Petit mot de l'auteure : Bonne annéeeeeeee ! Je vous souhaite que cette année 2020 soit meilleure que la 2019 et qu'elle ne vous apporte que des bonnes choses.

Pour en revenir à l'histoire, voilà la suite ! Avec une bonne longue introspection de Lysa x) Donc Marina, enjoy ! Sinon je m'excuse pour les potentielles horribles fautes, je relierais et corrigerais bien cette histoire à tête reposée lorsque je l'aurais terminée.

Merci à Angelica, Lassa (x2), Marina et Coraline pour leurs reviews sur les chapitres précédents ! Il y a presque 100 review sur cette histoire, c'est la première fois que ça m'arrive... donc merci mille fois !

Réponse à la review anonyme (Lassa) : Merci, et bonne année à toi :D Santé, joie et tout le tintouin sur toi ! Ta commande est bien enregistrée... Je te dis d'ici son exécution bonne lecture !


Elle ne se rappelait pas comment tout cela avait commencé. Tous ces coups durs, ces humiliations, ces petites bassesses de la vie... oui, vraiment, Lysa n'arrivait pas à se rappeler du moment précis où sa vie de princesse s'était transformée en cauchemar.

Bien sûr, elle n'avait jamais été comme Catelyn. Sa sœur était plus belle, plus vive d'esprit, plus audacieuse et la cadette qu'elle était s'en trouvait forcément placée dans l'ombre. Même lorsque son potentiel fiancé, Jaime Lannister, était venu leur rendre visite à Vivesaigues, elle avait bien remarqué qu'il n'avait eu d'yeux que pour Catelyn. Mais elle n'en était pas malheureuse : ses parents l'aimaient, sa sœur également, elle coulait des jours paisibles chez elle à effectuer diverses tâches de jeunes lady dans lesquelles elle se révélait très douée.

Oui, son enfance et adolescence avaient été douces. Mais sa quiétude de vivre avait été bouleversée lorsqu'était venu le temps de la vie d'adulte et du mariage. Peut-être était-ce là que tout avait commencé, lorsqu'elle avait quitté son Conflant natal pour gagner les monts escarpés des Erye. C'était ici que c'étaient produites les nombreuses mauvaises couches, le jugement sans pitié des seigneurs de cette région éloignée et tout cela ne c'était qu'accentué lorsque les deux époux avaient gagné la capitale. Tandis que son mari prenait ses fonctions de Main du Roi, elle était condamnée à arpenter le Donjon Rouge telle la dame de haute naissance qu'elle était. Mais piégée dans ce nid de vipère à l'atmosphère aussi étouffante que la température ambiante, elle avait l'impression de suffoquer. Elle n'était pas comme les autres dames de la cour et ce constat allait des tenues traditionnelles – jugées vieillottes – qui s'opposaient aux miroitements modernes dans lesquelles toutes se pavanaient, jusqu'à son état d'esprit.

Elle avait toujours considéré Catelyn comme plus bruyante, plus entreprenante, plus garçonne – plus libérée en quelque sorte. Lysa plaisait à se penser plus noble et distinguée que son aînée, mais alors qu'elle était confrontée aux lady de Port-Réal, elle se rendait compte qu'il n'en était rien. Elle ne se tenait pas aussi bien que les autres, n'avait pas l'accent délicat des autres et là où ses congénères rêvaient de robes scintillantes, Lysa ne souhaitait que retrouver ses chevauchées folles de son enfance, où ses cheveux maintenant réunis en un chignon sévères volaient alors au vent.

Oui, au final, tout avait commencé à Port Réal, au plus près du trône de fer qui suscitait intrigues et convoitises.

Même si une petite voix lui disait que ce n'était pas tout à fait exact. Ce n'était pas Jon ou la Capitale en elle-même qui était source de tous ses problèmes. Elle n'aimait pas son mari, celui-ci lui rendait bien son indifférence cordiale, mais elle n'était pas atrocement malheureuse de cette union. Jon la respectait, écoutait son avis et ne lui avait jamais fait du mal. Il lui avait même donné un fils, son précieux Robin. Quant aux commères de la ville... Elle tâchait de les oublier et d'appliquer les conseils de Catelyn : ignore ceux qui parlent dans ton dos, c'est là qu'est leur place. Derrière toi pendant que toi, tu continues d'avancer. Et elle s'averrait plutôt douée à suivre ce précepte.

