Salut !

Voila donc un deuxième chapitre. Je préviens tout de suite, il n'y a pas de planning pour la publication, mais je pense pouvoir publier régulièrement tout de même.

Merci à tous ceux qui commentent et laissent des favoris/follow! Je suis agréablement surprise de voir que cette fic intéresse.

Callimaque: vu que tu n'as pas de compte, je te réponds ici. Merci énormément pour la review, ça fait super plaisir. Je suis ravie de voir que ma vision des personnages te plait, c'est en général celle que j'avais quand j'écrivais mes OS à l'époque. (Je plaisante souvent sur le fait que sur Saint Seiya au moins, je pourrais faire un Penta extended universe, tellement j'étais constante pour certains d'entre eux, voir je reliais certains événements entre mes fics haha) donc si un jour tu es curieuse, tu peux aller faire un tour dans ces vieilles fics. Mon style a pas mal changé, mais certaines idées devraient t'intéresser. En tout cas, merci de laisser une review, ça motive ! et j'espère que cette suite te plaira :D

Merci aussi à Burning Asteria, ma beta qui fait en sorte que ce soit lisible ;)

Enjoy!


Chapitre 2

Camus devait avouer qu'il ne s'attendait pas à ça. Il savait que les petites provocations de Deathmask faisaient mouche – il était doué il devait l'admettre, et avait même un sens de l'humour assez tordant par moment – mais de là à diviser l'entraînement en deux groupes ? Le Verseau fut d'autant plus surpris qu'il crût d'abord que la convocation des chevaliers servirait à remettre les pendules à l'heure pour Athéna, qui avait été alertée par le Grand Pope. Or il se rendit bien compte que ce n'était pas le cas en entrant dans la salle.

Non, ils étaient ici pour un procès. A la demande même de Saga.

SsSs

L'idée en choqua plus d'un mais leur permit d'exprimer une partie de leur ressentiment. Vis à vis de Saga, mais aussi de toute la garde dorée. Personne ne fut réellement étonné que les survivants de la guerre du sanctuaire considèrent les autres chevaliers d'or comme des traîtres, surtout après avoir subi leur fausse trahison pendant le combat contre Hadès. Prenant principalement pour motif l'ambiguïté de leur situation - agent double, on peut servir les deux camps – ils n'hésitaient pas à les accuser de tous les maux. Camus faisait presque exception, en grande partie à cause du témoignage de Hyoga, mais dès que son nom fut cité, Mu recentra le débat : c'était le procès de Saga, non celui de toute la chevalerie.

Bien sûr, les « victimes » / « traîtres » qui prenaient sa défense le faisaient assez maladroitement. Plus ils essayaient de convaincre les autres de lui offrir une seconde chance, plus ils étaient considérés comme infidèles.

SsSs

La tension montait, et finalement, Athéna procéda au vote. Trop peu de mains, à peine un tiers de la salle, se levèrent pour sauver le Gémeau, mais la déesse lui laissa une dernière chance de revenir sur sa décision. En expliquant à quoi les chevaliers venaient de condamner Saga par leur vote, elle espérait qu'ils changeraient d'avis, mais rien ne changea réellement dans leurs regards. Bien sûr, ils semblaient se sentir un peu coupables, mais apparemment pas assez pour revenir sur leur décision. Elle en fut peinée.

Leur en demandait-elle trop ? Saga pouvait encore refuser de mourir, elle voulait que le Gémeau revienne sur sa décision. Celle-ci espéra même que lorsqu'entre tous, Aiolia offrit sa main, cela ouvrirait le chemin d'une réconciliation.

SsSs

Paradoxalement, lorsque Saga saisit la main tendue d'Aiolia, les chevaliers, refusant d'accepter cette offrande de renouveau, cristallisèrent la séparation des « deux camps ». Aioros surtout recula de plusieurs pas en voyant son frère préférer son assassin. Il allait demander des explications quand le Cancer l'interrompit.

« Magnifique ! Allez, venez, je vous offre à boire pour fêter ça ! » feignit de se réjouir Deathmask, nerveux quant à l'explosion qui risquait d'arriver sous peu.

Et tandis que Deathmask passait un bras sur les épaules de chacun des deux chevaliers, un silence de mort régnait dans la salle à leur sortie. Athéna était sortie et Milo semblait prêt à éclater. Avant même que quiconque ait pu ne serait-ce que lever le petit doigt, il avait déjà saisi Camus par le col. Immobile et ayant une sensation de déjà-vu, le Verseau se contenta de regarder Milo droit dans les yeux. Il avait été son meilleur ami pendant des années, et il savait qu'il ne le blesserait pas, pas vraiment en tout cas.

