Hors du temps, voire même hors de l'espace, Fondcombe se prélassait sous le soleil d'été, bercé par le Bruimen qui s'égouttait mollement au fil des cascades qui rythmaient sa course.
Attablé à une terrasse, Dwalin observait d'un œil critique les bâtiments de la GITM qui se dressaient non loin. Il n'avait pas la certitude d'y trouver Orianne, si elle était encore en vie, mais c'était le meilleur endroit pour commencer des recherches pertinentes.
Et, de toute manière, la question ne se posait même plus, vu que Thorïn avait décidé d'interférer dans cette histoire et l'avait « Sommé », tout simplement, de se rendre dans cette ville maudite.

Grinçant des dents et impatient, il regarda l'heure affichée sur son SmartPhone, et grimaça lorsqu'il constata que seulement cinq minutes s'étaient écoulées depuis la dernière fois qu'il l'avait consulté, et que son enfoiré de contact était en retard.

Il était furieux d'avoir à collaborer avec la dernière personne à qui il avait envie de parler maintenant, celle qui, sur terre, il n'aurait jamais accepté l'aide, si ce n'était pas pour récupérer cette gamine pour qui il avait stupidement craqué, mais, malheureusement, il n'avait pas vraiment le choix. Et puis Thorïn s'y était mêlé.
Ca, c'était une très bonne excuse.

Les minutes s'écoulèrent lentement, et, ennuyé, il récupéra son SmartPhone pour tenter de joindre Thorïn à nouveau, mais la situation dans les Gadolah ne devait pas être au mieux, dans la mesure ou absolument aucun nain de la compagnie ne lui avait envoyé de nouvelles depuis la vieille. Il poussa un soupir lourd, car, bien entendu, poireauter en terrasse tout en sachant que ses meilleurs amis menaient la bataille de leur vie actuellement, peut-être même de leur histoire, était un supplice pour un guerrier tel que lui.

Relisant ses derniers mails, il ne prit pas la peine de lever la tête lorsqu'une ombre le couvrit avant que, sans un salut, ni même une politesse, la chaise en face de lui fut tirée et l'on s'y assit sèchement. Il soupira à nouveau lorsque de longs doigts fins et délicats commencèrent à pianoter impatiemment sur la table de verre, et il leva les yeux pour croiser ceux, pas vraiment ravis, de Vidalinn, qui lui faisait face.
Aucun des deux ne prit la peine de feindre une quelconque empathie l'un pour l'autre et, sèchement, le semi-elfe entra dans le vif du sujet :

— Heljar possède un appartement dans les baraquements. Il l'a confinée là-bas.

Donner ce genre d'information à Dwalin, un nain qu'il avait très souvent combattu, lui demanda un effort qu'il ne cacha pas et, la lèvre plissée, il posa les plans des bâtiments sur la table, sur lesquels le nain lorgna en demandant d'une voix sourde, profondément soulagé :

— Comment va-t-elle ?
— Elle est encore en vie.

Dwalin fit la moue et voulu récupérer les papiers, mais Vidalinn les mit hors de sa porté, se penchant sur la table pour l'épingler du regard :

— On a un marché.

Dwalin grimaça et se laissa tomber contre le dossier de sa chaise, croisant les bras en soutenant le regard du blond :

— Il s'agit d'une mission suicide… J'accepte d'y prendre part, à condition que je sois assuré du sort d'Orianne…
— Comment puis-je être certain que tu ne fuis pas avec elle sitôt que tu l'auras retrouvé ?
— Parce que j'ai donné ma parole.

Martelant ses derniers mots, Dwalin s'était à nouveau penché sur Vidalinn qui ne broncha pas. Ils restèrent tous les deux immobiles, semblant lutter, l'un comme l'autre, au désir de lancer une belle droite dans la gueule de l'empaffé qui leur faisait face mais, rapidement, le descendant elfe concéda :

— Et moi j'ai donné la mienne : Ta petite-amie passera en priorité. Une fois que tu auras honoré notre marché.
— Ce n'est pas ce que je v-
— Nous devons établir un sens des priorités, Dwalin !

Vidalinn avait parlé sèchement, frappant de la paume sur la table, et le nain fronça les sourcils, avant de l'attraper au col et le soulever comme s'il ne pesait rien, se penchant sur la table pour gronder méchamment :

— Ecoute bien, mon grand : comme toi, ça me coute beaucoup de t'avoir comme compagnon d'arme, et s'il ne s'agissait pas d'un putain d'ordre de mon roi, tu peux être certain que ton marché, tu te serais torché avec ! Alors maintenant, si tu veux bien-

Mais Vidalinn ne lui laissa pas le temps de finir. Avec force, il attrapa sa nuque et, sans prévenir, l'attira à lui pour lui rouler le patin du siècle.

