— Nous ne sommes pas les premiers à venir ici…
— Surprenant, vous avez deviné ça toute seule ?

Dis envoya à la tête de Fili la bouteille en plastique couverte de poussière et remplie certainement d'une eau croupie qu'elle venait de ramasser au sol, mais le blond dévia le tire avant de lui lancer un regard noir.
Après le long escalier raide et étroit, ils étaient arrivés dans cette salle immense et somptueuse, dont les murs étaient couverts d'étagères et, pour le plus grand bonheur de Dis, de livres anciens, de tapisseries miteuses ou de parchemins usés, et, même si beaucoup restaient lisibles, tous étaient écrits soit en elfique, soit en langage courant des premiers temps ou, parfois, en Khudzul. Rien de très facilement traduisible, donc.

Kili s'approcha d'une table sur laquelle reposaient plusieurs carnets qui dataient de leur époque, des feuilles gribouillées au stylo bille ou des brouillons oubliés dont la vue lui fit l'effet de plonger dans le vide. Dis, qui vint derrière lui, s'empara d'une feuille en parlant avec excitation :

— Je connais cette écriture ! C'est celle Lily ! Ho ! Et ce livre… Elle a donc réussi à avancer malgré tout…
— Lily ?

Passant ses bras autour du corps de son frère adoptif, étourdi, qui s'était faiblement appuyé contre lui, Fili attrapa à son tour une feuille qu'il étudia distraitement tandis que Dis feuilletait un épais ouvrage à la couverture brune, dont les mots tracés à la plumes étaient écrits en Khudzul, et elle brida son émotion pour répondre :

— Une amie avec qui j'avais… Fait quelques recherches. Avant que tout ne dérape et qu'on se sépare… Cela fait plus de cent ans que je n'ai plus de nouvelles d'elle.
— Des recherches à propos d'Erebor…

Kili avait parlé sombrement en lisant une feuille qui évoquait clairement la montagne et Dis haussa les épaules.

— Pas seulement, Lily, elle était surtout concentrée sur Khazad-dûm mais, effectivement, elle et son mari, Liam, ne juraient que par ça… Après tout, la clé pour retrouver la Moria se trouve dans les ouvrages d'Erebor… Je suppose qu'ils ont fini par entrer dans la Montagne et qu'ils sont maintenant sur les trace du tombeau de Durïn…
— Ils sont morts.

La gorge obstruée, Kili prit une profonde inspiration en fermant les yeux et la main de Fili qui vint masser sa nuque raide fut bienvenue. Dis leur lança un regard curieux, moins surprise par l'annonce que par le fait que ce jeune nain sache une telle chose et, gentiment, après un court silence, elle demanda d'un ton doux :

— Ce sont vos parents ?

Déboussolé, Kili acquiesça en cherchant le soutient dans le regard de Fili qui caressa doucement sa joue, l'étudiant d'un air étonné. Il manqua la manière dont Dis le sonda intensément en plissant la lèvre, une lueur totalement indéchiffrable illumina ses yeux gris alors qu'elle retenait un soupir triste et il continua à parler au fil des souvenirs qui revenaient en lui :

— On est venu ici parce qu'ils pensaient être en sécurité et continuer leurs recherches… C'était avant l'hiver, mais il faisait déjà très froid et il y avait beaucoup de neige…
— Etes-vous entrés dans la Montagne ?

Pressante, Dis s'était approchée en le sondant et Kili eut soudain un flash de souvenirs : des salles emplies d'or, des constructions majestueuses… Une bibliothèque emplie de cartes et de livres… Ses parents qui sautaient de joie… Mais, aussi, des graphitis sur les murs, des écritures noires dans une langue qu'ils n'avaient encore jamais lue, illustrées par l'image immonde d'un œil unique cerclé de flammes, et il secoua la tête, le regard fuyant :