Oui, Lysa le savait, le responsable de ses problèmes n'était autre que Petyr Baelish. Et si elle avait eu autant de mal à se l'avouer, même après s'être retrouvée à l'Endroit par sa faute, c'était pour la raison la plus prosaïque qu'il soit : elle l'aimait.

Petyr avait toujours été l'élu de son cœur. Elle l'avait aimé dès qu'elle avait posé les yeux sur lui, tant et si bien qu'elle se souvenait de leur rencontre comme si elle s'était déroulée la veille. Elle venait de déguster quelques gâteaux au chocolat avec Catelyn et Edmure lorsque leur père était venu leur annoncer que son nouveau pupille était arrivé. Ils s'étaient alors levés précipitamment pour accueillir le jeune homme. Lorsque celui-ci avait fait tomber le capuchon qui masquait son visage et que Lysa l'avait découvert, son cœur avait marqué un temps d'arrêt. Voilà à quoi ressemble la beauté, c'était-elle dit.

Voilà à quoi ressemble la beauté du diable aurait été-t-il plus juste de penser.

Petyr n'avait jamais partagé son amour. Tandis qu'elle continuait à l'aimer, lui regardait sa sœur. Elle s'en était aperçue, bien évidement, mais avait fermé les yeux – l'on ne peut pas commander à son cœur de cesser de ressentir un sentiment aussi profond et sincère ? C'était tout bonnement impossible. Alors elle avait souffert en silence, espérant qu'un jour les choses changent.

Et les choses avaient changées – Petyr était revenu auprès d'elle, lui demandant de tuer Jon, et elle l'avait suivi, parce qu'elle avait toujours rêvé de l'épouser. Cela l'avait conduit à fermer les yeux une nouvelle fois sur la réalité : Petyr était encore une fois amoureux de quelqu'un d'autre – pire. De quelque chose d'autre.

La luxure.

Chez Petyr, la luxure désignait tous ces plaisirs charnels qu'un jeune homme tel que lui pouvait apprécier. Mais chez Littlefinger, la luxure c'était étendue à une soif malsaine pour le pouvoir, tant et si bien qu'il était tombé profondément amoureux de ce frisson d'orgueil qu'il y avait à contempler son ascension. C'était bien pour ça qu'il l'avait épousé – mais dans son amour naïvement sincère, elle ne s'en était rendu compte que trop tard.

Toute ma vie, je n'ai aimé qu'une et une seule femme.

Ta sœur.

.

Elle était morte cette phrase assassine plantée dans le cœur, et c'était réveillée avec ces mêmes mots meurtriers. Il était donc peu étonnant que ses retrouvailles avec Catelyn soient amères – la distance et la vie avaient déjà abîmé leur complicité d'enfant, et cette trahison n'avait pas arrangé les choses entre elles.

Ainsi, lorsqu'elle s'était retrouvée devant les portes de Winterfell et que sa sœur était venue lui ouvrir, Lysa avait déversé tout ce qu'elle avait sur le cœur. Et avant même que Catelyn ne puisse répondre, elle l'avait planté là. Son aînée avait tenté de nombreuses fois de lui parler, mais Lysa avait toujours refusé de lui ouvrir, tant et si bien que Catelyn s'était vue contrainte de lui glisser quelques mots sous la porte :

S'il te plaît, parle moi. Je t'aime. Le jour où tu sauras prête, viens me trouver.

Elle avait froissé la lettre, mais ne l'avait jamais jeté, sans qu'elle puisse réellement comprendre son geste.

.

Elle ne se l'était expliqué que deux années plus tard, lorsqu'elle avait croisé par hasard Petyr. Elle s'était figée complètement en le voyant. Il semblait amaigris, alerte, rasant les murs comme cherchant à discuter sans se faire remarquer, et pourtant Lysa l'avait reconnu immédiatement. Elle allait se précipiter à sa rencontre, lorsqu'elle avait réalisé.

Petyr marchait du pas sûr de celui qui allait exactement où il allait. Hors, il était impossible de se repérer dans l'Endroit sans avoir arpenter ses rues disparates pendant plusieurs jours voir semaines. Ce qui voulait dire une chose : il était arrivé depuis plusieurs jours minimum, et durant toute cette période, il n'avait pas cherché à la voir. Malgré qu'il l'ait tué, Lysa avait continué à lui chercher des excuses, une raison cachée à son assassinat – mais alors que plus rien ne le retenait de venir la voir, s'expliquer, il l'avait tout simplement et bonnement évité. Et ce fut cela qui lui fit comprendre que tout ce temps, elle s'était voilé la face.

