— Ho… Tu as donc passé la nuit avec Thranduil… Je vois.
— Fili, ne commences pas.
— Je n'ai rien dit !
Assis sur le sol, le téléphone posé devant lui en haut-parleur, Thorin s'occupait de vérifier et nettoyer tout son arsenal. Il attendait tranquillement que Thranduil se réveille pour réfléchir plus activement sur ce qui était le mieux à faire dorénavant.
— Où en êtes-vous avec Daïn ? A-t-il pris une décision ?
— Non, Thorin… Cinq heures à peine se sont passées entre ton dernier appel et celui-là... Il n'est même pas six heures du matin, c'est tout juste si le soleil se lève-là… Je ne sais pas si tu sais ? Daïn dort encore, je pense… Comme toute sa maison, ils n'ont pas l'air aussi matinaux que toi…
— Tu es donc bien tombé…
— Très drôle…
Grimaçant, assis sur le lit aux draps froissés de Kili, Fili tressaillit à peine lorsqu'il sentit, sur son dos, la caresse mutine des doigts de son amant qu'il avait cru endormi. Conscient de l'heure indécente et préférant ne pas le déranger, il allait se lever, mais le brun lui attrapa le poignet et, sans un mot ni un mouvement superflu, il s'empara du téléphone qu'il porta à son oreille :
— Monsieur Durïn, qu'allez-vous faire, vous ? Daïn espère vous voir ici aujourd'hui, ou au moins vous parler, cela le rassurerait… L'épervin est bien avec vous ?
Abandonnant l'arme qu'il nettoyait, maintenant plus sérieux ayant reconnu la voix de son nouvel interlocuteur et préférant ne pas relever le fait que celui-ci se trouvait avec son neveu malgré l'heure indécente, Thorin récupéra le téléphone pour le poser machinalement contre sa joue :
— Si vous voulez tout savoir, Aceped, Oropher m'a fait une proposition cette nuit et c'était de cela que je voulais parler avec Fili… Seulement avec lui…
— Il écoute, tu peux parler…
En plus, il passait directement au tutoiement… Thorin leva les yeux au ciel, comprenant, avec si peu, pourquoi Fili avait autant craqué sur cet impertinent avec qui, lui, parlait pour la première fois. Tout à fait le type de Fili… Dans un autre contexte, peut-être se serait-il montré moins conciliant, mais l'urgence de la situation primait sur l'insolence du fils de Daïn qui nécessitait peut-être correction… Il prit donc sur lui pour répondre le plus patiemment possible, oblitérant son exaspération :
— Pose ce téléphone, petit con, c'est à Fili que je veux parler.
— Je viens de te poser des questions.
— Ce n'est pas pour ça que j'y répondrai.
— Au vu de la situation, je ne pense pas qu'il soit prudent de faire confiance à Oropher. Rejoignez-nous, toi et l'épervin.
Sans l'écouter, Kili avait insisté d'une voix conciliante et Thorin lui répondit d'un ton supérieur, cassant :
— La confiance n'est pas l'unique atout que je recherche chez mes alliés. J'ai aussi besoin de clairvoyance et de compétence et, pour cela, je te prierai de rendre ce téléphone à Fili.
— Je t'entends, Thorin… Tu peux nous dire.
Ca, c'était bien la voix de Fili… Et en plus, il prenait sa défense en marquant le nous… Ils faisaient bien la paire ces deux-là… Bandes d'effrontés…
Encore un peu et il leur raccrocherait au nez. Tiens, d'ailleurs, il allait faire ça. Ca leur ferait les pattes, entre celui qui pensait pouvoir tout partager avec son nouveau meilleur ami, et l'autre qui… Pensait aussi pouvoir tout partager avec son nouveau meilleur ami… Non, il n'était pas jaloux, Fili pouvait faire ce qu'il voulait de son affection, mais Thorin aimerait ne pas être écarter aussi aisément sans rien dire.
Sèchement, il raccrocha, donc. Et il reprit son ouvrage avec attention.
oOo
— Il a raccroché ?
Haussant un sourcil, Kili regarda d'un air éberlué le téléphone de Fili -ou, plutôt, son ancien téléphone que Fili lui avait dérobé et qu'il utilisait maintenant que Dwalin lui avait confisqué le sien- qui marquait la tonalité de la fin de la conversation. Le blond lui reprit l'appareil avec un sourire supérieur.