Les deux agents aux couleurs de la GITM qui déambulaient dans la rue passèrent à quelques mètres du couple qu'ils formaient à l'instant, sans remarquer leur visage, qu'ils auraient reconnu au premier coup d'œil, et, une fois qu'ils furent hors de vue, les deux grands guerriers se jetèrent sur leurs pieds en suffoquant et crachant de dégout, avant que Dwalin, frissonnant, ne pivote sur son talon pour lancer un crochet direct dans la mâchoire de Vidalinn, trop occupé à s'essuyer frénétiquement la bouche pour voir le coup venir :

— Ne refais plus jamais ça, connard !
— Ne t'inquiète pas, je ne risque pas d'y prendre gout.

Il encaissa le coup comme s'il fut fait de vent puis, sans ménagement, il attrapa le verre de vin de la petite brune qui papotait au téléphone à la table d'à côté et, sourd à ses protestations, il le vida cul sec afin de gommer l'ignoble gout qu'il avait dans la bouche, avant de s'emparer du bras de Dwalin pour l'emmener avec lui :

— Ils nous connaissent, tous les deux, on ne peux pas rester à découvert ainsi !
— Je ne te suivrais pas tant que je ne serai pas-
— Cesse tes gamineries, un peu ! Si on cueille la fille avant d'en finir avec Rasmus, on n'aura plus aucune chance de l'avoir par la surprise ! Faisons les choses dans l'ordre et arrête de geindre, pour une fois. T'avoir sur le dos est déjà un supplice en soit…
— Sauf que la fille en question est une experte en explosif, ce serait stupide de cracher sur un allié pareil simplement parce que tu mises toutes tes chances de réussites sur un stupide effet de surprise !
— Toutes « Nos » Chances… Et je maintiens que l'effet de surprise est l'atout le plus efficace dont nous disposions…
— Dont « Tu » Disposes… Pardonne moi, mais je ne combats pas comme un PD… Je comptes pas m'infiltrer en fourbe jusqu'à lui tirer une balle dans le dos…
— Je ne vois pas ce que mon homosexualité viens faire là dedans… Surtout que de ce côté là, ton boss est pire que moi, il me semble… Et niveau infiltration, aucune chance… Un bourrin comme toi, on le voit venir à des kilomètres…

Ils s'immobilisèrent lorsque, arrivant face à eux, un groupe d'agents de la GITM se rendaient dans les locaux de l'organisation en discutant vivement et, sans un mot, ils bifurquèrent et changèrent de rue, de plus en plus tendus. Le site grouillait d'ennemis et il était évident que, à deux seulement, parvenir à remplir la mission que Gandalf avait donnée à Vidalinn, à savoir : s'occuper de mettre Rasmus hors d'état de nuire et reprendre le contrôle de la GITM, n'allait pas être si facile…
S'adossant à un mur, dans l'ombre d'une ruelle, le blond grinça des dents en réfléchissant activant, puis il concéda :

— Okay… Je crois que j'ai un plan. Et il va te plaire. Du moins, sur certains aspects…

oOo

Même en n'étant pas sur les lieux, Bilbo pouvait entendre les canons et sentir la terre trembler autour de lui. Son cœur battait fort et il manqua plusieurs fois de faire demi-tour pour retourner à Dale et vérifier l'état de ses amis et, surtout, s'assurer que Thorïn était toujours en vie.
Mais, de une, il se savait inutile dans cette guerre, car non combattant et potentielle source d'inquiétude constante pour Thorïn qui préférait le savoir loin des combats. De deux, la simple idée de refaire la route dans l'autre sens le fatiguait profondément.
Et, de trois, il ne savait pas vraiment pourquoi il se posait la question, puisque, alors qu'il se tenait face au mur magnifiquement décoré d'une mosaïque d'argent, mis à part deux émeraudes qui illustraient les yeux d'un cracheur de feu, il n'était absolument plus question de faire demi-tour.

Il prit sa respiration, puis sans hésiter il appuya sur les gemmes vertes. D'abord le droit. Puis le gauche.

Il y eut un déclic et le hobbit recula vivement, retenant brusquement sa respiration lorsqu'un nuage de poussière et de cendre fut soufflé de l'intérieur, noyant le hobbit qui ferma les yeux en plaquant son bras contre son nez pour pouvoir respirer un minimum.
Il dû attendre un petit moment avant que la poussière ne se disperse, puis il s'approcha timidement du mur sur lequel il posa les mains.
Il n'eut même pas à fournir la moindre pression, le simple contact suffit pour écarter la roche, et un courant d'air frais, venant des entrailles de la montagne, lui parvint tout d'un coup.

« Erebor s'ouvrira à nouveau »

Debout face à l'ouverture, un vertige le prit et, sans vraiment réfléchir, se sentant happer par le couloir sombre qui descendait dans les ténèbres, il s'y engagea sans un regard en arrière.

