La fusillade dans le vieil entrepôt des quais sembla prendre de l'ampleur comme les lupins parvinrent à acculer les Raa'z, pris par surprise.
— N'oubliez pas, il nous faut Azog, mort ou vif !
A couvert, Fili lançait ses ordres et, à côté de lui, Bilbo, qui était venu en renfort, commenta légèrement tout en rechargeant son arme :
— Un bon nettoyage musclé comme on les aime… Cela faisait longtemps. Heureusement que tu es arrivé, Fili, les autres devenaient un peu mous et passaient leur temps à se plaindre des affaires qui trainaient.
— L'on m'a dit que les Raa'z étaient des plaies sans aucun respect pour les lois… Contrairement aux Sangs-Dêchoirements qui sont intouchables, nous avons toutes les raisons de nous en prendre de cette manière à Azog.
— Certes, mais avec toi, c'est expéditif. J'apprécie beaucoup. Les familles pourront réapprendre à nous craindre avec un coup comme celui-ci. Ca fait trop longtemps qu'on passe pour les concombres de service…
Fili lui répondit d'un sourire et tous les deux s'amassèrent plus encore derrière une pile de sacs lorsqu'une rafale passa au dessus de leur tête et Fili reprit en jetant un œil sur ses hommes qui avançaient doucement :
— C'est surtout Kili qu'il faut récupérer.
— Pour en faire quoi ? Il n'est qu'une victime sur ce coup là, nous ne pouvons le ramener à la brigade, nous n'avons pas la moindre charge contre lui. Mieux vaut les laisser le tuer et ne récupérer que le corps…
— Non. Je trouverai bien un moyen de profiter de la situation…
Sans ajouter plus, Fili se remit sur pied et, couvert par Bilbo, il s'élança dans l'entrepôt désaffecté qui s'avérait être l'une des planques principales des Raa'z, actuellement en proie à une tempête de poudre et de feu. Il rejoignit un mur et avisa, à quelques mètres de lui, Bofur, qui était à couvert et qui lui fit signe de le rejoindre. Il secoua négativement la tête et lui fit un signe avant de s'élancer vers une petite porte que beaucoup de Raa'z avaient empruntée dans l'espoir de fuir. Bofur le suivit et tous deux se couvrirent mutuellement avant de s'engouffrer vers les sous-sols.
Eloignés de la fusillade, ils marchèrent silencieusement, leurs armes braquées devant eux et se dirigèrent rapidement vers des éclats de voix.
« On n'a plus beaucoup de temps pour lui faire cracher le nom du gardien, mieux vaudrait l'emmener avec nous !
— Je préfère encore tuer ce chien maintenant, on aura une autre chance lorsque… »
Le blond eut un sourire et malgré un signe de Bofur qui incitait à la prudence, Fili défonça une porte avant de tirer sur tout ce qui bougeait.
Une belle salle de torture, innovante et bien éclairée… Kili y était, épinglé sur une table de métal et le regard profondément choqué de constater l'identité du nouvel intrus. L'homme qui se tenait au centre fut le premier à succomber, rapidement suivit par un deuxième, plus proche de l'ouverture et Fili ne perdit pas de temps pour se remettre à couvert lorsque Azog, qui était présent aussi, dégaina avec une rapidité qui dépassait les lois de la physique et qui arrosa les deux lupins. Ils sortirent de la salle pour se mettre à couvert et, adossé contre le mur près de la porte, Fili se contenta de parler d'une voix forte :
— Pose ton arme, Azog, tu es en état d'arrestation.
L'autre ne répondit pas et Bofur envoya un regard ahuri à Fili :
— Franchement ?
Le blond haussa les épaules et lui fit signe de le couvrir avant de quitter la protection du mur pour tirer sur Azog, mais l'autre avait déjà bondi vers la sortie et, à main nue, il attaqua Fili qui évita le premier coup de justesse et le deuxième par la grâce de dieu. Il voulut répliquer, mais, plus grand et bien plus puissant que le jeune lupin, Azog prit sans mal l'avantage et, d'un enchainement d'une puissance inouïe, il le frappa d'abord du coude, au visage, continua son mouvement en serrant le poing qui martela son abdomen déjà blessé une fois, puis deux fois et il termina en remontant le genoux au moment ou Fili, vaincu, se pliait en deux. Il se prit le coup au visage, se mordit la langue lorsque ses dents s'entrechoquèrent et, sans perdre de temps, Azog se tourna vers Bofur. Presque avec tendresse, il attrapa la nuque du lupin qui fut incapable de résister lorsque le Raa'z lui claqua la face contre le mur et, comme une poupée de chiffon, il s'écroula.
Les autres lupins arrivèrent dans les sous-sols à ce moment et la fusillade reprit de plus belle, mais ni Fili, ni Bofur, qui se redressaient difficilement, reprenant laborieusement leur souffle, ne cherchèrent à rejoindre leurs collègues pour donner un coup de main.
