H.O.P.E
Auteur : sasunaru-doujins « J'écris par plaisir mais je publie pour vous, pensez aux reviews pour encourager »
Bêta : Pas de Bêta
Pairing : NaruSasu. Juugo
Rating : T
Genre : Romance
Influences : Timeless + coup de foudre par sms
Disclamer : Les personnages appartiennent à Maître Masashi Kishimoto
Résumé : Hold on, pain ends. Tiens bon, la douleur s'arrête. Espoir. Quand deux cœurs brisés, sur deux continents différents, se rencontrent et tentent d'aller de l'avant.
Version non corrigée
xX 1 Xx
- Je ne suis pas intéressé.
Pris de cours avant même de pouvoir proposer un café, l'homme qui venait d'aborder Sasuke, fit volte-face et disparut en voyant l'alliance à l'annulaire que le brun brandissait devant lui.
Sasuke, assit à une des nombreuses tables d'un café, soupira d'exaspération.
- Tiens, lança Karin en s'asseyant à ses côtés, deux thés déjà infusés dans les mains.
Sasuke regarda sa meilleure amie s'installer à la table. Il la remercia d'un signe de tête et but une gorgée.
Karin et Sasuke se connaissaient depuis leurs années collège quand ils vivaient encore au Japon. Ils avaient évolué ensemble, obtenant leur diplôme au lycée. Puis à la mort de sa famille, Sasuke avait décidé de partir à l'étranger, il étouffait dans sa ville natale. Karin fidèle à lui et à leur amitié l'avait suivi aux Etats-Unis. Certains pensaient qu'ils partaient vivre le rêve américain. Ce n'était pas le cas. Ils changeaient d'air.
Après quelques années de persévérance, ils avaient créé une boite de décoration intérieure. C'était comme ça qu'ils avaient rencontrés leurs maris respectifs. Suigetsu et Juugo avaient fait appel à eux pour redécorer leur bureau.
Karin venait d'apprendre sa maternité depuis peu et elle était aux anges. Suigetsu la traitait comme une reine. Ils formaient un beau couple quoique plutôt inattendu aux premiers abords. Karin avait toujours été le genre de femme, haut en cuir moulant et talons aiguilles, un peu dominatrice et qui savait parfaitement ce qu'elle voulait. Quant à Suigetsu, il travaillait parce qu'il n'y avait pas le choix mais il n'avait pas de but dans la vie et il se négligeait. Un assemblage improbable mais qui leur allait à merveille. Ils s'étaient équilibrés.
- J'ai pris trois parts de gâteau au chocolat, ça ira ? demanda Suigetsu en arrivant à son tour et s'installant à la table.
Sasuke le regarda se pencher sur sa femme pour l'embrasser et il ressentit un petit pincement au cœur. Il ne voulait pas ressentir ça mais les voir ensemble et si heureux, le blessa. Leur bonheur lui rappelait celui qu'il ne possédait plus.
- Sasuke… On voulait te parler.
Karin et Suigetsu échangèrent un regard où une discussion silencieuse s'établit puis son amie prit la parole :
- Tu ne crois pas qu'il soit temps que tu avances, ça fait tout de même trois ans que Juugo nous a quitté…
Sasuke reposa sa tasse de thé délicatement. Il fixa l'eau qui bougeait à cause des vibrations. Une bulle se forma progressivement entre lui et le monde. Trois ans, un mois et deux jours. Voilà le temps qui séparait ce samedi matin, au jour où la vie lui avait repris son mari Juugo. La vie ou plutôt un motard ne respectant pas la signalisation.
- Tu devrais laisser une chance aux autres, comme ce type que tu as rembarré…renchérit Suigetsu.
Sasuke inspira fortement en fermant les yeux avant de se lever. Il mit sa main dans la poche de son jean pour sortir de quoi rembourser son thé.
- Attends Sasuke, on veut juste que
- Je sais ce que vous voulez, coupa le brun alors que Karin le retenait par le bras.
Il se dégagea et sortit du café, écourtant la journée qu'il devait passer avec le couple avant même qu'elle débute réellement. Il sortit sur la 42ème et se dirigea en direction de Times Square qu'il devait traverser pour se terrer chez lui.
Il se fondit dans la masse de milliers de gens qui se croisaient chaque jour. Il n'était qu'une fourmi parmi tant d'autres et pourtant ses amis voulaient qu'il redevienne une étoile. Il en était incapable pour le moment et il doutait d'en être capable un jour. La vie lui avait déjà retiré ce qu'il avait de plus cher, une première fois. Puis, plusieurs années après avoir retrouvé le bonheur avec Juugo, on lui retirait une seconde fois. Est-ce que sa vie valait vraiment la peine d'être vécu si à chaque fois on lui arrachait un part de lui ?
Sasuke rentra chez lui, dans l'appartement standing qu'ils avaient acheté avec Juugo.
Il retira ses chaussures qu'il rangea à côté des baskets de son défunt mari puis il pendit sa veste sur le porte-manteau où le cuir de son dernier amour était encore. Il le huma et son cœur se compressa quand il sentit uniquement l'odeur de cuir et non plus le parfum de Juugo. Il se dirigea dans le salon ouvert sur la cuisine équipée. C'était comme si Juugo n'était jamais mort. Sasuke n'avait rien rangé. Tout son attirail à thé se trouvait dans un coin, prêt à l'emploi. Sur le bar qui séparait les pièces, le petit mot que son mari lui avait écrit avant de partir s'y trouvait toujours, tâché de ses larmes depuis le temps. Sur le canapé, traînait toujours son t-shirt et son short que Sasuke lui avait retiré pour faire l'amour. Lentement, il se dirigea au pied de l'escalier en colimaçon qui se trouvait au milieu de la pièce et qui l'amenait directement dans leur chambre, sur une mezzanine.
C'était le plus dur s'endormir et se réveiller sans lui.
