Pour le défi 69 il fallait placer le dialogue « La porte de ta chambre était ouvert et... oh oublie ».


Jim Hopper rentra de patrouille et se dirigea aussitôt vers son frigo. Il en sortit une bière qu'il ouvrit d'un seul coup. Il s'alluma une cigarette et en tira une longue taffe avant de boire une gorgée de bière. Il alluma la télé et commença à zapper sans chercher de programme particulier. Il avait exceptionnellement autorisé Onze à aller chez Will car Joyce était chez elle et qu'elle surveillerait la petite troupe, la bande de garçons se retrouvaient pour faire une partie de Donjon et Dragon et avaient invité Onze. Après une longue hésitation le policier avait accepté, Joyce lui avait fait comprendre que garder la petite enfermée chez lui n'était pas la meilleure solution. Jim avait donc autorisé cette sortie mais avec la condition que sa fille adoptive soit rentrée pour 18h, raccompagnée par Joyce ou son fils aîné Jonathan.


Jim était en train de regarder une émission lorsqu'un bruit dans la chambre de Onze attira son attention. Le policier se leva de son fauteuil et se dirigea vers la chambre de sa fille adoptive. Jim entra et vit que c'était un livre qui était tombé, elle avait dû le poser en équilibre sur le bord de sa table de chevet. Jim se pencha et ramassa le livre. Il vit alors des photos qui étaient tombées de l'ouvrage. Il y en avait une de sa mère, Dieu seul savait où elle l'avait eue, une de Mike et elle au bal de l'école. Puis il y avait une bande de photos issues d'un photomaton de Onze et Max, sa meilleure amie. Jim ne pu retenir un sourire attendri, il savait que la petite brune n'était pas sa vraie fille, mais il la considérait comme telle. Il vit alors un papier soigneusement plié en quatre. Le policier fronça les sourcils et déplia la feuille. Il constata que c'était une feuille d'inscription pour le collège. Le sang de Jim ne fit qu'un tour, il n'arrivait pas à en croire ses yeux. Il sortit de la chambre et posa la feuille sur la table il était bien décidé à avoir une explication avec sa fille dès son retour.


Onze rentra enfin, accompagnée par Jonathan. Le jeune homme sourit :

-Voilà, pile à l'heure comme vous l'aviez demandé.

-Merci Jonathan, tu passeras le bonjour à ta mère et lui diras encore merci.

-Pas de problème, au revoir.

Jonathan partit aussi tranquillement qu'il était venu, c'était un chouette jeune homme. Onze regarda la feuille sur la table en serrant les poings :

-Où as-tu eu ça ?

-La porte de ta chambre était ouverte et... oh oublie. L'important c'est pas comment je l'ai trouvé, l'important c'est pourquoi tu as ça ? J'ai pourtant été clair : tu ne dois pas sortir d'ici sauf cas exceptionnels. Aller à l'école serait trop dangereux, tu as du mal à gérer tes émotions et tes pouvoirs sont directement liés à tes sentiments. On ne peut pas prendre ce genre de risques.

-Je ne suis pas d'accord, j'apprendrai à me contrôler au contact des autres.

-Non ! C'est trop dangereux, je te connais, si quelqu'un se moque d'un de tes amis tu vas t'énerver et tu pourrais tuer le moqueur même si à la base tu voulais juste lui faire un coup de poing invisible.

-Mais je veux y aller !

-Et moi je te dis que tu resteras ici.

-C'est pas juste !

-C'est pas fait pour être juste, c'est fait pour préserver la sécurité de tout le monde. Et imagine que des espèces d'enfoirés te retrouvent ! Eux ils se foutent totalement des dommages collatéraux !

-Donc c'est ton dernier mot : je devrais rester cachée ici jusqu'à ma mort ?!

-Pas jusqu'à ta mort, seulement jusqu'à ce que tu apprennes à te contrôler parfaitement.

-Et si je n'y arrive jamais ?

-Tu réussiras, j'ai confiance en toi. Ce genre de choses prennent du temps c'est tout. Tu crois que je suis devenu chef de la police du jour au lendemain ? Non, j'ai dû travailler dur, faire des efforts constants, apprendre toujours plus de choses ! Le travail et les efforts payent, encore faut-il être rigoureux ! À part te plaindre d'être coincée ici et rouler des patins à Mike quand il vient ici dis-moi ce que tu fais ? Tu ne t'entraînes jamais !

-Je te déteste ! Tu as fait de moi une prisonnière, tu m'as pas du tout sauvée !

-Un jour tu me remercieras jeune fille !

Onze partit dans sa chambre et claqua la porte grâce à sa pensée. Elle ressortit, récupéra le formulaire d'inscription, retourna dans la chambre et reclaqua la porte. Jim cria :

-Et je t'ai déjà dit des centaines de fois de ne pas claquer cette foutue porte ! C'est pas faire ça par la pensée qui fera que tu sais contrôler ces fichus pouvoirs ! Ce soir tu sera privée de gaufres !

-Je te déteste !

-Tu l'as déjà dit !

Jim soupira et s'alluma une autre cigarette. Il détestait ce genre de situation, il passait toujours pour le méchant alors qu'en vrai il ne voulait que son bien. Il ne lui interdirait pas toujours d'aller à l'école, peut-être que d'ici un ou deux ans elle serait prête, mais pour le moment elle était loin du compte. Le policier prépara le dîner et céda, il mit tout de même les gaufres que Onze aimait tant. Ils ne restaient jamais fâchés très longtemps, mais Jim n'aimait tout de même pas se disputer avec Onze. Il voulait l'aider du mieux qu'il pouvait, et il ne pouvait pas la protéger si il ne savait pas ce qu'elle faisait. Elle finirait par comprendre, il en était sûr. Jim finit par appeler la petite. Elle vint en boudant. Il lança :

-Ce n'est pas un non définitif. Si tu travailles dur d'ici un an ou deux tu serais tout à fait capable d'être scolarisée comme tous les autres jeunes de ton âge. Mais pour ça tu dois me promettre de faire des efforts, de t'entraîner tous les jours.

-C'est vrai, si je travaille tous les jours je pourrais aller à l'école l'année prochaine ou l'année d'après ?

-Oui.

-Merci, je t'aime papa !

Elle serra le policier. Jim referma ses bras autour d'elle en souriant, il était surpris car c'était la première fois qu'elle l'appelait ainsi. Toutefois il était content qu'ils aient trouvé un arrangement, et surtout content de voir un sourire sur le visage de sa fille. L'espoir dans ses yeux lui donnait envie de réussir l'impossible pour qu'elle y parvienne et qu'elle soit heureuse. Onze le regarda :

-Je te jure qu'à partir de demain je vais m'y mettre sérieusement.

-Bien, ne me fais pas regretter ma décision.

Ils dînèrent en regardant la télé, la tranquillité était revenue dans le foyer Hopper.


Fin.