Il marcha une petite quinzaine de minutes, avant que les ombres ne s'étendent, jusqu'à disparaître à nouveau et, la gorge sèche, il fit quelques pas sur un promontoire, avant de s'immobiliser, bouche bée.

Il le savait pourtant. Même si ce n'était qu'une légende, il était admis que, dans cette montagne, sommeillait le plus grand trésor jamais assemblé. Mais celui qui s'étendait sous ses pieds… Cela dépassait l'entendement, la raison et l'imagination.
A perte de vue, sous les immenses cavernes scintillantes, s'amoncelaient des tas de pièces d'or, d'objets précieux, de pierres somptueuses…

Combien de temps il resta immobile à contempler ces richesses, il ne put le dire, mais, tout d'un coup, il se sentit frissonner lorsqu'un courant d'air, glacial et malsain, tourbillonna autour de lui, s'engouffrant dans les galeries où il siffla de manière à créer une mélodie lugubre et dense, un chant qui semblait venir de partout et qui lui hérissa instinctivement les poils.
Extrêmement mal à l'aise, il déglutit et suivit un large escalier afin de se diriger plus profondément dans la mine désertée, sortant l'ouvrage de la GPRM pour déterminer la localisation supposée du tombeau des âmes mêlées, pièce clé de la prophétie. Mais, malgré leurs recherches intenses, jamais les érudits n'étaient parvenus à trouver cette salle légendaire, ne laissant que des doutes et des suppositions, mais rien de très tangible.

Sans se laisser abattre, il décida de se diriger vers la salle du trône, arpentant d'un pas silencieux les immenses galeries d'albâtre et de marbre, grimpant le long des éboulements, parfois contraints de faire de longs détour car certains passages n'étaient plus praticables, obstrués ou détruit par le temps et les cataclysmes naturels.

Mais, à chaque pas, le souffle des courants d'air semblait se faire plus intense et plus pressant autour de lui alors qu'il s'enfonçait dans la mine, emballant son rythme cardiaque.
Pourtant, il continua, passa les salles principales, devinant leur importance à leur grandeur et leur magnificence, mais éventrées, dont les murs étaient couverts de ces mots dans la langue noire qu'il avait repérée dans le livre, achevant de le mettre mal à l'aise et, avalant sa salive, il s'arrêta, enfin, dans la salle du trône, vaste et vide, profanée elle aussi.
Le trône d'argent se dressait là, un rocher au milieu d'une mer en furie, ce fut l'image qui s'imposa à Bilbo face à l'état déplorable du lieu, souillé d'immondices orc. Vénérable monument silencieux et imposant malgré l'érosion et les dégradations, un œil unique était peint en noir au dessus et un trou béant en formait la pupille, certainement la place anciennement réservée à la pierre Arkane.

Bilbo, très mal à l'aise, s'approcha avec précaution pour étudier de plus près ce siège historique, mais, à nouveau, un vent froid jaillit de nulle part, entourant le hobbit qui, pétrifié face au trône, fut incapable de faire un pas de plus.
Immobile au centre de cette salle gigantesque, il entendit la manière dont les différents courants d'airs se percutèrent, roulant dans la pièce, faisant jaillir une mélodie qui n'avait rien de naturelle... Surtout lorsque s'y mêlèrent les lointains échos métalliques d'armes de fer qui s'entrechoquent, comme résonnance des premiers âges, ainsi que le son d'un feu qui s'embrase, et, semblant sortir du vent, des voix s'élevèrent autour de lui.

Il y avait quelque chose dans cette mine.
Quelque chose dont l'emprunte maléfique hantait l'intégralité du lieu.
Quelque chose qui possédait sa propre intelligence et sa propre volonté… Mauvaise et corruptrice.

Bilbo sursauta lorsqu'un nouveau courant d'air glacé l'enroba, et il sentit, sur son échine, un souffle invisible qui l'amena à se retourner vivement. Mais il n'y avait rien.
Les ombres semblèrent se faire plus denses autour de lui et, s'élevant, les voix du vent tourbillonnaient dans une langue qu'il ne comprenait pas. Belles, envoutantes et pures.

Min Warb Naseu
Wilr Made Thaim
I Bormotha Hauni

Hu War
Hu War Opkam Har a Hit Lot

Got Nafiskr Orf
Auim Suimade
Foki Afa Galande

Il fut envouté par le chant entêtant du vent, dont il ne comprit pas la langue, mais concéda qu'il s'agissait d'un dialecte depuis longtemps oublié, s'il n'avait jamais été appris par les enfants des Valars. Un chant crié par une voix pure, triste, mais porteuse d'une force et d'une foi incorruptible et, touché, il resta immobile face à l'ouverture.
Mais, soudainement ce chant se tut, comme vaincu, et, du vent, le bruit des armes et du feu se fit plus intense, presque agressif.