Il se retournait dans le lit toutes nuits, espérant le trouver et l'étreindre mais seul le vide lui tenait compagnie.
Sasuke ouvrit le placard où se mêlait leurs vêtements, séparé par une ligne imaginaire. Il récupéra un pull qu'il enfila mais en trois ans, il ne restait qu'une vieille odeur de renfermer.
Aussitôt, il se rendit dans la salle de bain où il put retrouver cette odeur qu'il refusait de faire disparaître. Il se parfuma l'intérieur du poignet, comme pour l'avoir toujours à ses côtés. Sasuke rouvrit les yeux pour regarder la brosse à dent à côté de la sienne, qui n'avait plus fonctionné depuis plusieurs années.
Ça faisait des mois qu'il aurait dû se débarrasser de tout. Karin et Suigetsu, lui avaient souvent proposé de l'aider à le faire. Il avait toujours refusé jusqu'à leur mentir. En effet, il avait fini par les convaincre qu'il avait eu la force de le faire tout seul et depuis Sasuke refusait qu'il vienne à la maison. Ses amis pourraient se rendre compte de la vérité et insister pour qu'il consulte quelqu'un. Il ne se sentait toujours pas prêt d'en parler et se faire une raison. Toujours pas prêt à dire au revoir à son mari.
Il y avait qu'une seule personne à qui il voulait parler.
Juugo.
Sasuke redescendit au salon, récupéra son téléphone qu'il avait posé sur le bar puis composa le numéro par cœur. Les tonalités résonnèrent dans son oreille avant que la messagerie s'enclenche :
« Vous êtes bien sur le répondeur de : Juugo. Laissez un message. »
Sasuke inspira profondément, raccrocha puis rappela, simplement pour entendre la voix grave de son défunt mari, prononcer son prénom.
« Vous êtes bien sur le répondeur de : Juugo. Laissez un message. »
- Hey… C'est moi, commença-t-il. Je sais que je devrais arrêter de t'appeler. Ça fait trois ans que tu m'as quitté et pourtant je continue de composer ton numéro pour entendre ta voix. Parfois, j'ai ce besoin de te raconter ma journée, comme si tu allais toujours trouver un moyen de la rendre plus supportable, comme avant. Ce n'est pas le cas. Chaque jour, j'ai l'impression de mourir un peu plus. Ton absence me tue. Je ne pensais jamais me relever après la mort de ma famille et tu es arrivé. Tu es devenu le pilier de ma vie, me reconstruisant mais qu'est-ce que je suis censé faire maintenant qu'un motard a détruit mon pilier. Je ne sais pas comment me reconstruire. Je ne sais même pas si j'en ai envie…
XxX
Naruto hurla à Sakura, son amie et éditrice, de partir. Cette dernière ne l'entendit pas ainsi quand elle fracassa la porte de son bureau pour rentrer comme une furie. Il n'aurait jamais dû lui donner la clé de son appartement.
- NARUTO ! hurla-t-elle en se plantant devant lui. Tu vas te bouger le cul et me pondre un livre dans la nuit !
- Syndrome de la page blanche, dit-il la bouche plein de ramen.
Sakura lui arracha le bol de nouille et le mit d'autorité à la poubelle. Naruto en resta interdit.
- Pourquoi tu as fait ça ? ça ne va pas.
- Je fais ce que je veux surtout quand c'est avec l'avance du livre que tu t'es payé ce repas. Il est temps que tu mérites cette avance.
Naruto soupira et Sakura lui tira l'oreille pour l'obliger à se remettre devant ses pages blanches.
- Ecoute Naruto, si tu continues comme ça, je vais suggérer à la patronne de te retirer sous certains noms de plume.
Naruto paniqua aussitôt.
C'est vrai qu'il était sur plusieurs fronts. Naruto avait besoin de se noyer dans le travail. Il avait au moins 4 noms de plume différents. Il écrivait de l'homoromance et hétéroromance ainsi que des mangas yaoi et shojo. Actuellement, il avait terminé sa dernière série shojo et un one-shot yaoi. Il avait envoyé un plan pour une histoire d'amour gay dans le monde des bikers et il était persuadé qu'elle serait validée car ce n'était pas un sujet beaucoup abordé. Sakura le soulait pour terminer le dernier livre d'une trilogie sur une jeune fille qui était partagé entre deux hommes et qui choisissait enfin.
- Promis, je n'ai que cette histoire en tête, jura-t-il.
Sakura fronça des sourcils mais abdiqua. Si Naruto lui faisait une promesse, elle le croyait.
- Tant que je ne l'ai pas fini, je m'interdis de penser aux autres, insista-t-il.
- C'est peut-être ça le problème, souffla Sakura en s'installant à ses côtés. Qu'est-ce qui te bloque ?
Naruto se laissa tomber en arrière, il regarda le plafond de son appartement.
- Le problème, c'est que quand j'ai commencé l'histoire, je savais qu'elle allait choisir Thomas et pourtant, au fil de l'écriture, j'avais envie qu'elle retourne avec Remi. *
Sakura attira son attention mais il refusa de tomber dans ses émeraudes qui lui rappelait tant Gaara.
- Tu regrettes de ne pas avoir choisi Gaara maintenant que Neji est mort ?
Naruto se ferma instantanément à cette histoire qui remontait au lycée. Il avait dû choisir entre Gaara, le bad boy qui l'avait fait fondre et dont il n'avait jamais réussi à guérir et Neji, un ado de bonne famille avec des vrais valeurs et avec qui il aurait dû finir sa vie malheureusement, la vie en avait décidé autrement. Un jour, ses yeux l'avaient lâché, un décollement de la rétine qui n'avait pas été pris en charge à temps. Neji s'était retrouvé aveugle du jour au lendemain et il ne l'avait pas supporté. Naruto n'avait pas réussi à lui transmettre sa joie de vivre et son petit ami s'était laissé mourir.
- Même si j'avais choisi Gaara, j'aurais eu le cœur brisé.
