Lorsque Bilbo sortit des galeries, après quelques heures de marche dans l'obscurité, un haut le cœur puissant le prit violement, d'abord à cause de l'odeur du sang chaud, puis à la vue des corps sans vie des agents de la GITM qui reposaient au sol, leur visage figé par la surprise. Toutefois, il n'eut même pas le temps d'analyser ou de comprendre qu'une main ferme se posa sur sa bouche pour couvrir son hurlement d'effroi tandis qu'un bras le ceintura par derrière. Il eut le reflexe de se débattre, mais la voix chaude de celui pour qui il avait tourné le dos à Vidalinn souffla à son oreille :
— Shhh… D'autres arrivent, nous devons rester discrets.
Thorin le fit reculer avant de le lâcher avec prudence et Bilbo, soudain plus calme, du moins, en apparence, se laissa faire jusqu'à ce qu'ils atteignent un petit sentier qui grimpait le long du flanc de la montagne puis, suivant le plus grand, il ne put s'empêcher de chuchoter :
— Pourquoi es-tu-
— Pour la même raison qui t'a poussé à te séparer de Vidalinn… Certainement.
Ce n'était pas une déclaration, mais, de la part de Thorin, c'était déjà pas mal. Le hobbit déglutit, ressentant une chaleur particulière s'étendre dans son corps, et il continua de marcher en silence derrière le nain qui rejoignit une plate-forme naturelle sur laquelle était posé le X-16, prêt à décoller.
Bilbo ne se fit pas prier pour pénétrer dans l'engin que Nori activa immédiatement afin de quitter, une bonne fois pour toute, l'Eriador, où il n'avait plus aucune attache.
Thorin passa le temps du décollage dans la cabine, avec Nori, à lui donner les indications de vol, ce qui permit à Bilbo de faire, enfin, le point sur sa situation.
De une, il avait été vendu. Par ses parents. Plutôt, par ceux qu'il avait appelé ainsi toute sa vie. Il avait aussi appris, à l'occasion, qu'il était censé être le destinataire d'un héritage plutôt conséquent. Malheureusement, il ne pouvait pas y prétendre. Parce qu'il était mort. Du moins, légalement parlant. Et ses chers parents allaient certainement pousser le vice jusqu'à faire une cérémonie en sa mémoire. Connards.
De deux, il n'était plus un agent de la GITM, mais un ennemi. Pour de bon. Plus de possibilité de revenir en arrière, de parlementer ou demander merci. Si ils le retrouvaient, soit ils l'abattaient sur le champ, soit ils le forçaient à collaborer. Aucun des deux ne lui convenait.
De trois. Vidalinn et lui, c'était fini. Parce que Thorin est un connard. Parce que Bilbo n'avait pas réussi à apprécier ses retrouvailles avec Vidalinn sans penser à Thorin, ce qui n'avait pas plu au blond. Et parce qu'il avait clairement exprimé sa volonté de retrouver le nain, plutôt que suivre celui qui était censé être son petit-ami. Ce que ce dernier n'avait pas plus apprécié.
Et, dernier point, pas des plus négligeables : il était de retour à la case départ, avec Thorin. Pourquoi et comment, c'était la grande question, mais il se trouvait dans son avion, le dernier endroit où il aurait pensé être une heure plus tôt, en route pour il ne savait où, mais il était conscient que le plus urgent serait de prévenir les nains des projets de la GITM.
Il ne savait pas non plus s'il était ravi ou non de se retrouver avec Thorin. Après tout, vu sur quoi ils s'étaient quittés, Bilbo ne savait pas vraiment sur quel pied danser maintenant. Ce n'était pas comme s'il l'avait traité de connard avant de le frapper à poing fermé juste après avoir échangé avec lui un moment particulièrement chaud.
Et puis ce n'était pas comme si Thorin l'avait séduit pour lui soutirer les informations qui concernaient la Moria… Informations qu'il pouvait partager sans crainte, dorénavant.