Après tout, le Scorpion avait toujours eu le sang chaud, à agir avant de réfléchir. Peu importait si sa colère était légitime, il était dans l'incapacité même de se le demander. Tout ce qu'il voyait, c'était que Camus, SON Camus, qu'il croyait pouvoir retrouver dans cette vie, avait pris position dans un autre camp que le sien.

« Tu le soutiens toujours ? Après tous ses crimes ? » hurla-t-il. Il devait absolument extérioriser ou il le briserait. Il lui casserait le cou sans que le français ne se défende et passerait ensuite aux autres. Camus resta seulement silencieux. Oui il soutenait Saga, mais le dire revenait à provoquer Milo. Il fallait vraiment qu'il comprenne leur « traîtrise » avant que le dialogue ne puisse s'installer.

« Réponds ! Tu me dégoûtes, toi qui te prétendais mon ami... Il allait pour le frapper quand le poing de Shaka l'interrompit

- Laisse-le. Quand tous les auront abandonnés, ils demanderont pardon, mais aucun d'eux ne vaut la peine que tu t'intéresses à eux. »

Guidé – ordonné – par le chevalier de la Vierge, les « anti-traîtres » quittèrent la salle. Aioros n'eut même pas un regard en arrière, dégouté par le comportement de son frère.

SsSs

« Pourquoi tu fais ça ? demanda Saga, ton frère va refuser de te parler, tu vas être calomnié et –

- Je m'en fou de tout ça, fit Aiolia. Mon frère n'est qu'un gamin pleurnichard qui a passé plus de temps à aider Seiya que moi, et qui passe son temps à vous insulter depuis qu'on est revenu, lança-t-il à l'adresse des renégats. Les calomnies ? On m'a associé à un traître toute mon enfance, mais j'ai remonté la pente, parce que je savais que ce que je faisais, et ceux que je défendais était la bonne chose à faire, ce qui était juste.

- Ouais, ouais, on le sait t'es un bon samaritain, fit Deathmask. Et nous on est les monstres.

- Tu crois vraiment que si vous étiez les monstres j'aurais fait ne serait-ce que le quart de ce que je fais ? Alors maintenant, faites-moi plaisir, et redressez-vous. Peu importe que ces idiots ne s'en rendent pas compte, ou que vous ayez une tonne de chose à vous reprocher, vous allez au moins leur montrer que vous êtes des Ors, et que vous méritez cette putain de nouvelle chance !

- Le petit Lion se rebelle ? Ricana Aphrodite. Ma foi, essayons toujours, cela aura au moins le mérite de les faire réagir. Quant à savoir si ce sera mieux ou pire… »

SsSs

Ne voulant pas laisser Saga seul, ses plus proches voisins – Deathmask et Aiolia – proposèrent de rester avec lui le reste de la journée. Ils descendirent donc ensemble au troisième temple, raccompagnant Saga, et vérifiant au passage l'état de sa maison. Déplorable.

« Kanon n'est pas là ? demanda Deathmask

- Il est parti hier.

- Juste comme ça ? Où ça ? s'inquiéta Aiolia

- Aucune idée, Poséidon ? L'autre bout du monde… ? Quelle importance au fond.

- Eh bien on fera sans lui, annonça le Cancer.

- Mais d'abord, on nettoie ton temple. Crois-moi tu te sentiras mieux dans une maison propre » ajouta le Lion.

Malgré quelques protestations et grommellements, tous trois se mirent à nettoyer le temple jusqu'à ce qu'il retrouve une apparence convenable.

SsSs

Mu serrait les poings, assis sur son lit dans son temple. Il ne pensait pas faire preuve de malice en étant incapable de pardonner à Saga. Il avait perdu son maître bien des années plus tôt, tué par le chevalier, et Dohko et lui paraissaient légitimes dans leur colère. Il pensait que la colère de tous retomberait, quelques semaines ou quelques mois après la résurrection, mais la situation semblait au contraire s'enliser. Quelles raisons pouvait bien avoir ce grand géant qu'était Aldébaran de ne pas vouloir parler à Saga ? Comme il le connaissait, il le faisait davantage par solidarité pour lui que parce qu'il était réellement incapable de le regarder dans les yeux.

Il fut sorti de ses pensées en entendant frapper à la porte. Il sourit ironiquement en ouvrant la porte.

« Quand on parle du loup… Aldébaran, mon ami, que puis-je pour toi ?

- Je venais aux nouvelles. Tu semblais assez ébranlé lorsque Athéna nous a annoncé qu'on venait de condamner Saga à mort.

