Orage

— Pourquoi tu n'as rien dit à tes parents pour notre rupture ?

Elle haussa les épaules avant de répondre :

— Vous veniez de sympathiser avec mon père et puis je n'avais pas envie d'entendre ce qu'il allait me dire. C'était plus simple de rien dire.

L'homme se demanda si un jour, il cesserait de se sentir coupable. Si elle lui pardonnait vraiment tout. Elle s'en rendit compte avec son regard orageux perdu et fixé sur une vignette magnétique du réfrigérateur.

— Austin, c'est du passé. J'ai beaucoup souffert mais je me suis pas laissée abattre.

Elle inspira et sembla prendre une décision. Un de ses petits mouvements de tête fit tressauter sa queue de cheval et elle releva les yeux vers lui.

— J'ai compris que tu m'avais dit tout ça parce que tu étais déçu. Alors je suis allé à ta chambre pour faire la paix : il n'y avait que cette boîte où tu avais mis... tout ce dont tu ne voulais pas. (Elle s'éclaircit la gorge, sans lui permettre de la prendre dans ses bras.) J'ai pas compris pourquoi tu voulais que tout ça me revienne, c'était tellement mesquin. Tu aurais autant pu tout jeter mais tu as préféré...

— Être cruel ? proposa Austin touché par ses aveux.

Elle n'avait pas du tout abordé cette boîte depuis la retrouvaille. Il avait pensé à lui demander ce qu'elle avait fait de tout ça − une part de lui voulait tout récupérer − mais il ne méritait pas. Kaylie hocha la tête et il suffit avec attendrissement le mouvement de ses cheveux.

— Oui, je me dis maintenant que ça a pas du être facile de me supporter quand j'étais malade.

— Kaylie, ma puce, c'est pas du tout pareil.

— Tu es sûr ? Moi aussi j'ai prononcé des paroles blessantes pour me débarrasser de toi − je me suis servie de tes sentiments contre toi.

Ils s'enlacèrent.