— Il… Il y avait quelque chose… Quelque chose qui a terrorisé mes parents… Je ne sais pas de quoi il s'agissait, mais nous sommes sortis très vite et… Je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé ensuite… J'ai l'impression que ce sont les derniers souvenirs que j'ai avec eux.
— Ca va aller…

Sentant la manière dont son corps tremblait légèrement, Fili passa tendrement ses doigts dans ses cheveux en le couvant du regard tandis que Dis se détourna d'eux pour s'approcher de différents ouvrages encore ouverts qui gisaient sur la table. Elle retint une vague de nostalgie et de tristesse au souvenir de ses amis décédés et, pour penser à autre chose, elle reprit distraitement :

— Je pense que, finalement, le petit hobbit nous sera utile…
— On fait comment ? On lui propose de venir à pied en dix mois, ou bien je vous prête mon avion pour que vous puissiez vous-même aller le chercher, à moins que vous ne vous écrasiez sur la première montagne venue…
— C'est très fin, ça. Tu as un don pour t'adresser aux dames, toi…
— Sans blague… Je suis certain que si je m'adressais à vous poliment et avec déférence, vous m'enverriez sur les roses en me disant que vous n'êtes pas une fragile créature qui a besoin de condescendance…
— Je vois, il s'agit donc d'un privilège si nous tu me parles de rustre à rustre. Je suis touchée…

Le blond ne répondit pas. Il l'ignora royalement, se tournant vers Kili qu'il aida à s'asseoir au sol et Argon tendit une gourde emplie d'eau au jeune brun qui l'accepta avec plaisir.

— Ca va aller ?
— Oui… Je crois que j'ai simplement besoin de réfléchir un peu c'est tellement… Bizarre…

Et déroutant, surtout. Kili se sentait vraiment mal, c'était flagrant. Mais Fili le connaissait assez pour savoir qu'il valait mieux ne pas l'étouffer maintenant et il le laissa démêler ses esprits en s'éloignant de lui. Et il se trouva nez à nez avec Dis, qui l'examinait, les bras croisés :

— Vous n'êtes pas frères.
— Et alors ? Ca change quoi ?
— Ca intrigue…

Il haussa les épaules et, après une brève hésitation, il répondit nonchalamment :

— Il a été adopté par mon père.

Elle haussa un sourcil en le sondant et, franchement, elle demanda :

— Qui aurait été assez fou pour adopter le fils de Liam et Lily ? S'il s'avère qu'il est déjà entré dans la montagne et qu'il sait lire le Khudzul, le garder avec soi n'est certainement pas sans danger…
— À moins que l'on soit un danger pour la GITM…

Il avait répondu sans arrogance, une simple constatation, et elle le fixa bêtement, puis, semblant comprendre après quelques longues secondes, elle demanda d'une voix blanche, en étudiant maintenant son visage avec attention :

— Dis moi, gamin, qui est ton père, au juste ?

Encore une fois, il hésita à répondre, mais il souffla négligemment :

— Thorin.
— Thorin comme… Thorin fils de Thraïn ? Ou bien Thorin comme : Je-porte-le-nom-d'un-roi-de-jadis-mais-personne-ne-me-connaît ?
— Je vous laisse deviner.

Cette fois, il avait répondu avec morgue, usant de la même mimique supérieure que son oncle lorsque celui-ci se la jouait big-boss arrogant et, éberluée, le regard de la naine passa de Fili à Kili, qu'elle étudia une nouvelle fois avec attention, avant de revenir sur Fili qu'elle toisa sans un mot. Puis, brusquement, semblant enfin comprendre, elle l'attrapa au col pour l'attirer à elle et poser ses mains sur son visage qu'elle palpa vigoureusement :

— J'y crois pas ! Ce con a eu un gosse ! Mais avec qui ? Et puis tu as quel âge ? J'étais certainement encore en contact avec lui au moment de ta conception !

Il poussa un juron et la repoussa sèchement.

— Lâchez-moi ! Je ne vois pas en quoi ça vous regarde !
— Ho si, ça me regarde, Braggi… Parce qu'il se trouve que je suis ta tante !