A moitié assommé mais récupérant rapidement ses esprits, Fili tendit sa main à Bofur pour l'aider à se remettre sur pied, puis il se tourna vers Kili qui, avec hargne, tentait de se défaire des liens qui l'entravaient. Ses deux mains étaient attachées à la tête de la table, le laissant exposé et sans défense face à Fili qui s'approcha en essuyant le sang qui coulait de sa bouche et de son nez. D'un regard, il analysa l'état du brun, dont le torse nu présentait déjà quelques balafres sanglantes et il commenta avec un rictus supérieur :
— Il n'a pas vraiment de quoi faire le fier, finalement, ce si badass Sang-Dêchoirement qui terrorise tant mes collègues…
— Ne fait pas le malin, toi, vu la raclée que tu viens de te prendre...
— Certes, mais moi, au moins, je ne me suis pas fait capturé comme une tanche pour me faire ensuite secourir par le même lupin qui m'a déjà damné le pion la nuit précédente.
— N'utilise pas les termes « Secourir », ni « Damné le pion », lupin, ça induit plus de panache que tu n'en as… Au vu de l'état dans lequel de telles interventions te mettent, j'ai l'impression que tu les subits plus qu'autre chose…
Fili allait répondre un commentaire bien senti, mais Bilbo entra à ce moment dans la salle, avant d'hausser un sourcil appréciateur lorsqu'il vit le petit cadeau qui trônait en son centre. Un nettoyage en profondeur d'un nid de Raa'z et le fils du leader Sang-Dêchoirement en une seule prise. Décidément, ce nouveau lieutenant promettait beaucoup de choses. Il se racla la gorge, avant d'annoncer en faisant un signe derrière lui.
— L'entrepôt a été intégralement nettoyé. Nous embarquons une quinzaine de Raa'z, cinq d'entre eux sont décédés. Sept, si l'on compte ceux-là.
Il fit un signe de tête vers les deux cadavres qui se vidaient de leur sang aux pieds de Fili, que plusieurs lupins étaient déjà en train de couvrir pour les évacuer. Le blond rengaina son arme en demandant froidement :
— Azog ?
— Parti, avec une dizaine de Raa'z.
Fili grimaça puis se tourna vers Kili qui, encore, tentait frénétiquement de se débarrasser de ses liens et Bilbo reprit en s'approchant :
— Que fait-on de lui ?
— J'aimerai l'interroger.
— Nous ne pouvons l'amener légitimement à la brigade contre son gré… S'il refuse de nous suivre, nous devons le laisser partir…
— Rien ne nous force à le libérer de ses liens non plus… Je vais le laisser là et lui poser quelques questions tant qu'il est en condition de m'écouter. Je ne devrai pas en avoir pour longtemps, vous pouvez disposer.
Il avait simplement répondu en attrapant sur un établi un instrument indéfini, mais bien coupant qu'il étudia pensivement en s'adossant à la table sur laquelle Kili était attaché et Bilbo fronça les sourcils, à l'instar du brun qui lança un regard noir à Fili.
— Hem… Fili… Nous ne… N'utilisons… Ces méthodes ne…
— Quelles méthodes ?
Sans exprimer la moindre émotion, Fili leva son regard vers Bilbo en faisant tournoyer sa trouvaille autour de ses doigts et le plus petit fit un signe nerveux sur les instruments sans équivoque qui ornaient la salle. Le blond se contenta de lui envoyer un sourire rassurant avant de s'avancer vers lui pour poser sa main sur son épaule et l'inviter à sortir :
— Ne vous inquiétez pas, monsieur Sacquet. Mes méthodes sont parfaitement légales et, de toute manière, je n'ai pas besoin que vous y assistiez. J'en prends toute la responsabilité, si c'est ce qui vous inquiète. Je voudrais simplement échanger quelques mots avec monsieur Acepede ici présent.
D'un signe de tête, il invita Bilbo à sortir et celui-ci lui lança un regard méfiant avant d'hausser les épaules. Bofur le suivit et Fili lui donna simplement ses ordres avant de lui proposer de rentrer chez lui. La nuit était bien avancée et le travail ici était fait. Les autres membres de la brigade lupine étaient occupés à sécuriser le lieu mais, sinon, il n'y avait plus grand-chose à faire ce soir.
Une fois que tous furent sortis de la salle, il ferma la porte derrière eux et, sans aucune hésitation, il la verrouilla avant de se tourner vers Kili qui, ayant abandonné l'idée de se défaire de ses liens en tirant dessus, s'était immobilisé et regardait le plafond :
— Tu penses sincèrement pouvoir tirer quelque chose de moi ?
— Pourquoi pas ?
— Ceux qui viennent d'essayer ont bien plus d'expérience que toi et pourtant…
— Je ne veux pas t'interroger mais te parler et, ça tombe bien, tu as l'air d'humeur à m'écouter.
— Connard.
Fili ne releva pas et il s'adossa à la table en effleura le torse nu du regard. Très bien fait, parfaitement à son gout, même si barré de ces récentes balafres plus douloureuses que sérieuses. Le blond s'en détourna pour commencer distraitement :
— Que veulent les Raa'z ?
— Sérieusement ? C'est pour me demander ça que tu as fait tout ça ? T'es vraiment-
— Ta gueule. Je lance simplement la conversation.
Allongé sur le dos, Kili ne retint pas un ricanement condescendant et il leva les yeux au ciel :
— Dis moi directement où tu veux en venir, lupin.
