Hello,
Merci à ceux qui ont laissé des commentaires, j'avoue qu'avec les fêtes et les examens, je n'ai pas pu laisser un petit mot à chacun.
Je voulais dire globalement que c'est une histoire qui me tenait à cœur car cela fait un long moment que je l'avais en tête.
En ce qui concerne les personnages, pour ceux qui ont lu Koop, sachez que je me suis plus inspirée des réincarnations des personnages, (Salaï, Raphaël, Théo et Eirik) que des personnages originaux. Du moins, dans ma tête, cette histoire était surtout avec eux. Surtout pour Thranduil et Kili.
J'avais mis Bad !Kili dans le résumé, mais en fait, le personnage s'approche plutôt de Salaï. Un type plutôt doué/badass qui ne compte sur personne et qui est totalement affranchi de Thorin et Fili.
oOo
— Le clan des Raa'z ?
— Il est assez récent, mais fait déjà beaucoup parler de lui. Azog le Pourfendeur en est à la tête.
— Azog le pourfendeur… Ca ne peut-être qu'un orc pour s'appeler ainsi…
Fili prit la photo que l'énorme secrétaire aux cheveux et à la barbe roux lui donna et qui confirma ce qu'il venait de deviner. Peau pâle, petits yeux, mâchoire puissante et, même si l'homme ne souriait pas, il était facile de deviner des canines pointues de carnivore sous ses lèvres fines.
— Très bien. Que sait-on sur eux, Bombur ?
Plutôt timide, le regard fuyant, le secrétaire fit la moue pour répondre simplement à Fili :
— Ils sont actifs dans toute la ville. Ils sont bien armés aussi et ont certainement d'autres ramifications dans différentes nations.
— Ce sont aussi eux qui se sont alliés avec les Sangs-Dêchoirements. Ils les fournissent en armes et, aussi, s'occupent de quelques… Travaux, pour Daïn. De cette manière, il n'a pas à se salir les mains et, tant que l'on ne peut affirmer son lien avec les Raa'z, il n'est pas inquiété.
Le sous-officier qui venait de parler, adossé à la fenêtre, avait son regard doux maintenant vibrant de concentration, planté dans celui de Fili qui hocha la tête :
— As-tu des preuves pour affirmer cela, Bofur ?
— Bien sur que non ! Si nous en avions une seule, ça aurait été la fin des Sang-Dêchoirement.
— Il faudrait les prendre sur le fait…
— Compte pas là-dessus…
Bofur avait répondu d'un chuchotement narquois que Fili ne releva pas et Bombur se racla la gorge :
— Daïn n'est pas facile à surprendre. Il se montre rarement et c'est surtout pour aider ceux qui viennent le trouver, une bonne couverture. Il s'est fait une très bonne réputation auprès de la population, ce qui le rend d'autant plus difficile à accuser, sans parler de ses relations… Son fils adoptif, Kili, est peut-être son point faible. C'est lui qui est en contact avec les Raa'z. Si vous voulez un flagrant-délit, lieutenant, nous pouvons commencer par là. Si on a Kili, on pourra remonter jusqu'à Daïn sans problème.
— D'après nos indics, une rencontre aura justement lieu la semaine prochaine au casino de Kineth.
— Une propriété de Daïn ?
Bofur eut un léger ricanement et il secoua la tête, croisant les bras sur son torse :
— Il n'est pas assez fou pour faire ça chez lui. Le casino, et la zone, appartiennent à une autre famille. Les Pyrhothanes.
— Smaug…
— Vous apprenez vite, lieutenant.
A la remarque distraite de Fili, Bofur fit mine d'applaudir avant de retrouver son sérieux.
— Smaug est une vraie plaie, à ne pas prendre à la légère, mais c'est trop gros pour nous trois. Je suis navré, lieutenant Durïn, mais on ne vous a pas fourgué les meilleurs hommes de la faction.