— Qu'est-ce que tu crois ? Il n'est pas aussi tolérant que Daïn et il n'accepte pas vraiment ce genre de chose… Laisse moi parler la prochaine fois au lieu de faire le coq…
— Je ne fais pas le coq, de une…
Le sourire de Fili s'approfondit et, négligemment, il repoussa le brun pour l'allonger sur le matelas en s'installant sur lui.
— Non, t'es juste toi, c'est ça le drame…
— De deux, je ne crois pas qu'il soit pire que Daïn...
— Laisse tomber… Ton père, c'est un bisounours à côté…
Ce fut au tour de Kili de lever les yeux au ciel et, passant distraitement sa main sur la taille nue du blond qui s'était alanguis sur lui pour finir la nuit, le visage blottit dans le creux de sa gorge, il pressa la hanche pour demander d'un ton inquisiteur :
— Tu ne m'as jamais dit… Quel est ton lien avec lui ?
— Je… Il… C'est lui qui m'a élevé…
Etait-ce le moment de lui révéler son lien et, par extension, sa place dans la ligne de succession qui passait avant Daïn ? Fili n'en était pas certain et il préférait ne pas s'étaler sur le sujet. Kili le sentit mais, curieux, il insista :
— Tu n'as pas grandis avec tes parents ? Comment es-tu arrivé dans ses pattes ?
— Il… Il connaissait ma mère. Je suis né à Erebor et quand elle a disparu, c'est à lui qu'on m'a envoyé.
— Elle devait être spéciale…
— Je ne l'ai pas connue…
— Ca nous fait un point commun.
Constatant que Fili était plutôt réticent à parler, Kili n'insista pas et laissa sa main lui flatter paresseusement le flanc en changeant de sujet :
— Et sinon… Qu'est-ce que ça fait de passer de lupin exemplaire à paria de sa meute ?
— Je n'étais pas si exemplaire que ça, tu es le mieux placé pour le savoir…
— Effectivement, mais au vu de ta grande gueule et de ce que tu semblais promettre, je m'étais attendu à ce que tu tiennes plus longtemps que ça et que tu nous portes vraiment préjudice, avant de te retrouver enfermé, puis chassé… Pour finir dans mon lit...
— De une, je vous ai tout de même bien embêté…
— Tu parles, t'as à peine-
— De deux, ce n'est pas chez toi, mais chez ton père, ça craint un peu de vivre chez ses parents à cet âge, d'ailleurs-
— Ca reste mon territoire et non une zone neutre et, pour répondre à ton commentaire, c'est mal placé de la pars d'un gars qui téléphone à son père adoptif toutes les heures même de nuit et, sinon, le vivre ensemble, c'est le principe des familles, tu sais… On ne se disperse p-
— De trois, ça t'arrange plutôt bien, toi…
— Je ne t'ai pas entendu te plaindre toi non plus… Et, effectivement, avec l'attitude que tu as depuis le début, une telle conclusion te pendait au nez… Tu es peut-être l'officier le plus fulgurant de l'agence… A peine arrivée à la brigade, déjà à t'offrir à l'ennemi… J'aime ça.
— C'est parce que ledit ennemi ne peut pas se passer de moi…
Provoquant, Fili se redressa pour surplomber Kili qui avait gardé sa main sur sa taille et qui eut une moue appréciative.
— Je n'ai pas l'intention de nier… Même si je ferai remarquer que ce n'est pas moi qui ai commencé…
— Il a bien fallut que l'on soit deux pour le faire, pourtant…
— Tu ne m'avais pas trop laissé le choix…
Au dessus de lui, Fili haussa un sourcil dubitatif, ce à quoi Kili répondit d'un sourire parfaitement naïf et innocent.
Dieu qu'il adorait ses conversations… Plus encore lorsqu'elles glissaient sur ce genre de sujet et qu'elles amenaient cette lueur si particulière dans les yeux de Fili.
Se laissant séduire, Kili se redressa, gardant son amant à califourchon sur ses cuisses, pour s'emparer de sa nuque et embrasser sa bouche. Ce mec était un cadeau du ciel, vraiment. Il l'avait compris au moment où son regard était tombé sur lui, dans le casino, d'ailleurs, jamais il n'avait ressenti un tel désir de tuer quelqu'un côtoyer à un tel désir tout court pour cette même personne que ce jour-là.