— C'est moi qui pose les questions.
— Ho non… T'as pas les tripes pour ça, mon beau.
— Certes, mais moi, je ne suis pas allongé comme un glandu sur une table de torture. Comment en es-tu arrivé là, d'ailleurs ? Tu n'as pas l'air d'être du genre à te faire chopper si facilement…
— Pas par toi, c'est sur.
Fili leva les yeux au ciel en croisant les bras sur son torse, mais il ne se laissa pas démonter :
— Quel était votre marché, avec les Raa'z ?
— Une erreur…
— A quel point sont-ils impliqués dans… l'affaire de l'Arkenstone ? Pourquoi Azog a-t-il voulu vous doubler ?
— Ho pitié… T'es un lupin, c'est pas censé être des experts en renseignement ces bêtes-là ?
— Je le suis…
— Si tu l'étais vraiment, tu n'aurais aucune question à me poser à ce propos… Alors ne t'attends à ce que je vienne combler tes lacunes, tu n'-
— Répond-moi, Aceped.
— Libère-moi, lupin… A moins que tu n'ais une très bonne raison de me garder ainsi entravé…
Fili lui répondit d'un sourire. Un simple sourire froid et plutôt hautain, qui disparut rapidement comme il se pencha sur le brun pour assurer d'une voix intransigeante :
— Je n'ai ni l'intention de me justifier, ni de te libérer… Je veux que tu me dises ce que veux Azog.
— J'ai pourtant l'impression que c'est clair…
Kili, aucunement intimidé, avait répondu sur le ton de la conversion et, d'une voix neutre, Fili lui tourna le dos pour s'appuyer à la table en croisant les bras sur son torse :
— Non, ça ne l'est pas… Je veux savoir ce qu'Azog aurait fait s'il avait découvert l'identité du gardien.
— Il serait allé le voir, je suppose…
Comme s'il semblait s'amuser à ne répondre que le minimum, Kili retint un sourire mais, très sérieux, Fili se tourna vers lui :
— Il serait aller le voir, oui, merci, je n'ai pas besoin de ton génie pour le deviner. Mais Azog n'est clairement pas dans le jeu, il n'a pas le profil. Je doute qu'il n'ait saisi seul l'importance des enjeux d'une telle histoire, à moins que des gens abrutis et incapables d'évaluer les risques ne lui en aient touché quelques mots dans l'espoir d'obtenir son aide pour des travaux qu'ils ne peuvent opérer seuls…
Comme attendu, Kili lui répondit d'un regard noir et il siffla en réponse :
— Azog n'a rien appris de notre part à ce sujet.
— Quel sujet ?
Kili allait répondre mais il ferma les lèvres et, finalement, il lança un regard suspicieux à Fili. Il s'observèrent un long moment en silence, avant que le brun, prudemment, ne remarque d'une voix neutre :
— Tu as déjà obtenu tous les renseignements que tu désirais…
Fili haussa les épaules, sans répondre. Si ce n'était pas les Sangs-Dêchoirements qui avaient lancé Azog dans la course, c'était donc forcément quelqu'un d'autre. Il était peu probable qu'Azog ne considère l'Arkenstone autrement que comme une marchandise à donner au plus offrant. Restait à savoir de qui il s'agissait, mais Fili avait peur de le deviner. Car si ça n'était pas Daïn, et ça n'avait pas l'air d'être le cas, alors il y avait de grandes chances pour que ce soit ce fameux prêtre de Morgoth dont on soupçonnait la présence au sein de l'agence… Et, par ses silences et ses demies réponses, le brun lui avait appris que les sangs-Dêchoirements étaient à peine alliés avec les Raa'z, qu'ils n'étaient pas complices de tout et, aussi, qu'ils se doutaient que quelque chose n'allait pas… Le « Il n'a rien appris de notre part à ce sujet » était plutôt révélateur… Son attention revint sur le brun lorsque celui-ci remarqua simplement :
— Tu es doué…
— Merci.
Distraitement, il avait répondu en se redressant pour lui faire franchement face et, encore, ses yeux effleurèrent le torse découvert de Kili qui, pour soulager ses bras ankylosées, fit rouler ses épaules, attirant le regard du blond.
— La vue te plait ?
Fili lui répondit d'un haussement de sourcil appréciateur, absolument pas gêné, mais, sans faire mine de voir le petit sourire séduisant du Sang-Dêchoirement, il embraya directement :
— Je n'ai pas tout ce que je désirais.
— Libère-moi et on en reparle…
Glissant sur le sous-entendu du brun qui, malgré la situation, commençait à flirter sans complexe, Fili insista fermement :
— Sais-tu pour qui travaille Azog ?
— J'espère pour vous que l'Agence a son idée sur le sujet…
— Sinon quoi ?
— Sinon l'estime que je porte à la brigade lupine, qui était vraiment très bas avant que tu n'arrives, ne s'en remettrait jamais.
— Donc tu sais…
— Quoi ça ?
Ils échangèrent un nouveau regard et, devinant que les Sang-Dêchoirements avaient bel et bien connaissance de la présence d'un prêtre de Morgoth en ville, Fili n'insista pas. Kili sembla se rendre compte qu'il en avait trop dit et, dans un sourire charmé, plutôt que se fermer, il demanda d'une voix faussement admirative :
— Comment tu fais ça, lupin ?
