Bonjour tout le monde !
Les deux prochains chapitres vont être basés sur Gabriel parce qu'ils sont importants pour faire avancer la suite. Il va y avoir des hauts et des bas même si pour l'instant ce sont plutôt des bas, mais d'autres personnages vont arriver et Gaby n'est pas tout seul.
Warning : Scène de sexe, automutilation.
Musique : Something on your mind - Karen Dalton
Bonne lecture !
Something on your mind
Gabriel
- Et c'est tout ?!
- Quoi, c'est tout ? Ben oui, c'est... Aah... Tout.
- Tu lui as même pas demandé son numéro ? Rien ?
- Non !
- Tu lui as même pas proposé un dernier verre chez toi ?
- Il vient de... Mmh... De se faire larguer et... Han, putain... Ca a pas l'air d'être son truc.
- Et donc, toi, Gabriel Novak, l'être le plus teigneux que je connaisses, tu comptes abandonner aussi facilement ? J'y crois pas.
- Je... Je... Attends...
- Il te plaît ou pas ?
- J'ai... Jamais dis ça...
- Tu m'en as parlé toute la soirée – avec un ricanement.
- Oui mais je t'ai déjà dit que... Bordel, Inias... Que c'était pas son truc, les mecs.
- Il peut changer d'avis – en haussant les épaules.
- Ouais, rien que pour mes beaux yeux ?
Inias resserra un peu sa prise sur les hanches de Gabriel et se pencha vers son oreille avec un rictus.
- On ferait beaucoup de choses pour tes beaux yeux, Gaby.
Le concerné leva les yeux au ciel et lui tira la langue. Langue rapidement rejointe par sa jumelle dans un baiser passionné avant que le brun se détache de lui pour le regarder.
- Tu sais quoi ? Tu devrais lui proposer une sortie.
- Tu crois ?
Inias hocha la tête tout en resserrant ses doigts dans les cheveux de son ami pour accélérer un peu ses coups de reins.
- Ouais. Pour apprendre à le connaître, tout ça...
- Han, oui... C'est une bonne idée... Tu crois qu'il voudra ?
- Tu sais être convaincant quand tu veux.
Gabriel eut une moue d'approbation et se mit à réfléchir au type de sortie qu'il pourrait proposer à son grand client brun – Sam. Qui n'aimait pas qu'on l'appelle Sammy, d'ailleurs. Il voulait quelque chose d'original, quelque chose que le garçon n'avait jamais fait auparavant, avec personne.
- J'ai une idée !
Inias lui lança un regard en biais.
- On peut en parler dans deux minutes ? Pas que ça me dérange que tu penses à lui pendant qu'on baise mais bon...
Gabriel pouffa et se dévissa le cou pour le regarder.
- T'es jaloux ? C'est toi qui a demandé, je te signale.
Inias roula des yeux et attrapa ses bras pour le faire basculer sur le dos.
- Je suis pas jaloux. Je suis certain qu'il ne m'arrive pas à la cheville.
Gabriel passa ses bras autour de son cou et croisa ses chevilles contre son dos avec un sourire en coin.
- Tu as tout à fait raison. En fait, il est beaucoup mieux.
- Tu sais que tu vas regretter ça ? Répliqua le brun en tirant sur ses cheveux pour dégager son cou qu'il mordilla tendrement.
- J'y compte bien... S'étrangla Gabriel en fermant les yeux. Aah...
oOo
Gabriel était assis sur la seule table de son appartement, ses pieds nus battant l'air dans le vide pendant qu'il mordillait le bout de son crayon, les yeux dans le vague.
- En fait, je ne sais même pas quand il va revenir. Peut-être jamais.
Affalé dans son lit, Inias avait les yeux fixés sur son ordinateur, occupé à regarder une de ses séries en piochant dans un bol de pop-corn.
- Il t'a promis de revenir, non ?
- Mmh.
- Bon alors il va revenir.
Gabriel soupira et repris le carnet posé sur ses cuisses pour continuer son esquisse. Il était concentré sur son dessin depuis une bonne dizaine de minutes quand il entendit Inias glousser. Il leva la tête et vit son ami l'observer.
- Quoi ?
- Tu tires la langue que tu es concentré, c'est marrant.
Le petit blond lui renvoya un regard blasé.
- Je risque pas de me concentrer très longtemps avec toi.
