Hello,
Ce chapitre se passe dans une boite de nuit, donc vous pouvez toujours mettre des musiques un peu « dansantes » pour coller au contexte pendant la lecture ;) .


— Et là, le type a pointé son flingue sur moi et je me suis dit « Bofur, mon petit, si tu veux survivre à ça, il va falloir trouver autre chose… »
— C'est là qu'intervient ta superbe prise de-
— Non ! On ne parle pas de ça ! Ca n'a jamais existé !

Maugréant, Bofur évita la conversation en portant son cocktail à ses lèvres et, riant, Fili lui tapota l'épaule en criant à son oreille pour couvrir le son de la musique :

— Depuis que je suis arrivé, tout le monde chez les lupins me raconte cette histoire… ta version est bien moins… épique…

L'autre le repoussa d'un coup de coude et il retint un nouvel éclat de rire avant de se tourner vers la piste de danse et le bel inconnu qui le fixait depuis un bon moment en se déhanchant sauvagement sur la musique entrainante de la boite de nuit.

— Cette discussion est passionnante, mais je crois qu'il y a mieux à faire par là…
— On devrait changer de boite…
— Pourquoi ? J'aime bien celle-là.
— Il me semble avoir aperçu Bard tout à l'heure…
— Qui ça ?
— Un Sang-Dêchoirement… S'ils sont là, mieux vaut qu'on se trouve autre chose.
— Je ne crains pas les Sangs-Dêchoirements…
— Toi non. Mais moi oui et, crois-moi, ces abrutis peuvent transformer ta nuit en véritable enfer s'ils le veulent…
— Ils s'en prendrait à un lupin à découvert ?

A la question que lui hurla le blond, joyeusement éméché, dans les oreilles, Bofur haussa les épaules :

— Pas comme tu le penses, mais je ne suis pas venu là pour me faire embêter ou racquetter… J'ai des potes à trois rues d'ici dans un nouveau club. Tu viens ?

Le blond secoua négativement la tête avant de vider son verre :

— J'ai ce qu'il me faut ici.
— Ce mec ? Fili, franchement… Tu vaux mieux que ça !
— Peut-être, mais tu m'excuseras, je n'ai pas mieux à disposition…

Blasé, Bofur ne réagit pas lorsque son supérieur lui tapota l'épaule avant de se glisser sur la piste en roulant sensuellement les hanches, prêt à profiter de tout ce que la nuit avait à lui offrir.

oOo

— Verdict ?
— Ma plaidoirie pour la légitime défense a fonctionné, Gloïn avait le choix entre une belle amende ou un petit séjour de deux mois à peine en prison.

Kili hocha la tête avec un petit sourire amusé et, attrapant son verre, il remarqua avec nonchalance :

— Je suppose qu'il a choisi la prison…
— Il s'est arrangé pour être en cellule avec son pote qui a pris perpète, ça leur permettra de passer un peu de bon temps ensemble…
— Il n'en loupe pas une… Je plains les gardiens.
— J'en connais un autre comme ça…

Levant les yeux aux ciel, Tauriel bu une gorgé et Kili porta son regard sur la joyeuse animation nocturne de la rue qui passait devant le café où ils se trouvait et, plus sombre, il demanda d'une voix grave :

— Et… Muck ? Findur ?

Elle posa son verre en secouant négativement la tête :

— Ils sont décédés… je suis désolée.
— Moi aussi.

Le poing serré, il poussa un soupir terne en se jurant que les Raa'z et Smaug paieraient pour ça. L'altercation au casino suivit presqu'immédiatement de l'attaque chez Daïn les avait sévèrement amputé et Kili se sentait d'humeur exécrable. La main que Tauriel posa sur la sienne ne suffit pas à l'apaiser et, posant un billet sur la table, il se leva. La rousse le suivit à l'extérieur en assurant fermement :

— Nous nous relèverons. Rien n'est joué encore.
— Pardonne-moi d'avoir du mal à y croire…
— Kili…

Marchant dans la rue, le brun ne l'écouta pas et, pensif, il s'arrêta face à l'enseigne d'une boite de nuit animée de l'autre côté et Tauriel se racla la gorge :

— Kili. Peut-être avons-nous mieux à fair-
— J'ai besoin de me changer les idées.

