Je ne possède aucun des personnages de la série.

PRE SÉRIE : Alors qu'il bricole sur un de ses hélicoptères, Dominic reçoit un coup de téléphone de l'étranger qui lui déchire le cœur en deux.

Il ne fait pas bon de se remettre à regarder de vieilles séries qui passent à la télé, surtout quand elles font parties des coups de cœur de votre jeunesse... Et surtout si elle parle de relation fraternelle et paternelle fortes...

Une idée qui m'est venu comme ça avec l'envie d'imaginer comment Stringfellow avait pu apprendre à Dominic la disparition de Saint John...

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


UN COUP DE TÉLÉPHONE DEPUIS L'ENFER

Dominic bricolait sur un hélicoptère. Il était 9 heures du matin et il avait une journée bien chargée aujourd'hui. Ce n'était pas plus mal, il ne passerait pas la journée à écouter la radio pour avoir des nouvelles de cette fichue guerre. A 53 ans, il était à la fois heureux et furieux de ne pas y être… Heureux parce qu'il avait eu sa dose avec la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre de Corée… Furieux parce qu'il y avait ses deux gamins là-bas et qu'il n'avait plus de nouvelles depuis plus de deux mois. Qu'est-ce que ça leur coûtait à ces deux là de lui envoyer une lettre, ils savaient bien qu'il s'inquiétait et… Dominic fut interrompu par la sonnerie du téléphone avant que les idées noires ne l'envahissent. Il se dirigea donc en direction du bureau et décrocha.

- Mr Santini ?

- Oui ? Demanda-t-il un peu étonné.

- J'ai un appel en PCV en provenance d'un pays étranger vous le prenez ?

- Un pays ?

- Le Vietnam.

Le cœur de Dominic s'emballa.

- Bien sûr, passez-le-moi !

- Je vous mets en relation...

- Allo ? Lança Dominique dés qu'il perçut la tonalité.

Avec le décalage horaire, il devait être minuit, personne ne téléphonait en pleine nuit sans une bonne raison.

- Allo ?

- Dom…

La voix qui venait de prononcer son nom était brisée, à peine audible.

- Dom… c'est bien toi ? Demanda-t-elle en laissant échapper un sanglot.

Le pilote se laissa tomber sur sa chaise pendant que l'émotion le saisit. Il la connaissait tellement bien cette voix.

- String ? Mon petit…

- Dominic…

Cette fois, il l'entendit pleurer et encaissa en plein cœur toute sa détresse. Sa voix tremblait et il comprit que ses larmes étaient en train de lui scier les jambes lorsqu'il se mit à lui parler en sanglotant.

- Je l'ai perdu Dominic… Je l'ai perdu… J'ai perdu Saint John…

Ses larmes étaient douloureuses, violentes et le cœur du pilote se brisa en deux. C'était un cauchemar.

- Je l'ai perdu, pleura de nouveau Stringfellow au bout du film. C'est de ma faute, je l'ai perdu…

- Chut… Non String, je suis sûr que ce n'est pas de ta faute, lui souffla-t-il en se mettant lui-même à pleurer.

- Si… C'est de ma faute… Je l'ai perdu…

- String, dis-moi ce qu'il s'est passé ?

Il le sentit sangloter plus fort et comprit qu'il était en train de s'écrouler. C'était tellement terrible de l'entendre pleurer comme ça. Il avait 20 ans ce gamin, il l'aimait.

- String… Parle-moi.

- C'est de ma faute.

- Non, je suis sûr que non. Allez.

- L'opération a mal tourné, il a été bloqué au sol avec son unité. Je voulais qu'il me rejoigne, qu'il monte avec moi, mais j'avais déjà ces soldats que je venais de sauver, l'hélicoptère était trop chargé… Il m'a dit de partir et je l'ai écouté… Je n'aurais pas dû… Je l'ai perdu Dominic, je l'ai perdu… ça recommence…. Le temps que je dépose les hommes et que je revienne sur place, il n'y avait plus rien… Il y avait bien des corps, mais pas le sien… J'ai essayé de le retrouver… J'ai essayé, mais personne ne sait où il est… Je l'ai perdu…

Epuisé d'avoir raconté son histoire, le jeune homme se tut pour pleurer. Bien qu'il fût à des milliers de kilomètres, Dominic eut l'impression de le sentir trembler… A cet instant, il aurait tout donné pour pouvoir le prendre dans ses bras…

- String ? ça fait combien de temps ?

- Deux mois, répondit en pleurant plus fort le jeune homme. C'est trop tard. Je ne le retrouverais plus… Je l'ai perdu… Je suis tout seul…

- Non String, je suis là petit…

- Oui… Je suis désolé… Je voulais juste entendre ta voix…

- Eh bien je suis là… Tu vois, je suis là.

- Tu ne m'abandonneras pas ? Demanda le jeune homme dans un excès de détresse qui finit de briser le cœur de Dominic.

- Non, bien sûr que non. Je t'aime petit…

Ça il devait lui dire… Il avait besoin de les entendre et de les comprendre ces mots.

- Je t'aime fils…

- Moi aussi Dom… Je t'aime… Tu me manques…

Ça, c'était un cri de désespoir qui fit couler ses propres larmes et trembler sa voix quand il lui répondit.

- Moi aussi mon petit…

- Je suis tellement fatigué… C'est l'enfer, ici… Je ne rentrerais jamais…

- Chut… Je t'en prie String, ne dit pas ça.

- Je suis si fatigué…

Mon dieu que cela lui paraissait vrai et ça l'effrayait. 20 ans… Il avait 20 ans ce petit… Lui aussi combattait à son âge, mais jamais il n'avait ressenti ce qui émanait de String à ce moment précis.

