— Je suis donc votre prisonnier ?
— Non, Thranduil, je t'ai déjà dit que-
— Et moi, je vous ai déjà dit que je ne voulais pas vous entendre.

Tournant le dos à Oropher, Thranduil fit face à Thorin qui était resté en retrait et qui hésitait à sortir pour laisser plus d'intimité aux deux autres, mais le blond s'approcha de lui pour parler d'une voix basse sans, toutefois, se préoccuper de savoir si oui ou non, son père l'entendait :

— Je veux bien rester mais à condition de ne le croiser à aucun moment… S'il essaie à nouveau de m'adresser la parole, je pars.

Ca n'était pas une affirmation à prendre à la légère et Thorin, louant le silence d'Oropher qui eut la bonne idée de s'écraser, répondit en posant gentiment sa main sur son bras qu'il pressa tendrement :

— Il fera selon ta volonté. Ta sécurité est sa priorité.
— Je m'en fous.

Neutre, il passa à côté du brun qui échangea un simple regard avec Oropher et qui laissa ses doigts glisser du blond lorsque celui-ci s'éloigna pour sortir de la salle.
Un petit silence suivit sa dernière remarque, puis Thorin expliqua en désignant la porte d'un signe de tête :

— Il commence à retrouver ses souvenirs, ce n'est toujours pas en votre faveur…
— Je me doute bien… Il n'est pas si facile à apprivoiser…

Encore, Oropher continuait de parler de Thranduil de cette voix atone qu'il avait toujours utilisée lorsqu'il était question de lui, mais Thorin entendit le regret qui se teintait d'un respect nouveau et grandissant à chaque nouvelle évocation de son fils. Une bonne chose, mais, tandis qu'Oropher commençait franchement à lui tendre la main, ce dernier le fuyait avec un acharnement quasi furieux…
Il haussa les épaules en acquiesçant sur le ton de la conversation :

— A qui le dites-vous… Heureusement qu'il en vaut la peine…

Il récolta un regard sec, le premier de ce genre de la part d'Oropher. Celui d'un père protecteur qui jauge de manière menaçante le prétendant assidu qui vient chercher sa promise le soir du bal… Plutôt intimidant, même si ça ne dura pas plus d'une seconde avant que le grand blond ne continue sur le même ton :

— Vous semblez pourtant vous en sortir à merveille, avec lui… Je ne l'avais encore jamais vu aussi… Confiant, envers qui que ce soit et, ce, malgré les… circonstances
— J'y ai simplement mis un peu plus de cœur que ce que vous avez fait ces vingt dernières années, ce ne fut pas si compliqué…

Il ne cacha pas le reproche qui fit vibrer sa voix et ne ressentit pas le besoin d'en dire plus à ce sujet. Il avait entendu le compliment caché derrière la constatation inexpressive et était quelque peu touché de voir qu'Oropher, de une, connaissait assez bien Thranduil pour apercevoir ce genre de chose, malgré tout, de deux, qu'il avait presque l'air de le jalouser sur ce point.
Il appréciait cet homme, certes, et le respectait, mais, tout de même, tout ce qui concernait son attitude envers Thranduil lui restait en travers de la gorge et il ne le cachait pas. Au moins, Oropher avait le mérite de se rendre compte de deux ou trois petites choses de ce côté-là, jusqu'à se remettre en question, et Thorin espérait que le plus vieux admette qu'il lui faudrait bien plus que ça pour retrouver, peut-être, un jour, l'affection brisée de son fils.
Oropher haussa les épaules en se détournant pour s'asseoir sur un fauteuil de la pièce en remarquant simplement :

— Soit, mais vous n'êtes pas le premier à essayer…

Thorin, le suivant du regard, haussa un sourcil curieux. Il se doutait bien qu'un type comme Thranduil avait certainement fait chavirer bien des esprits, toutefois, il était surpris de voir qu'Oropher était conscient de cela et il fit un pas vers lui, intrigué :

— Qu'en savez-vous ?