— Je n'arrive pas à croire que tu te sois détourné de Vidalinn…
Bilbo sursauta lorsque, une fois le vol stabilisé, Thorin apparu dans le salon sobre, mais confortable, de l'X-16, agencé de manière à permettre à une quinzaine de passagers de profiter de longs vols sans courbatures. Le hobbit se redressa tandis que le brun s'installait dans le siège en face de lui avec un léger sourire ravi au coin des lèvres, intrigant Bilbo qui joua la carte de la naïveté :
— Que sais-tu de ma séparation avec Vidalinn ?
Le sourire de Thorin devint narquois lorsqu'il repensa au regard bafoué que son ennemi avait eu en lui disant que Bilbo n'était pas avec lui, et il décida de parler franchement :
— Qu'elle m'est due …
— En partie seulement…
Nerveusement, Bilbo avait détourné le regard et Thorin eut une moue distraite. Il lui était difficile de dire ce qu'il ressentait exactement vis à vis de ça, outre un profond sentiment de félicité. Mais il essayait d'être lucide et de ne pas s'autoriser trop vite à croire en ce qu'il avait aisément déduit, et il expliqua d'un ton qui se voulait neutre :
— Cela reste surprenant… Surtout s'il s'avère que Vidalinn n'est finalement pas l'un de ces enfoirés avides de sang de la GITM et qu'il pourrait bien être un héro… Le genre de mec dont on ne voudrait pas se séparer… Et pourtant, tu l'as fait…
Il leva les yeux pour étudier franchement ceux de Bilbo, et ce dernier tiqua en assenant à son tour, évitant le sujet :
— Tout comme toi tu viens de traverser la Terre du Milieu pour me récupérer…
Thorin lui envoya un regard indéchiffrable, avant que ses yeux ne glissent sur la chemise du plus petit, dont l'épaule raidie était souillée d'un sang maintenant brun qui avait aussi imbibé la manche et le torse. Il soupira et, distraitement, il tendit la main pour attraper le vêtement au col. Bilbo se laissa attirer vers le nain qui ouvrit les premier boutons afin de dégager la blessure en constatant simplement, éludant, à son tour, le sujet :
— J'avais peur que tu ne leur apprennes des choses compromettantes…
Ne parvenant pas à déterminer si le nain était sincère, si l'unique raison qui l'avait poussé à venir le chercher était pour protéger ses arrières et non, comme il l'espérait, pour une raison qui le concernait personnellement, le plus petit ne souleva pas et il se contenta de remarquer de quelle manière le regard du brun se voila en étudiant sa plaie qui avait été saccagée. Avec douceur, ses doigts effleurèrent la blessure pour en déterminer la gravité, avant de glisser le long du bras qu'il caressèrent distraitement, mais, encore une fois, Thorin brida ses propres sentiments pour se cacher derrière son statut de chef concerné par la sécurité de son groupe et il immobilisa sa main en retenant son souffle, inquiet :
— Que leur as-tu dit ?
— Ils n'ont pas eu le temps de m'interroger… Ce qu'ils savent, ils ne l'ont pas appris de moi…
Thorin entendit l'inquiétude et l'urgence qui étouffait la voix de Bilbo et il planta à nouveau son regard curieux dans le sien, pressant inconsciemment le bras qu'il tenait.
— Ce qu'ils savent ?
— La localisation d'Erebor et… Des agents ont été envoyés là-bas… Ils ont repéré et identifié Fili et Kili… D'après Vid, ils veulent te tuer et capturer tes fils pour un certain problème d'héritage… Un piège vous est tendu à la porte…
Le visage du brun blêmit et il se redressa soudainement :
— La GITM est dans les Gadolah ? Qui ? Stirnir ?
Bilbo acquiesça avec un regard désolé et Thorin ne perdit pas de temps avant de se lever pour rejoindre Nori et lui demander de changer de cap afin de rejoindre les Gadolah, le plus vite possible, amenant Bilbo à lever les yeux aux ciel d'un air blasé. Il n'était pas vraiment surpris de la décision du roi, qui se jetait sciemment dans la gueule du loup, dans la mesure où n'importe qui se serait contenté d'éviter scrupuleusement les Gadolah dans ces conditions. Mais Thorin n'était pas n'importe qui. Et ses fils étaient en danger, réveillant un instinct qui tenait plus de la louve enragée qu'autre chose, et qui l'enrobait d'une aura plutôt sexy, d'un point de vue de hobbit encore un peu étourdi par les événements.