Il fit un signe de tête en direction de Bombur qui regarda ses pied, avant de se pointer lui-même du doigt, puis il reprit :
— L'équipe du lieutenant Sacquet est sur Smaug depuis quelques années maintenant, et je ne les envie pas. Si jamais vous avez besoin du moindre renseignement, allez voir Bilbo. D'ailleurs, quoiqu'il arrive, aller voir Bilbo avant de tenter le moindre truc du côté des Pyrhothanes. Ce mec peut être délicieux tant qu'il a le ventre plein, mais c'est une vraie vérole si on touche à ses affaires.
— Je vois… Je veux prendre rendez-vous avec lui au plus tôt.
Bombur hocha la tête avant de sortir son téléphone pour envoyer un rapide message tandis que Bofur continuait :
— Je ne connais pas le lien entre les Pyrhothanes et les Sang-Dêchoirements, ni même le rôle des Raa'z dans tout ça. Mais il y a peut-être un gros coup à tenter…
— Certainement… Je doute que les Sang-Dêchoirements puissent se rendre incognito chez Smaug. Ils ont une affaire ensemble. Il faut que les Pyrhothanes gagnent quelque chose de cette rencontre pour l'avoir accepté chez eux.
— Smaug est plus intéressé par la richesse que par le pouvoir. Mais il est intelligent, il a compris que les deux allaient de paire. M'est avis qu'il a beaucoup à gagner en échange de son soutient à Daïn.
Fili hocha la tête et Bombur annonça à ce moment :
— Le lieutenant Sacquet n'a aucun créneau de libre aujourd'hui, mais il accepte de déjeuner avec vous ce midi.
Fili regarda sa montre, onze heure était bien passé, et il se redressa en annonçant simplement :
— Très bien. Trouvez-moi le maximum de choses à propos de cette rencontre et de ses conditions. Peut-être ne sera-t-il pas possible d'intervenir à ce moment, mais si nous parvenons à filer la rencontre, nous obtiendrons des données conséquentes.
— Lieutenant, ils sont impossibles à prendre en filature. Ils connaissent toutes nos identités et sont d'une discrétion absolue si ils ne veulent pas être vus…
— Moi ils ne me connaissent pas… Pas encore.
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La demeure était sobre et, pourtant, tout suintait de luxe, d'opulence et de pouvoir. A peine entré dans le salon de réception, Thorïn sentit immédiatement que l'intégralité du lieu avait été agencée pour écraser et intimider les visiteurs. Les fauteuils, même, était plutôt bas, renforçant ce sentiment d'infériorité et, préférant attendre debout, il ne porta pas le moindre intérêt aux discrètes ostentations disséminées un peu partout de manière à sauter aux yeux là où le regard se posait, pas forcément affichées ou mises en valeur, mais bien présentes.
Il ne réagit pas non plus lorsque le maitre des lieux, Oropher en personne, gorgé de prestance, de solidité et, surtout, irradiant de danger et d'exigence, entra à son tour dans la salle.
Droit, mais détendu, Thorin se contenta de lui rendre un regard franc en lui tendant la main. Il fut effaré de sentir la puissance retenue de cet homme qui dépassait pourtant la cinquantaine, qu'il ressentit une brève seconde, le temps d'une poignée de main, mais il ne le montra pas et resta silencieux lorsque l'autre lui lança un sourire pas vraiment chaleureux :
— Monsieur Durïn. Enfin nous nous rencontrons… Officiellement.
— Oropher… Il paraît que c'est à vous que mon neveu et moi devons ces places prestigieuses au sein de la faction Alvarienne…
L'autre, haussa simplement les épaules en l'invitant à le suivre vers son bureau, commentant simplement :
— Ils n'ont pas été difficiles à convaincre. Fili Durïn a déjà fait ses preuves à Norgrod et vous… Plus personne ne vous présente. Je vous en pris.
Au centre de la salle trônait un bureau d'obsidienne, taillé sobrement, mais Oropher présenta un fauteuil de cuir qui, avec trois autres, étaient installés dans un coin, autour d'une petite table basse. Il s'assit face à Thorin, avec une souplesse et une grâce qui trahissaient une maitrise extrême de son corps. Ses longues mains, qui ne pouvaient cacher à un œil averti la cale sur la paume, signe d'une pratique régulière de la maitrise du sabre, certainement l'un de ceux accrochés sur le mur, se posèrent sur les accoudoirs et il continua :
— Vous êtes parti d'Erebor alors que vous n'étiez qu'un enfant, pour grandir avec votre famille à Norgrod. Vous assuriez n'avoir plus aucun attrait pour votre ville d'origine, malgré les nombreuses sollicitations de l'Agence pour vous y faire revenir. Et, contre toute attente… Vous voilà. Enfin.