- Tu me connais. Je suis un guérisseur autant qu'un combattant. Je ne nie pas lui en vouloir, mais je ne veux pas lui ôter la vie.

- Et pourtant…

- Une part de moi le voudrait. Au fil des années, je me suis refait des centaines de fois cette soirée où mon maître est mort, et il a dû se sentir tellement trahi. Alors que lors de la bataille du sanctuaire, et même contre Hadès, Saga est mort presque volontairement. Est-ce mal de vouloir lui faire ressentir au moins une partie de ce que Shion a dû ressentir ce soir-là ?

- Tout comme je souhaiterais qu'il se sente aussi isolé qu'il t'a forcé à l'être, répondit le Taureau. Ce n'est qu'humain je pense. Mais je crois sincèrement que si la déesse l'avait formulé autrement, de manière à ce que l'on sache quels étaient les conséquences, nous aurions tous deux voté autrement, quitte à sacrifier nos sentiments à nos convictions. J'ai foi en notre déesse, elle n'aurait jamais autorisé cette mascarade si elle ne pensait pas que sur le long terme, nous pourrions y gagner en sagesse.

- Depuis quand es-tu si sage mon ami ? rit le Bélier.

- Il faut bien que l'un de nous le soit ! Tous les autres, même Shaka, sont trop occupés à se tirer dans les pattes. Je ne pardonnerai peut-être jamais à Saga, ni même à ceux qui savaient mais se sont tus toutes ces années, mais peut-être ne suis-je pas obligé pour profiter de ma nouvelle vie. »

Ces paroles rendirent le Bélier songeur. Il ne comprenait pas l'acharnement de la Vierge sur les renégats. Lui-même n'était en colère que pour leur abandon. Ils avaient pour la plupart su ou suspecté la vérité et égoïstement, il aurait aimé avoir ne serait-ce qu'une visite à Jamir, lui faire signifier qu'il n'était pas seul.

« Tu as l'air perdu dans tes pensées, remarqua Aldébaran.

- Aiolia a perdu Aioros comme j'ai perdu Shion. Comment peut-il être ami avec eux ? Leur pardonner ? Il a pourtant été aussi isolé que moi, même pire car il a été traîné dans la boue.

- Je crois qu'il faudrait lui demander sa version de l'histoire. Son expérience diffère de la tienne, tout comme son caractère.

- J'ai la nette impression que quelque chose d'énorme m'échappe.

- Parle-lui seul à seul. S'il pense que tu es sincère dans ta démarche, il t'expliquera.

- Il faudra aussi que je parle à Shaka. C'est le seul qui n'a que peu de raison d'être aussi…

- Vicieux ? proposa Aldébaran.

- En quelque sorte.

- Je m'en occupe. Cela l'occupera pendant que tu parles au Lion, et créera moins de vagues.

- Merci beaucoup. Allez viens, je crois qu'on a mérité de manger un bon repas. Je t'invite ?

- Volontiers. »

Le lendemain, ils firent comme annoncé, et Aldébaran accompagna Mu au temple des Gémeaux où ils trouvèrent Aiolia avant de continuer son chemin jusqu'au sixième temple.

« Ton ami n'a pas l'air de vouloir t'attendre, remarqua Deathmask en voyant le Taureau partir seul. De l'eau dans le gaz ?

- Non, je souhaiterais parler à Aiolia si cela est possible, annonça Mu.

- Ah, on ne veut pas parler aux traîtres mais on essaie de convaincre l'ancien chevalier prodige de voir la raison ? le tança encore le Cancer.

- Loin de là, j'ai juste quelques questions auquel seul Aiolia peut répondre selon moi.

- Aiolia mais pas Saga ?

- Je ne crois pas qu'entendre ce que je veux savoir fasse un quelconque bien à Saga. Malgré mon inimitié avec lui, je pense qu'après hier, une journée sans horreurs est le moins que je puisse faire.

- Sauf si ce que tu veux savoir ne concerne en rien Saga, je pense qu'on devrait lui laisser le choix d'assister ou non à la conversation, intervint Aiolia qui remarqua soudain que Deathmask avait disparu.

- Comme il te plaira, céda Mu.

La curiosité était plus forte que le désir de vouloir encore éviter Saga. Si le Gémeau était sûr de vouloir entendre ses critiques, il ne pouvait être tenu pour responsable.

Une fois installé autour d'une table avec un café en main, il ne savait pas comment formuler ce qu'il voulait.

« Alors ? demanda Deathmask, tu craches le morceau ?