Sa remarque ravie, presqu'hystérique, jeta un blanc et les deux frères échangèrent un regard perdu. Soudain pétrifiés.

Doucement, le sang de Fili sembla quitter définitivement son visage, amenant la naine à froncer les sourcils, surtout lorsqu'il reprit d'un ton troublé :

— Ma tan… Mais… Vous êtes qui ?
— Sa petite-sœur… Il ne t'a jamais parlé de moi ? Je veux bien croire que ça fait quelques décades que j'ai disparu, mais c'est parce que je sais que, si je me montre, je suis morte…

Fili resta bouche bée, accentuent le malaise de la naine qui recula d'un pas en fronçant les sourcils, se triturant nerveusement les doigts en dévisageant le blond muet, et ce fut Kili qui se leva pour répondre gentiment.

— Il y a un problème, Dis… Thorin n'est pas le père biologique de Fili, il est son oncle. Il l'a reconnu comme son fils à sa naissance… Du moins, c'est ce qu'il a toujours assuré…

Cette fois-ci, ce fut la naine qui ouvrit la bouche, court-circuitée, et, avec peine, le nom que Kili venait d'utiliser, sans penser à ceux sous lesquels ils s'étaient présentés, tournoya en elle comme un lointain échos, avant de venir laborieusement éclore à ses lèvres dans un souffle brisé :

— Fili ?

La voix semblait d'outre-tombe et, ils restèrent tous les deux figés, accrochés l'un au regard de l'autre sans se montrer capable de proférer un mot de plus.

Aucun des deux n'avait eu besoin de plus pour comprendre.

Puis, elle s'approcha avec une douceur mesurée, comme si elle ne pouvait pas croire ce qu'elle voyait et qu'il s'agissait d'un mirage prêt à disparaître au moindre souffle et, à nouveau, presque timidement, elle posa sa main tremblante sur la joue du blond qui n'osa pas ciller.

— Non. Ce n'est pas possible… Ton père… Il… On m'avait dit que… J'avais fait une fausse-couche quand Azog m'a…

Elle ne trouva pas ses mots et resta face à son fils qui la regardait sans comprendre mais, comme le silence s'éternisa, il répéta d'une voix blanche, tel un automate :

— Thorin m'a dit que mes parents ont été tuées par la GITM.

Sur la réserve, le blond continuait d'étudier la naine d'un air inquiet, pas vraiment enclin de s'autoriser à croire en quelque chose dont il avait, secrètement, toujours rêvé, et elle eut besoin d'un petit peu de temps avant d'expliquer laborieusement, avec urgence :

— Oui… Ils… J'avais essayé de disparaître, mais… Ton père, il m'a… Cet enfoiré voulait te récupérer… J'ai appris trop tard qu'il travaillait en réalité pour la GITM et qu'il ne m'avait approchée et séduite que pour mes recherches et mon titre… C'est quand je lui ai annoncé la grossesse que j'ai compris… Il n'éprouvait rien pour moi, mais l'idée d'avoir un enfant… Un enfant de cette lignée… Sans parler de la vieille prophétie… Ça lui est monté à la tête… Il m'a livré à la GITM sous condition qu'il n'arrive rien à son fils et qu'il le récupère… Mais… Tu es l'héritier d'Erebor, Fili, avec toi, la GITM avait la légitimité de réclamer la Montagne. Ça a été un carnage…

Il entrouvrit les lèvres, à cours de mot, et elle garda un court silence, avant qu'un rire nerveux ne s'échappe de ses lèvres alors que son regard dériva à nouveau sur Kili :

— Ce Thorin… Toujours là où on ne l'attend pas…

Elle se tut à nouveau et elle déglutit nerveusement, s'approchant plus encore de Fili, qui ne bougeait pas, en laissant glisser sur sa langue les deux syllabes qui semblaient renaitre des cendres ternes de ses souvenirs les plus douloureux :