L'autre soupira et, distraitement, il gratta le cuir de son accoudoir d'un long doigt à l'ongle solide:

— Ne croyez pas que cette place que j'ai aujourd'hui s'est faite simplement par le fil de mes sabres, monsieur Durïn… sachez que l'arme la plus efficace d'un souverain est l'observation de ses sujets…

Encore une leçon… Thorin commençait à y prendre gout, surtout si le sujet était abordé sous l'angle de Thranduil et, attentif, il vint s'asseoir face à Oropher en remarquant d'un ton narquois :

— Depuis mon arrivé, à aucun moment je n'ai pu constaté que vous ayez une quelconque estime pour lui… Je ne pensais pas qu'il ait été digne de votre attention…
— Il est de l'Agence et ne me porte pas dans son cœur… Il est l'un des officiers les plus hauts-gradés et les plus influents… J'ai toujours eu un œil sur lui en ce titre, à l'instar de toutes les autres personnes qui partagent son grade et son ambition...

Essayait-il de se montrer détaché ou bien l'était-il réellement ? Thorin ne parvint pas à le définir mais il retint un soupir. La carapace de cet homme était extrêmement épaisse et Oropher ne commettrait jamais l'erreur de dévoiler la moindre parcelle de ses sentiments… Thorin en connaissait un autre comme ça… Pinçant, il demanda à nouveau en se regardant les ongles :

— Vous connaissez donc les histoires de cœur de tous les gradés de l'Agence ?

Il reçu un regard sec en réponse et, piégé, Oropher se contenta de pincer les lèvres lorsque le brun souffla d'un ton légèrement victorieux :

— Seulement lui, donc…

Encore, Oropher ne répondit pas et Thorin se tourna plus franchement vers lui :

— Cette observation attentive et purement professionnelle concerne donc aussi cet aspect de la vie privée de votre fils ?
— Pas seulement l'observation…

Il avait répondu d'un ton plus détaché encore qui ne leurra pas Thorin et le brun fronça les sourcils en demandant d'une voix incisive :

— Vous êtes déjà intervenu ?

Il écopa d'un simple regard neutre et le plus grand haussa les épaules pour répondre sur le ton de l'évidence :

— Même si je l'ai renié, il est mon fils. Certains et certaines ont tenté de passer par lui pour mieux m'atteindre ou pour se hisser à son rang, et ce, même lorsque Thranduil était encore à mes côtés, sans même qu'il le sache. Savoir ses gouts et ses occupations ne m'était guère utile, mais il était indispensable que je connaisse ses unions au cas où cela se retournerait contre moi. Mais, comme je viens de vous le dire, beaucoup ont essayé, pour beaucoup de raisons et de façons différentes, personne n'a jamais réussi à capter son regard, avant vous, et ceux qui ont tenté d'insister d'une manière ou d'une autre s'en sont mordus les doigts.
— Donc, vous êtes bien intervenu pour le chaperonner…
— Comme je l'ai fait pour vous et tout autant, si ce n'est plus, pour votre neveu. Erebor regorge de personnes prêtes à tout et très douées dans… certains domaines… Ne vous êtes donc jamais étonnés de n'avoir été abordé à aucun moment, d'une manière ou d'une autre, par des gens dont vous n'étiez pas capables de cerner les pensées ? De n'avoir jamais vu aucun vautour tournoyer autour de ce si prometteur et vulnérable jeune lieutenant de l'agence qui, même si vous avez caché le lien qui vous lie et sa place dans la lignée de succession, reste de manière un peu trop flagrante, votre plus grand point faible ?

Maintenant impatient et agacé par les tentatives de Thorin à lui faire dire que, au fond, il n'était pas si indifférent au sort de son fils depuis plus longtemps qu'il tâchait de le montrer, Oropher l'avait coupé sèchement en plantant son regard clair dans le sien, provoquant.
Le brun eut une hésitation, ne s'étant absolument pas attendu à ce genre de déclaration et, aussitôt, une multitude de questions lui tournèrent en tête, surtout concernant ces vautours qui auraient tournoyés autour de Fili, mais il les mit de côté pour s'adosser à son siège en soufflant d'une voix ravie :

— Donc, d'une certaine manière, nous avons votre bénédiction…
— Cela m'étonne que vous vous préoccupez d'une telle chose… Que vous l'ayez ou non, je doute que vous la preniez en compte, ma bénédiction… Votre neveu semble, lui aussi, n'avoir aucun soucis de la bienséance en ce qui concerne ses choix…

Il avait répondu d'une voix ennuyée et peu concernée. Secouant la tête, Thorin haussa les épaules :