Le roi attrapa ensuite son portable et tenta de joindre Fili, mais, par souci d'économie de batterie, le blond avait coupé son téléphone. Il lui laissa un long message vocal pour lui expliquer la situation et le prévenir de son arrivée, puis il rejoignit Bilbo qui lorgnait sur sa blessure en grimaçant. Depuis qu'Azog l'avait charcutée à main nue, il ressentait une douleur poignante et latente qui pulsait de son épaule et se répandait dans tout son corps.
Il se contracta légèrement lorsque les doigts de Thorin revinrent sur lui pour l'ausculter plus attentivement, mais il ne se déroba pas et resta immobile. Le plus grand attrapa une trousse de soin pour appliquer une dose généreuse d'une puissante pommade cicatrisante et anesthésiante qui calma la douleur, avant d'apposer un pansement doux sur chacune des plaies causées par la balle qui lui avait traversée l'épaule.
— On va en avoir pour plus de six heures de vol jusqu'aux Gadolah… Tu devrais en profiter pour te reposer un peu…
— Qu'auras-tu l'intention de faire une fois là-bas ?
— Aviser la situation pour commencer… Fili m'a appris qu'ils avaient trouvé refuge auprès d'une cinquantaine de nains guerriers très bien armés, je ne pense pas que les soldats de la GITM oseront ouvrir un conflit ouvert dans ces montagnes, ils ne seront absolument pas à leur avantage.
— Tu… Tu comptes te battre contre eux ?
— Je ne fuirai pas le combat s'il se présente.
Ils se regardèrent dans les yeux, mais, rapidement, Bilbo détourna le regard, inquiet :
— Ils sont déterminés et ne-
Il fut coupé par les doigts de Thorin qui se posèrent sur son menton pour l'inviter à croiser à nouveau son regard et, une nouvelle fois, il plongea dans les orbes grises qui lui faisaient tourner la tête alors que la voix divinement grave résonna jusque dans ses entrailles :
— Cela fait plus d'un siècle que je me bats contre la GITM, Bilbo. Je pense pouvoir affirmer que je la connais mieux que toi… Je sais comment elle fonctionne, je connais ses objectifs et je sais de quoi elle est capable… Je ne tolèrerai pas qu'ils s'en prennent encore à mes fils… Et puis Erebor est notre héritage, je ne les laisserai pas s'en emparer… tout comme… La Moria est l'héritage de Kili…
Voilà, le sujet fâcheux rappliquait aussi sec et Bilbo se contenta de déglutir tandis que le regard gris se fit plus exigeant. Il n'avait plus aucune raison de refuser de partager tout ce qu'il savait à Thorin, du moins, sur le papier. Toutefois, un nouveau sentiment de déception amère fluctua en lui, à l'idée que Thorin ne l'ait, finalement, récupéré que pour lui soutirer toutes les informations dont il avait besoin. Son visage dû se fermer car le nain sembla lire en lui et la caresse sur sa peau se fit plus douce :
— Bilbo… Je n'ai pas cherché à te séduire pour obtenir quoique ce soit de toi… Mais tu dois me comprendre : La GITM s'accapare de choses qui ne lui appartiennent pas. Kili, mon fils, est le seul encore en vie à pouvoir revendiquer la Moria. Tout comme Fili et moi-même sommes les héritiers d'Erebor et d'Ered Mithrin… Personne ne nous dérobera notre héritage…
— Pourquoi ?
Son regard clair planté dans celui de Thorin, Bilbo put apercevoir l'éclat interloqué que souleva sa question, déstabilisant le nain qui ne comprit pas sa pensée, si bien qu'il s'expliqua en parlant franchement, sans détourner ses yeux :
— Pourquoi m'as-tu séduit, si ce n'est pour mieux m'utiliser ?