- Peut-être mais tu n'aurais pas été mort à l'intérieur.
Et c'est ça qui était le plus dur pour Naruto. Il avait laissé mourir son cœur qu'il avait donné à Neji. Jamais, il n'aurait pensé que l'homme qu'il avait choisi déciderait de partir avec son organe vital.
Est-ce que Naruto avait fait son deuil ? Peut-être pas entièrement. Il se noyait dans son boulot et dans les corps d'inconnus quand le sien réclamait de la chaleur mais il refusait de s'engager sur le plan sentimental et il ne savait pas quand il serait capable de le faire à nouveau.
- Je suis désolée, s'excusa Sakura pour ses mots un peu cru.
- Ne t'excuse pas quand tu as raison. Bon, je vais m'y remettre, tu peux me laisser.
Sakura ouvrit la bouche mais elle savait qu'elle ne tirerait plus rien de Naruto. Elle lui rappela la dead-line dans une semaine avant de se lever. Elle tourna les talons quand le portable de Naruto émit un petit bruit.
- Ah oui, Sakura, l'appela-t-il avant qu'elle passe la porte. Est-ce que tu peux me changer de téléphone ?
- Encore ? s'exaspéra-t-elle. Comment ils font ?
Naruto haussa les épaules. Il ne pouvait pas changer de numéro sans que ses fans le trouvent dans le mois mais cette fois-ci, il avait fallu moins d'une semaine pour que son téléphone se mette à sonner presque tous les jours.
- Je t'en fais parvenir un dès que possible.
- Merci.
Naruto balança ses feuilles qui s'éparpillèrent sur le sol. Il était de l'ancienne école et préférait écrire à la main.
Son téléphone vibra encore et il regarda ce numéro inconnu qu'il avait appris à reconnaitre depuis quelques jours car il appelait toujours à la même heure. Il le laissa sonner, généralement ça s'arrêtait mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il eut un deuxième appel et un message vocal.
Curieux, il accepta l'appel du répondeur et écouta. S'il s'agissait, comme il le pensait, d'un message d'un fan voulant le rencontrer ou lui parler, il l'effacerait sans finir de l'écouter.
Si au début de sa carrière, il prenait le temps de répondre à tout le monde, il s'était vite rendu compte de son erreur. Ses lecteurs et lectrices abusaient de sa générosité.
« Hey… C'est moi. »
Naruto fut surpris d'entendre une autre langue que le japonais, une langue qu'il aimait entendre car il s'agissait de sa langue paternelle.
Son père était né aux Etats-Unis et il était partit faire ses études supérieures au Japon où il avait rencontré sa mère. Il n'était plus jamais reparti, fondant une famille. Minato et Kushina lui parlaient principalement en japonais mais depuis son enfance, son père avait tenu à lui apprendre sa langue qui lui servirait à coup sûr pour la suite. Effectivement, cela lui avait beaucoup servi dans sa carrière d'écrivain et de mangaka. Il pouvait parfaitement suivre ses publications à l'étranger et la traduction.
Naruto écouta cette voix d'homme racontant une histoire qu'il avait l'impression d'être la sienne. Il se reconnaissait dans chaque mot prononcé.
« … Je ne sais pas comment me reconstruire. Je ne sais même pas si j'en ai envie…J'ai conscience que je dois avancer, Karin et Suigetsu veulent que j'avance mais pour aller où et avec qui ? La seule personne que je veux à mes côtés, c'est toi et tu n'es plus là... Daisuki eien ni »
Le message se termina et Naruto laissa son bras reposer sur sa jambe comme s'il était trop lourd. Il avait l'impression d'être un poids s'enfonçant dans la mer.
Quelques jours plus tard…
Sakura sourit, satisfaite, elle tenait entre les mains le dernier tome de la série, tant attendue.
- Alors, elle a choisi qui ?
Naruto lui demanda si elle voulait vraiment être spoiler et elle hocha vivement de la tête.
- Aucun des deux.
Son éditrice resta surprise mais elle n'en demanda pas plus et décida de se dépêcher de rentrer pour lire.
- Ah, j'allais oublier, lança Sakura avant de passer la porte. Tiens, ton nouveau portable.
Elle voulut récupérer l'autre téléphone mais Naruto feignit de ne pas le trouver et lui dit qu'il le rendra plus tard. Sakura ne s'attarda pas et disparu, elle avait d'autres manuscrits à récupérer.
Naruto récupéra le téléphone quand sa meilleure amie ferma la porte de son appartement. Il appela le répondeur pour entendre de nouveau la douce voix inconnue.
« Hey… C'est encore moi… Aujourd'hui, je me suis occupé d'un couple qui voulait refaire toute la décoration parce que l'un était en fin de vie. C'était dur. Je les enviais et je trouve cela horrible. Désirer une telle situation n'est pas normal et pourtant je n'arrêtais pas de me dire qu'ils avaient la chance de connaître la date de fin. Ce n'était pas mon cas. J'aurais aimé qu'on me dise qu'il ne me restait qu'une nuit avec toi avant que tu traverses la route et qu'on te fauche. Je méritais de savoir que mon mari me serait retiré brutalement du jour au lendemain. Watashi wa anata ga totemo koishī »
Naruto était fatigué. Il n'avait presque pas dormi pour terminer son livre mais il ne pouvait pas se coucher maintenant. Pas quand l'inspiration était là. Il sortit des feuilles blanches et commença à gribouiller des dessins. Ce soir, il avait énormément de choses à dire sur le papier.
Un mois plus tard…
Sakura lui tendit le manga, édité en un seul exemplaire et uniquement pour lui.
- C'est magnifique Naruto.
- Je t'avais dit de ne pas le lire, soupira le mangaka.
Naruto avait été obligé de le faire passer par son éditrice pour le faire relier officiellement avec les couvertures en couleur qu'il souhaitait. Il ne devrait pas être étonné qu'elle ne se soit pas retenue. Elle était de nature curieuse et lisait tout ce qu'il passait entre ses mains.