— Si jamais vous vous étiez opposé, ça aurait été plus compliqué pour moi de m'affirmer que si vous aviez été n'importe quel père un peu coulant et dépassé…

Il ne dit rien et releva simplement qu'Oropher, pour une fois, n'avait pas tiqué à l'évocation du mot « Père », au contraire, un pli amer ourla ses lèvres, un regret, qui disparût très vite et, désirant changer de sujet, il se redressa :

— Saroumane commence à passer à l'offensive… Les Raa'z sont avec lui, mais pas les Pyrothanes… Smaug aurait contacté les Sang-Dêchoirements après que ceux-ci aient « Officiellement » annoncé s'être désolidarisés de toi…
— Il est plutôt prompt à la détente, celui-là… Que leur veut-il ?
— Une alliance, encore. Smaug ne s'intéresse pas à grand chose d'autre que sa propre richesse et la meilleure manière de la faire proliférer. Il a un don pour sentir le sens du vent et, d'une certaine manière, qu'il se rapproche de Daïn peut être un bon présage…

Il avait, encore, parlé d'un ton ennuyé et Thorin le sonda attentivement :

— Smaug n'a pas l'air de vous inquiéter plus que ça…
— Disons simplement que, aussi dangereux qu'il soit, qu'il n'est pas très surprenant… Ses actions sont trop facilement prédictibles et, même s'il est important de le garder à l'œil, il n'est pas celui qui me prendra au dépourvu.
— Parce que certains dans cette ville en sont capables ?

Il écopa d'un regard intransigeant, celui d'un homme qui se sait tout puissant mais qui, plus dangereux encore, connaît ses limites et ses failles, assez pour ne pas les laisser le prendre à revers. Il haussa les épaules en répondant sèchement :

— Saroumane s'est joué de moi pendant vingt ans. Je ne suis pas assez fou pour continuer à le sous-estimer. Lui, et qui que ce soit qu'il sert en secret.
— Ils seraient plusieurs ?
— Je le soupçonne, et Gandalf partage mon avis, de ne pas avoir appris seul ce qu'il sait en nécromancie et d'avoir quelqu'un derrière lui. C'est le seul motif qui pourrait expliquer pourquoi il est aller aussi loin aussi vite.
— Et vous ne savez pas de qui il s'agit ?

L'autre grimaça et détourna le regard, menaçant :

— Non. Et c'est ce qui le rend aussi dangereux. Autant, par ses traces, nous avions conscience de la présence d'un prêtre de Morgoth parmi nous, autant, il nous a fallu débusquer Saroumane pour commencer à réfléchir à l'hypothèse d'une force supérieure qui se cache derrière tout ça…

oOo

— Je vais y aller.
— Tu es sûr de toi, Kili ? La dernière fois que tu as répondu à l'invitation de Smaug, ça a tourné au vinaigre, si je me souviens bien…

Dubitative, Tauriel lança un regard consterné à Kili qui se balançait sur sa chaise en haussant négligemment une épaule :

— Justement, je saurai à quoi m'attendre, cette fois-ci.
— Je t'accompagne.
— Non Tauriel. T'es pas censée être sur le terrain. Du moins, pas celui-là. Occupe toi de nous défendre au tribunal, personne d'autre que toi ne peux le faire à ta place.

La rousse soupira et lança un regard impérieux à Daïn. Celui-ci, détaché de la conversation, leva les yeux au ciel et, pour la satisfaire, annonça d'une voix trainante :

— Je le ferai accompagner.

Elle poussa un soupir excédé face à si peu d'intérêt pour la sécurité de son fils que Daïn fier comme il était, estimait que Kili pouvait s'en occuper seul et elle n'insista pas. Que ce stupide crétin aille donc se faire tuer pour de bon…
Elle demanda simplement en se tournant vers les deux idiots qu'elle considérait comme sa seule famille :

— Quand aura lieu la rencontre ? Que je commande les fleurs funéraires à temps…
— Dans deux jours. Et calme ta joie, tout ira bien…