- Je suis désolé, ajouta le jeune homme, toujours en pleurs. Je…Je vais te laisser.

- Non ! S'exclama Dominic, terrifié à l'idée qu'il raccroche. Non, tu voulais entendre ma voix alors ne raccroche pas, parle-moi…

- Mais… Je suis en PCV et…

- Ce n'est pas grave, parle String.

Il ne pouvait pas garder toute cette douleur pour lui. Il voulait qu'il continue de lui parler, qu'il s'ouvre un peu à lui étant donné qu'il le connaissait assez pour savoir qu'il était capable de ne rien montrer aux autres. Il eut l'impression de le sentir trembler et perçut une nouvelle fois son épuisement lorsqu'il murmura dans un souffle :

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

- C'est l'enfer à quel point, mon petit ?

- Si tu savais… On… on porte la mort sur nous… Tous ces corps… ces disparus… ces tortures… Les gens en deviennent fou… Si tu savais ce que sont capables de faire certains soldats ici… L'humidité, la chaleur… Je suis si fatigué… et je suis tout seul. Mike est mort dans mes bras la semaine dernière, Saint John a disparu… Il y a bien les gars de l'unité, mais ce n'et pas pareil… Je… Je ne tiendrais pas longtemps.

- Hey ! Je t'interdis de parler comme ça, petit. Tu vas t'en sortir ! Et puis Saint John a disparu, mais il n'est pas mort. Reprend courage, fils.

- Je suis tellement seul.

Dominic soupira. Stringfellow n'avait pas le charme et les manières avenantes de son frère. Il avait toujours été plus solitaire, plus refermé sur lui-même. Il aimait sa solitude, mais là, elle lui pesait.

- Je voudrais être là-haut… dans la cabane au bord du lac… Mais je ne reverrais plus jamais cet endroit.

- String ! Arrête de parler comme ça ! Tu vas revenir et je serai là pour te prendre dans mes bras et…

Dominic n'eut pas le temps de terminer sa phrase. La perspective de se retrouver dans ses bras, venait de lui arracher un sanglot violent, rempli de douleur qu'il n'avait pas pu maîtriser. L'italien se mordit la lèvre. Pourquoi il venait de lui dire ça ? Il devait en rêver de ses bras, le petit.

- Je veux rentrer… Je ne veux pas mourir ici…

- Tu ne vas pas mourir. Calme-toi…

Stringfellow prit sur lui, calma un peu ses larmes et tenta de changer de conversation.

- Et toi ? Comme ça se passe ?

C'était si inattendu que Dominic en resta sans voix.

- Rien d'extraordinaire… Je vivote en tournant quelques films. Je faisais de la mécanique.

- Et Jo ?

- Elle vient m'aider de temps en temps. Elle est douée, répondit-il en souriant et en pensant à sa nièce.

Elle était un peu plus jeune que lui et le jeune homme la considérait comme sa petite sœur. Au bout du fil, Stringfellow acquiesça pendant que sa respiration redevenait peu à peu plus calme et que les sanglots s'espaçaient. Alors Dominic comprit. Il avait perdu son frère. Il vivait l'horreur chaque jour. Il était perdu, déboussolé et sans repère. Il rêvait de la cabane et du lac… et de retrouver les gens qu'il aimait et qu'il n'avait pas perdu… Alors il se mit à lui parler : de sa vie ici, des tournages de films, des petits tracas du quotidien, tout ce qui faisait ses journées en fait… Au fil des minutes, les larmes disparurent. Oh, il était toujours autant traumatisé et à bout de forces, mais il perçut aussi un léger rire, même à des milliers de kilomètres de distance, il parvenait encore à l'apaiser. C'était une bonne chose. Il ne pouvait pas le prendre dans ses bras, mais il savait comment le réconforter, comment l'aider à tenir. Ce fut à ce moment qu'il le sentit bailler. Une question lui brûla les lèvres.

- String ? Depuis combien de jours tu n'as pas dormi ?

- 4… 5 jours peut-être, lui répondit le jeune homme avec franchise.

- Eh bien je crois que c'est le moment d'aller te coucher, non ?

- Je ne sais pas.

- String, t'épuiser n'aidera pas ton frère, dors un peu petit. Tu auras les idées plus claires.

Il y eu un blanc et il lui demanda d'une voix timide.

- Dom ? Je pourrais te rappeler ? Même en PCV ?

- Bien sûr fils… Promets-moi-même de rester en vie jusqu'au prochain coup de fil.

- Je voudrais le faire papa, souffla le jeune homme à nouveau au bord des larmes, mais je ne veux pas te mentir.

« Papa »… Dominic avait frémi en l'entendant lui répondre avec ce mot. Il ne l'utilisait pas beaucoup, même s'il lui faisait comprendre qu'il le considérait réellement comme telle. En effet, depuis la mort d'Alan et Jane, il avait été leur père à ces gamins. Il les aimait ces enfants, tout autant qu'eux l'aimaient. Mais ce n'était pas ça qui l'avait fait frémir, non, c'était toute la douleur qu'il avait ressenti dans la manière de le prononcer. Il était perdu, totalement déboussolé… Il souffrait et il regretta une nouvelle fois de ne pas pouvoir le prendre dans ses bras.

- Ce n'est pas un mensonge. Tiens bon fils, dors… et rappelle-moi demain… murmura-t-il en priant pour qu'il soit encore en vie pour le faire.

- Tu es sûr ?

- Oui, String, moi aussi je veux entendre ta voix.