La voix était sourde et Thorin haussa un sourcil, lisant toutes les émotions vives qui tournoyaient dans les orbes qui le sondaient. Ses doigts reprirent leurs caresses sur la joue de Bilbo qui ne bougeait pas, ayant même oublié de respirer, accroché à ses yeux en attendant sa réponse :
— Je ne me rappelle pas… Avoir délibérément tenté de m'emparer de ça…
Sa main quitta le visage pour se poser à plat sur la poitrine, sa paume appuyée sur le torse sentit sans mal les battements irréguliers du cœur qu'il avait dérobé et Bilbo garda son aplomb en énumérant d'un ton bas :
— Tu m'as invité à te suivre… Tu n'as pas réussi à me tuer… Tu as cette manière de me regarder et… Tu m'as embrassé…
Il déglutit, son rythme cardiaque s'affola plus encore lorsque le nain eut un sourire séduit et qu'il ferma ses doigts sur le tissu de sa chemise tout en se penchant sur lui pour susurrer contre ses lèvres :
— Peut-être parce que tu n'es pas le seul à être séduit…
Grisé, le hobbit ouvrit ses lèvres, les yeux clos, offert et tenté, mais Thorin n'alla pas plus loin, il se contenta de souffler avec un sourire amusé :
—Toutefois, j'ai un souvenir plutôt cuisant du baiser que je t'ai pris… Du moins… de ce qui a suivi…
— Tu l'avais cherché… Tu as cru que le seul intérêt que j'avais est ce savoir que tu te désespères de posséder…
Le plus vieux eut un sourire distrait, puis sa prise sur le vêtement se fit plus ferme afin d'attirer plus encore l'historien à lui et leurs lèvres se frôlèrent une fois avant qu'il ne susurre d'un ton trop bas :
— Ce fut une erreur… Et il y a maintenant autre chose que je me désespère de posséder…
Ce fut au tour de Bilbo de sourire, puis, les yeux clos, l'historien retint sa respiration pour se pencher sur le nain, dont il caressa à peine les lèvres des siennes. Toutefois, il prit sa décision et se sépara avant de vraiment embrasser sa bouche, lui arrachant un soupir frustré qui se bloqua dans sa gorge lorsque le hobbit souffla dans un murmure :
— Sous le Caradras… Il y a une porte secrète que personne n'a jamais réussi à ouvrir… Le symbole de Durin y est gravé dans une écriture d'argent que seule la lumière de la Lune peut révéler…
— Sur quoi donne cette porte ?
La voix grave lui arracha un frisson, les lèvres de Thorin étaient toujours très proches des siennes et il se sentait aimanté par ce nain qui bouleversait sa vie. Il déglutit avant de continuer d'un ton bas :
— C'est l'entrée principale de la Moria… Les agents de la GITM y ont pénétré par l'Est, en forant au hasard, ils sont dans les salles supérieures, mais un éboulement les empêche de rejoindre les sanctuaires et les autres salles plus anciennes… Ils ne se doutent même pas de leur existence… Ils se contentent de stagner dans la partie qui a été occupée après la reconquête de la Moria au quatrième âge, la nouvelle ville. L'ancienne, bien plus profonde, dort encore… Tous ses trésors avec elle… Et je suis le seul à connaître l'existence de cette porte, elle est simplement évoquée en Khudzul sur une vieille stèle qu'ils ont trouvé là-bas…
Il se tut et s'éloigna sensiblement en ouvrant les yeux pour plonger dans le regard magnétique du nain qui le sondait gravement, un regard que Bilbo aurait pu qualifier de damné, brulant et glaçant à la fois :
— Cette porte… Tu saurais la retrouver et l'ouvrir ?
Ce fut un sourire assuré qui lui répondit, sourire qui fit fondre le grand nain qui vint caresser du bout des doigts le coin des lèvres de l'historien avec une moue séduite :
— Si tu nous aide dans cette entreprise, Bilbo, le peuple des nains t'en sera à jamais redevable…
— Si je le fais, ce ne sera pas pour le peuple des nains…
— Je m'en doute, mais le résultat sera le même.
La voix était toujours divinement basse, mais le hobbit décela une nouvelle dureté qui l'intimida et, après une dernière caresse timidement volée au torse du nain, il se sépara de lui et se leva pour attraper sa tablette qu'il activa en parlant d'un ton qui se voulait distrait :
— Que comptes-tu faire d'une telle information ?
— Que veux-tu que j'en fasse ?
La question était un test, Bilbo sentit que le nain avait, de toute manière, déjà pris sa décision et ne reviendrait pas dessus. Toutefois, il haussa les épaules pour répondre franchement :
— La GITM ne vous laissera pas approcher… Elle usera de tous ses moyens pour te neutraliser…
— Alors je jouerai le même jeu qu'elle. Et elle apprendra qu'il ne faut jamais sous-estimer les nains.