— Je pose les bonnes questions et j'interprète aussi bien les silences que les demi-vérités…
— Badass… Ta méthode de renseignement est presque aussi efficace que la mienne… Elle manque un peu trop de panache à mon gout, toutefois…
Encore, ils se regardèrent dans les yeux et, cette fois-ci, le léger sourire de Kili se refléta sur les lèvres de Fili qui se détourna en reprenant :
— De qui s'agit-il ?
— Penses-tu que si nous avions connaissance de l'identité de… ce type, nous serions rester les bras croisés ?
— Vous vous seriez alliés à lui ?
— Franchement ?
Kili semblait stupéfait que Fili puisse insinuer une chose pareille et le blond se contenta de lui envoyer un simple regard blasé :
— Pourquoi pas ?
— Je vais te laisser interpréter mon silence pour répondre à cette question, lupin.
— T'es chiant.
— Et, même si je le savais, je ne vois pas en quoi te partager cette information servirait à quelque chose… T'as pris cher hier, et si tu fais l'erreur de me laisser repartir, je mettrai un point d'honneur à finir ce que j'avais commencé sur ce toit… Azog vient de te mettre la misère et t'es à peine capable de mener un interrogatoire correctement… Si c'est comme ça face à nous, je me demande bien combien de temps tu tiendras face à lui avant d'être réduit en compote… Ce serait dommage… Une si belle gueule…
Fili laissa couler sans commenter et il remarqua simplement d'une voix neutre :
— C'est pourtant moi qui te tiens maintenant.
— Mais tu ne peux rien faire de moi… Crois-moi, tu n'obtiendras aucun renseignement décent avec ta méthode…
— Ce n'est pas comme si j'en attendais beaucoup plus de ta part…
— Quoi alors ? Tu veux surtout profiter de la situation ? Tu as raison, ça ne risque pas de se reproduire où, alors, les rôles seraient inversés…
— Ca te plairait ?
— Tu n'as pas idée… Sauf que moi, je ne serai pas aussi manchot que tu l'es.
Fili haussa un sourcil en se tournant vers le brun à qui il lança un regard provoquant :
— Vraiment ?
— Prend ma place et tu verras bien.
— Tentant…
Encore, ils échangèrent un nouveau regard plus intense et Fili ressentit, soudain, l'envie de répondre à la promesse de ce regard si magnétique en dénouant, simplement, ces liens qui immobilisaient le brun puis, pourquoi pas, se laisser porter par les événements. L'idée lui donna un coup de chaud et il se détourna pour demander en gardant une voix maitrisée :
— Daïn avait publiquement laissé entendre que-
— Arrête de tourner autour du pot et pose moi ta question directement, qu'on en finisse.
Coupé, Fili retint un soupir et sa question fusa immédiatement :
— Sais-tu où se trouve l'Arkenstone ?
Comme s'il s'y était attendu, la réponse de Kili fut aussi prompte à jaillir, sans aucune hésitation :
— Si tu t'attends à ce que je te donne la moindre information de ce côté-là, tu vas vite déchanter…
— Tu t'es montré plutôt conciliant jusqu'à maintenant…
— Disons que la discussion était, jusqu'à là, plutôt intéressante…
Fronçant les sourcils, Fili lui envoya un bref regard aiguisé et, en réponse, Kili fit la moue pour énumérer avec un sourire victorieux :
— Les lupins, et l'agence, semblent avoir identifié le véritable ennemi et ils commencent à faire les bonnes déductions… C'est d'ailleurs dingue qu'ils aient eu à attendre ton arrivée pour faire ce si grand bond en avant... Aussi, ils ne savent pas où est l'Arkenstone et sont prêts à tout pour le retrouver malgré le fait que le gardien semble faire entendre qu'il faut peut-être mieux le garder cacher pour l'instant… Durïn est aussi orgueilleux, ambitieux et pressé qu'on le dit…
Fili, au lieu de se braquer, lui rendit son sourire en constatant simplement :
— Un partout, donc…
— Je ne crois pas, non… On est loin de jouer à égalité, lupin.
— Tes pas trop en position d'assurer ce genre de chose…
— Tu me détiens ici de manière illégale, attend un peu que je porte plainte contre toi…
Fili eut une grimace pas vraiment embêtée et il s'approcha de la tête de la table pour glisser ses doigts sur les liens qui tenaient les poignets de Kili :
— C'est ça… Va dire à papa que le méchant lupin qui t'a sauvé le cul face à Azog a un peu tardé à te libérer… Si nous n'étions pas intervenus, qui sait ce qu'il serait en train de se passer maintenant et où nous aurions repêché ton corps ces prochains jours ?
— Tu t'attends à ce que je te remercie ?
— Un peu de gratitude ne ferait pas de mal en effet.
— Tu sais où tu peux te la mettre, ma gratitude…
Fili ne répondit pas, attrapent les liens que Kili avait, discrètement, pratiquement réussi à dénouer et, sèchement, il les resserra en se penchant sur l'autre, sérieux :
— Où se trouve l'Arkenstone ?