Laissant ses mains glisser avec application sur le corps du blond qui lui rendait ses baisers avec passion, il ne put se sortir de la tête ce jour, qu'il avait pensé son dernier, où Fili était venu lui sauver la vie avant de partager avec lui le moment le plus érotique qu'il n'avait jamais connu. Fili lui avait vraiment fait tourné la tête. Jamais il n'avait rencontré une personne avec autant de cran, d'assurance et de charme pour aussi peu de complexe. Le blond savait ce qu'il voulait et il n'hésitait pas à s'en emparer. Kili adorait ça.
Maintenant franchement échauffé par ce souvenir en particulier, dont il se rappelait les moindres détails, couplé à cette bouche qu'il profanait de la sienne, de ces mains qui parcourait sa peau et de ce corps qui surplombait le sien, il pressa plus encore son amant contre lui, enroulant un bras autour de ses épaules et laissant l'autre main descendre sensuellement le long de son dos. Fili rompit le baiser lorsque les doigts de son amant s'insérèrent en lui et, jugulant quelques longs frissons de plaisir qui l'amenèrent à tressaillir, il vint embrasser la nuque et les épaules de Kili en se mouvant contre lui sans retenir un lourd soupir rauque.
— Tu n'en as pas eu assez, encore ?
— Je le croyais, mais quand je te vois comme ça, je me dis que je n'en aurai jamais assez…
Le brun se sépara à ce moment pour faire un signe de tête assez éloquent du côté de sa table de nuit et, comprenant le message, Fili lui répondit d'un sourire mutin, toujours installé sur lui, avant de se pencher vers le bord du lit et se saisir d'un préservatif qu'il lui mit sans attendre, en profitant pour la caresser avec sensualité. Il reprit ensuite le baiser, dans lequel se perdit une exclamation de plaisir lorsque, guidé par Kili qui avait plongé sa langue dans sa bouche, il s'empala sur le brun avec lenteur. Le baiser prit en passion et en fureur alors que Kili, assis sur le lit, laissa libre à son amant de choisir le rythme tandis que lui, ses sens ravis au delà de la raison, s'évertuait à profaner sa bouche, prendre son souffle et recueillir ses légers gémissements de plaisir qui s'intensifiaient à chaque nouveau mouvement.
Il bougeait si bien… Kili l'adorait pour ça, aussi. Fili savait se faire plaisir et il n'hésitait pas s'affirmer furieusement pour s'en procurer un maximum, embrasant les sens de son amant qu'il entrainait dans son sillage. Lorsque celui-ci devint plus ardent que ce qu'il pouvait contenir, Fili s'extirpa du baiser dans l'espoir de reprendre son souffle et juguler sa passion, mais Kili enroula ses bras autour de ses épaules et son dos, plongeant sa bouche sur sa gorge qu'il embrassa avec rage tout en imposant son propre rythme. Le blond poussa une exclamation de jouissance en se cambrant pour mieux le recevoir, toutefois, désirant plus, il le repoussa pour l'allonger dos sur le lit afin de modifier la position et jugulant un vertige exquis lorsque l'angle de pénétration changea. Il se remit à bouger sur Kili, attrapant ses poignets qu'il cloua sur le matelas sans cesser de se mouvoir, tout son corps intégralement parcouru par un ardent plaisir qu'il exprima sans honte, les yeux clos et la tête renversée en arrière. Le brun se reput de cette vue mais, lui aussi, désirait plus et, se mouvant en rythme avec Fili, il commença à lutter pour récupérer l'usage de ses bras dans l'idée d'inverser les positions, ce que son amant lui refusa.
L'étreinte devint immédiatement plus furieuse, plus intense lorsque, usant de son poids pour maitriser Kili, gardant fermement ses poignet dans ses doigts crispés, Fili se pencha sur lui, laissant ses mouvements prendre plus d'ampleur alors que le plaisir se faisait plus violent. Le baiser qu'ils échangèrent fut brutal, tant Kili continuait de se débattre pour libérer ses mains et prendre ce contrôle que lui dérobait son amant. Il parvint à défaire un bras, qu'il enroula immédiatement autour de la taille de Fili pour le renverser avec force et agilité, avant d'attraper une cuisse pour l'écarter sans douceur et le pénétrer à nouveau, plus intensément, tout en fondant sur sa bouche qu'il embrassa à en perdre haleine. En réponse, Fili l'enlaça tout en enroulant ses jambes autour de sa taille et, ivre de plaisir, il s'abandonna dans ses bras, exprimant sa volupté dans des soupirs rauques au rythme avec les mouvements aussi puissants que profonds de son amant qui abandonna sa bouche pour dévorer sa gorge et ses épaules.