— Si tu vas dans ce sens, alors rien ne te sauvera d'une confrontation armée…
— Qu'il en soit ainsi.
Ils s'affrontèrent un instant du regard, mais le téléphone de Thorin sonna à ce moment et, constatant qu'il s'agissait de Fili, il ne perdit pas une seconde pour répondre en se levant.
Conscient que la conversation risquait de durer un moment, Bilbo s'éloigna et s'allongea dans l'un des canapés confortables, laissant en évidence sur la table sa tablette allumée sur l'intégralité du dossier qui concernait la Moria, puis, il ferma enfin ses paupières lourdes et plongea rapidement dans un sommeil bienvenu, lui qui n'avait pas eu de véritable repos depuis qu'il avait quitté la Villa de Thorin.
oOo
— La situation est extrêmement critique ! La totalité de notre système de sécurité est gérée par Vidalinn, il possède tous les codes et il vient de brouiller l'intégralité des circuits. Réinitialiser le tout nous demandera des mois, mais créer un nouveau système de sécurité serait plus long encore… Il a neutralisé une vingtaine de soldats dans sa fuite et une trentaine d'agents qui travaillaient pour lui ont déserté dans son sillage, d'autres continuent de disparaître pour le rejoindre. Sans parler de la perte de Bilbo, la seule personne capable de déchiffrer toutes les données de la Moria qui nous parviennent… Mais le pire, c'est la situation à Minas Tirith… Le sorcier est en train de monter les hommes contre nous, le Gondor vient de commencer plusieurs procédures contre nos bases qui sont implantées sur son territoire...
Les poings crispés à s'en blanchir les phalanges, Rasmus grinçait des dents, le dos tourné aux agents qui lui rapportaient nerveusement la situation. Après une brève hésitation, il se tourna vers Azog, dont la mâchoire avait pris une terrifiante couleur violâtre depuis que Vidalinn lui avait donné un coup, sa main bandée et inutilisable reposait le long de son flanc :
— Tu as carte blanche. Je veux les têtes de Thorin et Vidalinn. Je préfère garder Bilbo vivant, il nous sera plus utile vif que mort, si tu le choppes, ne l'abîme pas avant de me l'envoyer... Je vais demander à Heljar de se rendre à Minas Tirith pour débloquer la situation et Stirnir s'occupe de me ramener les deux derniers descendants de Durin VII. Si les nains veulent la guerre… La GITM répondra.
oOo
Un silence inconfortable s'installa dans l'habitation principale des nains rebelles de Dale lorsque Kili, épaulé par Dis et Fili, expliqua clairement la situation au conseil qui gérait la communauté. Les vieux nains les sondèrent d'un regard grave et inquiet, avant que le leader, Khaenïn, ne se pencha vers Kili pour parler avec colère :
— Vous dites que vous avez amené les agents armés de la GITM ici ? Alors que c'est, justement, pour les fuir, que nous vivons pauvrement dans ces montagnes !
— Ils connaissaient déjà votre localisation… Ils ne nous ont pas suivi, ils nous attendaient car ils savaient que nous viendrions…
Le vieux nain l'étudia avec une attention méfiante et il s'adossa à son fauteuil en jaugeant les deux plus jeunes, parlant maintenant avec retenue :
— Dites-moi, Helgi… Pourquoi la GITM déploierait de tels moyens pour retrouver deux jeunes rebelles sans histoire ? Jusqu'à se poster dans ces montagnes dangereuses et inaccessibles…
Kili échangea un court regard avec Fili, avant de souffler du bout des lèvres :
— Parce que je ne m'appelle pas Helgi, tout comme Braggi porte en réalité un autre nom et n'est pas mon frère… Nous sommes Fili et Kili-
Kili voulut en dire plus, mais les exclamations avaient fusé au moment où il avait révélé leur identité et plusieurs nains commentèrent bruyamment la révélation en les pointant du doigt, les prenant au dépourvu. Mais Khaenïn les fit taire d'un geste, les sondant maintenant avec une curiosité à peine masqué par l'intelligence qui suintait de son vieux regard :
— Vous dites vous appeler Fili et Kili ? Comme la vieille légende Khazad ?