- C'est une histoire très touchante, on dirait la tienne. Tout le monde aimerait cette histoire. Le livre pourrait se vendre à l'international, je sais déjà ce qu'on pourrait faire pour la promotion et
- Tout le monde aimerait cette histoire mais personne ne la comprendrait vraiment.
Sakura se sentit un peu mal à ses mots parce qu'ils étaient vrais. Tant qu'on ne vivait pas ce que le héros avait vécu, on ne pouvait pas comprendre.
- Est-ce que je peux te demander pour qui est ce livre ?
- Tu peux… commença son meilleur ami, mais je ne te le dirais pas.
Naruto toucha religieusement la couverture, la 1ère montrait un homme regardant les étoiles dans la nuit. En arrière-plan, il y avait un homme de dos et effacé, disparaissant dans la nuit. Il retourna le livre pour regarder la 4ème de couverture où un troisième homme tendait la main en avant. Quand il déplia la couverture en long, on pouvait voir que le troisième homme attendait après le premier, qu'il regarde dans sa direction et qu'il prenne sa main.
- Elle est magnifique. Je t'ai rarement vu mettre autant de cœur dans un livre.
Naruto lui demanda gentiment de le laisser.
- Cette personne doit vraiment être importante pour toi, souffla-t-elle avant de partir.
Sakura sortit de chez lui et aussitôt, il prit son téléphone pour appeler un vieil ami. Le seul qui pouvait lui trouver ce qu'il cherchait.
- Ouais, entendit-il avant un bâillement.
- Est-ce que tu crois que tu peux me retrouver quelqu'un à l'étranger ?
- Je peux essayer, qui sait ?
Le problème pour Naruto, c'était qu'il ne connaissait pas cette personne mais ça ne devrait pas arrêter son interlocuteur.
- Aucune idée. Je sais juste qu'il vit aux Etats-Unis mais d'après son accent, il vient d'ici. Il a perdu ses parents et son mari qui s'appelait Juugo, fauché par un motard. Il est également home standing.
- Ok, je te rappel.
- Merci Shika.
Naruto raccrocha et n'avait aucun doute sur la capacité à son ami de retrouver l'inconnu du téléphone. Il avait de bons contacts avec ses amis de lycée bien qu'ils étaient moins fréquents. Après la mort de Neji, Naruto s'était enfermé dans une bulle mais ses amis restaient présents pour lui dès qu'il en avait besoin et c'était réciproque. Il répondait présent dès que c'était nécessaire.
Naruto ne fut donc pas surpris d'avoir un sms de Shikamaru dans la soirée avec le nom, prénom et les coordonnées de son inconnu.
XxX
Sasuke travaillait à domicile sur un projet pour la chambre d'un nouveau-né. Il pianotait sur son logiciel 3D quand on sonna à sa porte.
Il releva les yeux et regarda en direction de l'entrée comme s'il pouvait voir qui se trouvait de l'autre côté. Sasuke se leva pour aller ouvrir, il fut surpris de trouver un livreur et non Karin ou Suigetsu qui ne le lâchaient toujours pas, voulant qu'il cesse de regarder en arrière.
- J'ai un colis pour Monsieur Uchiha.
- Je n'ai rien commandé.
Le livreur haussa des épaules et lui signala qu'il faisait simplement son travail. Il lui tendit, réclamant une signature mais Sasuke refusa. Le home-standing demanda qui était l'expéditeur.
- Imprononçable, on dirait du chinois.
Sasuke tendit la main et récupéra le colis. Il lut très facilement le japonais, ça venait de son pays d'origine. Il accepta aussitôt et signa, renvoyant le livreur qui avait fait, comme beaucoup, l'erreur entre les différents pays asiatiques.
Quand il ferma la porte, il essaya de se souvenir ce qui pourrait se trouver de son ancienne vie dans cette petite boite mais rien ne lui vint à l'esprit.
Sasuke l'ouvrit et fronça des sourcils en découvrant un manga. Il partit s'asseoir sur le canapé, face à son ordinateur et examina le livre. Il ne connaissait pas cet auteur : Pain. En même temps, le Japon possédait tellement de mangaka qu'il était impossible de tous les connaître.
- H.o.p.e, il lit le titre. Espoir, traduit-il ensuite pour lui-même.
Sasuke regarda la première de couverture. Intrigué, il tourna le livre pour voir la quatrième et se figea en lisant le résumé :
- « Si jamais tu n'aimes qu'une seule personne au monde et que tu l'as perdu, est-ce que ça veut dire que tu dois vivre le reste de ta vie sans aimer personne d'autre. Je crois que toi, moi, et les autres, on doit être ouvert aux opportunités »*
Ce n'était pas seulement un résumé, c'étaient des paroles tirées du manga alors sans se poser plus de question, il ouvrit le livre et commença à le lire. Sasuke se décomposa au fur et à mesure de sa lecture, il avait l'impression de lire son histoire. Le protagoniste, Indra, avait perdu son compagnon depuis plusieurs années et avançait à reculons, entouré par des amis qui tentaient de l'aider. Le livre marqua un tournant quand il fit la rencontre d'un autre homme, Ashura, aussi brisé que lui et qui le comprenait comme personne. Le livre se terminait sur Indra, au téléphone, qui appelait Ashura pour lui dire qu'il était prêt à vivre une nouvelle histoire.
Sasuke referma le livre, bouleversé. Comment cet auteur pouvait retranscrire parfaitement son histoire, même certaines paroles lui appartenaient. Il prit son téléphone pour appeler ses amis quand il bloqua sur l'appareil.
Soudain, il réalisa. Combien de messages vocaux, laissés à Juugo, se retrouvaient dans ce manga ? Beaucoup trop pour que ce soit une coïncidence.