Il allait traverser la rue, mais elle lui attrapa le bras avec un sourire séducteur :

— Tu ne vas pas bien, je peux le voir… Viens avec moi, on trouvera bien un truc plus sain pour se changer les idées…

Il s'arrêta pour lui faire face et, avec douceur, il passa une main sur sa gorge :

— Tauriel… N'est-ce pas un peu déplacé de faire une telle invitation de nuit à un homme seul lorsque l'on se dit en couple et amoureuse ?

Elle haussa les épaules en posa sa main sur la joue du brun pour répondre avec malice :

— Mon mec est parti chassé pour quelques jours avec ses amis et ce n'est pas à un homme que je fais cette proposition, c'est à toi qui, quoique que je tente avec audace ou désespoir, n'a jamais été foutu de me poser la main dessus.
— Un dérapage peut toujours arriver pourtant…
— Tu serais le premier à en faire une syncope…
— C'est normal, je te considère comme ma sœur…

Elle leva les yeux au ciel et le bouscula gentiment en ricanant :

— Toi alors… Malgré les airs que tu te donnes, t'es bien plus sage et puritain que ce que tu laisses penser…

Il lui répondit d'un sourire tendre avant de se pencher sur elle pour poser un baiser sur son front puis il la repoussa gentiment :

— Rentre chez toi, Tauriel. Promis, je ne ferai rien d'irresponsable cette nuit.
— Promis ?
— Promis.

Elle fit un pas en arrière en le gratifiant d'un regard sévère qu'il fit mine d'ignorer et il s'approcha de la chaussée :

— Je t'appelle un taxi.
— Merci, mais je suis assez grande pour le faire toute seule…

Il ne lui répondit pas et n'eut besoin que d'un signe pour qu'une voiture s'arrête à leur hauteur. Galant, il ouvrit la portière en s'accoudant dessus :

— J'ai trop peur que, incapable comme tu es à ne t'occuper que de tes affaires, tu ne décides de venir mettre ton nez dans les miennes.
— Je vois que la confiance règne…

Il lui envoya un clin d'œil avant de s'adresser au conducteur :

— Pas de détour et pas d'arrêt. La dame rentre directement chez elle.

Il appuya son injonction d'un regard mortel et d'une liasse de billet que le chauffeur, acquiesçant fortement, empocha avant de démarrer.

— Je te retrouverai, Kili !
— Comptes pas là-dessus…

Il lui referma la porte au nez et, alors que le taxi repartait, il ajusta sa veste et traversa la route.

La chaleur opaque, la musique pulsante et la masse de corps entrelacés qui se mouvait sur le dance-floor suffirent à flouter un minimum ses pensées sombres, qui se turent au moment où son regard accrocha une crinière blonde au niveau du bar.
Reconnaissant son lupin en pleine exploration buccale avec l'un de ces mecs abonnés aux salles de sport au sourire blanchi et au regard vide, il n'eut aucune hésitation, aucune réflexion et, d'un pas assuré, il s'approcha du couple. Venant sans bruit dans le dos de Fili, Kili mit ses mains sur ces hanches qui avaient, il y a quelques jours, si bien bougé sur les siennes, chassant au passage les doigts de l'autre qui s'étaient faufilés sous la tunique, et il posa son menton sur son épaule pour parler à son oreille :

— Chéri… Qu'avions-nous convenu à propos de ces saletés sans importance que tu ramènes quand tu as trop bu ?

Comme il s'y attendait, les réflexes aiguisés du lupin, complètement prit par surprise, parlèrent avant lui et, avec nonchalance, Kili para le coude qui manqua de lui défoncer, encore, une côte. Il profita du mouvement pour attirer Fili à lui tout en dégageant l'autre type avec une facilité déconcertante.

— Hey ! Je l'ai vu avant !

A l'exclamation outré de celui qu'il venait d'éconduire, Kili répondit d'un simple sourire peu avenant :

— Vraiment ?