- Je crois qu'en fait, je veux juste savoir pourquoi tu veux aider Saga alors que c'est lui qui a donné l'ordre de tuer ton frère, Shura qui l'a tué et la plupart des renégats connaissaient ces informations et l'ont caché pour te traîner dans la boue pendant des années.

- Alors que toi tu as perdu Shion et tu n'y arrives pas c'est ça ? intervint le Cancer.

- C'est plus ou moins ça.

- J'ai envie d'aider Saga parce que je suis juste fatigué de l'hypocrisie de tous, répondit Aiolia. J'ai subi sa technique de possession tu sais ? ricana-t-il, et pas une seule fois on ne m'en parle ou ne m'en tient rigueur. On m'a traîné dans la boue mais finalement, cela m'a juste permis de voir à quel point les chevaliers peuvent manquer de confiance les uns en les autres et se trahir dès que le vent tourne. Pense ce que tu veux de leur trahison, mais pour avoir voulu doubler Hadès comme ils l'ont fait, ils devaient être soudés et ils ont presque réussi.

- Donc tu lui as pardonné ? Complètement pour toutes ces années ?

- Mu, si je devais pardonner à quelqu'un pour m'avoir humilié, rabaissé, fait croire que mon frère était un traître, ce serait à tous ceux qui n'ont pas cillé et ont retourné leurs vestes alors que je les suppliais de me croire, asséna Aiolia. Le comportement de tous était détestable, mais je refuse de faire à nouveau confiance à des gens qui jugent sans savoir.

- C'est pour ça que tu prends leur défense ? s'agaça Mu. Ils l'ont fait en connaissance de cause donc c'est pardonnable. Mais ceux qui se font abuser par la rumeur ne méritent pas ton pardon ?

- Non, parce que crois-le ou non, j'attends encore des excuses ! s'énerva Aiolia. Les traîtres comme vous les appelez, étaient soit possédés, soit n'avaient juste rien à foutre de moi. Mais vous autres qui parlez camaraderie et honneur, vous vous comportez comme si vous saviez tout mieux que tout le monde et c'est faux !

- Tu préfères être avec des gens qui se foutent que tu vives ou tu meures juste pour un –

- Alors là je t'arrête mon mignon, réapparut soudainement Deathmask. Nous avions nos raisons, et nous n'avons jamais prétendu être autre chose que les assassins que Saga a créés. Qu'il nous fasse confiance ou non, qu'il nous en veuille encore ou non, c'est entre lui et nous. Maintenant, tu dégages parce que tu ne veux pas comprendre et qu'on a autre chose à faire de nos vies. »

Un coup physique n'aurait pas pu avoir plus d'impact étant donné la réaction de Mu. Lui qui espérait avoir une réponse allait être déçu, il ne comprenait pas la logique du Lion, ou l'agressivité du Cancer. S'excusant pour le dérangement, il partit tout de même, loin de vouloir déclencher un conflit ouvert.

« Ta logique est bidon au fait, remarqua Deathmask une fois le Bélier parti, sous le regard paniqué de Saga qui pensait avoir fini avec ces débordements. Je comprends cette histoire d'hypocrisie, mais de là à vouloir nous fréquenter si tu ne nous fais pas confiance…

- Je peux déjà plus vous faire confiance qu'aux autres.

- Alors tu es un abruti, fit Deathmask.

- Venant de celui qui ne trouve rien de mieux que de décorer sa tombe, c'est riche, ricana Aiolia

- Jaloux ? Je me sens d'humeur généreuse aujourd'hui, je veux bien la partager avec toi.

- Tu n'aurais jamais dire ça, je vais te prendre au mot », annonça Aiolia avec un air triomphant sous le regard éberlué de Saga qui n'avait toujours pas prononcé un mot.

Il partit préparer à manger pendant que les deux autres se chamaillaient pour savoir quelle fioriture ajouter qui puisse montrer au monde entier qu'Aiolia était des leurs. Il prépara volontairement plus que la dose nécessaire pour trois puisqu'il se doutait que d'ici peu, Shura et Aphrodite viendraient aux nouvelles, voire peut-être même un bronze.

Son vœu fut exaucé lorsqu'à peine une heure plus tard, alors que le Lion mettait la table sous les insultes de Deathmask, Aphrodite apparut avec Shura trainant derrière eux un Shun rougissant et un Ikki embêté. Andromède s'excusa avant de présenter le dessert qu'il tenait et offrait pour s'excuser de s'incruster. Comme s'il avait besoin de s'excuser alors que sa compagnie le distrayait de ses pensées.


Alors, ça vous a plu?