- Tu dessines quoi ?
Gabriel lança le carnet sur le lit avant de sauter de la table pour aller chercher deux bières dans son frigo. Il en jeta une au brun qui l'attrapa habilement tout en continuant de fixer le dessin.
- J'ai quand même pas un nez aussi long ?
- Si. Répondit platement Gabriel en s'installant près de lui. Tu devrais le savoir puisque tu passes ton temps à t'admirer dans le miroir.
- De la part de quelqu'un qui les évite, je trouve ça plutôt culotté. Répliqua la brun en faisant tinter sa bouteille contre la sienne avant de la décapsuler.
Gabriel fronça les sourcils et lui donna un coup de coude dans les côtes.
- Hey ! C'est pas cool.
Inias repris son sérieux et posa l'ordinateur à côté de lui avant de se redresser pour regarder son ami bien en face.
- Sérieusement, Gaby. Tu sais que tu ne peux pas continuer comme ça.
Le concerné fit la moue et son visage se ferma légèrement.
- J'ai vraiment pas envie de parler de ça ce soir.
Inias leva les yeux au ciel.
- Je me demande bien quand tu as envie d'en parler.
- Pas ce soir. Répéta Gabriel, vaguement contrarié.
Inias soupira et passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui mais le blond se dégagea et le repoussa avant de se lever.
- Gaby...
- Non. Je déteste quand tu fais ça.
Le brun ne fit aucun geste pour le retenir – il savait qu'il ne ferait que le braquer d'avantage - et se contenta de le regarder depuis le lit. Dans le T-shirt qu'il lui avait emprunté et qui lui arrivait à mi-cuisse, et pieds nus, Gabriel semblait encore plus fragile que d'habitude.
- Quand je fais quoi ? Demanda-t-il doucement.
Le blond lui tournait le dos mais Inias voyait à ses épaules raides et à sa posture qu'il était réellement contrarié.
- Quand tu essayes de m'amadouer pour me faire parler. Je détestes ça et tu le sais très bien.
Inias n'essaya pas de nier. Il soupira doucement et chercha ses mots.
- Je m'inquiète, Gaby. Tu peux comprendre, ça. Je veux simplement que tu ailles mieux.
- Je vais bien.
- Non. Inias s'approcha pour s'asseoir au bord du lit. Tu peux duper qui tu veux mais pas moi.
Le petit blond ne répondit pas mais il entendit son souffle s'accélérer légèrement. Il tendit la main vers lui et attrapa doucement son bras pour l'attirer sur ses genoux. Gabriel résista à peine avant de s'asseoir sur ses cuisses et de laisser son ami l'étreindre. Inias posa son menton sur son épaule et passa ses bras autour de sa taille.
- Je ne veux pas te forcer si tu ne veux pas me parler mais... Tu devrais vraiment accepter l'aide qu'on te propose.
- Je ne veux pas qu'on m'aide. Finit par répondre Gabriel, la voix légèrement enrouée.
- Je sais. Murmura Inias contre lui. Je sais que tu préférerais qu'on te laisse tout seul dans ton coin. Je sais que tu es persuadé que tu peux gérer ça tout seul mais c'est pas vrai, Gaby. Tu ne peux pas. Et moi, je ne peux pas rester là sans rien faire, tu comprends ?
- Je comprends. Soupira le blond.
- Je ne veux plus assister à ça, Gaby. C'est vraiment dur, tu sais.
- Je suis désolé. Répondit platement Gabriel. Tu n'aurais pas dû...
- Non. L'interrompit Inias. Si je n'avais pas oublié quelque chose chez toi, tu ne serais plus là pour en parler. Je n'ai pas dit que je regrettais d'être revenu, j'ai dis que je ne voulais plus avoir à le refaire.
Gabriel se mordit les lèvres jusqu'à en avoir mal.
- Tu travailles demain ? Demanda-t-il.
- J'ai une course, demain matin. Répondit Inias. Mais...
- Tu devrais rentrer. Le coupa Gabriel en se dégageant de son étreinte. Il est déjà tard.
Inias soupira et se leva. Il détestait se sentir aussi impuissant.
- Tu es sûr que ça va aller ?
Gabriel lui adressa son plus beau sourire mais son ami n'était pas dupe.