— Tu ne crois pas que si je le savais, elle serait déjà en possession de mon père ?
— Pas tant que vous ignorez l'identité du gardien.
Le brun fronça les sourcils et, se tordant, il parvint à mobiliser sa main pour attraper fermement le poignet de Fili :
— Qui est-ce ?
— Une personne qui est dorénavant hors de ta portée.
— Personne n'est hors de ma portée.
— Je répète que tu n'es pas vraiment en position de fanfaronner ainsi.
— Crois-tu ? J'ai pourtant survécu à pire.
— Je ne crois pas que tu ais déjà rencontré pire que moi.
— Au vu de la manière dont Azog vient de te casser la gueule, je ne pense pas que tu puisses fanfaronner ainsi, toi non plus.
— Je ne fanfaronne pas…
— Moi non plus.
Encore, ils échangèrent un long regard et, remarquant le léger sourire qui flottait sur les lèvres de Fili et creusait un peu plus ses fossettes, Kili constata simplement, d'une voix beaucoup plus grave tout en tenant plus fermement le poignet entre ses doigts :
— Tu n'as pas l'air d'être le genre de mec à te poser beaucoup de questions avant d'agir ou de parler…
— Cela explique peut-être pourquoi j'ai des résultats…
Kili leva les yeux au ciel, plus amusé qu'intimidé et il demanda à nouveau :
— En quoi tu serais le pire que j'ai rencontré ? J'ai un peu du mal à cerner… Mise à part ton aptitude à interpréter les silences et encaisser les coups, t'as pas l'air de sortir du lot…
— J'ai d'autres atouts.
Le sourire de Kili se fit plus franc et, d'une voix plus grave, il susurra d'un ton bas qui ne portait aucune équivoque et, du pouce, il caressa doucement la peau du poignet de Fili qui ne se déroba pas :
— J'aimerai beaucoup les voir…
— Ca se mérite.
— J'ai plus l'habitude de m'emparer de ce que je veux que de le mériter…
Fili n'avait plus la certitude de maitriser la discussion, mais il ne s'en formalisa pas et, pris dans cette conversation qui dérapait légèrement, il récupéra sa main et se pencha sur le brun pour assurer d'une voix taquine :
— J'aimerai bien t'y voir…
— Je ne pense pas non… Tu n'assumerais pas…
— Qu'est-ce que je n'assumerais pas, exactement ?
Kili ne répondit pas et, encore, ils échangèrent un regard qui semblait presque… Complice, d'une certaine manière, comme s'ils partageaient les mêmes pensées. Sans le quitter des yeux, le brun demanda doucement, d'une voix grave :
— Tu aimes ça ? Risquer ta vie face à des mecs comme Azog… Marchander avec des mecs comme moi… Sentir le danger, le narguer et plonger dedans…
Ho oui… Fili adorait ça, ce n'était pas peu dire… Un drôle de sentiment vibra en lui mais, au lieu de le réprimer, il le savoura en remarquant d'un ton bas :
— Ca nous fait une chose en commun…
Le regard de Fili glissa une nouvelle fois sur le torse dénudé. Pas une once de graisse en trop, une musculation ferme qui roulait sous la peau hâlée, ornée de quelques cicatrices plus ou moins récentes de laquelle se dégageait une chaleur poignante qui l'appelait sans qu'il ne puisse faire abstraction. Un condensé de promesse de mort, de menace destructrice et de danger, bridé et entravé par ces liens qui l'immobilisaient sans lui donner pour autant l'air inoffensif ou une impression de vulnérabilité, au contraire.
Tellement tentant… Décidément, Fili, malgré ses efforts, ne parvenait pas à l'ignorer, surtout que, par son regard, ses sous-entendus et son attitude, Kili avait irrémédiablement capté son attention.
Le brun semblait en être conscient car, séduit lui aussi par ce lupin audacieux qui ne manquait pas de cran, il lui répondit d'un sourire parfaitement dangereux :
— Non… Moi je suis le danger. Toi, tu préfères lorsque c'est le danger qui s'empare de toi…
Le regard de Kili avait changé, provoquant, chaud et, surtout, magnétique… Fili se laissa happer par ces orbes si intenses et, cédant, il eut un nouveau sourire avant d'acquiescer sans le quitter des yeux et s'approchant :
— Le danger…
Kili retint son souffle, mais ne cacha pas son sourire séduit, lorsque, sans prévenir, l'autre s'installa à califourchon sur son bassin en admettant avec un sourire gourmand :
— J'aime ça, tu n'as pas idée…
— Je crois que ta manière d'aimer me plait bien… Mais fait attention à ne pas jouer avec trop gros pour toi.
— J'ai connu pire.
— Je ne crois pas, non.
— Tu n'as pas l'air bien menaçant…
Il avait parlé sans cacher le ton séduit qui approfondit sa voix. C'était faux, même ainsi immobilisé, Kili vibrait de puissance et restait franchement intimidant, surtout lorsqu'il assura en le regardant dans les yeux :
— Par d'ici sans me tuer, lupin, et tu changeras très vite d'avis sur le sujet.
— Je veux bien prendre le risque… Dis moi où est l'Arkenstone.