Fébrile, il composa le numéro de son défunt mari et porta le téléphone à son oreille. Une tonalité… Deux tonalités… Trois tonalités. La messagerie s'activa mais Sasuke raccrocha et recommença. Encore et encore, jusqu'à que ses doutes se confirment. Ça décrocha. Tremblant, Sasuke essaya de parler mais sa voix se coinça dans sa gorge, une boule l'empêchant de dire un mot puis il raccrocha.
Sasuke regarda son téléphone dans sa main avant de se recroqueviller, il ferma les yeux, l'appareil contre son front.
- Ils ont réattribué ton numéro, dit-il tristement.
xX 2 Xx
Plusieurs mois plus tard…
Sasuke entendait l'homme face à lui sans l'écouter.
Recevoir ce manga et se rendre compte qu'un inconnu avait repris le numéro de Juugo, s'immisçant dans sa vie privée, lui avait fait un électrochoc. Celui dont ses amis, Karin et Suigetsu, récemment parents, avaient toujours voulu. Ils avaient été d'ailleurs surpris qu'il accepte les rendez-vous qu'ils lui avaient proposé.
En ce mois de mai, il s'agissait du troisième mais Sasuke n'arrivait pas à s'intéresser à son vis-à-vis. Pas à cause de son mari décédé mais parce qu'il pensait uniquement à l'inconnu. Ce dernier l'obsédait littéralement.
Sasuke avait fait des recherches dans son pays d'origine. Impossible de trouver ce mangaka, il était inconnu dans le monde de l'édition. Le livre qu'il avait toujours dans sa sacoche n'existait même pas au Japon. Sasuke avait fini par se dire qu'il s'agissait vraiment d'un mangaka mais qu'il avait changé de pseudo pour faire éditer ce livre. Il s'était naturellement dirigé vers l'édition mais Sasuke s'était retrouvé face des portes closes.
- Sasuke, l'interpella son rendez-vous, un homme plus âgé que lui répondant au nom de Yahiko. Je te demandais si tu avais des projets ?
Sasuke ne s'excusa pas de son manque d'attention et répondit :
- Je pense retourner quelque temps au Japon.
Il venait de prendre sa décision à l'instant. Karin voulait reprendre le travail et non se mettre en congé maternité et Sasuke avait clôturé tous ses contrats, il ne voyait pas meilleur moment. Surtout que ça serait sûrement la seule chose à faire pour espérer connaitre l'homme qui se trouvait derrière le numéro de Juugo.
- Combien de temps ?
- Autant qu'il le faudra.
Sasuke se rendit compte de son ton un peu froid mais en même temps, l'autre comprendrait qu'il n'avait qu'aucune chance avec lui. Même si le décorateur acceptait les rendez-vous, ça ne voulait pas dire qu'il devait absolument s'engager plus loin.
- Si ça te rend heureux, commença Yahiko.
- Mon bonheur… le coupa Sasuke, le problème c'est qu'il a disparu avec mon mari.
Son vis-à-vis se crispa, apparemment Karin et Suigetsu avaient omis de dire au pédiatre de leur fille qu'il était marié.
- Je suis désolé Yahiko mais je ne crois pas que ça puisse fonctionner entre nous.
- Je comprends.
- Non, je ne crois pas, trancha durement Sasuke. Tant que tu n'as pas perdu l'amour de ta vie, tu ne peux pas comprendre ce que ça fait de rencontrer d'autres hommes alors que ton cœur les déteste tous les uns après les autres. D'essayer mais de savoir qu'ils ne seront jamais suffisants.
Sasuke pourrait passer des heures à lui expliquer pourquoi l'homme ne pouvait pas comprendre mais Yahiko n'y était pour rien et il refusait de s'en prendre davantage à cet homme. Il s'excusa une seconde fois de lui avoir fait perdre son temps puis disparut du café, le laissant en plan.
Quelques minutes après être sortit, Karin l'appela.
- Sasuke, ça ne peut pas continuer.
- Tu as raison, accorda-t-il. Je retourne au Japon, je te confie l'entreprise.
Il raccrocha et se rendit chez lui, non sans avoir réservé le premier vol en direction de l'archipel.
Aéroport Internationale Narita…
Sasuke sortit de l'aéroport et un sentiment mitigé le prit. Il était heureux de retrouver sa terre natale mais en même temps, ça lui rappelait qu'il avait tout perdu ici. Ses parents… Son frère… Toute sa famille.
Il se dirigea vers un taxi et lui demanda de le conduire à l'hôtel Agora place Asakusa. Quand le chauffeur le déposa, une heure plus tard, il prit possession de sa chambre avant d'envoyer un message à ses amis pour les rassurer.
De : Karin
J'espère que tu trouveras ce que tu es partis chercher. Bonne chance Sasuke.
Ce n'était pas de la chance dont Sasuke avait besoin. Il n'y croyait pas de toute façon. Il allait se rendre à la maison d'édition et exiger, comme le Uchiha qu'il était.
Maison d'édition des 9Démons…
Sasuke se présenta à la réception mais sans rendez-vous, il ne put aller bien loin. Sa patience n'eut pas la même limite que d'habitude. Il s'énerva très rapidement, il fallait croire que vivre aux Etats-Unis lui avait fait oublier les bonnes manières du Japon.
- Un problème Shizune ? demanda un homme en arrivant.
- Kakashi, souffla-t-elle de soulagement. Cet homme ne veut pas comprendre qu'on ne peut pas accéder à sa requête.
Sasuke fit face à un homme d'un certain âge, un masque sur le visage et un patch au niveau de l'œil. Il lisait un mangaka hentai d'après la couverture. Il le salua respectueusement avant de se présenter :
- Sasuke Uchiha, décorateur de renommé aux USA.
L'homme lui demanda ce qu'un expatrié faisait dans une maison d'édition. Ce n'était pas difficile, avec son apparence et son accent de savoir qu'il venait d'ici.
- Je recherche un mangaka que vous publiez.
- Comment s'appelle-t-il ?
- Pain.