Ainsi emmêlés, leurs corps vibrant à l'unisson, ils laissèrent venir la jouissance lorsque Kili intensifia le rythme en revenant embrasser sa bouche, adorant plus que de raison sentir les doigts de Fili griffer inconsciemment ses flancs et ses épaules sous la force de l'orgasme qui le prit. A son tour, il se libéra en lui, avant de s'immobiliser, assouvi et étourdi, au dessus de son amant qui, à bout de souffle, se laissa tomber sur le matelas, les yeux clos et les lèvres entrouvertes. S'allongeant sur lui sans vraiment craindre de l'écraser sous son poids, il vint, à nouveau, embrasser ses lèvres dans un baiser long et tendre. Fili répondit en posant mollement une main sur sa nuque avant de soupirer d'aise lorsque, rompant le baiser, Kili posa ses lèvres sur sa gorge pour l'embrasser paresseusement.
— C'était bien…
— Je confirme…
A sa remarque satisfaite, Kili avait répondu sur le même ton entre deux baisers sur sa peau et le blond eut un sourire malicieux :
— Ca te suffit ? Ou bien t'en faut-il plus, encore ?
— Ca dépend de toi…
Se redressant pour le surplomber, Kili avait répondu en descendant sa main le long de sa hanche et Fili répondit en remontant sa cuisse pour l'enrouler à nouveau autour de sa taille en lui lança un regard provoquant et emplie de défi…
Kili ne lutta pas et, spontanément, leurs bouches se trouvèrent à nouveau mais, à ce moment le téléphone du brun vibra et, après une dernière caresse, il s'extirpa du baiser pour répondre à l'appel d'une voix neutre :
— Tauriel ? Où en êtes vous ?
Il laissa passer un silence, le temps qu'elle lui donne sa réponse et expose la situation, sa main posée sur le ventre de Fili qu'il caressait distraitement.
— Très bien, j'arrive. Le hâbleur est avec moi, je l'amène aussi, il saura se montrer utile.
Il raccrocha et, au regard intrigué de Fili qui s'était redressé, Kili annonça simplement en se levant :
— Gandalf est arrivé dans un petit aéroport privé à l'extérieur d'Erebor, nous allons le rapatrier ici. Arme-toi bien, surtout.
Obéissant sagement, le blond sortit du lit pour s'habiller, non sans demander sur le ton de la conversation :
— Le hâbleur ? C'est le nom que vous avez pour moi ? Franchement ?
Kili lui répondit d'un sourire insolent, même s'il se justifia :
— Ce n'est pas moi qui établi les codes sur les réseaux d'Erebor, tu sais… Mais je trouve celui-ci particulièrement adapté… En tout cas, depuis ton éclat au casino, tout le monde le connaît…
— Et toi, tu me le donnes comme ça… C'est pas censé être secret ?
Bouclant la ceinture de son pantalon et attrapant sa tunique de combat, il se redressa lorsque Kili se colla à son dos en l'enlaçant tendrement pour susurrer contre son oreille :
— Après la nuit que nous venons de passer, entre les décisions que tu as prises de quitter la brigade et de me suivre ici, ou bien ce qu'il s'est passé dans cette chambre, je pars du principe que tu n'es plus un lupin… Ni un ennemi.
— Et si tu te trompes ?
— J'espère que ce n'est pas le cas.
— Sinon ?
— Je te tuerai.
— C'est radical…
— A ton image.
oOo
Merci d'avoir lu !
La chapitre était un peu différent, à la base, plus grand et avec une partie Thorin/ Thranduil aussi.
j'ai décidé de la couper en deux et, pour combler cette partie, j'ai ajouté le Lemon en dernière minute, j'ai cru comprendre que certaines ne cracheraient pas dessus ;)
La suite donc, en fin de semaine, concentrée uniquement sur Thorin et Thranduil dont la relation s'intensifie doucement mais surement.
Merci à tous pour vos reviews !
