— C'est rare, mais c'est toujours un plaisir quand cette face d'endive de Greenleaf se fait remettre à sa place de cette manière… Moi c'est Ophélia, je suis une troisième grade aussi, je m'occupe surtout de la gestion interne de la ville. N'hésitez surtout pas si vous avez besoin de conseils ou de réponses…
Thorin, qui se dirigeait vers son bureau, lança un simple regard à la femme qui s'était avancée pour marcher à sa hauteur. Il remercia sa proposition d'un signe de tête, mais pas vraiment intéressé par le sous-entendu qui avait percé sous l'intonation suave et son attitude aguichante, il prit congé et pénétra dans son bureau sans rien ajouter.
Il se figea brièvement lorsqu'il constata qu'il n'était pas seul : Thranduil était assis sur le meuble, sa belle main posée sur une pile de dossiers qu'il pianotait du bout des doigts.
Sans un mot, Thorin ferma la porte avant de s'approcher, soutenant le regard noir qui était posé sur lui et, nonchalamment, il attrapa la première feuille du dossier en commentant tout simplement :
— Nous voilà donc collègues… Je n'avais pu rêver mieux…
— Effectivement…
La voix, d'ordinaire veloutée et harmonieuse, était maintenant grinçante et Thorin ne broncha pas lorsque Thranduil se laissa glisser du bureau pour lui faire face. Ils échangèrent un long regard agressif, avant que le blond ne siffle d'une voix trop basse :
— Ne fais pas l'erreur de croire que je faciliterai ton travail, Durïn. Ces documents sont toutes les notes que j'ai amassées à propos de l'Arkenstone. N'espère pas avoir plus que ça…
— Je ne pense pas avoir besoin de plus… La seule chose que tu puisses faire pour m'aider, c'est simplement de ne plus t'occuper de cette affaire…
— Bien… Toi et ton arrogance prenez déjà assez de place… Je t'en pris, si tu as besoin d'aide ou, plutôt, quand tu auras besoin d'aide, ne t'adresse pas à moi.
— Pourquoi me prendrai-je cette peine ? Oropher m'a déjà proposé la sienne…
Comme il s'y attendait, le nom de son nouvel allié fit briller le regard du blond qui se sépara de lui, les lèvres serrées et les yeux dévastés par un ouragan d'émotions que Thorin ne parvint pas à cerner.
Quelque peu déstabilisé par la puissance bridée de ce regard, Thorin n'ajouta rien et il resta muet le temps que le blond fasse demi-tour pour sortir de la salle en claquant la porte. Il crut entendre une insulte en sindarin et il expira le souffle qu'il avait tenu inconsciemment.
Classant l'affaire, il se tourna vers la pile de dossier en se disant que cet abruti de Fili avait peut-être raison sur un point, encore fallait-il qu'il l'admette : ses gouts étaient bizarres. Ou, plutôt, ils ne rentraient pas dans les normes de bienséances. Mais, après tout, il n'y pouvait rien s'il trouvait ce petit con effroyablement sexy et attrayant, plus encore lorsqu'il lui parlait sur ce ton ou le regardait avec ces yeux-là.
Thorin avait toujours craqué pour les mecs un minimum piquants, sauvages et farouches plutôt que pour les filles ou les hommes commodes et conciliants. Non pas que l'appel du défi l'amenait souvent à plonger tête baissé dans des relations en dents de scie mais… Oui, en fait. Même si ça n'avait jamais duré très longtemps avec qui que ce soit. Toutefois, son expérience de ce côté-là lui fit observer que ce splendide blond au regard impérieux éclatait tous ses stat et, par déduction, qu'il était un cas désespéré. A bannir, donc, à moins qu'il ne voulait connaître une série de déceptions et de frustrations désagréables.
Le chassant de ses pensées, il s'assit face au bureau pour commencer immédiatement son travail, mais l'on toqua à sa porte à ce moment. Il donna la permission d'entrer à Gandalf, qui vint s'asseoir face à lui et qui, immédiatement, lorgna sur le dossier que Thranduil avait remis à Thorin.
— Sont-ce les recherches de Greenleaf ? Il ne m'a jamais autorisé à y jeter un œil… Ce mec ne fait confiance à personne… Puis-je ?