Kili fronça les sourcils, sans comprendre la question, et il ne sut quoi dire. Ce fut Argon, assis avec les plus jeunes du conseil, qui lui répondit avec excitation :
— Les enfants de la prophétie ! Vous portez les mêmes noms que-
— Que les deux fils de Durin VII, dont ils sont les descendants… Et derniers héritiers.
C'était Dis qui avait répondu dans un Khudzul approximatif, soulevant de nouvelles exclamations de la part des nains du conseil, mais les plus jeunes, dont Argon, lancèrent aux deux frères un regard teinté d'un respect nouveau, les mettant mal à l'aise. Kili, lui, voulut protester en assenant que Fili était le seul à descendre de Durin VII, mais la sœur de Thorin continua en tentant de s'exprimer clairement :
— Et ils sont tous les deux les enfants adoptifs de Thorin, votre roi, qui sera ici dans quelques heures… Mais, ce que vous devez retenir, c'est que, dans ces montagnes, sommeille Erebor, le royaume oublié des nains de Durin, que la GITM convoite. Vous avez le choix entre accepter de nous aider, ou bien continuer de vivre cette vie misérable à vous cacher dans les ruines de cette ville qui avait prospéré à l'ombre de la Montagne de vos aïeuls.
L'annonce jeta un blanc dans l'assemblée et, soudainement, un nouveau brouhaha s'éleva. Kili voulut hausser la voix pour se faire entendre et leur demander s'ils avaient leur soutient dans la lutte contre la GITM, mais Fili lui attrapa le bras pour parler à son oreille :
— Laisse-les discuter, le choix leur appartient. Nous devons nous préparer de notre côté. La GITM est actuellement dans le flou total suite à la trahison de Vidalinn, profitons en pour retourner au mini explorer et nous armer convenablement. Nous devons nous préparer à évacuer rapidement si jamais notre présence n'est pas souhaitée ici.
— Tu voudrais les laisser seuls face à la GITM ?
— C'est notre présence qui les met en danger.
Kili fit la moue, mais il accepta de suivre Dis et Fili à l'extérieur, laissant les nains discuter de manière chaotique sur la meilleure chose à faire maintenant.
Ils vérifièrent leurs armes et se dirigèrent vers l'extérieur de la ville, décidés à rejoindre rapidement le mini-exploreur et le préparer à être remorqué par l'X-16 si jamais Thorin décidait de ne pas s'attarder dans les Gadolah. Toutefois, ils furent interrompus par Argon, qui les rejoignit en courant :
— Kili ! Attend, je viens avec vous !
— Qu'est-ce qu'il nous veut lui ?
Fili avait sifflé sa question acerbe entre ses dents en voyant le plus jeune arriver, dévorant Kili de ses yeux gorgés d'admiration, et sa mère eut un petit sourire condescendant, traduisant avec malice, même si son fils avait compris les mots du jeune rebelle :
— Il veut venir avec nous… Mais ne t'inquiète pas… Kili ne regarde que toi.
Elle avait murmuré ses derniers mots d'un ton espiègle, mais trop bas pour Fili qui ne fut pas certain de l'avoir entendu et il se tourna vivement vers elle, soudain attentif :
— Qu'as-tu dit ?
Un rire taquin lui répondit et la naine prit la tête avec un sourire amusé, sans pitié pour le blond qui fut contraint de remarquer de quelle manière Argon s'accapara de Kili pour partir dans une conversation en Khudzul. Amer, il rejoignit Dis pour lui demander un compte rendu fidèle sur l'intégralité de la discussion, dont il n'avait pas tout compris, qu'ils venaient d'avoir avec le conseil.
Merci d'avoir vu et merci aux reviewers !
Je poste ce chapitre là un peu en avance, mais je ne sais pas quand je pourrai publier le suivant, dans la mesure où je suis censée y annoncer au moins une partie de la prophétie mais que celle-ci est à peine ébauchée. Donc faut que je m'arrange pour que ce soit cohérent avec la suite de la fic et tout.
Donc voilà.
Des bisous !
J'espère que ce chapitre vous a plu !