— Si le gardien a décidé de ne pas dévoiler sa position à l'Agence ou à Durïn, c'est qu'il a une très bonne raison.
— Quelle est cette raison ?
Le regard étincelant et la mâchoire crispée d'un plaisir surpris, mais anticipée, Kili ne répondit pas. Il ne lâcha pas le visage de Fili des yeux alors que celui-ci, millimètre par millimètre, reculait doucement et, la voix plus rauque, le blond demanda à nouveau sur le ton de la conversation :
— Dis le moi… Pourquoi le gardien ne s'est toujours pas dévoiler à monsieur Durïn ? Il est pourtant le seul, selon les lois, à pouvoir prétendre hériter de cette pierre.
— La pierre n'est pas prête à être dévoilée… Comment un type comme toi a pu recevoir le grade de lieutenant à peine arrivé dans la brigade lupine ?
— Parce qu'ils n'avaient pas d'autres types comme moi à mettre à la place.
Avec une lenteur innommable, il commença à bouger sur le brun qui, appréciant la situation plus que de raison, inspira profondément :
— D'où viens-tu ? Tu n'es pas d'Erebor…
— Une cité Balnéaire à l'Ouest, rien de très impressionnant.
— Et pourquoi es-tu venu ici ?
— Soucis familiaux, j'avais besoin de prendre l'air. Que compte faire ton père une fois qu'il aura l'Arkenstone ?
— Faire d'Erebor une place meilleure.
— En est-il capable ?
— Pas tout seul.
— Pourquoi s'est-il mis l'Agence à dos, au lieu de collaborer avec elle ?
— Ca ne te regarde pas.
Fili ne répondit pas et Kili retint un juron en se cramponnant à ses liens lorsque la friction sur son aine s'intensifia. Le blond eut un sourire :
— Tu aimes ça ?
— Tu bouges plutôt bien…
— Oui, on me le dit à chaque fois…
Il lui lança un nouveau sourire mutin, le regard maintenant voilé d'un brume de désir qui ne laissa pas le brun indifférent et qui, immobilisé, se contenta de subir en soufflant dans un sourire séduit :
— Ca t'arrive souvent ? De faire ce genre de chose avec des mecs qui t'ont tabassé la veille ?
Fili secoua négativement la tête mais jugula un long frisson lorsque, sous lui, il sentit le corps de Kili répondre au sien de manière odieusement électrisant et, instinctivement, il cala son pas sur celui que le brun lui imprégna en reconnaissant d'une voix qu'il tenta de maitriser au mieux :
— Je n'en avais pas encore rencontré des comme toi…
— On me le dit à chaque fois…
Encore, ils échangèrent un nouveau sourire, complice, provoquant et empli de défi.
Au fond de lui, Fili entendit une petite voix concernée qui s'inquiétait de ce qu'il était en train de faire, mais il la fit taire sans vraiment hésiter. Ca n'était pas du tout prémédité, bien entendu, mais ce type lui faisait vraiment tourner la tête et la réciproque semblait se valoir. Il était juste trop… Trop. Trop chaud, trop magnétique, trop dangereux… Un cocktail qui ne pouvait laisser le blond indifférent et qui l'attirait comme un aimant.
Enivré, il posa ses mains sur l'abdomen qu'il malaxa tout en approfondissant la friction entre leurs deux entrejambes sans chercher à retenir un lourd soupir comblé et, sous lui, Kili réagissait de manière bien trop concrète pour ne pas le laisser indifférent.
C'était interdit, illégal, dangereux mais bien trop délicieux pour qu'il s'en souci.
— Dis moi… Où est l'Arkenstone ?
— Ca ne te dérange pas de faire ta pute pour avoir ce genre d'information ?
— Ho non, par Mahal…
Il poussa un soupir rauque, maintenant franchement allumé et, grisé, il se pencha pour poser ses lèvres sur ce torse puissant et effilé. Le parfum lui fit tourner la tête et, avec passion, il dévora la peau, mettant les sens de Kili à rude épreuve.
— Bordel… Libère-moi…
La voix était tellement basse qu'elle sembla gronder dans le torse que Fili embrassait sans trêve et, levant son regard vers lui, il demanda avec candeur :
— Pourquoi ? Que ferais-tu ?
— Des choses que la décence m'interdit de citer à voix haute.
— Je veux l'entendre…
Kili serra les lèvres, adorant la tournure des événements. Ce n'était, finalement, pas pour rien qu'il avait craqué sur celui-là au premier regard, dans le casino. A vrai dire, ce qu'il se passait maintenant était bien plus intéressant, érotique et intense que ce qu'ils auraient vécu si Fili avait été ce simple joueur de Blackjack qu'il avait pensé à première vue. Damn, ce type était, tout simplement, carrément remarquable et ensorcelant, Kili n'en avait encore jamais rencontré des comme lui.
Pour répondre à sa dernière question, il avait bien quelques idées en tête, mais il préféra souffler d'une voix grave :
— Libère-moi et je ne me contenterai pas seulement de te chuchoter des mots doux…
— Ca ne te dérange pas, de faire ta pute pour que je te libère ?
— Ho non, t'as pas idée…
Le blond se contenta de lui lancer un sourire aguichant qui fut sublimé par ses fossettes et Kili ne le quitta pas des yeux lorsqu'il se redressa sans cesser de se mouvoir sur son bassin.