Presque timidement, il présenta sa main et, d'un hochement de tête, Thorin lui donna son accord. Gandalf se saisit de la première feuille pour la lire avidement et le brun, distraitement, continua la conversation :
— Pas même à ses amis ?
— Pardon ?
— Je parle de Greenleaf… Il ne fait pas même confiance à ses proches ?
— Ho… Encore faudrait-il qu'il ait des amis… Ce type n'aime personne et tout le monde le lui rend bien…
— Que fait-il là ?
Le vieillard lui lança un regard confus et Thorin embraya en faisant mine de s'intéresser à sa feuille :
— On n'arrive pas à un troisième grade si on n'a aucun but derrière… Que recherche-il ? Est-il vraiment concerné par le sort d'Erebor ?
— Le côtoyant depuis maintenant quelques années, je dirai que… Il a tout simplement quelque chose à prouver… Mais quoi qu'il fasse, je doute qu'il ne soit jamais satisfait parce que la personne dont il recherche le regard n'a rien à lui apporter.
— Qui est-ce ?
Le plus vieux haussa les épaules et Thorin ne chercha pas à approfondir. Il s'empara d'une nouvelle feuille et, comme ils lisaient tous les deux, le silence se posa un long moment. Silence que Thorin rompit finalement pour demander sur le ton de la conversation :
— Vous étiez à Dol Guldur, lors des événements avec le nécromancien.
— Comment savez-vous cela ?
— J'ai fais mes recherches…
— A quel propos ? Le mien, ou Dol Guldur ?
— Le votre…
— Je pensais que vous ne vous méfiez pas de moi…
— De vous non, mais de mon jugement, oui. Toujours.
Encore sur le ton de la conversation, Thorin venait de parler en posant sa feuille sur la table pour faire franchement face à Gandalf qui lui envoya un sourire sincère :
— Vous êtes vraiment malin… Mais vous n'avez rien à craindre de moi.
— Ca, c'est vous qui le dîtes…
— Certes, mais c'est le mieux que je puisse faire pour vous convaincre…
Thorin se contenta de lui envoyer un long regard, avant d'annoncer vivement :
— Dol Guldur est tombée il y a plus de soixante-dix ans… L'âge que vous semblez avoir…
Le regard qui lui répondit était extrêmement énigmatique et il s'intensifia plus encore lorsque Thorin continua :
— De plus, j'ai retrouvé votre certificat d'entré en service à Erebor. Il date de 754. Soit plus d'un siècle auparavant…
— Qu'en déduisez-vous ?
Thorin fit la moue et il sortit de son tiroir le certificat en question, maintenant jauni par le temps.
— S'il n'y avait pas la rune d'Eru à côté de votre signature, je vous aurai immédiatement fait arrêter pour usurpation d'identité…
L'autre ne feinta pas la surprise qui se peignit sur son visage, mais il se reprit pour concéder dans un sourire ravi :
— Vous êtes stupéfiant, monsieur Durïn, vraiment.
— Et vous, vous êtes un mage… Je ne savais pas que ça existait encore… encore moins que ça se mêlait aux affaires politiques.
— Il ne s'agit pas d'une affaire politique, mais du retour d'un roi à Erebor. Je suis un chroniqueur et c'est mon rôle d'être présent lors de tels événements…
— C'est tout ce que vous faites ?
— Non… Comme je vous l'ai déjà dit, je vous viens en aide, aussi. J'aimerai ne chroniquer que des choses qui promettent un futur meilleur, pas une succession d'événements désastreux… Pour cela, il faut que vous me fassiez confiance.
oOo
— Kili, attend.
— Tauriel, que veux-tu ?
Vérifiant son chargeur, le grand brun au regard intense ne fit pas mine de s'intéresser à la belle rousse qui s'arrêta à sa hauteur :
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
— Il est un peu tard pour ça…
— Les Raa'z sont imprévisibles et Smaug n'attendra qu'une chose, c'est de nous déchirer pour nous doubler…
— Et… ? Le pari est dangereux, mais maintenant que Durïn est dans la ville, nous n'avons plus de temps à perdre. Nous devons trouver plus d'alliés…
— Des alliées qui causeront notre perte… Tu sais que les lupins sont à l'affut, ils attendent le moindre-
Il lui lança un sourire charmant en se tournant franchement vers elle :
— Les lupins sont le moindre de nos soucis… si j'ai un seul problème avec eux, je ferai, comme d'habitude, appel à la meilleure avocate de la ville qui saura me tirer des plus mauvais pas de ce côté-là…
— Crétin. Ne compte pas toujours sur moi, un jour, ça ne marchera plus.