Puis Bilbo l'entendit. Tout autour de lui, et en lui. Comme si elle s'approchait peu à peu.
Une voix rauque, écorchée et tourmentée qui semblait venir de partout et de nulle part en même temps, son écho se percutait sur les murs de la salles, répétant en boucle chacun de ses mots chuchotés, ce qui rendait les phrases à peine perceptibles pour Bilbo, même s'il reconnu, sans mal, la variation Alpha du langage courant. La première qui fut parlée par les hommes et qui fut usée durant tout le premier temps.
Toutefois, les murmures chaotiques semblèrent se rejoindre et, peu à peu, le hobbit fut capable d'en détecter quelques uns dans le maelström si bruyant et de traduire grossièrement ces chuchotements heurtés :

Alors je laisse ma lame mener la discutions,
Que ma langue devienne de fer,
Et mes mots de puissants rugissements de guerre.
Révélée, que ma colère frappe.

Petrifié, Bilbo fut incapable de prendre le contrôle de son corps qui resta figé face au trône et il sentit une chape glaciale compresser sa poitrine lorsque, soudain, le lointain bruit du métal et du feu se tut brusquement pour laisser place à un silence blanc et pesant qui ne fut troublé ni par le vent, ni par les échos de la mine, tranché seulement par les murmures à peine perceptibles qui continuaient de tournoyer autour de l'historien :

L'épée est molle
Dans le feu de la fournaise
Elle a faim d'être frappée
Et veut avoir des centaines de sœurs
Dans l'état le plus froid de leur existence
Pour offrir la danse de la folie
Dans un bourbier de pluie rouge

Du trône sembla provenir un mouvement, comme si l'air s'embrasait soudain et qu'un feu ardent s'éveillait avec ardeur.

Cher frère ennemi
Je chante ma chanson affutée pour toi
La berceuse de l'oblitération,
Donc, je peux me réveiller avec un sourire
Et le bonheur dans mon cœur
Et le bonheur dans mon cœur
Et le bonheur dans mon cœur

Bilbo sentit un frisson glacé remonter le long de son dos crispé tandis que les murmures se répétaient en boucle autour de lui, et que le feu prenait en consistance sous ses yeux écarquillés. Ses doigts, serrés à s'en faire mal, étaient maintenant blancs et vidés de force tandis que, dans le silence total de la mine, les murmures lugubres continuaient leur chant grégaire.

Je vois une ombre grise à l'horizon
Cela promet un puissant levé soleil,
Pour fondre toutes les lunes.
A côté, les anciens feux de purification
Ressembleront à des braises mourantes
Ressembleront à des braises mourantes
Ressembleront à des braises mourantes

Prit de terreur, Bilbo voulut hurler lorsque le feu se propagea et sembla jaillir du trône, il ne trouva que la force et la volonté de se reculer en chancelant tandis que la voix sembla maintenant susurrer à son oreille et que les flammes tournoyaient autour de lui :

Mon nouvel âge vient de commencer
Coexistence, conflit, combat
Dévastation, régénération, transformation
C'est le meilleur que je puisse faire pour vous

Il voulut fuir, utiliser ses jambes lourdes et tremblantes pour se mouvoir et échapper à cette chose qui l'entourait, mais, soudain, le feu se fendit d'une pupille verticale, noire et d'une profondeur vertigineuse, par laquelle il fut happé :

Je vois ma réflexion dans tes yeux
Je vois ma réflexion dans tes yeux
Je vois ma réflexion dans tes yeux

L'air semblait bruler autour de lui, pourtant, jamais il n'avait eu aussi froid et il eut clairement l'impression que son cœur, sous l'épouvante, avait cessé de battre. Il tomba en arrière, mais, aussi brusquement, les murmures se turent et le feu s'évapora.

Sous le choc, il resta immobile, assis sur le sol, à bout de souffle.
Ce tombeau était maudit. La mine entière était maudite.
A cause de cette chose qui se trouvait là et qui, depuis des milliers d'années, attendait le retour de son maitre.

Quelque chose qui avait soif de mort et de sang.
Mais pas n'importe lesquels…

Il déglutit et, tremblant de tous ses membres, il se leva, une seule idée en tête : s'éloigner de cette salle.

Il voulait quitter ce lieu, aussi, rejoindre Thorïn et le supplier de quitter les Gadolah pour tenter leur chance à la Moria, mais il connaissait le nain. Ce ne serait pas un maléfice ancien qui l'empêcherait de conquérir ce royaume aux multiples richesses. Alors, au lieu de se diriger vers la sortie comme il crevait d'envie de le faire, il décida de rechercher, toujours tremblant, la chose à laquelle il accordait le plus d'importance : les bibliothèques.
Feuilletant rapidement l'ouvrage de la GPRM, il trouva un plan simple qui désignait les lieux les plus importants et il tenta sa chance en se dirigeant vers le cœur de la mine. Il en profita pour passer par les salles comblées de trésors, se sentant minuscule parmi tant de richesses mais, soudain, quelque chose l'interpella et il se figea, sans comprendre, à première abord, où était le problème.