Tenant fermement Fili, qui s'était immobilisé en reconnaissant la voix, dans ses bras il n'ajouta rien lorsque l'autre le défia du regard, voulu parler, puis se ravisa et, sur un geste obscène, leur faussa compagnie. Même si, conscient de qui il avait à faire, il s'était mis sur ses gardes, à aucun moment le blond n'avait fait mine de s'interposer et, ravi, Kili se pencha sur lui :

— Tu portes son odeur… Tu n'as vraiment pas de gout…

Plongeant son visage dans le creux de la gorge de Fili, raide, il inspira à plein poumon avant de piquer la peau d'un léger baiser. Il ne résista pas lorsque le lupin se dégagea pour lui faire face, l'air sévère :

— Je ne l'ai pas choisi pour faire la discussion… Et ne condamne pas mes choix tant qu'ils te concernent…
— Je les condamne justement parce qu'ils ne me concernent pas…

Sans chercher à montrer la moindre retenue, Kili attrapa la chemise du blond au niveau du ventre pour l'attirer à lui d'une pression autoritaire. Fili résista d'abord, mais il fit tout de même un pas en avant et, posant ses mains sur le torse du brun, il remarqua sèchement :

— De une, t'avais qu'à arriver plus tôt ou, tout simplement, répondre à mes SMS. De deux… Tu ne vas tout de même pas me faire une crise de jalousie ? C'est pas comme si c'était fondé, entre nous… S'il y a un « Nous » qui existe quelque part…
— Pas fondé ? J'espère que tu n'imagines pas que ton… acte serait resté sans conséquence…
— Mon acte n'était pas supposé avoir de suite, Sang-Dêchoirement… Officiellement, il ne s'est rien passé entre nous… J'espère que c'est clair…

Face à la ferme résistance de Fili, Kili se sentit fondre et, happé dans cette opposition de forces gorgée de séduction, il prit sa taille sans pudeur ni retenue et glissa dans le creux de son oreille :

— C'est pas toi qui pose les règles, lupin. Si tu veux jouer, c'est à ma manière, même si, officiellement, j'ai très envie de démolir ta belle gueule à coup de pelle…
— Ta manière ?
— Aucun acte ne restera sans conséquence… Et cette fois-ci où je te surprends avec un autre que moi… C'est la seule.
— Possessif ?
— J'espère que tu as bien lu les fiches de profil qui t'ont été données à la brigade… T'étais supposé savoir à qui tu avais affaire avant de me trouver… Et en faire des déductions…
— J'espère que tu as fait tes recherches de ton côté… Il te faudra plus que ça pour prétendre me passer une laisse… Et, surtout, ça se vaut pour toi aussi…
— Quoi, moi ?
— Si jamais je te vois avec un autre que moi… Ce ne sera pas sans conséquences non plus…

Kili lui répondit d'un sourire charmé et le blond, pas si réticent que ça, se laissa mollement trainer vers le bar quand le Sang-Dêchoirement attrapa son poignet :

— Je t'offre un verre ?
— Je n'ai pas l'intention de me souler si je suis en ta présence…

Malgré son regard brillant à cause de l'alcool qu'il avait déjà ingurgité, Fili, toujours sur ses gardes, venait de se montrer très ferme mais Kili se tourna vers le barman qui, le reconnaissant, se libéra pour prendre sa commande. A peine quelques secondes plus tard, un verre au parfum aussi suave qu'étonnamment épicé glissa vers Fili qui leva les yeux au ciel en refusant de s'en emparer.

— Tu devrais profiter, ce petit bijou n'est pas sur la carte…
— Tu me penses assez fou pour boire la première boisson non identifiée que tu me sers ?

Kili haussa les épaules et porta son propre verre à ses lèvres pour en boire une petite gorgée avant de le mettre dans les mains du blond.

— Si c'est drogué, on sera deux à subir…

Fili lui répondit d'un sourire amusé puis, répondant au regard provoquant que le brun avait posé sur lui, il en bu plusieurs gorgées avant de reposer le verre en jugulant un vertige.

— La vache…
— T'es pas censé boire ça d'une traite…
— Y a quoi là-dedans ?
— Il n'a jamais voulu me le dire.

Kili prit une gorgée de l'autre verre et Fili inspira un grand coup, adorant le gout de l'alcool qui sembla se diluer immédiatement dans ses veines et son esprit. Même s'il se forçait à ne pas lâcher sa vigilance, il ne parvenait pas à se sentir en danger malgré la présence de son ennemi-pas-si-ennemi qui affolait ses sens et, terminant son verre, il demanda en lançant un rapide regard sur la piste de danse un peu plus loin :

— Tu es venu seul ? Il me semble que d'autres Sangs-Déchoirements trainaient par ici un peu plus tôt…
— Aucun ne s'en prendrait à toi ou bien ne remettrait mon attitude en doute…
— Parleraient-ils de nous ?
— C'est pas comme s'il y avait beaucoup à dire… Tu fais bien plus ta prude maintenant que j'ai les mains libres…

Kili venait de parler d'un ton désolé en glissant un doigt au niveau du col de la chemise du blond à qui il déboutonna un premier bouton et, en réponse à la provocation, Fili lui prit son verre des mains pour boire d'une traite le liquide qui y restait. Il le reposa sur le bar en continuant sur le ton de la conversation :

— Tout de même… J'espère qu'ils n'ont pas l'habitude de te voir avec ce genre de… Compagnie.
Pourquoi l'espères-tu ?
— Parce que j'aime sortir du lot.