Il haussa les épaules et rengaina son arme avec une fluidité conférée par l'habitude avant de s'approcher d'elle pour prendre son visage en coupe :
— Qu'ils essaient seulement de mettre la main sur l'un d'entre nous… Ils ne sont qu'une meute désorganisée et bruyante… La faction alvarienne qui les dirige ne vaut pas mieux… Corrompue par le gain et la rivalité… Nous sommes une famille, solide, unie et forte. Ils n'ont jamais rien pu contre nous et ne le pourront jamais…
Happée par le magnétisme sauvage de son regard, elle ne répondit pas et ferma les yeux lorsqu'il posa ses lèvres fines sur son front. Enivrée par le parfum grisant du brun, elle ne rouvrit les paupières que lorsqu'il s'éloigna sans ajouter un mot, jugeant la conversation close.
Il fit un signe aux hommes de main qui patientaient en attendant ses ordres et, sans attendre, il prit la direction du casino des Pyrhothanes.
A peine arrivés dans le bâtiment somptueux qui dégueulait de luxe et d'ostentation, les Sang-Dêchoirements, se dispersèrent pour se mêler à la masse fortunées de ces âmes en quête de richesses, de sexe onéreux et de reconnaissance factice.
Kili avait tenu à arriver plus tôt pour sentir le terrain avant que les Raa'z ne viennent à leur tour et, accompagné de Gloïn il se dirigea vers le bar. Il n'avait aucun doute que Smaug était déjà conscient de son arrivée, donc plutôt que de prendre la peine de le chercher ou bien de le faire quérir, il décida de profiter de ce petit délai pour étudier la grande salle de jeu dans laquelle tournoyaient robes satinées, volutes de fumée, cartes des croupiers, roulettes et éclats de rire. Son regard accrocha, une première fois, une épaisse crinière blonde savamment tressée et, captée, son attention se porta immédiatement sur un joueur de Blackjack qui semblait en veine ce soir. Plutôt jeune, surtout au vu de la moyenne d'âge du lieu, sa prestance et la fierté de son regard attiraient l'œil.
Beau gosse, se dit Kili qui ne détourna pas les yeux lorsque, comme s'il se sentit observé, le blond leva le regard. Ils restèrent accrochés l'un à l'autre un instant puis, tout simplement, le beau joueur de Blackjack lui envoya un sourire aussi mutin qu'insolent. Des fossettes. Il avait des putains de fossettes… Kili lui répondit de ce sourire en coin qui ne laissait jamais Tauriel indifférente et qui ne cachait rien de ce qu'il pensait en se promettant que, si tout se passait bien ce soir, il rentrerait avec l'éphèbe et qu'il ne montrerait aucune pitié pour ses vêtements de luxe qui mettaient cette belle silhouette ridiculement bien en valeur.
— Kili… Voilà Smaug.
Le blond sortit immédiatement de ses pensées et, avec Gloïn, il se redressa pour faire face à l'homme aux boucles brunes qui marchait dans leur direction. Des pommettes acérées, un regard plus acéré encore, une allure reptilienne et un sourire charmeur qui dévoilait une dentition parfaite. Il semblait à peine avoir passé la trentaine, même s'il était difficile de lui donner un âge.
— Kili Aceped… J'ai beaucoup entendu parler de vous. Enchanté.
— La réciproque se vaut.
Cordial, Kili lui répondit en restant sur ses gardes et soutenant franchement le regard mordoré. Son cran sembla plaire à son interlocuteur qui l'invita à le suivre vers les escaliers et, lui emboitant le pas, Kili lança un dernier regard dans la salle de jeu. Le blond n'y était plus.
— Je n'ai pas encore aperçu ces lourdauds de Lupins…
— Ho… Ils rôdent dehors… Ils savent que je les connais tous alors ils se cachent. Bilbo est très nerveux en ce moment…
— Bilbo ?
Le grand brun ouvrit une porte en laissant Kili entrer dans une salle qui faisait certainement office de salon privé. Le Sang-Dêchoirement releva immédiatement les deux grandes fenêtres aux montures dorés, les deux seuls voies de sortie en comptant la porte qui se referma dans son dos et celle, plus petite, qui se trouvait en face.