Il resta immobile et silencieux, attentif au moindre son, mais seul le silence l'accompagnait et il reprit sa marche prudemment, les sens en alerte. Il s'arrêta à nouveau et, cette fois-ci, perçant l'origine du premier bruit qu'il avait surpris :
Un tintement de pièces qui roulèrent du tas d'or, une dizaine de mètres plus loin et, trop discret pour qu'il le perçoive nettement, un souffle profond et régulier.

Il n'était pas tout seul.
Bordel.
Cette montagne n'était peut-être pas l'endroit le plus safe, finalement…

Se faisant le plus silencieux possible, il s'accroupit et se dirigea vers une imposante colonne de granite derrière laquelle il se cacha tandis que le tintement des pièces se faisait plus important.
Tachant de ne pas céder à la panique, il ouvrit le vieux livre qu'il feuilleta rapidement afin de déterminer s'il devait réellement s'inquiéter ou non et, surtout, qu'était-il censé craindre ?
Cela faisait des siècles que la montagne était scellée, des millénaires qu'elle était enterrée sous les Gadolah et plus de temps encore que les nains l'avaient désertée dans des circonstances floues.

Il retint son souffle lorsque tout un tas de pièce s'écroula soudain, et il ferma les yeux en retenant un gémissement de terreur lorsque grave et rauque, une voix inhumaine tonna dans la montagne :

— Qui ose pénétrer dans mon royaume ?

Tremblant, il tenta de se retourner pour lorgner discrètement tout en restant caché derrière la pierre, et il manqua de pousser un glapissement peu viril lorsqu'il vit, jaillissant de l'or, le gigantesque corps reptilien et couvert d'écailles pâles d'un monstre qui faisait au moins une bonne dizaine de mètres de longueur et au moins trois de hauteur.

Oh putain de Mahal sa mère comme disait Kili. Ou un truc du genre.

Un lézard.
Un lézard géant.
Non pas un lézard.
Un dragon.
Un putain de dragon. Minuscule, certes, si on le comparait aux dragons décrits dans les légendes, mais pas si inoffensif. Et en vie. Et qui bougeait. Avec des ailes et des dents. Et, avec effroi, le hobbit vit la bête tourner sa gueule vers lui, les narines dilatées, en parlant d'une voix assurée :

— Pas la peine de te cacher, voleur, je sais que tu es là.

Brusquement, le dragon se leva et Bilbo grimaça lorsqu'il entendit distinctement les os, trop longtemps endormis, craquer sous la contrainte du mouvement trop brusque, et le dragon se laissa tomber comme un flan au pudding en rugissant :

— Par les écailles de Smaug le véreux, tu ne m'échapperas pas si facilement, voleur !

Il venait de parler dans la variation Beta du langage courant. Ce qui signifiait qu'il était vieux. Très vieux. Plus vieux que les Gadolah. Holala, si c'était le cas, l'historien avait de très nombreuses questions à lui poser !

Pressé contre son pilier, Bilbo tenta un nouveau regard vers le dragon qui se releva lourdement et qui rampa en boitant dans sa direction. Sans attendre, le hobbit quitta sa cachette pour rejoindre un éboulement ancien sous lequel il se cacha tandis que le dragon, presque joyeusement, frappa vivement de sa patte à l'endroit exacte où il se tenait auparavant. Plusieurs fois. Puis il sembla se rendre compte que sa proie lui avait échappé et il colla ses narines au sol pour renifler la piste, permettant, ainsi, à Bilbo de voir distinctement ses yeux : couverts d'une fine pellicule blanche et opaque.
Aveugle ! Il se trouvait face à un dragon vieux et aveugle !
Peut-être avait-il une chance de s'en tirer, finalement.
Chance qui se fana lorsque le dragon ouvrit béatement sa gueule pour cracher son feu dans sa direction et Bilbo se recroquevilla lorsqu'il vit les flammes ardentes danser au fond de la gorge du monstre. Il ferma soudainement les yeux avec une dernière pensée pour Thorïn, simplement déçu de voir que son aventure à lui s'arrêtait là et qu'il ne serait pas en mesure de tenir sa promesse, à savoir : aider son amant à connaître la paix.
Parce que cramé par un dragon.
La dernière mort à laquelle il s'était attendue lorsqu'il avait décidé de rester auprès de du nain pour l'aider dans sa quête.
Toutefois, il rouvrit les yeux lorsque, bruyamment, le reptile fut prit d'une toux magistrale et que, au lieu de cracher un tourbillon de flammes, quelques braises furent expulsées de sa gorge. Bilbo en profita pour déguerpir et il se dirigea rapidement vers la sortie. Un maléfice et un dragon, c'était trop pour lui et, s'il revenait ici, ce serait avec un lance roquette. Laissant le reptile s'étouffer avec la lave sèche qui obstruait sa gorge, il retrouva les marches qui le mèneraient au tunnel et à l'air libre.

