Hello guys !
Nous voici partis pour un chapitre basé sur Sammy et sur les événements post-rupture. J'espère que cette fiction vous plait toujours autant, en tout cas je ne vous remercierai jamais assez de la suivre et de l'encourager en la lisant chapitre après chapitre et en étant là tout simplement.
Merci.
Musique : My blood - Twenty One Pilots
Bonne lecture !
My blood
Sam
Sam avait décidé de prendre son courage à deux mains pour appeler son frère. Deux semaines après sa rupture avec Jessica, il commençait doucement à reprendre le dessus et à retrouver sa routine quotidienne. Il sortait, avait repris le sport qu'il n'avait pas eu le temps de faire pendant son année, occupait ses journées en lisant ou faisant quelques recherches sur des sujets qui le passionnaient.
Il tentait de profiter de ses vacances. Il était même repassé au bar après l'avoir promis au serveur mais ce dernier n'était pas là et il en fut légèrement déçu. La personnalité rayonnante de Gabriel l'aurait tiré de sa morosité persistante. Il aurait aimé s'en faire un ami.
Il tourna plusieurs fois son téléphone dans sa main avant de faire glisser son doigt sur le nom de son frère qui s'affichait à l'écran. Il le porta à son oreille et attendit que la tonalité fasse place à la voix de son aîné.
- Sammy ? Résonna la voix de Dean, quelques secondes plus tard.
- Salut, Dean. Sourit le grand brun et s'asseyant sur l'accoudoir de son canapé. Je ne te dérange pas ?
- Non, je... Attends.
Sam entendit un bruit de ferraille puis des pas qui s'éloignait et le claquement d'une porte.
- C'est bon.
- Tu es encore au garage ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge.
- Ouais, je finissais un truc. Répondit évasivement son frère. Et toi ? Tout va bien ?
Sam avait réfléchis plusieurs jours à la manière d'annoncer la nouvelle à son aîné et comme il n'avait pas trouvé d'approche idéale, il avait décidé de lui dire les choses comme elles étaient, il improviserait ensuite pour gérer sa réaction.
- Jess m'a quitté.
Il y eut un blanc de plusieurs secondes au téléphone, si bien que le brun finit par s'inquiéter.
- Dean ? Tu es toujours là ?
- Putain, Sammy... Souffla enfin la voix de son frère. Mais pourquoi ? Quand ?
- Il y a... Sam ferma brièvement les yeux. Deux semaines. Elle part faire ses études en France et elle préférait qu'on arrête là avant de... Elle ne pensait pas en être capable, tu vois ?
- Deux semaines ? S'exclama Dean. Mais pourquoi tu ne m'as rien dit avant ?
Sam soupira et repoussa les mèches brunes qui lui tombaient devant le visage. Il était certain que son frère allait prendre ça pour un manque de confiance.
- Je ne savais pas comment te le dire. Avoua-t-il. Et puis, il m'a fallu un peu de temps pour digérer les choses.
- Mais Sammy... J'aurais pu me libérer, venir te voir plus tôt ! Il ne faut pas que tu restes tout seul.
Sam ne put s'empêcher de sourire devant la réaction disproportionnée de son frère. A vingt et un ans, il ne pouvait s'empêcher de continuer à le couver comme s'il en avait dix de moins.
- Ça va, Dean. Je t'assure. Je commence à...
- Non, ça ne va pas, Sam. Le coupa son aîné. Mais enfin, tu parlais de fiançailles la dernière fois !
- Je sais. Soupira Sam, la gorge serrée à cette évocation. Mais je ne suis pas seul. Je sors, je continue à voir des amis. Je me change les idées et... Ça me fait du bien.
Il entendit Dean marmonner.
- Je voulais simplement te mettre au courant.
- J'aimerais être là, Sammy.
- Je sais, Dean. Bientôt... C'est toi qui l'a dit. Sourit le brun.
Il l'entendit soupirer.
- Si seulement papa me laissait...
- Te laissait quoi ?
Il y eu une seconde de silence pendant laquelle l'aîné sembla se reprendre et retrouva son ton enjoué.