Smaug eut un sourire narquois en lui répondant pensivement :
— Le petit lieutenant qui me court derrière depuis quelques années… Je crois qu'il commence à comprendre que, dans son jeu du chat et de la souris, il n'a peut-être pas le rôle qu'il pense…
Kili se contenta d'hausser un sourcil dédaigneux en refusant de s'asseoir lorsque Smaug lui proposa un fauteuil. Le gout du leader Pyrhothane pour le jeu, du moins, ce genre de jeu, n'était inconnu pour personne, pas même pour Kili que ne le rencontrait vraiment que ce soir. Le jeune brun, lui, était du genre à se débarrasser proprement et simplement des parasites que l'Agence lui collait sur le dos.
Il n'argumenta pas à ce sujet car Azog arriva à son tour dans la salle en se fendant comme salutation d'un simple :
— Je vois que Daïn a envoyé son chien de garde… Dommage, j'espérais le voir en personne ce soir…
Kili ne prit pas la peine de répondre et ce fut Smaug qui remarqua dans un sourire conquis :
— Le genre de chien qui mort avant d'aboyer, j'aime beaucoup.
Kili lui répondit d'un simple regard dangereux et, sans s'attarder en courtoisie, il demanda directement :
— Tu as une proposition à nous faire… J'aimerai l'entendre maintenant et ne pas perdre de temps.
Smaug leva les yeux au ciel, comme outré par tant de hâte, mais il ne fit pas de commentaire et se contenta de servir trois verres d'une liqueur ambrée qu'il distribua à ses deux invités.
— Je me suis laissé entendre dire que les Raa'z et les Sangs-Dêchoirements travaillaient maintenant main dans la main…
— Nous nous entendons tant que nous avons un intérêt commun.
— Lequel ?
Ni Azog ni Kili ne lui répondit et Smaug leur lança un regard désappointé. Face au silence des deux autres qui s'éternisa, il répondit lui-même à sa propre question.
— Un intérêt que je peux servir…
Azog poussa un simple soupir ennuyé et Kili se contenta de poser son verre sans l'avoir touché pour demandé d'une voix froide :
— Comment ?
Smaug avait un certain sens du drame, ne put que constater Kili lorsque son interlocuteur ménagea un silence avant d'annoncer tout simplement :
— Je connais l'identité du gardien de l'Arkenstone.
Il fut ravi de voir ses invités réagir, même de manière infime, à sa déclaration mais, encore, Azog et Kili gardèrent le silence. Smaug poussa un soupir déçu, mais il se reprit et, cette fois-ci, ce fut avec un sourire joueur qu'il continua :
— Je me demandais, ces derniers jours… A quel point votre alliance est-elle solide et en quoi elle pourrait servir mes intérêts ?
Encore, ils restèrent silencieux, mais Smaug fut ravi de voir comment ces deux combattants qui lui faisaient face se tendirent imperceptiblement. Il bu une nouvelle gorgée de son verre avant de susurrer d'un ton neutre :
— J'en suis venu à la conclusion que, si elle est aussi solide que vous le prétendez, alors ça me causera préjudice, à terme.
Il n'avait même pas demandé à ce qu'ils viennent à lui désarmés, et aucun de ses deux invités ne cherchèrent à se montrer discrets lorsqu'ils posèrent, d'un même geste pétrie de fluidité et d'expérience, leur main sur la gaine de leurs armes. Cela ne l'inquiéta même pas et, sans se soucier des deux regards maintenant mortels qui étaient posés sur lui, il sortit une enveloppe de sa chemise pour la regarder distraitement en continuant son discours :
— Mais, d'un autre côté, vos affaires arrangent vraiment les miennes et, si vous atteignez vos objectifs et que vous vous souvenez de l'aide que je vous ai fourni, j'ai beaucoup à gagner, n'est-ce pas ? Sans oublier qu'il n'est pas impossible que votre pseudo-alliance éclate à la première tension…
Il joua un instant avec l'enveloppe et, avisant les regards curieux posés sur elle, il la leur montra franchement dans un sourire colgate :
— Vous devinez juste… L'identité du gardien se trouve là-dedans et…
Il eut une grimace, comme s'il s'apprêtait à boire un verre de jus d'orange après s'être lavé ses dents parfaites, et, après une hésitation, il avoua avec une nervosité feinte :
— Mon amour pour le jeu et les paris me perdra…
Il leur lança un nouveau regard calculateur avant d'annoncer avec un sourire gourmand :
— Je vais poser ça là… Puis je vais sortir de la salle… Vous faites ce que vous voulez. Ce casino est en faillite et les clients m'insupportent… Je sais que vous avez chacun une vingtaine de vos gens avec vous en bas et à l'extérieur… J'ai eu la bonne idée d'assurer le bâtiment en espérant que vous ne me décevrez pas…
Tout se passa ensuite en un clignement d'œil. Ils dégainèrent tous les trois en même temps et Kili, qui avait eu d'abord le réflexe de menacer Smaug qui, lui-même, avait sortit deux flingues pour mettre le Sang-Dêchoirement et le Raa'z en joue, fit un bond sur le côté lorsqu'Azog pointa son arme sur lui. Le premier coup de feu lui frôla le flanc et il esquiva le suivant d'une roulade adroite avant de lâcher une slave de balle sur Azog qui allait bondir sur la table pour prendre l'enveloppe. Smaug avait déjà disparu.