Avec sensualité, il fit glisser ses mains sur sa tunique de combat jusqu'à en attraper le bord et, d'un geste sûr, il la retira pour la jeter au sol. Dévoilant un torse superbement ciselé, marbré de noir qui rappelait leur première rencontre et celle, plus récente, avec Azog, mais, surtout, sensuel à l'extrême. Il posa ensuite ses mains sur sa propre peau qu'il caressa en rythme avec l'oscillation de son bassin, offrant à Kili une vue jouissive qui le fit fortement douté de son sens des priorités.
— Libère-moi.
— Pourquoi ?
— Que je t'offre le pied de ta vie.
— T'as une grande gueule… Merci de la proposition, mais je peux me débrouiller tout seul de ce côté-là…
Le sous-entendu de la phrase suffit à lui seul à retourner carrément les sens de Kili qui, attisé, le défia en le regardant dans les yeux :
— Je suis curieux de voir ça… Si tu l'oses…
Fili lui rendit longuement son regard, et, sans flancher, il acquiesça :
— Je vais oser…
A la remarque provocante de Kili, Fili avait répondu d'un ton plus provoquant encore et il ponctua sa phrase en se penchant à nouveau sur lui et attrapa sa ceinture qu'il déboucla avec empressement avant de se redresser légèrement pour faire glisser le pantalon sur ses hanches. Il se releva pour se déshabiller à son tour, envoyant un baiser séduisant à Kili qui ne perdit rien de la vue et, s'approchant, il revint flatter l'aine du brun avant de faufiler sa main dans ses poches pour les fouiller rapidement.
— Que cherches-tu ?
— Un préservatif.
— Je suis clean de ce côté-là, pas besoin de préservatif...
— Excuse-moi de ne pas te croire sur parole… Tu en as avec toi ?
Ils s'affrontèrent un instant du regard puis Kili fit un simple signe de tête en direction de sa veste, échouée au sol.
— S'il n'y en a pas là dedans, alors faudra faire sans.
— Ou ne pas faire du tout…
— Je croyais que tu aimais le danger…
— Pas ce genre de danger.
Sous un sourire provoquant, il ramassa la veste avec une lenteur attisante et, une fois sa trouvaille en main, il revint s'installer sur Kili en arrachant le plastique d'un coup de dent.
— Je te demanderai bien si tu as une préférence pour la position, mais je crains que tes possibilités ne soient réduites…
— Connard…
En réponse, Fili posa sa main sur son entrejambe qu'il massa adroitement, ravi de le sentir si dur contre sa paume et, pressé, il le couvrit du préservatif avant de se redresser. Sans attendre, il planta son regard dans celui, embrasé, du brun qu'il guida en lui, n'essayant même pas de retenir un long soupir d'extase.
Il n'avait jamais fait ça de sa vie. Du moins, jamais il ne s'était donné dans ce contexte et jamais, non plus, il n'avait fantasmé sur une situation du genre. Ou alors, jamais vraiment sérieusement.
Il se doutait bien qu'un acte comme celui-ci risquait d'avoir des répercussions mais, pour l'instant, tout ce qui lui importait, c'était de sentir Kili en lui.
Il commença à onduler doucement. Trop pour Kili qui se désespérait de ne pouvoir le prendre par les hanches pour lui imposer son propre rythme, délivrant et passionné.
Lorsque son corps fut habitué à la présence de l'autre en lui, il commença et désirer plus et peu à peu, ses mouvements prirent de l'ampleur. Roulant son bassin pour approfondir à chaque fois la friction un peu plus, il sentit une chaleur dévastatrice gronder en lui, la même qui se propagea dans les veines de Kili, qui gardait son regard voilé par le plaisir rivé sur le corps du blond .
— Tu aimes ça ?
La voix de Kili était rauque et, serrant les lèvres, Fili n'eut aucune gêne à hocher affirmativement la tête tout en approfondissant l'étreinte et se cambrant pour mieux le recevoir en lui.
Il adorait ça, oui.
C'était un tout, bien entendu. Ce type si bandant, qui, la veille, avant tenté de le tuer et qui, sans aucun doute, tenterait à nouveau dès qu'une occasion se présenterait, la situation, ce rapport de force qu'ils avaient et, surtout, le danger…
Fili vivait pour l'adrénaline, plus que du sang, c'était ce qui était charrié dans ses veines et ce que pompait son cœur pour le maintenir en vie.
Les situations désespérées, les paris audacieux, les risques insensés… Il adorait ça.
Mais là… C'était au dessus de tout…
Du sexe avec des inconnus, il connaissait.
Mais, même s'ils ne s'étaient rencontrés que la vieille, ce n'était pas le statut qu'avait ce dangereux Sang-Dêchoirement envers Fili. Pas après qu'il lui ait dérobé le nom du gardien, qu'ils se soient battus à main nues, presqu'entretués, puis que Fili soit venu tirer Kili d'un très mauvais pas pour, ensuite, faire prendre aux choses une tournure inattendue. Exquise, mais inattendue.