L'autre lui répondit d'un sourire amusé qui intensifia la lueur séduite de son regard et, même si la musique était moins forte près du bar, il s'approcha pour caresser le menton du blond en demandant d'une voix plus basse :

— Et toi ? Des regards indiscrets à éviter ?

La formulation fit sourire Fili qui apprécia ce caractère aussi franc que désinvolte qu'avait Kili qui, sans le dénigrer ou le sous-estimer, assumait très facilement cet attrait qu'il ne cachait pas pour le lieutenant de la brigade lupine. Il était parfaitement conscient qu'une telle question n'était pas anodine. Comme lui-même venait justement d'essayer, Kili tâchait d'analyser la situation et jauger le danger. Un lupin seul était bien moins menaçant et plus vulnérable qu'une meute entière… Toutefois, peut-être était-ce dû à l'alcool, peu prudent, Fili répondit avec bravache :

— Si ça avait été le cas, croit-moi, nous serions en train de continuer cette discussion dans les cellules de la brigade.
— Wow… Tentant…
— Très, je suis d'accord.

Encore, ils échangèrent ce regard aussi complice que gourmand et Fili ne pensa même pas résister lorsque les mains du brun revinrent sur lui, de manière bien moins chaste, pour l'entrainer vers la piste de danse.

— Montre-moi comment tu bouges, lupin.
— Tu sais déjà comment je bouge…

Ils échangèrent un sourire amusé et, portés par la musique ils ne perdirent pas de temps pour onduler l'un contre l'autre, intimement enlacés et leurs lèvres tellement proches qu'elles manquaient de se frôler à chaque mouvement. Fili n'eut aucun complexe à se cambrer pour se presser contre Kili, ses bras enroulés autour de ses épaules, lorsque les mains du brun glissèrent le long de sa taille pour agripper les hanches. Toutefois, ses doigts fusèrent pour attraper sèchement le poignet de Kili et le repousser sans douceur lorsqu'il fit mine de s'intéresser un peu trop à ce qu'il portait à la ceinture :

— Touche pas à ça, Aceped…
— Tu te trimballes en boite avec ton arme de service ?
— On ne sait jamais sur quoi on peut tomber…

Sans cesser de se mouvoir en rythme avec la musique contre lui, il avait répondu en posant franchement sa main sur le torse du brun, sentant, sous sa paume, discrète, mais bien présente, la propre arme que portait le Sang-Dêchoirement. Celui-ci capitula sur ce coup-là et il se contenta de prendre ses hanches pour le retourner et le coller contre les siennes, ressentant un long frisson de plaisir face au contact que Fili, moins farouche après un verre et demi, approfondit immédiatement. Pressé contre son dos, tenant ce corps qui bougeait si sensuellement contre le sien, Kili perdit totalement toute notion de ce qui n'était pas Fili et sans se gêner de se savoir en lieu public, profitant de la très faible luminosité, il tira sur la tunique pour passer ses mains sous le vêtement léger et découvrir la peau du torse et du ventre tout plongeant son visage dans la crinière blonde dont le parfum lui fit tourner la tête.

Ce lupin…

Il lui mordit discrètement l'épaule et, glissant la main le long de l'avant-bras ferme, il gardait toutefois en tête que la personne qu'il tenait avec si peu de décence était dans le camp adverse. Il emprisonna ses doigts dans les siens en remontant son autre main le long de son torse pour lui attraper l'épaule et le presser contre lui dans une étreinte d'apparence intime, mais de laquelle Fili ne pourrait se défaire et il parla à son oreille :

— Je vais avoir besoin que tu me donnes l'identité du gardien.
— Ne pourrait-on pas aborder cette discussion la prochaine fois que l'on se retrouvera dans un contexte moins… inapte à ce genre de discussion ?
— Non.