Face à face, Azog et Kili se trouvaient chacun à une distance égale de l'enveloppe, leur arme braquée sur l'autre et la porte fut défoncée à ce moment, par Gloïn.
Kili profita immédiatement que l'attention d'Azog soit prise par son frère d'arme pour se jeter sur la table, sur laquelle il glissa tout en s'emparant du papier. Il se retourna immédiatement lorsqu'il entendit le cri de douleur que poussa Gloïn lorsque, derrière lui, d'autres Raa'z arrivèrent en soutient à Azog qui fit pleuvoir sur Kili un déluge de balle. Il bondit en arrière et fut soulagé d'entendre, dans l'escalier, les Sangs-Dêchoirement attaquer les Raa'z par derrière. Sans attendre, il se rua sur la petite porte dérobée que Smaug venait d'emprunter, la précieuse enveloppe entre ses mains.
Il entendit derrière lui le bruit de la course d'Azog et il eut le réflexe de faire tomber le lourd meuble de bois massif pour barricader la porte avant de se ruer en avant. Il connaissait la constitution du casino, il en avait étudié les plans avant de venir et il savait que l'escalier menait à la salle de jeu, que la porte de droite était sans issue et, qu'au bout du couloir, un- outch.
Ses pensées volèrent en éclat, à l'instar de la fenêtre à côté de laquelle il passa et, projeté au sol par une masse qui s'écrasa sur lui, il fit une roulade souple et, d'un coup de pied, il dégagea le corps qui tentait de l'immobiliser.
Il se remit debout en même temps que le beau-gosse blond qu'il avait remarqué un peu plus tôt au Blackjack, la pommette égratignée par sa chute, une attitude dans une garde de qualité, un regard vibrant de concentration et de détermination et, dans ses mains, l'enveloppe qui portait le cachet de Smaug. Kili poussa un juron en vérifiant sur lui mais il dut se rendre à l'évidence, surtout lorsque l'autre lui envoya un sourire victorieux avant de s'élancer vers le bout du couloir et la porte qui menait sur les toits.
— Arrête-toi, connard !
Le temps qu'il ramasse son arme, qui lui avait échappée des mains, la porte de secours se refermait déjà et, poussant un juron, il s'élança derrière le blond, prêt à lui mettre la raclée du siècle.
A peine sortit, il dut se mettre à couvert pour éviter de se prendre une balle. Parce qu'en plus, ce petit con était armé et savait tirer… Il attendit en trépignant puis, dès qu'il entendit les pas de l'autre grimper les escaliers, il s'élança à nouveau à sa poursuite en se demandant si le beau gosse était vraiment sérieux en espérant s'en tirer aussi facilement. Toutefois, il dû admettre que le voleur avait de la ressource car, sans ralentir, il fusa vers la bordure du toit et s'élança au dessus du vide au moment où Kili arrivait en haut des escaliers pour le voir se réceptionner agilement sur le toit du bâtiment annexe. Le Sang-Dêchoirement tira plusieurs balles, mais Fili les esquiva. Toutefois, il fut franchement ralentit lorsque Kili tira sur une soupape de gaz à ses pieds, qui explosa en le jetant au sol et le brun rangea son arme pour sauter à son tour.