Catelyn ne méritait pas son ire. Petyr oui.

Et il finirait par payer pour toute la souffrance qu'il lui avait causé.

.

C'était pour respecter ce vœu qu'elle s'était jointe au petit groupe de femme qui s'entraînaient au gymnase près de l'Office. Elle était si intimidée qu'elle était à deux doigts de faire demi-tour – mais sa soif de vengeance et de justice prit le pas. Elle voulait confronter Petyr mais ne voulait pas flancher devant lui. Elle voulait apparaître devant lui comme la femme forte qu'elle se savait être au fond d'elle. Alors elle s'engagea dans le gymnase, et appris à se battre, à s'affirmer et à prendre confiance en elle.

Chaque jour, elle retournait dans cette enceinte qui était devenue pour elle un havre de paix. Là-bas, elle reprenait goût à la vie, tant et si bien qu'au bout d'un an à s'exercer, elle avait redécouvert le rire – et c'était sans doute la première fois qu'elle riait ainsi depuis son arrivée, voici trois ans.

La première fois qu'elle riait ainsi depuis bien son adolescence, même. Mais son rire avait été vite coupé en voyant la nouvelle arrivante : Sansa Stark.

.

Lysa avait quitté sa nièce comme une adolescente vivant ces dernières heures d'enfant et la retrouvait comme une réelle femme, mais pouvait la reconnaître sans aucun doute. Sansa aussi l'avait remarqué, et s'était figée de... était-ce de la peur ? Lysa comprit avec horreur que oui, sa nièce avait peur d'elle. Mais comment aurait-elle pu lui en tenir rigueur ? Elle s'était si mal comportée avec elle... Elle l'avait menacé, critiqué, sans ajouter à cela le fait qu'elle ait bel et bien tenté de la tuer. Oui, la réaction de Sansa n'était guère étonnante.

Alors Lysa s'approcha d'elle, les mains suffisamment en évidence pour lui faire comprendre qu'elle ne voulait pas lui faire de mal. Et elle s'était excusée, finissant en pleurs. Sansa était froide, distance, mais l'avait tout de même pardonné. Lysa avait été étonnée de son pardon, ne s'attendant pas à ce que ses excuses soient acceptées après tout le mal qu'elle avait fait. Mais un voile était tombé sur le regard de sa nièce, qui avait expliqué :

Je pense que nous ne sommes pas différentes, ma tante. Nous avons toutes deux eu les yeux aveuglés par l'amour, ce qui nous as empêché de voir la réalité sur le monstre que nous avions en face de nous. Et si nous sommes là, c'est pour leur faire payer.

Oui, il ne faisait aucun doute que Sansa voulait se venger. Et en voyant sa nièce si déterminée et si forte, Lysa se dit que celui qui subirait ses foudres n'allait pas s'en remettre.

Et cela lui faisait particulièrement plaisir.


Petit mot de fin : Lassa... vois-tu poindre le moment que tu attends tellement ? (j'ai la pression de ne pas le rater moi!). Le couple du jour était LysaxPetyr. Celui du prochain chapitre mettra en scène Sansa... mais avec qui? Telle est la question. C'est un couple très improbable donc pour un indice, je dirais que c'est une jeune femme de la maison Targaryen.

Et voici pour les défis de la Gazette :

- Mille prompt 584 : Première phrase – Elle ne se rappelait pas comment tout cela avait commencé.

- Les ingrédients du pain d'épice : 1000 mots min + élu – fer – chocolat – ajouter – suffoquer

- Pop Aloy : personnage qui porte une tenue ancienne

- Belles paroles 26 : Ignore ceux qui parlent dans ton dos, c'est là qu'est leur place : derrière toi pendant que toi, tu continues d'avancer

- Pick a card : Nine of Hearts: écrivez une fanfiction luxure vs. Amour

- Si tu l'oses 393 : la beauté du diable

- Citations Contes des Royaumes 15. C'était sans doute la première fois qu'[elle] riait ainsi depuis son arrivée, voici trois ans.