Fili fronça les sourcils et il tenta de se défaire de la prise. Il se rendit seulement compte qu'il était piégé, mais l'autre le tenait trop fermement pour qu'il ne puisse faire quoique ce soit et, se sentant coincé, il s'immobilisa, soudain plus froid :

— Je n'ai rien à te dire…

Kili grimaça et le fit tourner pour le regarder dans les yeux en glissant à nouveau sa main sous sa chemise pour flatter son dos :

— Fili… C'est pour sa propre protection que je te demande ça… Nous pensons que le prêtre de Morgoth a déterminé l'endroit où se trouve l'Arkenstone…

« Fili »… C'était la première fois que Kili l'appelait par son prénom et non pas « Lupin », sans que le blond ne se soit jamais présenté… Il avait donc bien fait ses recherches à son sujet… Si sexy… Toutefois, il resta froid et il fronça les sourcils, autant inquiété par une telle information que par le fait que Kili la lui partage si facilement, et, se pressant à nouveau contre lui, il choisit attentivement ses mots :

— L'épervin est lié au gardien… Je sais qu'il communique avec vous… Si tu me donnes son identité, je pourrai le mettre sous surveillance et le gardien avec lui.
— Je ne fais pas confiance en les lourdauds de l'Agence pour gérer une telle chose.

Le repoussant pour se mettre dos à lui en roulant des hanches et poussant un long soupir d'aise qui se perdit dans la musique, Fili demanda d'un ton mutin, levant sa main pour caresser la joue du brun dont les doigts étaient descendus plus bas que la décence autorisait :

— Tu parles de ceux qui t'ont doublé au casino de Kineth, qui, dans la foulé, ont foutu une raclée au Raa'z et qui, à l'occasion, t'ont sauver le cul ?
— Je parle de ceux qui sont incapables de débusquer un prêtre de Morgoth alors qu'ils le côtoient tous les jours…

Fili n'avait pas grand chose à répondre à ça et il préféra pousser Kili près des baffles. Le son était y trop fort pour qu'ils puissent tenir une conversation sans s'arracher les cordes vocales et, déterminé à lui faire oublier ce sujet, le blond n'eut aucun complexe à déployer son don pour la dance et attiser Kili, qui, à son tour, répondit avec bien trop d'aise pour le laisser indifférent.
La situation était extrêmement plaisante et érotique, autant pour l'un que pour l'autre, mais, même s'ils auraient voulu la faire durer toute la nuit, ils ne tardèrent pas à vouloir plus et, repoussant Fili vers le bar pour se faire entendre, Kili lui demanda à l'oreille :

— Partant pour sortir d'ici ?

Il ponctua sa proposition d'une caresse sans équivoque sur la cuisse du blond, remontant pour flatter le galbe des fesses et Fili répondit en se cambrant contre lui :

— Si tu espères que j'accepte de te suivre en territoire Sang-Dêchoirement, ou, pire, que je te ramène chez moi, tu te mets le doigt dans l'œil…
— Crains-tu que je découvre que tu habites depuis peu au 5 rue d'Ulmo ?

La main remonta dans son dos et, plongeant son visage dans le creux de sa nuque, loin de se sentir inquiété, Fili eut un sourire séduit :

— Tu m'espionnes ?
— A mes heures perdues…

Il recueillit sur sa peau le souffle du rire de Fili qui affirma une nouvelle fois :

— Je ne te ramènerai pas chez moi. Je ne suis pas assez fou…
— Pas fou ? Tu éclates tout de même certains stats de ce côté-là, lupin…

Il posa un baiser sur son épaule et Fili se tordit avant de se dégager mais Kili lui attrapa la main pour insister encore :

— Je connais un hôtel très confort à deux rue d'ici… Terrain neutre, promis…
— Tu comprendras qu'il est un peu délicat pour moi d'accepter de m'isoler avec toi à une heure pareille dans un lieu inconnu…
— As-tu peur, lupin ? Je t'ai pourtant déjà connu plus audacieux…
— J'étais audacieux parce que tu étais attaché…
— Pour quelqu'un qui dit aimer le danger, je te trouve un peu décevant…

Le ton de Kili était pourtant plus conquis que déçu, appréciant, tout de même, de rencontrer une solide résistance face à son invitation, le contraire l'aurait certainement désappointé. Suivant Fili qui s'était détourné pour s'éloigner, il eut le reflexe de lui attraper les hanches pour l'attirer dos contre lui et l'immobiliser d'une étreinte douce, mais le blond, sans tenter de se dégager, souffla :