Il atterrit souplement sur le toit au moment où Fili se relevait et, profitant de l'élan, il bondit sur le blond pour le plaquer au sol. Le plus petit se débattit furieusement et, d'un coup de coude bien placé, il força le Sang-Dêchoirement à lâcher prise avant de se remettre sur pied avec une agilité bluffante. Il enchaina immédiatement avec un crochet direct dans la mâchoire de Kili puis un coup de pied précis qui envoya au loin l'arme à feu que le brun venait de dégainer. Ils se firent face à peine une fraction de seconde, puis Kili fondit sur Fili qui para de justesse sa première attaque. Le mouvement qui suivit le déstabilisa et il eut le souffle coupé lorsque le genoux de Kili lui martela ensuite le ventre. Il n'eut pas le temps de se redresser que le poing du Sang-Dêchoirement, qui le dominait largement, fusa vers son visage et l'impact lui fit voir des étoiles. Il sentit, dans son palais, le gout métallique de son propre sang et, par un prodigieux réflexe, il parvint à repousser Kili qui, sans pitié, allait le jeter à terre dans une ultime attaque. Le brun fut pris par surprise lorsque Fili lui attrapa la chemise pour le projeter vers lui tout en remontant violement son genoux. L'impact contre son abdomen fut assez puissant pour le mettre hors service quelques secondes, le temps nécessaire à Fili pour se dégager et s'éloigner en titubant. Etourdi, il essuya rapidement le sang qui coulait de son nez et de sa lèvre fendue tout en reculant jusqu'à buter contre le rebords alors que Kili se remettait debout, la main serrée sur son arme qu'il avait ramassé au passage et qu'il braqua sur le blond :
— Okay… Parce que t'as une belle gueule, je te laisse le choix entre sauter de l'immeuble ou bien te prendre une demi-douzaine de balles… Dans les deux cas, je t'arrache ton putain de sourire et, surtout, tu vas gentiment me rendre l'enveloppe que tu m'as prise.
Face à lui, sagement, Fili avait levé ses deux mains désarmées, le regard grave mais il garda son aplomb et assura sérieusement :
— Je choisi le saut… Je te donnerai l'enveloppe ensuite.
Il recula d'un pas et allait sérieusement sauter, mais Kili assura sa prise sur son arme:
— Non ! Ne bouge pas tant que je n'ai pas l'enveloppe !
Il vit comment Fili se tendit, prêt à bondir, et il allait tirer sur le blond mais, à ce moment, les Raa'z arrivèrent sur le toit du bâtiment adjacent et Kili eut à peine le temps de se mettre à couvert que les hommes d'Azog ouvrirent le feu.
Fili n'était déjà plus là et, en pestant, il se rua à son tour vers le rebord par dessus lequel il sauta sans réfléchir. Il crocheta une irrégularité du mur pour se plaquer contre lui, au dessus du vide et se protéger des balles avant de se laisser glisser sur le premier balcon. Il poussa un nouveau juron lorsque, une centaine de mètres plus bas, il vit Fili descendre à une vitesse vertigineuse.
Du parkour… Ce mec était un génie du parkour… Ce qui expliquait comment il avait pu passer à travers la fenêtre du troisième étage d'un bâtiment ultra protégé occupé par une quarantaine de combattants aguerris… Putain…
Kili ne connaissait pas encore les pertes du côté des Sangs-Dêchoirements, mais il n'était pas serein et, la crainte au ventre vis à vis de ses frères d'armes, il grinça des dents en remarquant la voiture fédérale dans laquelle le beau-gosse blond s'engouffra et qui démarra sans attendre. Un lupin… Il s'était fait doubler par une saleté de lupin…
Tout ça pour ça…
Et ces connards de Raa'z qui continuaient d'arroser le mur derrière lequel il se trouvait…
A dix contre un, il allait devoir jouer finement pour se sortir de là et se mettre en sécurité.
Merci d'avoir lu !
A vendredi pour le prochain !
Pour Smaug humain, c'est la version Cumberbatch ;)
Je suis en cours de cloture d'une formation mais j'enchaine sur une autre, dans le genre intensive et accélérée (premier jour aujourd'hui !), donc même si j'ai une dizaine de chapitres d'avance pour cette fic, je vais essayer de ne pas étirer l'intrigue. Donc l'action s'enchainera certainement un peu vite.