Le dénommé Kakashi lui affirma qu'il n'y avait personne sous ce pseudonyme mais Sasuke savait ce qu'il disait alors sans se démonter, il sortit le livre et le tendit par-dessus le hentai. Sasuke insista quand Kakashi arrêta une jeune femme qui sortait de l'ascenseur.
- Sakura, il y a quelqu'un pour toi.
Sans plus d'information, l'homme partit en disant qu'il en avait marre d'être coupé dans sa lecture. Sasuke se retrouva face à une femme aux cheveux roses. Sa patience n'avait plus de limite.
- C'est vous qui avait écrit ce manga ?! l'agressa-t-il en lui mettant le livre sous les yeux.
Dans un coin de sa tête, Sasuke savait que ce n'était pas elle. Il était persuadé qu'il s'agissait d'un homme. La façon dont était amené le manga ne lui laissait aucun doute.
La femme écarquilla ses yeux, elle savait qui l'avait écrit :
- Ce n'est pas vous mais vous vous occupez de ce mangaka. Je veux savoir de qui il s'agit !
Café de l'Akatsuki…
Sasuke avait accepté de boire un café avec l'éditrice. Il remercia la serveuse d'un signe de la tête avant de reporter son attention sur la jeune femme.
- Ecoutez, je comprends que vous vouliez protéger votre poulain mais j'ai besoin de savoir qui s'est permis d'écrire mon histoire et pourquoi.
- Votre histoire ? s'étonna-t-elle. Il s'agit de la sienne.
Sasuke fronça des sourcils et lui affirma qu'il s'agissait bien de son histoire. Il lui expliqua dans les grandes lignes et elle ne put le contredire.
- J'ai toujours cru qu'il parlait de lui, qu'il extériorisait enfin ce qu'il avait enfoui depuis des années après la mort de Neji. La fin m'a fait penser qu'il était enfin prêt à aller de l'avant avec une autre personne.
Sasuke remua son café lentement.
- Je pense qu'il voulait surtout me faire passer un message, celui d'essayer et de pouvoir en étant aux côtés de la bonne personne.
- Et il serait cette personne ?
Il haussa des épaules. Sasuke ne connaissait pas cet inconnu donc il ne pouvait pas l'affirmer mais une chose était sûre, il était la seule personne à avoir réussi à s'immiscer dans sa tête depuis la mort de Juugo.
- Est-ce que je peux vous demandez d'où vous venez ? Parce que je le connais depuis l'enfance, nous avons toujours eu le même cercle d'amis mais je ne vous connais pas alors je suis curieuse de savoir comment…
Sans le vouloir, la jeune femme lui confirma que c'était un homme.
- Le numéro de téléphone de mon défunt mari a été réattribué et je pense que votre auteur et ami en est le propriétaire maintenant.
Sasuke lui expliqua qu'il avait souvent laissé des messages vocaux en pensant qu'ils ne seraient jamais retransmis mais apparemment il se trompait. Il lui expliqua aussi que lors de son dernier appel, quelques mois auparavant, l'homme avait décrocher sans rien dire. Sur la retenue, Sakura s'expliqua à son tour. Toujours sans donner l'identité de son ami, elle lui raconta qu'il était passé par de grosses épreuves et que s'il ne l'avait pas « contacté » officiellement c'était sûrement qu'il n'était pas prêt. Elle se promit de lui parler de sa présence au pays pour quelques jours mais ne lui garantissait pas qu'il accepte de le rencontrer. Elle s'excusa ensuite car elle avait des rendez-vous importants.
- Je vous en prie, merci beaucoup pour avoir pris le temps de discuter.
Elle le salua d'un petit sourire puis disparut. Sasuke resta un long moment dans le café à voir les gens venir et repartir. Il se perdit dans ses pensées. Quand sa présence, sans consommation se fit dérangeante, il reprit le chemin de l'hôtel. Il marcha parmi la foule de gens. Certains étaient seuls, d'autres en groupe d'amis ou de travail, beaucoup en couple et inconsciemment, Sasuke chercha cet inconnu.
Est-ce qu'il se trouvait parmi eux ? Et si, il se trouvait parmi eux ? Qu'est-ce qu'il ferait ? La véritable question était là ? Et après ? Qu'est-ce que leur rencontre engendrerait ? Sasuke n'en avait aucune idée. Il ressentait même un peu d'appréhension et de peur mais il ne rejetait absolument pas l'idée de rencontrer cet homme, bien au contraire. À ce moment-là, Sasuke réalisa une chose importante.
Il prit son téléphone et composa le numéro de l'inconnu. Cette fois, l'homme décrocha dès la première tonalité. Sasuke s'arrêta au milieu de la foule.
- Je suis enfin ouvert aux opportunités, à la tienne, précisa-t-il. Je veux te rencontrer et toi ?
Sasuke attendait au café près de la maison d'édition. Il avait donné rendez-vous à l'inconnu et il ne savait absolument pas s'il viendrait.
La veille, il l'avait appelé pour lui dire qu'il était enfin près et ouvert à de nouvelles opportunités. Sasuke avait laissé passer la journée puis ce matin, il avait de nouveau composé le numéro de son défunt mari. L'inconnu ne lui avait pas répondu mais cela n'avait pas empêcher Sasuke de laisser un message avec l'heure et l'endroit du rendez-vous. Il espérait le voir arriver d'une minute à l'autre.
XxX
Naruto savait que ce jour arriverait. Celui où Sasuke Uchiha, l'homme qui pensait laisser des messages vocaux à son défunt mari, se rendrait compte que le numéro avait été réattribué. Depuis que Shikamaru lui avait envoyé l'identité et les coordonnées pour envoyer le manga, Naruto savait.
Ce qu'il ne se doutait pas cependant, c'était que l'homme veuille le rencontrer mais par-dessus tout qu'il vienne carrément le trouver en personne.