— Fili… Mon fils… Si seulement j'avais su… Mais c'était trop tôt… Je… Je pensais que tu n'avais même pas pris ton premier souffle… Ta naissance ne s'est pas faite en douceur et ils m'avaient laissée pour morte…

Elle caressa tendrement sa joue avant qu'une larme ne coule sur la sienne lorsqu'elle continua avec un sourire douloureux, la voix brisée par l'émotion :

— J'ai arrêté de vivre il y a quatre-vingt-deux ans…

Il déglutit et, doucement, en silence, il passa un bras autour de la taille de la naine qu'il attira à lui pour une étreinte forte. Elle ferma les yeux en enroula ses bras autour de ses épaules, agrippant son armure en plongeant son visage baigné de larmes dans la crinière de son fils qui faisait maintenant une bonne tête de plus qu'elle.

— Peut-être devrions-nous les laisser se retrouver…

Argon n'avait pas compris exactement ce qu'il se passait, mais, alors que Fili retrouvait sa mère, Kili, lui, commençait le deuil de la sienne, dont les souvenirs jaillissaient, et le jeune rebelle profita que l'attention de Fili soit détournée pour prendre la main du brun en lui lançant un sourire chaleureux :

— Je connais plein d'endroits dans ces ruines qui t'aideront à penser à autre chose !

oOo

— … Et c'est la raison pour laquelle je condamne la Guilde Internationale de la Terre du Milieu, appelée GITM. Dont le but premier était de sauvegarder les richesses de ce monde, et qui profite odieusement du pouvoir qui lui est donné. Je l'accuse d'avoir persécuté les membres de la race des nains, d'avoir commandité les deux attentats qui ont pris la vie du roi Thror et des membres des familles royales d'Ered Mithrin et d'Ered Luïn, dont un jeune enfant, Frérin. Les méthodes qu'elle utilise maintenant violent la loi constitutionnelle que suivent les royaumes des hommes, des elfes, des changeurs de formes, des hobbits, des orcs et des nains de cette terre.

Gandalf marqua une pause, conscient que l'audience de la salle où se déroulait le procès, composée essentiellement de journalistes qu'il avait personnellement appelé, était accrochée à ses lèvres et il reprit en désignant Orianne :

— Mademoiselle Trjàadottir a commis une erreur irréparable qu'elle regrette sincèrement. Toutefois, je pense qu'il faille replacer ce que la GITM a qualifié « d'attentat », dans son contexte. C'est à dire…

La tirade du vieil homme dura encore un long moment, si bien que Dwalin décrocha rapidement, conversant par texto avec Thorin qui voulait connaître en détail l'avancée du procès. Un représentant de la GITM était ici, pour défendre l'organisation et accabler Orianne et, par elle, la race des nains, mais, face à la verve de Gandalf, il ne parvenait pas à défendre sa position. Les choses n'étaient donc pas aussi terribles qu'ils le craignaient et, pour l'instant, il n'était pas question de peine de mort ou bien d'emprisonnement à perpétuité pour Orianne, qui avait attiré la sympathie des participants avec sa bonne volonté et ses regrets sincères. Les jurés parlaient de légitime défense et d'homicide involontaire de quoi alléger sa peine de quelques années, voire quelques décennies, par apport à ce qu'ils avaient d'abord redouté.

Orianne semblait si fragile, accrochée au barreau des accusés, écoutant sagement les querelles entre Gandalf et l'avocat de la GITM, que Dwalin se demanda s'il accepterait l'idée de la savoir enfermée de longues décades dans une geôle humaine, l'image même lui semblait absurde.

Le vieillard lui avait fait rencontré, avant le procès, l'homme a qui elle avait arraché sa femme et son fils. Elle était tombée en pleurs dans ses bras, répétant qu'elle n'avait pas voulu ça, que, si ça avait été possible, elle aurait préférée prendre la place des deux vies injustement envolées dans l'explosion. Et l'homme, sans lui pardonner, avait accueilli ses pleurs en assurant qu'il ne désirait pas la loi du sang et qu'il laissait faire la justice, sans chercher à accabler la jeune naine. Il avait trop à faire avec son propre deuil pour vouloir mener une vendetta aveugle.