— Je connais les limites, et ce que tu me proposes va bien au delà…
— Limites que tu as déjà piétiné allègrement… J'espère ne pas avoir à te le rappeler…

Il avait parlé contre son oreille d'une voix assurée qui ne laissa pas le blond indifférent, surtout lorsque Kili insista de ce ton vibrant dans le creux de sa nuque :

— Parce que moi, je m'en rappelle dans les moindres détails… Détails que j'aimerai beaucoup approfondir…
— Dit celui qui parlait de me défoncer à coup de pelle… Je sais de quoi tu es capable, Sang-Dêchoirement, surtout si tu es sur ton territoire et aucunement entravé…

Kili eut un sourire et, glissant sa main le long du bras qu'il caressa gentiment, se pressant un peu plus contre son dos, il piqua la nuque d'un léger baiser avant de demander d'une voix mutine :

— Crains-tu que je cherche à prendre ma revanche pour le casino ?
— Si je le crains ? Je l'espère au contraire…

Fili avait répondu d'un ton provoquant en se dégageant et tournant pour lui faire face en reculant, le gratifiant d'un regard empli de défi. Suivant sa retraite, Kili marcha sur lui, plus que séduit, mais présentant maintenant une attitude menaçante, répondant à la bravade :

— Tu l'espères ? Alors que tu viens de dire que tu sais de quoi je suis capable ?
— Je le sais, mais je ne le crains pas… Je suis même plutôt certain d'apprécier…

Fili, pris dans la masse, ne put faire un pas de plus en arrière et Kili, pas agressif mais maintenant clairement dangereux, attrapa la gorge du lupin d'une main d'airain en approchant son visage pour gronder d'une voix plus basse :

— Qu'en sais-tu ?

Sa prise sur la gorge se fit plus ferme alors qu'il l'attira à lui, démontrant une force que Fili ne soupçonnait pas et, lorsque le blond fit mine d'attraper le bras du Sang-Dêchoirement pour l'écarter, celui-ci lui lui prit le poignet pour le maitriser d'une poigne implacable. Attirant le visage de Fili à lui, il parla contre ses lèvres :

— Je pourrai te tuer ici, lupin… Au milieu de cette foule… Ou, pourquoi pas, te trainer dans les salons privés de ce bâtiment et t'arracher le nom du gardien… Tu te doutes que mes méthodes d'interrogatoire diffèrent très largement des tiennes tout en restant très efficaces elles aussi…

La respiration parasité par ces doigts qui le tenaient si fort, Fili ouvrit les lèvres pour gérer son souffle au mieux, son regard planté dans les yeux sombres et magnétiques de Kili desquels il ne pouvait se défaire, s'il le voulait. Il avait totalement cessé de se débattre mais sentait, dans ses veines, son sang pulser avec une violence inouïe qu'il savoura, plus encore lorsque Kili, impitoyable, continua :

— Comme tu l'as dit, je suis sur mon territoire et tu m'as confirmé un peu plus tôt que tu es seul ici ce soir… Personne pour te secourir, personne pour s'inquiéter de ton absence…

Brutalement, il lâcha la gorge pour attraper la crinière blonde et forcer le blond, submergé, à lever le visage vers lui en ajoutant d'un ton conquis , plus chaud, tout en caressant le poignet qu'il tenait encore d'un pouce enjôleur :

— Je dois bien avouer que, ces derniers jours, j'ai eu le loisir de ressasser notre rencontre chez les Raa'z et d'imaginer ce qu'il se serait passé si ça avait été toi qui avait été attaché sur cette table… Mais je crains que tu ne sois pas prêt pour ça…

A ça, Fili répondit d'un sourire empli de défi. Kili se sentit complètement craquer et, lâchant son poignet, il prit son visage en coupe sans délicatesse, mais avec une certaine déférence, pour constater, fasciné et subjugué :

— Tu aimes ça. Outrepasser les limites… Narguer le danger… Le sentir flotter autour de toi mais ne pas t'y soustraire… C'est pour ça que tu vis…
— Tu le sais…

Ils échangèrent un nouveau regard, magnétique, chacun séduit au delà des mots et, pressant, Kili s'approcha pour affirmer contre ses lèvres :

— Je veux te combler comme tu ne l'as jamais été.