Sakura frappa comme une brute à la porte de son appartement, lui demandant de l'ouvrir. Naruto accéda à sa requête une bonne dizaine de minute après avoir reçu un appel de Sasuke lui disant qu'il était prêt à rencontrer d'autres personnes.
- Il est au Japon.
- Qui ? demanda-t-il en se dirigeant vers la cuisine.
- L'homme à qui tu as envoyé le manga.
Naruto fit volte-face, surpris par ses mots. Comment savait-elle qu'il s'agissait d'un homme ? Sakura lui offrit la réponse dans la seconde.
- Il s'est présenté à la maison d'édition avec ton manga. Il s'est retrouvé face à Kakashi.
Naruto grimaça, Kakashi s'occupait des couvertures de ses livres et h.o.p.e ne faisait pas exception. Il avait dû le rediriger vers Sakura.
- Il a fait tout ce chemin, dit Naruto, réellement surpris.
- Apparemment… il veut vraiment te rencontrer Naruto.
Curieux, il lui demanda à quoi il ressemblait mais Sakura ne se gêna pas pour lui dire que s'il voulait vraiment le voir, il devait se décider.
Naruto regarda l'horloge au-dessus de sa télévision, il tapa nerveusement du pied avant de se lever, prendre ses clés et son téléphone puis sortir de chez lui.
XxX
Sasuke allait partir quand un homme capuché s'assit à sa table.
- Pardon pour le retard. Je n'étais pas sûr de venir.
Il ne répondit rien, trop surpris. Sasuke ne s'attendait pas à ce que l'inconnu vienne. Il venait de se faire une raison sur son refus de le voir.
- Aucun problème. Café ?
L'homme face à lui hocha négativement de la tête.
Sasuke aurait aimé savoir à quoi il ressemblait mais le sweat à capuche orange cachait les cheveux et les lunettes noir, ses yeux. La seule chose qu'il pouvait voir, c'étaient ses joues cicatricé. Ça ne lui suffisait pas.
- Retirez votre attirail.
- Je vous demande pardon ? s'étonna l'homme.
Sans se démonter, Sasuke réitéra son ordre, en lui expliquant que s'il voulait passer inaperçu, c'était raté. Son déguisement attirait davantage l'attention.
Sasuke esquissa un sourire quand son vis-à-vis grogna avant de tout retirer.
- Content ?
Oui, il l'était. Sasuke pouvait enfin mettre un visage sur l'auteur du manga. Il était blond, les cheveux en bataille avec des yeux aussi bleu que l'eau des Maldives. Sasuke s'y noya complètement.
XxX
Naruto se permit de détailler Sasuke autant que ce dernier le faisant. Si lui était le parfait cliché du surfeur, l'homme face à lui avait tout du japonais avec ses yeux en amande, sa peau blanche et ses cheveux aussi noir que ses onyx.
Il sortit de sa contemplation quand il sentit des regards curieux et des murmures dans sa direction. Il remit ses vêtements et ses lunettes puis se leva.
- On y va.
Naruto partit mais il n'entendit pas Sasuke le suivre alors il s'arrêta au milieu des tables et se tourna dans sa direction. Il pencha la tête et lui fit un signe pour l'inciter à le rejoindre. Sasuke sembla sortit de sa torpeur quand il se leva, déposa un billet puis se dirigea dans sa direction.
- Où ? s'enquit-il quand ils se trouvèrent dans la rue.
- Chez moi.
Il ne pouvait pas rester dans la rue sans être reconnu. Naruto était le poulain de Tsunade qui avait fait de lui le visage de la maison d'édition. C'était l'une des raisons pour lesquelles il sortait rarement de chez lui.
- Attendez.
Ils s'arrêtèrent en plein milieu de la rue mais Naruto ne voulait pas perdre de temps.
- C'est vous qui vouliez me voir. D'accord mais dans mes conditions. Suivez-moi.
XxX
Sasuke se laissa guider jusqu'à l'appartement de l'inconnu. Dans la petite entrée, il retira ses chaussures par politesse, certaines coutumes étaient toujours ancrées en lui.
Il ne fut pas surpris que le mangaka ait un bel appartement. Même si au Japon, l'immobilier était cher, si on avait les moyens, autant prendre plus grand.
- Au fait, je m'appelle Naruto, se présenta l'inconnu en l'invitant à s'asseoir sur le canapé.
- Je me présenterai bien mais je crois que vous connaissez déjà tout de moi.
Naruto prit place face à lui, sur un deuxième canapé.
- On peut se tutoyer alors ?
- J'y n'y vois pas d'inconvénient, dit Sasuke en se relevant pour se diriger vers la grande bibliothèque qui habillait le salon.
Il toucha les tranches de livre du bout des doigts et demanda s'il était l'auteur de tous, bien qu'il y eût différents genres et pseudos. Naruto hocha simplement de la tête.
- Il n'y a pas h.o.p.e, souligna Sasuke.
- Il n'a jamais été question de le publier. Ce livre t'étais destiné. À toi uniquement.
Sasuke trouvait dommage qu'il ne soit pas parmi tous ses livres car, même sans avoir lu les autres, il était persuadé que le manga, relatant de sa vie, avait sa place dans cette bibliothèque, bien plus que les autres.
- Pourquoi être venu jusqu'ici ? Juste pour me rencontrer ? demanda Naruto un peu durement.
- Entre autres.
- Maintenant que c'est fait, tu devrais rentrer chez toi. Ça ne sert à rien de fuir de nouveau.
Sasuke se crispa. De quel droit cet homme, qui pensait tout savoir de sa vie sous prétexte qu'il l'avait entendu raconter sa vie au téléphone, se permettait un tel jugement ? Malgré tout, il resta maître de lui car les mots de Sakura, l'éditrice, lui revint en tête. Sasuke n'était pas le seul à avoir perdu un être cher. Si lui fuyait, Naruto repoussait les gens.