- Ça va aller, t'inquiètes. Demain, je vais peut-être voir Sam, qui sait ?
Inias se força à sourire un peu.
- Ouais. Ce serait vraiment bien.
Gabriel ramassa sa veste et la lui tendit.
- Je t'appellerai pour te raconter si c'est le cas.
- Mmh.
Le brun récupéra la veste qu'il lui tendait et l'enfila avant de le prendre dans ses bras pour le serrer brièvement contre lui. Il déposa un baiser sur ses cheveux avant de le lâcher.
- Fais attention à toi, Gaby.
- Promis. Sourit ce dernier avant d'aller lui ouvrir la porte. Bonne chance pour demain.
Inias s'arrêta dans l'encadrement de la porte pour le regarder.
- Tu devrais venir. Ça te ferait du bien de sortir un peu.
Gabriel leva les yeux au ciel et fit un vague geste de la main.
- J'ai l'impression qu'on est mariés.
Inias lâcha un soupir amusé.
- Okay, j'ai compris. Reste cloîtré chez toi comme un ermite.
- C'est ça, bonne nuit ! Rétorqua le blond avec un petit signe de la main.
Inias secoua la tête et descendit les escaliers, néanmoins pas tranquille de laisser Gabriel seul alors qu'il avait l'air d'être d'humeur sombre. Toutefois, il avait une course importante le lendemain et il allait devoir se coucher tôt.
oOo
3 am.
Le vibreur du téléphone tira Inias du lourd sommeil dans lequel il était plongé. Il se tourna avec un grognement et tâtonna sur sa table de nuit pour attraper l'appareil. La lumière de l'écran l'éblouit un instant et il cligna des yeux avant de voir qui l'appelait. Son cœur rata un battement quand il vit le nom affiché à l'écran et il décrocha immédiatement en se redressant.
- Gaby ?
- Inias ? Je te réveille...
La voix de Gabriel était faible à l'autre bout du fil et le jeune homme repoussa ses draps pour s'asseoir sur le bord de son lit, la tête encore embrumée par le sommeil.
- Qu'est-ce qu'il y a, Gaby ?
Inias entendit un frottement, comme si son interlocuteur changeait de place, puis le silence s'éternisa quelques secondes.
- Gaby ?
- Oui ?
La voix de son ami paraissait lointaine et il commença à sentir la panique l'envahir. Il se leva pour attraper son jean et l'enfila d'une main avant de prendre un T-shirt dans son armoire.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Est-ce que tu peux venir ?
Inias eut l'impression que son sang se glaçait dans ses veines alors qu'il imaginait le pire. Il enfila sa veste et pris ses clefs de voiture.
- Tu es chez toi ?
- Ouais... Je savais pas qui appeler.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Insista le brun en claquant la porte de chez lui pour se diriger vers sa voiture.
- Je... J'ai...
Inias l'entendit renifler. Merde, il était en train de pleurer ?
- Qu'est-ce que tu as fait ? Demanda-t-il en essayant de paraître le plus calme possible en se glissant dans sa voiture, le téléphone calé entre son épaule et son oreille.
- Tu vas pas être content... Répondit Gabriel dans un murmure étouffé. Je suis désolé... Je suis vraiment désolé.
Inias se mordit la lèvre en essayant de garder son sang-froid. Il avait peur de revivre la même scène que quelques mois auparavant et il espérait de tout son cœur ne pas retrouver Gabriel dans le même état.
- J'arrive, d'accord ? Ne quitte pas, reste en ligne.
- …
- Gaby ? Parle-moi, s'il te plait.
- Oui ?
- Parle-moi. De ce que tu veux.
- Ce que je veux ?
La voix de son ami était vacillante et il avait peur de la perdre avant d'arriver chez lui. Pourquoi fallait-il qu'il habite aussi loin ?
- Ce que tu veux. Répéta-t-il. Tiens, parle-moi de Sam. Tu ne me l'a pas décris, physiquement.
- Sam ?
- Oui, de Sam. Parle-moi de lui.
Gabriel n'avait pas l'air de comprendre la moitié de ce qu'il disait mais il devait absolument s'assurer qu'il reste conscient jusqu'à son arrivée, quoi qu'il ait fait.
- Sam... Murmura la voix du blond. Il est grand.
- D'accord. Continue.
Inias venait d'atteindre le centre ville. Plus que cinq minutes et il était chez son ami.