Quelle arrogance. Quel con. Pourquoi fallait-il qu'elle éprouve autant d'affection pour un type aussi peu prudent qui prenait tout pour un jeu et à qui elle devait constamment veiller sur les arrières sans recevoir la moindre gratitude ?
Elle soupira encore et, plutôt que d'argumenter, elle se baissa sur son sac pour en sortir sèchement la raison pour laquelle elle était venu chez Daïn à une heure aussi indécente et, surtout, la raison pour laquelle, initialement, elle avait été engagée par les Sangs-Dêchoirements : une liasse de documents officiels signés et tamponnés par les autorités d'Erebor que Kili regarda passer en haussant un sourcil, surtout lorsque Daïn se jeta sur les papiers :

— Enfin ! Je me désespérais de remettre la main dessus ! Où les as-tu trouvé ?
— Comme tu l'avais soupçonné : Balïn les avait caché après que les magistrats aient essayé de les détruire pour de bon… Jusqu'à maintenant, malgré mes efforts répétés, il refusait de le reconnaître et encore moins de me les fournir… Au vu de ce qu'il s'est passé dans le sanctuaire avec Saroumane, il a convenu que la place de ces documents était avec leur véritable propriétaire… Il ne m'a pas tout donné, c'est Thorin qui a reçu le reste, mais ça suffira.
— De quoi s'agit-il ?

Intrigué, Kili cessa de se balancer pour retomber sèchement sur les quatre pieds de la chaise et il reçu deux regards plutôt graves qui le déstabilisèrent. Plus encore lorsque, simplement, Tauriel, sans même lui répondre, récupéra ses propres affaires, se leva pour déposer un bref baisé sur la joue de Daïn et salua Kili d'un seul signe de main en assurant d'une voix neutre :

— Je vous laisse, à plus tard.

Surpris, Kili la regarda partir, avant de se tourner vers Daïn lorsqu'il reprit les papiers pour les étudier attentivement, avant de lui lancer un long regard lourdement chargé d'une manière que le brun ne put définir. Il fut plus dérouté encore lorsque son père adoptif lui envoya un sourire aussi victorieux qu'assuré :

— Je suppose, Kili, que tu n'as pas perdu espoir que je te parle un jour de ta mère et des conditions de ta naissance…

Kili ne répondit pas, tout simplement parce qu'il était persuadé que Daïn n'avait absolument rien à lui dire à ce sujet… Prudent, il demanda en lui lança un regard défiant :

— Les conditions de ma naissance ? Tu m'as ramassé dans la rue… Je me souviens de ce jour comme si c'était hier…

C'était d'ailleurs l'un de ses plus vieux souvenirs : un jour pluvieux où, à peine âgé de sept ans, Kili, presqu'atteint d'une pneumonie, s'était fait prendre en vol à l'étalage et aurait bien passé un très sale quart d'heure si Daïn n'était pas intervenu. L'enfant n'avait, suite à cette rencontre, jamais manqué ni de confort, ni de sécurité et encore moins de nourriture et aucunement d'affection… Il savait ce qu'il devait à Daïn et, tous les jours, il s'était démené pour s'assurer que, jamais, son père adoptif ne regrette de l'avoir pris sous son aile. L'autre haussa les épaules et reposa les papiers sur la table en avançant avec précaution :

— Certes… je t'ai bien ramassé dans la rue, comme tu dis. Mais ce ne fut pas par hasard et je t'ai hardiment cherché avant de te trouver enfin… Nous pas pendant quelques semaines ou quelques mois, mais quelques années…

Kili haussa un sourcil, désemparé et pris de court, plus encore lorsque Daïn se leva en continuant de cette voix aussi désolée qu'emplie de satisfaction :

— Vois-tu, Kili, les années qui suivirent ta naissance furent pleines de bouleversements… Les antimonarchistes étaient plus virulents que jamais, cela faisait déjà quelques temps que Thorin avait eu la bonne idée de fuir, ce qui lui sauva la vie, mais ta mère, elle… Elle y croyait encore et recherchait déjà la gemme, elle avait refusé d'abandonner l'idée de restaurer ce que son grand-père avait perdu…

Estomaqué d'entendre parler de sa génitrice, dont il n'avait pas le moindre souvenir et avait perdu tout espoir de la retrouver un jour et, aussi, du sous-entendu quant à sa filiation qu'il ne cerna pas, Kili le regarda de ses yeux ronds, sans comprendre, et Daïn détourna le regard :

— Elle garda votre naissance secrète, à ton frère et toi… Mais cela ne suffit pas… Après que ses ennemis eurent passé à l'acte, seul son corps fut retrouvé et ses enfants furent, tout simplement, portés disparus… Personne ne prit la peine de vous chercher et l'on considéra que vous étiez irrémédiablement perdus... Quelque part au fond d'un lac ou bien dans des lieux innommables... Moi, je n'ai jamais lâché l'affaire, même si cela me prit plusieurs années et que mes recherches m'emmenèrent dans des endroits dont j'aurai aimé ne jamais connaitre l'existence… et je sais que, Thorin, de son côté, a mené sa propre croisade même si j'ignor-
— De quoi parles-tu ?