— ATTEND !

L'ordre rauque avait tonné et, essoufflé et inquiet, Bilbo se tourna vers le dragon qui rampait au sol, ses articulations craquant sous l'effort :

— Attend ! Je crois qu'on est parti sur de mauvaises bases toi et moi !

Interpellé par l'urgence, la solitude et le désespoir qui suintait de la vieille voix, Bilbo haussa un sourcil et, voyant la bête déployer ses ailes, prête à décoller vers lui, il reprit l'ascension rapidement. Le cuir gémit et les jointures craquèrent lorsque le dragon prit son envol pour rejoindre le hobbit, et celui-ci poussa un hurlement quand le cracheur de feu s'écrasa sur les escaliers. La pierre vola en éclat et Bilbo fut projeté en arrière.
Etourdi par sa chute, il tenta tout de même de se relever en titubant, la vision trouble et le cœur au bord des lèvres.
Devant lui, dans les décombres, le dragon se débattait en pestant, à moitié enseveli dans les gravas de ce qu'il restait de l'escalier qui aurait permis à Bilbo de retourner à la surface. Passage qui n'était plus praticable, maintenant.

Toutefois, la situation lui sembla plus comique qu'autre chose, ou alors, c'était ce qui lui restait de nerfs qui craqua, car un son étrange roula dans la gorge de Bilbo, entre le sanglot et l'éclat de rire, à la vue de cette bestiole censée dangereuse mais pratiquement handicapée, cette situation incongrue, ce désespoir qui l'étreignait et ce trésor inimaginable qui l'entourait et qui, à lui seul pouvait régler tous les problèmes de Thorïn et, donc, du hobbit par la même occasion.

Mais, brutalement, le grands vers s'extirpa de l'éboulement et il s'ébroua, avant de tourner, à nouveau, sa gueule dans la direction du hobbit, vexé par sa maladresse et semblant susceptible :

— Ne te moques pas de moi !
— Je ne me moque pas !

Spontanément, Bilbo avait répondu en reculant, cherchant du regard la meilleure solution de retrait qu'il pouvait dénicher. Et interpellée, la bête vint vers lui, parlant d'un ton soudain curieux :

— Répète ce que tu viens de dire ?

Reculant, Bilbo fronça les sourcils et parla à nouveau, nerveux :

— Je… Je ne me moque pas… de vous… votre magnificence..

Le dragon renifla et fit un bond en avant, pour s'écraser dans un tas d'or à peine quelques mètres devant Bilbo, lui coupant la retraite. Il voulut se relever, mais ses articulations se bloquèrent à nouveau et il décida de rester allongé, prenant une pose qui se voulait décontractée :

— Tu as un drôle d'accent, voleur… D'où viens-tu ?
— Je ne suis pas un voleur.

Eludant la question, Bilbo chercha une nouvelle possibilité de fuite en reculant vers un couloir étroit, mais le dragon se redressa en soufflant sous l'effort :

— Vraiment ? Alors… Dis moi… Que fais-tu chez moi ?
— Pardonnez-moi, votre grandeur… J'ignorais que je me trouvais dans la demeure d'un dragon aussi… hem.. Eblouissant.

Le vocabulaire en variation Beta lui manquait, mais, sans qu'il ne puisse s'en préoccuper, un feulement furieux lui répondit et il eut le reflexe de se jeter du haut du tas d'or qu'il dévala en glissant, lorsque la patte puissante du dragon manqua de le faucher.

— Insolent ! Je suis une dragonne, pas un dragon !

La bête voulu reprendre son équilibre après le coup, mais elle posa sa patte sur un monticule instable qui s'écroula, amenant la dragonne à dévaler lourdement, à son tour, le tas d'or, et elle s'écrasa, sur le dos, à quelques mètres de Bilbo qui la regarda avec curiosité :

— Pardonnez-moi, je ne savais pas que- En réalité, vous êtes le premier drag- Hem. La première dragonne que je rencontre… Je ne savais même pas que ça existait encore…
— Tu te moques de moi ! Misérable !

Bloquée sur le dos, elle tenta de se remettre sur pied maladroitement et Bilbo parla rapidement en reculant :

— Nous sommes au deuxième âge du quatrième ère ! Cela fait des millénaires que plus personne ne croit en l'existence des dragons !

Il savait qu'il jouait avec le feu en annonçant une telle chose, mais il espérait que cela mettrait la bête dans de meilleurs conditions. Et, en effet, celle-ci, toujours bloquée sur le dos, se figea totalement, la gueule ouverte :

— Plait-il ?