- Et il a des cheveux bruns un peu trop longs. Mais... Inias ?
- Oui ? Le brun arrivait dans la rue de Gabriel.
- J'ai mal, quand même...
Inias sentit son estomac se retourner. Merde. Putain d'intuition qui ne le trompait jamais.
- Je sais, Gaby. J'arrive tout de suite, ne bouge surtout pas.
- Est-ce que je vais mourir ?
La voix de Gabriel n'était plus qu'un souffle à peine perceptible et Inias dû user de tout son sang-froid pour ne pas paniquer.
- Non. Non, tu ne vas pas mourir, Gaby. Lui assura-t-il. Je suis là dans une minute. Tu t'accroches.
Le brun se gara à la va vite sur le bord de la route et sortit de sa voiture en courant.
- Je suis devant ton immeuble, Gaby. Est-ce que tu peux aller jusqu'à l'interphone ?
- …
- Gaby ?
- Non...
- Okay.
Inias se passa une main sur le visage et appuya sur l'interphone du voisin jusqu'à ce qu'une voix endormie vienne lui répondre avec humeur.
- Quoi ? Vous avez vu l'heure ?!
- Je suis désolé. Répondit le jeune homme. Mais il faut absolument que j'entre dans l'immeuble, mon ami a besoin d'aide.
- Bon, écoutez, j'en ai rien à faire vos histoires. Bonne nuit.
- S'il vous plait ! S'écria Inias en posant ses mains sur l'interphone. Il faut absolument que je rentre ! Il risque de mourir !
Il y eut un instant de silence avant que le bip caractéristique de l'ouverture de la porte ne résonne.
- Merci ! S'exclama le brun, soulagé, avant de se précipiter dans les escaliers pour monter jusque chez son ami en reprenant son téléphone. Gaby ? T'es encore là ?
- Mmh... T'es où ?
- Je suis là. Souffla Inias en poussant la porte avant de raccrocher.
L'appartement était plongé dans le noir, seule une légère lumière filtrait en-dessous de la porte de la salle de bain. Il entra avec appréhension et balaya la pièce des yeux avant de trouver Gabriel recroquevillé près de sa baignoire, les genoux remontés contre sa poitrine et les bras serrés contre son torse. Ses mèches blondes un peu trop longues retombaient devant son visage pâle appuyé contre le rebord de la baignoire et il avait les paupières closes.
- Gaby...
Il s'agenouilla près de lui et remarqua que le devant de son T-shirt était humide et poisseux. Il saisit délicatement ses bras pour les dégager et blêmit un peu en voyant le sang qui les maculait et qui continuait à s'écouler de ses blessures.
- Merde, c'est pas vrai...
Gabriel remua un peu et papillonna des yeux sans vraiment réussir à fixer son regard sur lui.
- Inias...
- Je suis là.
Le brun attrapa une serviette et entoura les poignets de Gabriel en serrant bien le tissu pour endiguer hémorragie au maximum. Puis il glissa un bras sous ses aisselles et l'autre sous ses jambes pour le soulever dans ses bras en remarquant encore une fois avec un pincement au cœur à quel point il était léger. Il sortit de la salle de bain avec lui et attrapa une de ses vestes ainsi que les clefs de son appartement avant de redescendre rapidement, de l'installer dans sa voiture et de le couvrir avec sa veste.
- On va où ? Murmura Gabriel en essayant de s'accrocher à lui.
Inias détacha doucement ses doigts ensanglantés de sa manche et repoussa ses bras contre lui en vérifiant que les serviettes étaient bien serrées autour de ses poignets.
- Ne bouge pas trop. Je t'emmène aux urgences, d'accord ?
Gabriel secoua la tête et le suivit des yeux alors qu'il s'installait au volant.
- Nan. Pas d'accord.
Inias lui jeta un coup d'œil avant d'allumer le contact.
- Je ne te laisse pas le choix, au cas où tu n'avais pas compris.
Gabriel lui adressa une moue boudeuse qui aurait sûrement attendrie le jeune homme s'il n'était pas en train de se vider de son sang. Il conduisit le plus vite possible jusqu'aux urgences où Gabriel fut immédiatement pris en charge pendant que son ami se rongeait les sangs dans le couloir en attendant de ses nouvelles.
A suivre...