Et, maintenant, le procès était parti pour durer un long moment. Gandalf semblait avoir un dossier en béton créé en plusieurs années, peut-être même en plusieurs dizaines d'année, ses sources venant même de personnes éminentes au sein de la GITM dont il gardait les identités secrètes, et le porte-parole de la GITM ne voulait pas lâcher l'affaire. Oriane devint, rapidement, l'un des sujets inférieurs du débat qui opposait maintenant la race des nains, défendue par Gandalf et représentée par Dwalin et Daïn, qui les avait rejoint, à l'organisation internationale.

oOo

— Bilbo ! C'est quoi cette histoire, nous te pensions enlevé par des nains, c'est effroyable !
— Ca va mieux, maman.

Il s'écorcha la gorge sur le dernier mot et sa mère s'éloigna de lui pour le regarder sévèrement, notant la réserve sur laquelle son fils restait face à eux.

— Quelque chose ne va pas ?
— Je… J'aimerai vous parler…
— A propos de quoi ?
— Mes parents…

Nerveux, il déglutit, sans manquer le regard soudain angoissé qu'échangèrent les deux personnes qui l'avaient élevé. Puis son père se racla la gorge en posant une main sur son épaule :

— Peut-être serions-nous plus à l'aide autour d'une table pour parler de ça… Je connais une très bonne enseigne, vient avec nous.

Son père ne l'avait jamais invité de la sorte à discuter, peut-être que Bilbo se serait méfié, s'il n'était pas aussi déboussolé par la situation. C'est pourquoi, en confiance, il suivit les Sacquet-de-Besace, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'ils s'éloignaient des artères principales, vers un grand bâtiment désaffecté, et il se braqua :

— On va où, là ?
— On rentre à la maison, mon chéri…

C'était une voix grave qui lui avait répondu, dans son dos. Une voix très grave et très dangereuse qui envoya un frisson glacé ramper entre ses omoplates. Il voulu se retourner, mais une poigne ferme attrapa son épaule blessée, lui arrachant une exclamation de douleur, et, immédiatement, il sentit une intrusion dans la peau de sa nuque, une seringue, et il chercha à se débattre, avant qu'un liquide doux et chaud ne se répande dans son corps, entrainant avec lui une molle torpeur. Il vacilla, mais il fut rattrapé par celui qui le tenait et qui le souleva sans douceur avant de se tourner vers les Sacquet-de-Besace en sortant quelques liasses de billet :

— Voilà la somme, comme convenue. J'ai rajouté 10% supplémentaire parce que vous m'avez vraiment facilité les choses…
— Et pour notre arrangement ?
— Lachez-m-

Bilbo chercha à retrouver l'usage de son corps en luttant contre le produit qui avait endormi ses sens, mais l'autre le maitrisa aisément tout en sortant un papier officiel qu'il tendit aux deux hobbits :

— Voici la déclaration de décès de monsieur Bilbo Sacquet... A partir de maintenant, aux yeux de la loi, votre fils a été tué dans un accident de voiture au Gondor… Comme ses parents, quelle tristesse… Il me semble donc que l'héritage vous revienne, puisqu'il était encore mineur au moment des faits…

Avec un sourire de rapace, Lobélia récupéra le papier, sans un regard pour Bilbo qui fut jeté dans un 4X4 noir aux vitres teintées par un orc albinos imposant.

— Qui êtes vous ?

Les sens englués par le sédatif, Bilbo lutta contre la torpeur et posa sa question d'une voix éteinte, auquel le plus grand répondit en démarrant, avec un sourire cruel :

— Je suis ton collègue, Bilbo… Cela fait bientôt deux siècles que je travaille discrètement pour la GITM… Et, aujourd'hui, j'ai quelques questions à te poser…