- Rien. Tu lui manques aussi.
Sam se crispa légèrement, une moue dubitative sur les lèvres.
- Vraiment ?
- Vraiment. Le rabroua Dean, le ton légèrement durci.
Sam ne répondit pas et préféra changer de sujet.
- Et toi, comment tu vas ? Et Bobby ?
Le rire de son aîné lui allégea un peu le cœur.
- Ils passent leur temps à s'engueuler, c'est de pire en pire.
- Bobby et papa ?
- Oui. Pouffa Dean. Papa qui reprend Bobby sur un tas de trucs et Bobby qui râle que c'est quand même pas lui qui va lui apprendre son métier. Parfois, j'ai juste à m'asseoir et à les regarder, un vrai spectacle, je te jure.
Sam rit avec lui avant d'insister d'une voix plus douce.
- Et toi ? Comment ça va avec Lisa et Ben ?
- Arf... Sam sentit le ton hésitant de sa voix. Ça n'a pas marché.
- Oh...
Le grand brun se sentit brusquement sincèrement désolé pour lui. Il pensait réellement que la jeune femme parviendrait à tirer son frère de la solitude là où d'autres avaient déjà échoués.
Il avait rencontré la jolie brune une seule fois mais ça lui avait suffit pour les trouver bien assortis et le fils de Lisa, Ben, adorait Dean qui le lui rendait au centuple. Lisa avait été d'une patience d'ange avec son frère, apprivoisant petit à petit son caractère impulsif et colérique, lui laissant autant de temps et d'espace qu'il le souhaitait, le laissant faire un pas vers elle, puis un autre. Elle n'avait jamais laissé tomber, persuadée que Dean finirait pas s'ouvrir et qu'il méritait d'être aimé autant qu'un autre. Quand ils avaient finalement officialisés leur relation, Sam avait été fou de joie pour son frère. Enfin Dean aurait quelqu'un qui l'attendrait quand il rentrerait du travail, quelqu'un à côté de qui se réveiller le matin, quelqu'un pour le soutenir, pour lui permettre de trouver l'absence de son cadet un peu plus supportable. Et il y avait cru, réellement.
- Pourquoi ? Demanda-t-il timidement.
Il imagina sans peine son frère hausser les épaules avec un air détaché.
- Ça ne pouvait pas fonctionner sur le long terme. Répondit-il simplement.
Sam savait qu'il détestait se dévoiler et que malgré l'indifférence de façade qu'il affichait, il devait probablement être affecté par le départ de la jeune femme qu'il aimait beaucoup même s'il n'était pas du genre à le crier sur tous les toits. Il décida donc de ne pas insister.
- D'accord. Je suis désolé...
- Faut pas, Sammy. C'est mieux comme ça.
- Sans doute... Soupira le brun, peu convaincu.
Quelques secondes de silence puis Dean se racla la gorge.
- J'ai hâte de te voir. Qu'on puisse parler de tout ça autour d'un verre.
- Oui. Moi aussi. Sam sourit.
- Bon... Je vais devoir te laisser. Le devoir m'appelle. Reprit Dean sur un ton plus léger.
- Va. Rit doucement son frère. On se rappelle dans la semaine.
- Pas de problème. Prends soin de toi, Sammy.
- Toi aussi, Dean.
Le grand brun raccrocha et resta un instant pensif, son téléphone dans une main et l'autre crispée sur le dossier de son canapé. Son frère lui manquait soudainement plus cruellement que d'habitude. Il ne l'avait pas vu depuis presque un an et le temps commençait à se faire long. Il espérait réussir à occuper suffisamment le mois qu'il lui restait avant la venue de son aîné pour ne pas y penser en permanence.
Il se leva et décida d'aller courir pour se changer les idées.
oOo
Deux jours plus tard, Sam se retrouvait à nouveau au bar. Il commençait à s'ennuyer ferme et il avait besoin de sortir de chez lui, de voir du monde. Avec un peu de chance, Gabriel serait revenu et il pourrait grappiller quelques minutes de sa pause pour lui parler.