— J'ai su me laisser convaincre…
Ils échangèrent un regard franc et, dans les yeux acérés de son interlocuteur, Thorin pu lire sans mal la force et l'ambition qui cachaient à peine sa dureté et son orgueil. Cet homme n'était ni cruel, ni malsain, mais mieux valait jouer dans son camp que contre lui. Toutefois, Thorin ne se sentit pas en danger, même s'il comprenait que certains puissent se sentir malaisés à côté d'une telle personne. Il ne lui accorda pas aveuglément sa confiance, mais il consentit à le voir comme un allié potentiel. Oropher croisa ses mains sur ses genoux en lui rendant un regard sagace, comme s'il le jaugeait avec attention, et il eut un nouveau sourire, plus sincère que le premier :
— L'Arkenstone, n'est-ce pas ? Ce joyau qui n'était qu'un mythe il y a quelques années encore semble avoir refait surface. Du moins, l'on ne parle plus de lui simplement au conditionnel et il est dit que celui qui le trouvera sera le nouveau monarque d'Erebor.
Thorin ne répondit pas et Oropher le sonda avec plus d'attention encore, avant de demander simplement :
— Voulez-vous devenir le prochain monarque d'Erebor, Thorin Durïn ?
Encore, Thorin resta silencieux et Oropher rompit le contact visuel avec une moue satisfaite.
— Bien entendu, vous le voulez… Vous êtes, après-tout, le premier héritier pour ce trône vacant… D'ailleurs, je suis persuadé que vous n'auriez même pas besoin de l'Arkenstone… L'Agence serait prête à vous reconnaître sans chicaner.
— Me reconnaître, oui. Pour me mettre une couronne sur la tête et m'exhiber les jours de fête… Elle ne m'autorisera pas à prendre en charge les véritables fonctions d'un tel titre à sa place…
— Certes. Ceci-dit, en seriez vous capable ? Ce travail que fournit aujourd'hui l'Agence dans la gestion d'Erebor… Un simple homme pourrait-il faire aussi bien ?
Thorin lui rendit un regard provoquant, avant de répondre clairement :
— Non.
— Vous ne pensez pas cette réponse…
Le brun ne répondit pas et, alors qu'il fouilla dans son regard, le sourire d'Oropher s'agrandit :
— Plutôt… vous ne vous considérez pas comme un simple homme…
Thorin lui rendit son sourire. L'autre eut soudain l'air gourmand d'un enfant dans une chocolaterie et, sans se retenir, il annonça en se penchant vers lui :
— Décidément… Vous me plaisez. Je suis ravi.
— Que voulez-vous ?
Il semblait s'être attendu à ce que Thorin se montre si direct et il s'adossa à son fauteuil. Son regard glissa vers le mur, contre lequel une étagère était accolée et, sur elle, la photo d'une femme magnifique et rayonnante qui souriait à l'objectif. Ses longs doigts pianotèrent distraitement sur l'accoudoir, puis il lâcha sans intonation particulière :
— J'ai perdu ma femme il y a une vingtaine d'années. Elle est la seule que j'ai aimée et que je n'aimerai jamais.
— Je suis désolé…
Thorin, entendant une peine sincère et une douleur contenue dans l'attitude de son interlocuteur, venait de parler sincèrement mais Oropher ne sembla pas l'entendre et il expliqua simplement :
— Elle est morte en couche. L'enfant avec elle.
Thorin n'ajouta rien et l'autre continua d'un ton sans expression :
— Je ne vais pas vous cacher ce que vous savez déjà, je suis à la tête d'un empire de l'ombre dont les ramifications s'étendent aux quatre coins de la Terre du Milieu. Je gouverne des centaines d'entreprises, préside plusieurs dizaines de conseils financiers et suis actionnaire principal d'un très grand nombre de firmes…
— Ceci n'est qu'une couverture.