Le souffle de Fili eut un accro et, spontanément, il avoua sans aucune gêne :

— Tu l'as déjà fait une fois…
— J'aurai les mains libres pour la prochaine… Et beaucoup de frustration à rassasier…

Il échangèrent à nouveau ce sourire qui exprimait beaucoup de choses et, soudain, Kili d'une pression, fit venir Fili à lui pour poser ses lèvres sur les siennes avec une avidité qui trahissait la retenue dont il avait fait preuve jusqu'à maintenant. Le blond lui rendit immédiatement le baiser en enlaçant ses épaules et adorant sentir la main impérieuse qui glissa dans son dos tandis que l'autre affermit sa prise sur sa nuque. La température monta d'un coup et ils n'eurent pas besoin de beaucoup de temps pour s'accorder sur un pas effréné, laissant se noyer dans le baiser les dernières réticences qu'ils s'étaient démontrés l'un envers l'autre jusqu'à maintenant.
Toutefois, ils se séparèrent vivement lorsqu'ils se souvinrent, en même temps, qu'ils n'étaient pas seuls et, lançant un rapide regard autour de lui, rassuré par la sécurité que leur conférait la faible luminosité et l'amas de corps qui se mouvait autour d'eux, Kili lui prit la main à nouveau, plus pressant, moins intimidant :

— Fait moi confiance… Je te promets que je n'abuserai pas de la situation… Du moins, pas d'une manière qui te porterait préjudice… Et, promis, on n'abordera aucun sujet compromettant…
Je suis un lupin, dès que la nuit sera passée, mon travail consistera à nouveau à entraver le tien… Comment te faire confiance ?
— Tu ne peux pas… Mais la réciproque se vaut pour moi aussi.

Un point partout… C'était tellement tentant, mais Fili savait que, simplement en entamant une telle conversation, il était en faute. Une faute très grave qui, si c'était découvert, lui porterait préjudice à lui mai, aussi, à Thorin… Toutefois, il n'était pas un modèle de sagesse, de retenue et de sagacité, au contraire et, même s'il tentait de resister, il sentait sa détermination vaciller. Ce regard si chaud en était certainement la cause première. Gardant son aplomb il continua toutefois d'une voix neutre :

— Je ne suis pas non plus assuré que tu ne sois pas dans des délires sadomasochistes que je ne partage pas…
— Vraiment ? Je pourrai pourtant t'initier à deux ou trois trucs de ce côté-là, je suis certain que ça te plairait…

La proposition ayant été dite sans intonation particulière, Fili ne fut pas certain de savoir si Kili était sérieux ou non, mais, tout de même, ça ne le laissa pas indifférent et, arrivant à bout d'argument, il se dit que le mieux était, tout simplement, de le repousser pour de bon, si c'était possible, et de partir rapidement chez Thorin pour y passer la nuit sans embrouille. Il serra les lèvres mais, face à ce mec si intense, si magnétique, il ressentit la même envie qui lui avait pris les tripes dans le repère des Raa'z, cette envie qui lui avait fait perdre toute lucidité et tout contrôle, autant sur lui-même que sur la situation et, sans une hésitation, l'esprit brouillé, il le repoussa :

— Quel hôtel ?
— L'Albarion.

Fili haussa un sourcil appréciateur en faisant un pas en arrière, un sourire gourmand sur les lèvres :

— On se retrouve là-bas... Je préfèrerai qu'on ne me voit pas sortir d'ici avec toi… Par contre, attend-moi avant de prendre l'ascenseur…

Son sourire se réfléchit sur les lèvres de Kili qui, ravi, recula en lui demandant d'une voix innocente :

— Tu as tes menottes avec toi ?
— Non et, même si ça avait été le cas, je ne t'aurais pas donné l'autorisation de jouer avec…
— Une autre fois alors ? Elles me font rêvés quand tu les portes à la ceinture…
— Crétin.

Le brun lui lança un clin d'œil avant de tourner les talons en exigeant simplement :

— Ne me fais pas attendre.


oOo

Merci d'avoir lu !

Au prochain chapitre : Des petites révélations et des complications.
Dwalin entrera en scène ;)

Merci beaucoup à ceux qui ont laissé une review, elles m'ont toutes fait très plaisir mais, encore, j'ai des problèmes avec le site, il y a des périodes durant lesquelles je ne peux pas envoyer de MP.

Bisous bisous !