Appréciant l'étreinte et conscient qu'une telle chose ne risquait pas de se reproduire de sitôt, surtout avec Kili, il décida de faire durer le plaisir le plus longtemps possible, imprégnant une succession de rythmes différents, variant l'inclinaison de son buste pour expérimenter plusieurs angles de pénétration, jusqu'à trouver celui qui lui convenait le plus et qui amena un long râle de plaisir à franchir ses lèvres entrouvertes alors qu'il approfondit le mouvement qui lui donnait le plus de sensation.
Contraint à l'immobilité, se contentant de suivre le rythme, Kili gardait son regard rivé sur le blond, jouissant autant de la vue que du déchainement de sens qu'il lui offrit sans pudeur.
Sans chercher à le retenir, il sentit les vagues de l'orgasme enflé en lui lorsque, prenant son pied, Fili entrouvrit les lèvres dans une exclamation muette, le souffle court et le corps tressaillant d'un plaisir électrique.
Les doigts plantés dans l'abdomen du brun, il se libéra dans une exclamation chargée de sensualité et Kili ne tint pas plus longtemps avant de venir en lui, comblé.
Etourdi, Fili resta un instant immobile pour reprendre son souffle, une lueur irradiante dans le regard et un sourire satisfait ourlant ses lèvres fines et, conquis au delà des mots, Kili souffla du bout des siennes :
— Embrasse-moi.
— Tu rêves.
Il avait répondu avec bravache, mais, le souffle encore irrégulier, il se pencha pour poser un baiser sur la bouche de Kili qui lui répondit avec fougue. Le blond eut le reflexe de prendre son visage en coupe, avant de glisser ses doigts dans ses cheveux fins sans cesser de l'embrasser adorant sentir la chaleur et la passion de l'autre mais, trop tôt, il se redressa.
— Tu n'imagines pas à quel point je suis tenté par l'idée de te libérer pour un second round…
— Qu'est-ce que tu attends ?
Fili fit la moue et, sans ajouter un mot, il se sépara de lui pour se remettre debout et s'habiller rapidement.
— Je suis peut-être un peu impulsif, mais pas si stupide.
— « Un peu » Impulsif… Tu parles… Je n'ai jamais rien vu de pire…
— Je sais.
Bouclant sa ceinture, il lui envoya un clin d'œil et Kili leva les yeux au ciel.
— Quoi alors, tu vas partir et me laisser comme ça ?
— C'est l'idée… Au vu de la réputation que tu te traines, te sortir de ce genre de truc sans aide est parfaitement à ta hauteur.
— Te retrouver aussi.
— Pour quoi faire ?
Ce fut au tour de Kili de lui envoyer un clin d'œil et, torse nu, Fili s'approcha de lui pour vérifier rapidement l'état des blessures de son torse, dont une saignait encore légèrement, puis il réajusta les vêtements du brun et récupéra le préservatif qu'il jeta dans l'évier de la salle avant de faire couler l'eau. Il attrapa ensuite une serviette qu'il humidifia afin de la passer rapidement sur le corps de son amant d'une fois.
— Très prévenant…
— Moins il y aura de preuves, mieux je me sentirai…
— Idem…
Conscient que les équipes de la brigade lupine reviendront dès le lendemain pour fouiller le bâtiment, il préférait ne pas avoir à expliquer pourquoi des traces sans équivoque portant son ADN avaient été retrouvées et il jeta la petite serviette dans l'évier pour la laisser tremper.
Il se pencha ensuite pour attraper sa tunique mais, avisant la chemise hors de prix de Kili qui trainait au sol, il laissa tomber son vêtement.
— N'y pense même pas ! En plus, elle est trop grande pour toi…
Immobile mais ne l'ayant pas lâché des yeux à un seul moment, Kili se contenta de pousser un juron discret lorsque, sans l'écouter, Fili lui lança un regard provoquant avant de revêtir la chemise de luxe.
— Tu veux vraiment me donner une bonne raison de te retrouver ?
— C'est toi qui veux absolument trouver un prétexte pour me revoir… Mais tu peux simplement venir juste parce que tu en as envie.
— Tu sais que les choses ne marchent pas comme ça, lupin.
Fili haussa les épaules en boutonnant le vêtement.
— Dans ce cas, je t'emprunte ça… Et ça…
Il se pencha pour ramasser la veste sombre dont il fouilla les poches. Il récupéra un smartphone dernière génération et un trousseau de clé dont il s'empara avant de laisser choir la veste de luxe et revenir près de Kili. Il lui caressa la joue avant de se baisser sur lui pour déposer un bref baiser sur ses lèvres, puis il tourna les talons, son butin avec lui. Prévenant, il avait, tout de même, prit la peine de glisser dans les mains du brun une petite lame solide et acérée.
Merci d'avoir lu
Je retrouve mon habitude de faire des chapitres plus longs ;)
Vous trouverez (certainement) que ça va (peut-être) un peu vite entre Fili et Kili mais ne vous inquiétez pas, c'est pas gagné pour autant.
Disons que sur les deux pairing, entre Thorin et Thranduil et Fili et Mili, il y en a un qui est plus lent à se mettre en place et l'autre qui est en mode coup de foudre.
Bref
A la prochaine ! (mercredi/jeudi prochain je pense)
