu'ils tournèrent leur rage meurtrière vers elle. Ils épuisaient ses ressources sans jamais s'arrêter, s'amusaient à la saccager sans jamais y prêter attention.

Et la Nature, se trouvant ainsi menacée, dû prendre une décision radicale : leur faire comprendre de manière brutal qu'ils feraient mieux de se calmer.

Alors elle provoqua le Déluge.

Il y eu de très nombreuses espèces victimes collatérales, mais Elle n'en tint pas compte. L'important était que les survivants ait compris leur place dans ce grand cycle – sans Elle, ils n'étaient rien.

Lorsque le Déluge cessa, le Ciel revint à ses côtés.

- C'est fait, annonça-t-Il.

- Espérons qu'ils se comportent mieux cette fois-ci.

Elle sembla se rendre compte que quelque chose n'allait pas puisqu'elle demanda :

- Que se passe-t-il ? Je sens ton esprit être parasité.

- Était-ce juste ?

- Juste ? Certainement pas. Nécessaire, oui, répondit-elle. J'allais finir par disparaître sinon. Et eux aussi, d'ailleurs.

- Je le comprends mais... ne pourrait-tu pas donner de la justice dans ta survie ?

Elle l'avait regardé fixement :

- On dirait que tu t'es attaché à eux.

- Ce n'est pas toi qui les tue.

- Et ce n'est pas toi qu'ils tuent, répondit-Elle amèrement. Mais soit. Je ferai en sorte de leur permettre de vivre même en étant mort.

Ainsi fut créé l'Endroit, et les places qu'il assignait : le Paradis et l'Enfer.

Et puisqu'elle présentait qu'un jour viendrait où le souvenir de son premier rappel à l'ordre ne serait pas suffisant, elle poussa ses enfants directs, les enfants de la forêt, à créer les Marcheurs Blancs.

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La deuxième fois où elle prit la décision de détruire l'humanité, elle n'attendit pas que ces derniers l'aient mis au bord de la destruction mais prit les devants. Lorsqu'elle réveilla les Marcheurs Blancs, des millénaires après le Déluge, Il était venu la voir :

- Tu vas les détruire encore une fois.

Ce n'était pas une question, aussi elle ne répondit pas.

- Pourquoi ? Ils n'ont rien fait de dramatique.

- Encore.

- Comment ça ?

- Ils n'ont rien fait encore de dramatique. Mais cela ne saurait que tarder. Les événement de ces derniers mois ne laissent d'autre issue.

- Je ne comprends pas.

- Une guerre se prépare sur Westeros. Chaque maison choisit un camp. Essos bouge aussi – les dragons vont se réveiller. Chaque continent va s'entre-tuer et finiront par rentrer en collision pour s'entre-déchirer. Il ne s'agira pas d'une petite guerre locale, mais bien d'une guerre mondiale et totale. Les guerres de ce type me détruisent. Et même si je survivrais à peut près, les rares survivants de ce massacre à venir viendraient à se battre pour subsister avec les quelques parties de moi qui auraient survécus. Et le final sera le même : la fin de tout. Mais si je reprend mes droits maintenant, je pourrais faire revenir la Vie après. Si j'attends... cela ne sera pas le cas. Et je veux survivre.

- Je vois.

- Je te vois désapprobateur, dit-elle.

- Peut-être peuvent-ils changer.

- Je ne pense pas.

- Mais s'ils le pouvaient ? insista-t-il.

- Très bien, soupira-t-elle. Faisons un pari. Je vais déployer les Marcheurs Blancs lentement, pour qu'ils aient le temps de comprendre ce qu'il les attend. Si nous voyons qu'ils changent, qu'ils réussissent à faire front contre cette menace, alors tu pourras les laisser tuer le roi de la Nuit. Mais s'ils échouent à ce test, alors tu devras faire en sorte que le Roi de la Nuit tue la Corneille.

Malheureusement pour l'humanité, ils ne parvinrent pas à changer et s'unir, et ce fut la Nature qui remporta le pari.


Note (de fin) : Et voilà mon explication spirituelle et WTF des marcheurs blancs. De cherchez pas trop à vous poser des questions ou à pointer des incohérences ou que sais-je, c'est une fanfiction et pas un prêcheur de doctrine x)

Mais je dois avouer que j'adore les mythes liés au Déluge. On pense souvent au Déluge raconté dans la Bible, mais on retrouve des récits similaires dans les traditions précolombiennes, dans le Mahabharata ou bien dans les traditions mésopotamiennes.

Et au cas où mon texte serait pas compréhensible, le "Elle" est en réalité la Nature, qui est à l'origine de tout et qui se rebelle contre les hommes quand ceux-ci la mettent en péril (coucou le réchauffement climatique! méfie toi!) Donc Lassa, félicitation pour tes questions et hypothèses, parce que tu as avancé l'idée de Elle comme étant Gaïa, le principe de la Terre etc et donc bingo! C'était l'idée. Tu gagnes donc le droit de commander un OS GOT (qui n'est pas en lien avec cette histoire) (et avec 5 contraintes maximum) que je publierais dans mon receuil Vae Victis.

Et encore une fois, je vous souhaites de bonnes fêtes à tous.