Presque agressif, Kili s'était levé sans même s'en rendre compte et Daïn lui envoya un long regard limpide, avant de déclaré d'une voix clair en poussant les papiers vers lui :

— A ce jour, Kili, le premier héritier du trône d'Erebor après Thorin, ce n'est pas moi, mais toi… Tu es le dernier fils de Dis encore en vie, fils de Thraïn et, donc, le neveu de Thorin…

Face au visage décomposé de son fils adoptif qui en perdit ses mots, Daïn se redressa pour articuler gentiment :

— Je ne pouvais pas t'en parler tant que je n'avais pas les preuves pour appuyer ta filiation, Kili… Je ne voulais pas te faire l'affront de te promettre une chose qui ne t'aurait jamais été accordée sans certification officielle… Pour les valider, un simple test ADN avec Thorin suffira pour prouver que vous êtes bien du même sang et que tu es bien le fils de Dis.

Il n'entendit pas les derniers mots de Daïn. Une chute. Ce fut la sensation qui l'étreignait. Une chute vertigineuse qui emballait son cœur et le privait de son souffle. C'était juste… trop… Jusqu'à maintenant, il n'avait jamais eu ni ascendance, ni mère, ni frère… Voilà que, en quelques minutes, la première lui tombait dessus, que la deuxième était décédée et il refusait de penser au sort du troisième… Et puis que penser de Daïn qui, finalement, n'avait pas agit envers lui par charité mais par… Devoir du sang, par affection envers sa cousine brusquement assassinée et qu'il avait fait bien plus pour lui que ce que Kill avait naïvement pensé jusqu'à maintenant ? Daïn était, en réalité, un grand-oncle et non un inconnu ! Un grand-oncle qui poussait l'élégance jusqu'à se battre jusqu'au bout afin de prouver que la place de l'enfant qu'il avait adopté se trouvait avant la sienne dans la ligne de succession... Ce fait aurait, tout simplement, pu être caché sans que Kill ou personne d'autre ne cherche à le revendiquer... La sensation que l'idée souleva en lui était extrêmement étrange mais, d'une certaine manière, agréablement chaleureuse.

Aussi, il savait qui étaient les antimonarchistes. Cette vieille famille qui avait pris une grande partie du pouvoir à Erebor, qui n'avait aucune valeur pour les descendants royaux des anciennes lignées dont ils étaient, dans l'ombre, responsables des extinctions et pour qui s'en prendre à des vieillards, des personnes isolées ou des enfants n'avait jamais été une barrière éthique... Daïn rencontrait, encore aujourd'hui, beaucoup de problèmes avec eux et, de ce côté-là, Oropher s'était montré un allié quasi indispensable… Surtout maintenant que Thorin était revenu…

Planté face à la table, il fut incapable de reprendre l'usage de sa voix lorsque, estimant en avoir assez dit, Daïn lui laissa les papiers, son acte de naissance et quelques documents qu'il ne comprit pas mais qui portaient la signature de Thraïn et le sceau royal d'Erebor.
Encore, il se sentit sombrer et, presque inconscient, il se rassit sur la chaise sans entendre son père qui sortit de la salle en annonçant simplement :

— Lorsque cela sera possible, je demanderai une entrevue officielle avec avec Thorin et la presse pour discuter de cela et assurer dès maintenant la position qui est la tienne, à ses côtés, en tant que neveu et premier héritier… Lorsqu'Erebor aura son roi, il ne lui manquera plus que son prince à célébrer…


oOo

Merci d'avoir lu !

Au prochain chapitre, on retrouve Thorin et Thranduil mais, aussi, l'action devrait reprendre de plus belle !

J'espère que ça continu de vous plaire :)