Mais Gabriel n'était pas là. La jolie brune occupée derrière le comptoir lui appris qu'elle ne l'avait pas vu depuis plus de trois jours et qu'elle ne parvenait pas à le joindre, raison pour laquelle ils avaient embauchés un autre étudiant pour les aider à gérer l'affluence.
- Si vous êtes là pour lui demander une deuxième chance, sachez que vous perdez votre temps. Rajouta-t-elle avec un sourire entendu en essuyant quelques verres d'une main assurée.
- Je... Quoi ? Bredouilla Sam, pris de court.
- Vous ne seriez pas le premier. Lança-t-elle en haussant les sourcils comme si elle avait déjà répété ce discours une bonne dizaine de fois. Mais Gaby n'est pas du genre à offrir plus qu'une nuit. Et on ne veut pas d'histoires ici.
Le brun rougit violemment en comprenant l'allusion et secoua la tête.
- Ce n'est pas du tout ce que vous croyez. Je le connais à peine.
- Oui, comme les autres. Rit franchement la serveuse devant le visage décomposé du jeune homme.
Sam récupéra son verre en la fixant, effaré. Elle lui offrit un sourire désolé, se méprenant sur la raison de sa présence ici et il détourna les yeux, mal à l'aise.
- Désolé de vous avoir dérangé. Marmonna-t-il avant de quitter le comptoir pour aller s'asseoir plus loin, vexé par l'attitude de la serveuse qui se mêlait un peu trop de ce qui ne la regardait pas selon lui.
Les paroles de la jolie brune tournèrent en boucle dans son esprit tandis qu'il fixait la condensation former des gouttes et couler le long de son verre. Que devait-il comprendre ? Que Gabriel était une sorte de Don Juan sans cœur qui enchaînait les conquêtes en laissant des dizaines d'amants éplorés derrière lui ? Ça semblait absurde et tellement loin de la personne avec qui il avait partagé quelques minutes pleines d'humour et de légèreté. Il repensa au verre que lui avait offert le petit blond. Avait-il essayé de le draguer pour l'attirer dans son lit ? Son expérience dans le domaine était assez limité mais rien dans l'attitude du serveur ne lui avait laissé croire qu'il l'attirait d'une quelconque manière.
Il tenta de penser à autre chose mais le doute s'était déjà insinué sournoisement en lui.
Il n'était soudainement plus si sûr de vouloir le revoir. De manière générale, il préférait rester loin de ce genre de personne. Si les rumeurs s'avéraient fondées, il ne voulait pas risquer de se retrouver dans une situation compromettante et aussi gênante pour l'un que pour l'autre.
Si jamais les rumeurs s'avéraient vraies. Il soupira longuement. Il n'était pas du genre à se fier aux bruits de couloir et à juger les gens sur ce que l'on racontait d'eux. Il n'était pas non plus du genre à coucher avec une fille différente chaque soir, restant fermement accroché à ses principes de confiance et de fidélité selon lui indispensables à une vie stable. Dean se moquait souvent de lui à propos de ses sacro-saints principes qu'il n'avait pas hésité à piétiner sans vergogne quand il avait rencontré Jessica et qu'ils avaient passés la nuit ensemble avant même de se connaître réellement. Le brun répondait toujours que c'était différent, qu'il avait su tout de suite que la jeune femme serait celle de sa vie. Il s'était manifestement trompé.
Se rendant compte qu'il était parti loin dans ses élucubrations, il termina son verre, laissa un billet sur la table sans chercher à faire le compte pour ne pas croiser à nouveau la serveuse et quitta le bar plus troublé qu'il ne l'était en arrivant.
Il s'apprêtait à traverser la route quand une voix familière l'interpella timidement.
- Sammy ?
Il se retourna et plissa les yeux pour distinguer le visage de l'homme dans la semi-obscurité.
- Gabriel ? S'étonna-t-il en reconnaissant sa petite taille et ses yeux rieurs.
Le petit blond s'approcha avec son éternel sourire et s'arrêta devant lui.
- Il me semblait bien que j'avais reconnu ta magnifique chevelure de princesse.