Thorin venait de parler spontanément et Oropher lui envoya un regard sincèrement surpris. Il ne répondit pas et le brun justifia en soutenant son regard :
— Vous êtes plus qu'un homme d'affaire… Vous excellez aussi sur le terrain.
Le blond hocha simplement la tête en concédant d'une voix neutre :
— Peu de personnes l'ont deviné au premier regard. Du moins, personne qui ne puisse en parler encore aujourd'hui…
— Quels sont vos véritables activités ?
Oropher gratta distraitement le cuir de son fauteuil, pas vraiment inquiété ou embarrassé et il ne chercha pas à se dérober à la question :
— Je viens de vous citer mes véritables activités. De votre côté, vous semblez avoir deviné les moyens que j'emploie.
— Dans ce cas, je crains que cela ne mette un terme prématuré à une éventuelle alliance entre nous.
Sans perdre plus de temps, Thorin se leva et Oropher répondit simplement :
— Je me doute bien. Ce n'est, de toute manière, pas quelque chose que je souhaitais vous cacher. Toutefois peut-être seriez vous curieux d'entendre ce que j'ai à vous dire avant de prendre congé.
— Je vous écoute. Soyez concis.
Debout face à lui, Thorin croisa les bras sur la poitrine pour l'écouter poliment et l'autre pas même contrarié avait l'air, au contraire, ravi de le voir réagir de cette manière.
— Je vous disais que j'ai perdu ma femme et mon engeance. Cet empire que j'ai bâti, il serait triste de le voir s'écrouler à ma mort, n'est-ce pas ?
— Je ne connais personne qui serait capable de vous succéder dans une telle affaire.
— Moi non plus… Du moins, je le pensais que je ne vous rencontre…
Thorin fronça les sourcils et il ne broncha pas lorsqu'Oropher se leva pour lui faire face, le dominant de sa taille et il baissa les yeux pour plonger dans son regard :
— Je ne compte pas vous forcer à utiliser mes méthodes bien entendu, je sais bien sur qui je mise. Toutefois… J'ai perdu mon enfant, vous avez perdu vos parents… Peut-être pourrais-je faire de vous un digne héritier et, par vous, léguer ce que je possède à Erebor…
Ce n'était pas une offre anodine et Thorin y réfléchit rapidement. Pour une ville comme Erebor, ce n'était pas tant la richesse d'Oropher qui était alléchante, mais, surtout, son réseau. Ce serait un véritable atout pour Thorin et Erebor s'il possédait un tel pouvoir en tant que roi, ou, tout simplement, en tant que premier ou deuxième grade de l'Agence. C'est pourquoi il se contenta de faire un pas en arrière pour demander sans malice :
— « Faire de moi un digne héritier » ? Comptez-vous m'enseigner comptabilité et fiscalité ?
— En quelque sorte…
Encore, ils s'étudièrent du regard, puis Thorin demanda à nouveau :
— Pourquoi ? Qu'est-ce que Erebor a à vous apporter ?
— Je me fiche d'Erebor. Je ne recherche qu'une seule chose…
Thorin resta silencieux et ne bougea pas lorsque l'autre fit un pas en avant pour poser une main sur sa nuque :
— Un fils. De qui je peux me sentir fier et qui saura mener mon empire à son apogée. Si vous devenez roi, vos moyens surpasseront les miens et vous aurez de quoi faire fructifier mon commerce, a votre grand avantage, à condition que vous utilisiez savamment les cartes à votre disposition...
Le brun lui rendit un regard grave, puis il s'éloigna pour se diriger vers la sortie, annonçant simplement :
— Je vous donne ma réponse à la fin de la semaine.
— Ne soyez pas si pressé… Peut-être pouvons-nous d'abord apprendre à nous connaître… Je dois passer à la faction alvarienne ces prochains jours, j'espère vous y voir…
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Bonne année 2018
Comme les chapitres sont courts, j'essaie de raccourcir un peu les délais de publication tant que je le peux ;)