Sasuke revint sur le canapé, il sortit le livre et le feuilleta avant de s'adresser à l'auteur :
- Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais en te rencontrant mais au fond de moi, j'espérais rencontrer Ashura. Cet homme, aussi abimé par la vie qu'Indra, qui a donné envie à Indra de refaire sa vie. Cet homme qui n'avait pas peur de se relever et de se battre pour avancer. Se battre pour aider Indra à faire de même. Sans jamais abandonner.
- Je ne suis pas cet homme, trancha Naruto.
Naruto se leva et partit s'occuper à la cuisine. Sasuke le suivit.
- Ce n'est que des dessins, insista-t-il. Je voulais juste te faire comprendre que la vie ne s'arrête pas, que d'autres personnes peuvent te comprendre et que tu ne dois pas te fermer aux possibilités.
XxX
Naruto triturait dans l'évier, de dos à Sasuke. Il créait une barrière. Le décorateur ne chercha pas à la briser car ce n'était pas son rôle mais il le sentit s'immiscer dans la fissure qui existait depuis des années. Il vit une petite carte se glisser dans son champ de vision.
- Je te l'ai dit, je suis enfin ouvert aux opportunités, grâce à toi et j'aurais aimé que tu sois une possibilité. Que tu te considères comme tel…
Sasuke s'éloigna et Naruto attendit que la porte d'entrée s'ouvre puis se ferme avant de regarder la petite carte.
D'une belle écriture, Sasuke avait marqué le numéro de sa chambre d'hôtel au dos d'une carte de visite de l'hôtel où il logeait. Naruto savait qu'il ne resterait pas éternellement au Japon et qu'il n'attendrait pas après lui.
Naruto aurait pu refuser de le retrouver et Sasuke serait sûrement repartit sans le voir mais au fond pourquoi était-il venu ? Pourquoi avait-il voulu le retrouver ?
- J'aurais aimé être de nouveau cet homme, être une possibilité.
Quelques heures plus tard…
Dans la soirée…
Naruto s'était perdu à la mort de Neji. Pourtant, il restait toujours une part de ce qu'il était réellement avant. Un garçon têtu, qui n'abandonnait jamais, bourré de grand principe et d'une force mentale incroyable. Ça faisait des années qu'il voulait redevenir ce qu'il était mais pour quoi ? pour qui ? Personne ne lui avait donné envie jusqu'à ce coup de téléphone. Jusqu'à cette voix et cette histoire si semblable à la sienne. Et s'il laissait passer sa chance, est-ce qu'il en aurait une deuxième ?
XxX
Sasuke était sorti de la douche depuis une bonne demi-heure quand il se décida à se rhabiller. Son vol retour était demain dans la soirée et attendre après Naruto ne lui convenait pas.
Il ne mentait pas quand il disait qu'il espérait trouver un homme comme Ashura face à lui mais en une petite heure avec Naruto, il s'était rendu compte que pour l'avoir, il fallait avant tout que le mangaka soit dans le même état d'esprit que lui. Une chose qu'il n'avait pas vraiment essayé de déterminer. Il se devait de le faire.
Au moment où il ouvrit la porte de sa chambre d'hôtel, il sursauta en trouvant Naruto, la main en l'air prêt à frapper.
Cette fois, il n'y avait ni capuche, ni lunette. Naruto était à découvert et Sasuke le vit comme un signe, comme si son vis-à-vis essayait enfin d'abattre la barrière qu'il avait mis entre lui et les autres. Sasuke avait l'impression qu'il l'avait fait pour lui.
Ils se regardèrent un instant, un braisier s'allumant entre eux puis Naruto fit un pas dans sa direction et Sasuke accueilli sa bouche sur la sienne. Ils s'accrochèrent désespérément l'un à l'autre, tout en rentrant dans la chambre.
Ils avaient décidé d'être une possibilité l'un pour l'autre.
Petite note de l'auteure :
Joyeux White Day.
Désolée pour le rythme très rapide. Comme vous le savez la plupart des OS étaient de base des fics à plusieurs chp donc voilà. Celle-ci devait être un Naruto en deuil à cause d'Itachi mort, un Sasuke devenu éditeur et reprenant Naruto comme auteur, qu'il connaissait de vue car Itachi s'était éloigné de sa famille à cause de son homosexualité. Mais c'est aussi bien ainsi, nan ? en tout cas vous les retrouverez dans le p52 après cette nuit.
*Pour info, l'histoire de Rémi et Thomas existe mais en OS, je l'ai écrit il y a deux ans et publié sur FictionPress sous le pseudonyme Another Regret et le titre c'est LE GENRE D'HOMME, l'image est une fille avec des ailes (un dessin que j'ai fait il y a très longtemps) je n'ai jamais alimenté ce compte parce que je n'avais pas le temps d'écrire du « réel » étant trop occupé par le sasunarusasu. Je ne pense pas l'alimenter après mon arrêt sur fanfiction non plus mais si vous voulez découvrir l'histoire et savoir ce que ma plume donne sur autre chose que des mangas, allez-y. Info2 : l'histoire de Rémi et Thomas devait être un NaruSasu avec Neji ou Gaara mais le jour où j'ai commencé à l'écrire, une amie s'est tourné vers moi pour une citation ou un texte ( j'en trouve tjrs des bonnes vous le savez x) aller savoir pourquoi, je lui ai transmis le premier paragraphe de l'histoire et elle a directement voulu lire la suite, que je n'avais pas encore écrit évidemment. Quand je lui ai dit que ce n'était pas de l'hétéro, elle était dégoutée ( pas dans le sens homophobe ) et voulait absolument lire la suite donc j'ai décidé de l'écrire en version homme/femme pour elle. Finalement, je n'ai jamais réussi à la retransformer en homme/homme. Pour ceux qui n'arrivent pas à trouver voici le lien.
https&:&/&/&www.&fictionpress.&com&/&s&/&3322429&/&1&/&LE-GENRE-D-HOMME& ( pensez à enlever les & )
* Le résumé du manga de Naruto provient d'une citation de la série TimeLess