Sam ne put s'empêcher de le dévisager, frappé par ses traits pâles et tirés, ses yeux ternes et rougis, détaillant avec scepticisme la veste longue qu'il portait alors que lui-même mourrait de chaud en T-shirt. Légèrement voûte, l'air moins sûr de lui, à des lieux de la personne qu'il avait rencontrée la semaine précédente.
- Est-ce que ça va ? Demanda-t-il. En fronçant les sourcils.
Gabriel paru se crisper un peu et referma ses doigts sur ses manches tout en croisant ses bras contre sa poitrine, un sourire fatigué sur les lèvres.
- Oui. Je venais récupérer mon service et rassurer Hannah qui s'inquiétait. Fit-il avec un rire léger qui creusa d'avantage ses cernes.
Le brun lui lança un regard dubitatif.
- Tu n'es plus malade ?
- Malade ? Gabriel s'assombrit un peu à ces mots mais repris tout aussi vite sa contenance avec un sourire. Oh, non. Ça va mieux, merci. Tu... T'en allais ?
- Oui... Il désigna la rue. J'habite à deux pas.
- Oh... Gabriel haussa les épaules, déçu. Tu repasseras ? On n'avait pas terminé notre conversation la dernière fois et...
Sam attendit une suite qui ne vint jamais. Il le vit refermer la bouche et se dandiner sur place, un peu mal à l'aise.
- Et ? L'encouragea-t-il, curieux.
- Non, rien. Sourit le blond. Je t'en dirais plus si tu reviens. Disons... Demain à la même heure ?
Sam avait l'impression que tout cela était un peu surréaliste. Il venait de sortir du bar des doutes plein la tête quand aux intentions du serveur disparu, et le voilà qui réapparaissait le soir même en lui proposant de le revoir. Il ne savait pas vraiment comme il était censé se comporter. Devait-il croire ce que sa collègue venait de lui raconter et refuser pour prévenir toute ambiguïté, ou devait-il se fier au principal concerné qui ne semblait rien de plus qu'amical ? Parfois il se maudissait de réfléchir autant. Il croisa les yeux ambrés du petit blond qui le fixaient patiemment et...
- Demain, même heure. S'entendit-il répondre, coupant court à ses réflexions.
Gabriel lui offrit un sourire doux et leva une de ses mains pour repousser les mèches trop longues qui lui tombaient devant les yeux. Sa manche glissa de quelques centimètres et Sam aperçu malgré lui la blancheur d'un bandage sur son avant-bras. Le jeune homme paru s'en rendre compte et fourra aussitôt ses mains dans ses poches.
- Et bien à demain, Sammy. Conclut-il comme si rien ne s'était passé.
- A demain. Répondit Sam d'une voix un peu absente et le regardant continuer son chemin et s'engouffrer dans l'antre bondée et bruyante.
Il resta un instant à fixer la porte qui s'ouvrait et se fermait à intervalle régulier pour laisser entrer et sortir un flot de clients. Il avait dû mal à mettre des mots sur ce qu'il venait de se passer. Ses sourires restaient les mêmes mais Gabriel semblait si... différent. Il y avait quelque chose dans son regard solaire si particulier qui était absent la fois d'avant et qui l'avait glacé. Et il devait bien avouer qu'il était curieux de savoir ce que le serveur avait à lui révéler.
Il ne l'avait vu qu'une paire de fois mais le petit blond avait quelque chose qu'il n'aurait su expliquer, dans ses gestes, dans sa manière de se tenir, de parler, qui lui donnait envie d'en savoir plus sur lui. Il repensa à la fois où il l'avait observé se mouvoir entre les tables avec une aisance manifeste et ne pu s'empêcher de se dire qu'il faisait sans doute cet effet à tout le monde.
Même le ton qu'avait employé la serveuse un peu plus tôt transpirait la tendresse envers le principal concerné, l'instinct de protection.
Il secoua la tête pour chasser toutes ces pensées qui lui parasitaient l'esprit et rentra chez lui avec l'intention de se coucher tôt et de réfléchir à tout ça à tête reposée.
A suivre...