Grimpant le long d'un éboulement pour trouver une autre issue, Bilbo lui laissa un peu de temps pour digérer la nouvelle et, lorsqu'elle recommença à battre des pattes pour tenter, vainement, de se remettre sur pied, il se redressa pour se tourner vers elle, à bout de souffle, mais curieux :

— Comment êtes-vous entré dans cette montagne, au juste ?
— Par la porte.
— Quand ça ? Je ne suis pas le premier à être venu ici… Une famille de nains m'a précédé et, avant eux, un groupe de savant de la GPRM…

La dragonne, trop occupée à tenter de se remettre debout, ne répondit pas, ahanant sous l'effort et pestant furieusement. Bilbo la regarda faire un instant, puis il soupira et, prudemment, redescendit de l'éboulement pour s'approcher du monstre :

— Je viens vous aider… alors ne mangez pas l'aide, s'il vous plait…

Elle grogna en réponse et laissa le hobbit s'emparer d'une vieille lance d'airain qu'il plaça sous le cuir flasque pour l'utiliser comme levier. Ce ne fut pas facile et ils luttèrent tous les deux mais, à terme, la dragonne parvint à rouler sur le flanc, à bout de souffle. Elle y resta allongée, la nuque ployée, ses naseaux dilatés posés sur le sol doré, battant de la queue dans un rythme agacée et Bilbo vint lui faire face, demandant avec aplomb :

— Cela fait combien de temps que vous régnez sur ce royaume ? Etait-il déjà vide lorsque vous vous êtes installée ? Et suis-je le seul qui vous ai réveillé ?

oOo

Grace à l'intervention de Fili, un calme apparent était revenu dans les Gadolah, permettant aux nains de se réorganiser et de préparer la contre attaque. Le pilote tournoya aussi longtemps qu'il le put dans les airs afin de couvrir les troupes de son oncle qui se réappropriaient les points stratégiques puis, dans un soucis de préserver son carburant, il profita du brouillard pour rejoindre les chutes de pierres et atterrir prudemment.
Même s'il était plus lourd et moins sensible que le mini-explorer, l'Embrear était, lui aussi, soumis à la dangerosité du milieu et Fili du s'y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à aborder la piste en sécurité.

Assis sur un rocher, grinçant des dents depuis que les combats avait commencé alors que lui était condamné à rester ici à se tourner les pouces, Argon eut un soupir, puis il se leva pour accueillir le fils de Thorïn qui descendit de son avion encore fumant, le visage sombre :

— Argon, quel est le rapport ?

Habitué à obéir, le jeune rebelle n'eut aucun mal à accepter l'autorité du blond qui s'exprima dans un Khudzul approximatif, mais il fit la moue en montrant son talkie pour répondre avec des mots suffisamment simples pour se faire comprendre :

— Aucune idée. Les ondes ne viennent pas jusqu'ici… Mais nous tenons ce périmètre et certains de mes éclaireurs ont repéré que les troupes orcs se repliaient plus au Nord…
— Au nord ? Vers Erebor ?

Se détournant de lui, Fili vérifia l'état de son avion et Argon s'approcha en expliquant :

— Je pense qu'ils se regroupent pour mieux prendre Thorïn à revers…
— Et garder le contrôle de la mine…

Le plus jeune grimaça en concédant gentiment :

— Nous n'avons pas de certitudes quant à leurs projets… Mais une chose est certaine, s'ils restent dans cette zone, ils ne seront pas facilement délogeables…
— Ca dépend pour qui…

Pensivement, Fili caressa une hélice et ils échangèrent un cours regard avant qu'Argon ne grimace :

— L'endroit où se trouve potentiellement votre montagne est très encaissé, entouré de ravins et de végétation dense…
— Ce qui veut dire que Thorïn n'a aucune chance de les débusquer…
— Toi non plus…

Fili eut un sourire indulgent et il s'approcha d'une aile lourdement armée, expliquant lentement en cherchant ses mots dans cette langue qu'il maitrisait à peine, mais qu'il prononçait distinctement :

— J'ai fait le trajet des Monts de Fer d'une traite et j'ai plongé directement dans le combat en arrivant ici… Je n'ai pas eu l'occasion d'activer l'intégralité de mon armement avant de lancer ma première attaque…

Argon poussa un sifflement admiratif lorsqu'il aperçu les missiles et les mitrailleuses prêts à exploser et il suivit Fili lorsque celui-ci, après avoir attrapé un sac de dattes sèches que lui envoya un soldat, retourna à la cabine.

— Attend, tu fais quoi ?
— Ce que je peux pour faciliter la tâche de Thorïn.
— Ils te descendront trop facilement !
— Ils savent qui pilote cet avion et ils ne veulent pas me tuer…
— Comment peux-tu en être certain ?
— Parce qu'ils ont déjà eu plusieurs fois l'occasion de le faire…

Il grimpa dans l'appareil et, sans demander permission, Agron contourna l'avion pour prendre à son tour place à côté de lui, supportant le regard contrarié du blond :

— Tu m'expliques ce que tu fais ?
— Je viens avec toi. Personne ne connaît mieux ces montagnes que moi et il faut bien que quelqu'un s'occupe de lâcher ces bombes si toi tu es occupé à conduire ce truc.
— Piloter…
— Pardon ?

Fili avait répondu distraitement, en Khudzul, et, très sérieusement, tout en activant l'engin, il se tourna vers le plus jeune pour le reprendre dans sa propre langue :

— On ne conduit pas un avion, on le pilote…
— Et alors ? Ca revient au même, non ? A moins que tu ne te sentes obligé de me rappeler que, de nous deux, je suis l'analphabète montagnard qui ne connaît rien au monde extérieur…

Ils échangèrent un regard mauvais, mais Fili détourna les yeux en faisant la moue. Il voulait pas passer pour le prince doré et éduqué accroché à son piédestal, mais, surtout, il n'avait, tout simplement, pas la moindre envie d'être agréable au plus jeune. Quitte à passer pour le connard de service. Et, tout en réveillant les moteurs, il donna sèchement une tape sur sa main lorsque celui-ci, curieux, tenta de toucher le tableau de bord :

— Garde tes mains ! Ces instruments sont ultra sensibles.

Il se détourna pour vérifier les commandes tandis qu'Argon lui fit une grimace dans le dos et il ordonna d'une voix implacable :

— Descend, tu n'as rien à faire ici.
— Je serais bien plus utile avec toi qu'à poireauter en bas jusqu'à ce que les hostilités soient terminées…
— Chacun sa place…

Irrité, Fili avait répondu sèchement, écopant un regard noir de la part du plus jeune et, soudain, Argon lâcha méchamment :

— Tu sais Fili, ce n'est pas parce que je convoite le même mec que toi que je suis un connard…

L'affirmation inattendue surprit Fili, mais sa réponse fusa sa qu'il ne pense vraiment à la retenir :

— Non, ce qui fait de toi un connard, c'est la manière dont tu t'imposes sans que personne ne t'invite…

Le plus jeune grinça des dents, mais, sans répondre, il se contenta de fermer la porte et d'attraper le casque posé sur son dossier pour le mettre maladroitement sur lui, le visage sombre et la lèvre ourlée. Fili hésita un instant à le jeter dehors, mais il se retint et, sèchement, il mit l'avion en route.
La piste était courte, mais l'Embraer n'avait pas besoin de plus pour prendre son élan et, poussant les gaz, Fili fit décoller l'appareil, feignant l'indifférence lorsque le visage du brun à côté de lui vira au vert et que celui-ci, subissant son premier vol, oublia de respirer, le nez collé à la vitre, alors qu'il voyait ses montagnes avec ce point de vue pour la première fois.
Puis Argon se rassit en ruminant, avant de lancer un regard mauvais à Fili qui se concentrait sur son vol en pestant contre les conditions désastreuses :

— Tout le monde n'a pas l'honneur d'être élevé par Thorïn… Si je ne m'impose pas, ai-je la moindre chance de me faire une place parmi des gens comme vous ?
— A trop forcer la chance, on fini souvent par perdre toute opportunité, il faut aussi savoir se contenter de ce qu'on a…
— Tu parles en connaissance de cause…

Relevant sans mal l'évocation maussade à sa rupture avec Kili, Fili se contenta de répondre en faisant piquer l'avion. Argon poussa un cri qui fut couvert par le rugissement du feu de l'Embraer lorsque Fili arrosa un avant-post orc mais, prit dans un trou d'air, l'avion perdit soudain de la portance et, sous un nouvel hurlement du plus jeune, s'affaissa de plusieurs mètres, manquant de se retourner, avant que le fils de Thorïn ne le stabilise et profite de la proximité d'un versant rocheux pour renvoyer les gaz et glisser le long d'un flanc de montagne.

— J'ai changé d'avis, je veux descendre !
— Hors de question. Maintenant que tu es là, tu tiens ta place et tu attrapes ces commandes-là. Ce sont les mitrailleuses.
— S'il te plait, Fili. Laisse-moi descendre.

Il avait supplié d'une voix blanche et, à la plus grande surprise du prince, enrouée par les sanglots. Mais il ne se laissa pas apitoyer et il prit la direction du Nord. Il concédait que, pour un premier vol, c'était peut-être un peu brutal, mais il n'avait pas vraiment le temps de se soucier des crises d'angoisses de son co-pilote qui tachait bravement de maitriser sa peur alors que l'avion virevoltait entre les sommets, malmené par les différences de pression qui le balançait dangereusement de haut en bas.


oOo

Merci d'avoir lu !

J'espère que ça continue de vous plaire :)
Toute cette partie de l'histoire est un petit casse-tête, en matière de cohérence et comme je ne sais pas encore comment je veux terminer tout ça, ça rame un peu.

Merci aux reviewers !